L'encyclopédie
Partenariats
Index
Magazine
Diffusion de colloques

La Lettre de L'Agora
Abonnez-vous gratuitement à notre bulletin électronique.
>>>

Un nouveau site sur l'appartenance

(... Ce n'est pas seulement l'appartenance aux autres et à une communauté qui est en cause, mais aussi l'appartenance à l'univers, à la terre, à l'eau, à tout ce qui vit, à toute l'humanité. (Jean Vanier)
 
Haïti: le séisme espagnol Marmontel
Fracture numérique
Fiannaland ou le repli identitaire au Liban Antoine Courban
L'attrait des États africains pour la Chine Jim Fisher-Thompson
Léopold Sédar Senghor
 

Dossier
Uruguay
"Situé sur la côte orientale de l’Amérique du Sud, l’Uruguay est bordé par le Brésil au nord et à l’est, l’océan Atlantique au sud et l’Argentine à l’ouest. L’imposant Río de la Plata sépare l’Uruguay de l’Argentine.

Il n’y a pas de montagnes en Uruguay, mais deux importantes chaînes de collines, la Cuchilla de Santa Ana et la Cuchilla Grande s’élèvent au nord et à l’est. La plus grande partie du pays est constituée de plaines onduleuses et de collines basses sillonnées de cours d’eau. La majorité des terres sont utilisées comme pâturages pour des troupeaux de bovins et d’ovins. Plusieurs grandes lagunes s’étendent le long de la côte, protégées de l’Atlantique par des bancs de sable.

Le Río Negro, qui prend sa source au Brésil, divise le pays en deux. Il a été détourné pour former, au centre du pays, un immense lac artificiel, le Rincón del Bonete, où de gigantesques turbines produisent de l’électricité pour tout l’Uruguay. L’utilisation d’énergie hydroélectrique est vitale pour l’économie uruguayenne, car le pays ne possède pas de réserves commerciales de pétrole ou de charbon.

L’Uruguay est le seul pays d’Amérique latine entièrement situé à l’extérieur des tropiques, d’où son climat tempéré. La température moyenne est de 10 °C en hiver et de 22 °C en été. Il pleut tout au long de l’année et les sécheresses sont rares. Cependant, le pampero, un vent froid qui souffle de l’Argentine en hiver, et les tempêtes de l’Atlantique Sud peuvent être violents et semer la destruction.

L’Uruguay possède une faune bien particulière. Le nandou (nandú) est un oiseau coureur ressemblant à une petite autruche grise, que l’on chasse pour sa chair. La paruline couronnée (hornero) est un petit oiseau d’un gris rougeâtre qui a la particularité de construire un nid fait de boue, de brindilles et de paille ressemblant à un four à l’ancienne. On raconte que lorsque d’autres oiseaux envahissent un nid d’horneros, ceux-ci y emmurent les intrus.

Le carpincho ressemble à un cochon «marin», mais c’est en réalité un grand rongeur qui se nourrit d’herbes et de plantes aquatiques. Dans les rivières, on rencontre parfois des caimanes, ces reptiles proches du crocodile, mais plus petits. Ils se nourrissent de poisson et de gibier aquatique. De vastes colonies de phoques et d’otaries peuplent le littoral et les îles proches de l’Uruguay. On les chasse pour leur fourrure."

Uruguay (Projet des Profils culturels, Centre Anti-Racism, Multiculturalism and Native Issues (AMNI), Faculté de travail social, Université de Toronto, avec l'aide de Citoyenneté et Immigration Canada) (reproduction autorisée)


Vue de la place de la Constitution, à Montevideo. Entre 1880 et 1900
Cliché de l'Oficina de Exposiciones, Montevideo
Source : Library of Congress, Prints and Photographs Division, Frank and Frances Carpenter Collection


Vue de Montevideo, capitale du pays
© G. Volkmann, Tessin b. Rostock - visipix.com

Histoire
Regard sur le passé

"Les premiers habitants de la région, les Charrúas et les Guaranis, vivaient de la pêche et de la cueillette. Au XVIe siècle, les Espagnols s’établirent sur la rive ouest du Río de la Plata et les Portugais colonisèrent la région au nord, aujourd’hui le Brésil. Au début du XVIIe siècle, les Espagnols commencèrent à faire paître leur bétail sur la rive est du Río de la Plata; jésuites et franciscains commencèrent à convertir les Autochtones au christianisme. La région tombant sous le contrôle des Européens, le peuple et la culture charrúas s’éteignirent peu à peu.

En 1680, les Portugais fondèrent un établissement à Colonia de Sacramento, sur la rive nord de l’estuaire du Río de la Plata pour faire obstacle à la colonie espagnole de Buenos Aires, sur la rive opposée. Ils envisageaient aussi l’établissement d’autres colonies, mais les Espagnols les devancèrent: en 1726, ils construisirent une forteresse à Montevideo et réussirent à chasser les Portugais de la région, qui fut alors intégrée à la vice-royauté du Río de la Plata et dirigée de Buenos Aires.

En 1811, les Portugais attaquèrent la région par le nord, mais ils furent repoussés par l’armée de José Gervasio Artigas. Les Espagnols d’Argentine tentèrent aussi d’annexer la région. Les combats continuèrent durant toute la décennie. En 1820, les Portugais prirent Montevideo, et José Gervasio Artigas fut obligé de fuir au Paraguay. En 1825, Juan Antonio Lavalleja et 33 volontaires (les Treinta y Tres) pénétrèrent en Uruguay par le nord de l’Argentine et attaquèrent les Portugais. L’Argentine soutint les forces de Juan Antonio Lavalleja, et bientôt l’Argentine et le Brésil furent en guerre. La Grande-Bretagne, qui avait des intérêts économiques dans la région, intervint en tant que médiateur. Le traité de Rio de Janeiro, en 1828, allait assurer l’indépendance du territoire uruguayen, tant vis-à-vis de l’Argentine que du Brésil.

Une Constitution fut établie en 1830 et Juan Rivera fut élu président. Quelques années plus tard, Manuel Oribe devint le deuxième président élu. Juan Rivera et ses supporters libéraux tentèrent de déposer Manuel Oribe, qui représentait les propriétaires terriens. La guerre civile qui s’ensuivit devait durer jusqu’en 1852. On appelait les libéraux Colorados, ou Rouges, et les propriétaires terriens et les marchands Blancos, ou Blancs. Aujourd’hui encore, les Colorados et les Blancos sont des partis politiques importants en Uruguay.

En 1903, José Batlle y Ordóñez fut élu président ; il devait dominer la scène politique uruguayenne jusqu’à sa mort en 1928. José Batlle y Ordóñez fut l’artisan d’un programme de réformes sociales sans précédent dans le pays : les principales furent l’éducation gratuite pour tous les enfants, l’accès aux soins médicaux, les pensions de vieillesse et l’indemnisation de chômage. L’État-providence institué en Uruguay devint l’un des plus complets et des plus progressistes d’Amérique latine.

Dans les années 1970, l’Uruguay, qui était demeuré assez stable jusque-là, connut une crise économique qui provoqua une confrontation entre le gouvernement de droite et les Tupamaros, un groupe gauchiste. En 1973, un putsch orchestré par l’armée donna le coup d’envoi à 12 ans de régime militaire. Le gouvernement civil qui fut rétabli en 1985 rendit à tous les citoyens leurs droits civils et politiques."

Uruguay (Projet des Profils culturels, Centre Anti-Racism, Multiculturalism and Native Issues (AMNI), Faculté de travail social, Université de Toronto, avec l'aide de Citoyenneté et Immigration Canada) (reproduction autorisée)

Enjeux
"Situation politique

L'Uruguay est une démocratie multipartite où l'on respecte les droits de la personne. La démocratie y est établie depuis longtemps et l'on y trouve certains des partis politiques les plus vieux au monde. Parmi les pays d'Amérique latine, il a été l'un des premiers à mettre en œuvre des programmes sociaux et à consulter la population au sujet des politiques gouvernementales au moyen de référendums.

La course a été très serrée aux élections présidentielles de 1999, Jorge Batlle obtenant la victoire au deuxième tour avec 51,6 % des voix, contre 44 % pour Tabaré Vasquez, son rival de centre gauche.

Le paysage politique de l'Uruguay n'a pas changé radicalement après l'élection de Jorge Batlle à la présidence. Le nouveau gouvernement a formé une coalition lui permettant de poursuivre le travail entrepris par le gouvernement Sanguinetti, soit de maintenir les politiques économiques libérales déjà établies, telles que la compression des dépenses, la réduction des impôts et la stabilisation de l'inflation. De récents sondages indiquent que la population est très insatisfaite de la situation économique, mais la majorité des gens, comprenant que le ralentissement résulte de bouleversements internationaux, refusent toujours de condamner le gouvernement.

Situation économique

L'Uruguay jouit du statut de centre bancaire régional ainsi que d'une industrie touristique florissante. Il possède un régime d'investissement étranger libéral, une main-d'œuvre scolarisée et une bonne cote de crédit internationale. Ses industries traditionnelles sont vulnérables aux importations provenant de l'Argentine et du Brésil (ses partenaires au sein du Mercosur). Il demeure néanmoins un partenaire économique attrayant, compte tenu de sa proximité de ces grands marchés, de son adhésion au Mercosur et de son bon climat économique.

Ces derniers mois, le gouvernement Batlle a entrepris des réformes en matière de réglementation afin de libéraliser le marché local, tout en mettant l'accent sur la réduction des dépenses de l'État. Il encourage également la production destinée à l'exportation dans le but de réduire la dépendance du pays, sur le plan commercial, envers ses partenaires du Mercosur.

L'économie, toujours léthargique, ne présente aucun signe évident de reprise depuis le début de son ralentissement en 1999 (crise de la monnaie brésilienne). Au deuxième trimestre de 2000, le PIB a subi un déclin de 2,8 % par rapport à l'année précédente. En fait, on a enregistré une baisse au cours de cinq des six derniers trimestres. Le PIB a été secoué par l'effondrement de la demande intérieure (qui a chuté de 4,1 %) et par un ralentissement de la croissance des exportations (qui n'a augmenté que de 1,8 %). Les observateurs prédisent que le PIB commencera finalement à croître en 2001.

Politique étrangère

L'Uruguay est un membre enthousiaste et actif de l'OEA, du Groupe de Rio, du Mercosur et de l'ONU. Le siège du secrétariat administratif du Mercosur se trouve à Montevideo, et le gouvernement envisage que cette dernière devienne la « Bruxelles de l'Amérique du Sud ». Le pays participe activement au maintien de la paix (sa contribution par habitant est l'une des plus importantes). Il est membre du Groupe de Cairns d'exportateurs agricoles de taille moyenne et appuie le Processus d'Ottawa sur les mines terrestres antipersonnel."

Uruguay: profil du pays (L'Amérique latine et les Antilles - copyright: Ministère des Affaires étrangères et du Commerce international du Canada; reproduction pour utilisation publique non commerciale autorisée)

Carte

Source: CIA - The World Factbook

Attraits
Site apparaissant sur la liste du Patrimoine mondial de l'Unesco: quartier historique de la ville de Colonia del Sacramento

Documentation
Gregory, Stephen William George. The Collapse of Dialogue: Intellectuals and Politics in the Uruguayan Crisis, 1960-1973. Thèse. University of New South Wales. Modern Language Studies. 1999: "In the context of the growing political instability and deepening economic crisis in Uruguay during the 1960s and early 1970s, the thesis examines two propositions. The first is that politically informed intellectuals, though disaffected or marginalised, will integrate themselves into the political mainstream if circumstances demand and a suitable vehicle allows them to participate usefully in the political process. The second is that, in the Uruguayan case, an expanded notion of dialogue is essential in analysing how this was accomplished, partly because the idea of dialogue was a necessary part of how they worked together and communicated with their public, and partly because dialogue was seen as a crucial element in reforming the nation and as the basis of the relationship between the political party that was to be the agent of such reform and its potential constituency. (...)" (Australian Theses Digital Program - texte intégral en format PDF)
>
Raccourcis intéressants

Statistiques
Capitale
Montevideo
Nom officiel
Le nom officiel de l’Uruguay est La República Oriental del Uruguay, c’est-à-dire République orientale de l’Uruguay: en effet, la plus grande partie du pays est située sur la rive droite du Río de la Plata. Le mot «Uruguay» serait un mot autochtone signifiant «la rivière aux coquillages».
À lire également sur ce sujet

Dernière mise à jour: 05/25/2006
L'Encyclopédie de L'Agora - 1998 - 2010