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| La logique booléenne | Ligne du temps | ||
![]() Le projet de Leibiniz resta inachevé. C'est le mathématicien anglais George Boole (1815-1864) qui, 150 ans plus tard, réalisera le rêve de Leibniz dans un ouvrage intitulé The Laws of Thought. Voici le but qu'il poursuivait et qu'il précise dans le premier paragraphe du livre: "étudier les lois fondamentales de l'esprit selon lesquelles le raisonnement s'accomplit; exposer ces lois dans le langage symbolique du calcul et, sur cette base, établir la science de la logique et construire sa méthode. Boole émet l'hypothèse que les opérations de l'esprit engagé dans le raisonnement sont gouvernées par certaines lois algébriques, analogues aux lois des opérations arithmétiques familières relatives à l'addition, la soustraction, la multiplication, etc. À partir de ces lois fondamentales, qu'il expose à l'aide de symboles mathématiques, il construit une méthode pour résoudre des problèmes de logique. Les hypothèses et les postulats de base sont d'abord mis sous forme d'équations. Par la suite, la manipulation des symboles logiques remplace l'habituel processus logique de déduction. Le raisonnement est ainsi ramené au calcul, la logique est réduite à l'algèbre. Soit deux termes: vrai ou faux, ou 0 et 1. Ces deux termes, ces deux états, peuvent se combiner de diverses manières. La somme logique de deux variables est égale à 1 lorsque au moins l'une d'elles a la valeur 1; elle est de 0 lorsque toutes deux ont simultanément la valeur 0. Le produit logique de deux variables est égal à 0 lorsque au moins l'une d'elles est égale à 0, et vaut 1 lorsque toutes deux ont simultanément la valeur 1. Les "portes" sont une autre façon de représenter les opérations logiques. La porte "et" correspond à la multiplication logique, la porte "ou" à la somme logique. La porte "non" transforme une donnée en son contraire. Un pas décisif en direction de l'ordinateur a été franchi lorsque l'on a identifié la similitude entre les portes logiques et les relais, et donc entre les circuits logiques et les circuits électriques. Supposons que 1 correspond à une impulsion forte, et 0 à une impulsion faible. On peut facilement régler les relais de telle sorte que seule l'impulsion forte puisse passer. Un circuit électrique peut ainsi devenir une machine à additionner.
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S'il y a un être humain qui eût pu avoir quelques bonnes raisons de se féliciter de la puissance de son esprit, c'est bien George Boole: ses raisonnements se perpétuent dans toutes les opérations de tous les ordinateurs du monde. C'est la pensée de Boole qui guide les fusées vers de lointaines planètes ou qui reconstitue les images d'un coeur qui bat. Les poètes ont un sort plus heureux, car ils se perpétuent non par les circuits d'une machine, mais dans et par l'âme de ceux qui se nourrissent d'eux. Boole était aussi grand amateur de poésie, et poète lui-même: Tous ceux qui à l'amour de la vérité Ont consacré la ferveur de leurs vingt ans Et qui faisant descendre la sagesse étoilée Vers le clown et le paysan Ont partagé avec autrui Les fruits de leur contemplation Tous ils forment dans la sphère de l'esprit Avec nous une indissociable constellation. (Trad. libre: J. D.) Ce mathématicien anglais était un être religieux, comme l'avaient été Leibniz et Newton. Et quand il se tournait vers la poésie, c'était pour lire Dante ou les poètes métaphysiciens anglais, Woodsworth surtout et Keats, l'auteur de cette pensée: "La beauté est la vérité, c'est tout ce que nous savons sur terre et tout ce que nous avons besoin de savoir". Voici une anecdote de nature à faire réfléchir celui qui croit que les ordinateurs rendent superflue une formation intellectuelle rigoureuse. À dix ans, George Boole savait le latin, et à quatorze ans il connaissait le grec au point de pouvoir traduire des poèmes comme Le printemps de Méléagre. Un éminent citoyen de sa ville natale l'accusa de plagiat. Comment aurait-il pu accomplir un tel exploit? Un citoyen encore plus éminent prit la défense du jeune Boole. La controverse, qui a rempli les pages du journal local, dura deux ans. Tel fut le climat intellectuel dans lequel vécut le père de la syntaxe des ordinateurs. |
1957 Les Soviétiques lancent le premier satellite artificiel Spoutnik. Fondation de la NASA (National Aeronautics and Space Administration). 1968 ![]() Vint Cerf effectue une démonstration de liaison d'ordinateurs par réseau devant l'ARPA (Advanced Research Project Agency). 1969 La Département de la défense américain crée ARPANET. Le réseau, voué avant tout à la recherche militaire, est constitué de quatre ordinateurs, également appelés noeuds, interreliés. 1972 Bob Kahn organise une démonstration en reliant par le biais d'ARPANET quarante (40) machines lors d'une conférence internationale sur les communications par ordinateur. Vint Cerf préside l'InterNet Working Group (INWG) qui a pour mandat de définir un protocole universel permettant à tous les ordinateurs et réseaux existants de se relier entre eux. Ray Tomlinson de la firme de consultants BBN développe un programme de courrier électronique (e-mail, forme abrégée de electronic mail) qui permet de diffuser et recevoir des messages sur le réseau. 1974 Les laboratoires Bell de ATT mettent au point le programme UUCP (Unix to Unix Copy Program), basé sur le système d'opération UNIX. Ce logiciel d'échanger des données par modem via le réseau téléphonique. Grâce à cette innovation, les utilisateurs UNIX tissent le premier véritable réseau planétaire, UUNET. 1977 THEORYNET, développé à l'Université du Wisconsin, permet à une centaine de chercheurs en informatique de communiquer entre eux par courrier électronique grâce au programme UUCP fondé sur le système d'opération UNIX. 1979 USENET, l'ancêtre des babillards électroniques et des groupes de discussion, relie deux universités américaines. L'ARPA instaure le Internet Configuration Control Board (ICCB). Grâce à des subventions de la National Scientic Foundation, le CSNET (Computer Science NETwork) voit le jour. Ce nouveau réseau offre aux universitaires qui n'ont pas accès à arpanet la possibilité de communiquer entre eux par courrier électronique. |
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