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| Un nouveau site sur l'appartenance |  (... Ce n'est pas seulement l'appartenance aux autres et à une communauté qui est en cause, mais aussi l'appartenance à l'univers, à la terre, à l'eau, à tout ce qui vit, à toute l'humanité. (Jean Vanier) |
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| Turquie |
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"La Turquie est dans une position géographique unique. Elle est à la fois frontière de l’Europe et de l’Asie, tout en faisant partie des Balkans, du Caucase et du Moyen-Orient. Par nature, elle a un rôle d’acteur courtisé et engagé dans des conflits divers. Elle occupe la seizième place dans la population mondiale devant la France (21ème). Pour 2025, notre institut (français) de démographie la situe au 18ème rang avec 85 millions d’habitants derrière l’Égypte et l’Iran, mais précédant l’Allemagne.
On peut résumer la Turquie par sa spécificité: grand pays, grand peuple, grande histoire et longue tradition. Mustapha Kemal, fondateur de la Turquie moderne, put imposer sans susciter d’opposition notable l’abolition du califat, la laïcité de l’appareil d’État et l’interdiction de l’alphabet arabe désormais remplacé par l’écriture latine pour bien marquer la rupture des Turcs avec le monde arabe. Aujourd’hui, la plupart de ses dirigeants souhaitent voir leur pays entrer dans l’Union Européenne."
Xavier de Villepin, La Turquie: entre ses défis et l'Europe, décembre 2001 (site du Sénat de la République française)
Géographie physique
"La Turquie est un pays charnière entre l’Europe et l’Asie. La partie européenne du pays, la Thrace, est bordée par la Grèce et la Bulgarie; la partie orientale, l’Anatolie (ou Asie mineure), représente 97 % de la superficie du pays et s’étend vers l’est jusqu’à l’Iran et aux anciennes républiques soviétiques de Géorgie et d’Arménie; elle est bordée par l’Iraq et la Syrie au sud-est. La Thrace et l’Anatolie sont séparées par la mer de Marmara; celle-ci est reliée à la mer Noire par le détroit de Bosphore, au nord, et à la mer Égée par le détroit des Dardanelles, au sud. Tout le sud-ouest du pays est baigné par la Méditerranée.
Le relief de la Turquie est essentiellement montagneux. L’Anatolie est ceinturée de montagnes: chaînes Pontiques au nord, parallèles à la mer Noire, Taurus au sud, près de la Méditerranée, et massif arménien à l’est, près de la frontière avec l’Arménie et l’Iran. C’est là que se trouve le plus haut sommet de Turquie, le Mont Agri ou Ararat (5 165 m), sur lequel, d’après la légende, l’arche de Noé se serait immobilisée après le déluge.
La capitale, Ankara, est située dans la région centrale de l’Anatolie, haut plateau propice à l’élevage des moutons et à la culture du blé. Le relief s’abaisse vers les côtes et vers la Syrie, au sud-est. La Thrace est une région vallonnée aux terres agricoles fertiles, riches en vergers et en vignes. Les principaux fleuves qui sillonnent la Turquie sont l’Euphrate, le Tigre, le Sakarya, le Gediz et le Ceyhan.
Le climat varie d’une région à l’autre: dans les régions côtières, il est humide, avec des étés très chauds et des hivers assez doux. Sur les côtes sud de la Méditerranée et de la mer Égée, la saison des pluies commence en automne et dure jusqu’à la fin du printemps. Au nord, sur le littoral de la mer Noire, il pleut abondamment toute l’année. En montagne, surtout dans l’est de l’Anatolie, l’hiver est très rigoureux et enneigé, et le printemps froid et pluvieux; l’été, par contre, est généralement chaud et sec."
Survol de l'économie
"L’agriculture et la pêche emploient près de la moitié de la population active de la Turquie. L’autre moitié travaille dans l’industrie et le secteur tertiaire. La plus grande partie du revenu intérieur de la Turquie provient cependant du secteur tertiaire, plus particulièrement du tourisme, qui est en pleine expansion. Avec ses lieux de villégiature magnifiques et ses sites archéologiques uniques, la Turquie est en effet l’une des destinations privilégiées des touristes, ce d’autant plus que la vie y est très bon marché. L’industrie touristique est celle qui rapporte le plus, derrière le textile et la confection.
Les autres industries importantes de la Turquie sont l’industrie alimentaire, la construction automobile, la métallurgie, les raffineries de pétrole, l’électronique, l’industrie chimique et celle des pâtes et papiers. Istanbul, Izmir et Bursa sont d’importants centres industriels et manufacturiers. La Turquie est aussi réputée depuis longtemps pour ses tapis, ses poteries, ses pipes, ses couteaux et ses carreaux de céramique en faïence.
Le secteur agricole produit surtout du coton et du tabac (les deux principales cultures d’exportation), des céréales, des noix, des betteraves à sucre et des fruits. Les cerises sont d’ailleurs originaires de Turquie, comme le mot cerise, qui vient du turc kiraz.
Dans les campagnes, les rôles des hommes et des femmes sont bien répartis: les hommes s’occupent de l’ensemencement et des récoltes, et sont responsables de tout ce qui nécessite des contacts avec le monde extérieur, comme aller au marché. Les femmes sont quant à elles chargées de s’occuper des enfants, de la cuisine, des tâches ménagères, de la traite des vaches, des poules et de l’entretien du jardin potager. Dans les villes cependant, les tâches sont partagées.
De nombreux Turcs travaillent à l’étranger (notamment en Allemagne) et envoient de l’argent à leur famille en Turquie."
La santé
"La migration de la population de la campagne vers les villes et la croissance démographique (entre 1930 et 1970, la population a presque triplé) ont eu un grand impact sur le système médical turc.
La constitution turque de 1982 stipule que tout citoyen turc a droit à un environnement sain et qu’il est de la responsabilité de l’État de réduire la pollution et de protéger l’environnement et la santé publique. Les programmes de santé, les hôpitaux et les dispensaires relèvent de deux ministères: le ministère du Travail et le ministère de la Santé et du Bien-être social. En plus des établissements hospitaliers publics, il existe des cliniques privées gérées par des organisations bénévoles et des entreprises. Les soins médicaux sont gratuits pour les pauvres.
En 1961 fut votée la Loi des services sociaux qui visait à développer les services de santé dans les zones rurales. De même, la loi des Services obligatoires de l’État de 1981 avait pour objectif d’empêcher les pénuries de personnel médical dans les zones rurales. Souvent, ce sont des unités mobiles qui répondent aux besoins des populations des régions isolées. Des campagnes de vaccination ainsi que des programmes de prévention contre la poliomyélite et le sida ont été mis sur pied dans tout le pays.
Plus de 150 000 personnes travaillent pour le système de santé public turc. Il y a plus de 900 hôpitaux en Turquie, soit un total d’environ 140 000 lits, ce qui représente un progrès énorme depuis les débuts de la République, époque à laquelle le pays ne possédait que trois hôpitaux et 950 lits."
Religions et croyances
"La plupart des Turcs sont musulmans — en majorité sunnites bien qu’il existe une minorité chiite. Malgré une influence occidentale de plus en plus forte, nombre de Turcs interrompent ce qu’ils font dès qu’ils entendent l’appel à la prière, lancé de la mosquée cinq fois par jour. L’appel à la prière dit : «Il n’y a pas d’autre Dieu qu’Allah, et Mahomet est son messager.»
Dans les années 1920, le jour de repos hebdomadaire traditionnel du vendredi a été changé au dimanche. Les Turcs sont cependant encore nombreux à se rendre à la mosquée pour les prières spéciales du vendredi (cuma), bien que ce jour soit maintenant ouvré. Si la plupart des Turcs sont religieux, l’État turc est laïc.
Le soufisme est un courant mystique de l’islam. Les Soufis, qui ont commencé à établir des confréries dans le monde musulman au viiie siècle, croient que la méditation et l’ascétisme permettent d’entrer en communion avec Allah. Le soufisme n’a pas toujours été accepté par les défenseurs de l’islam orthodoxe, et avant 1956, les confréries soufies ont été interdites par le gouvernement turc à plusieurs reprises.

L’une des confréries soufies les plus connues est celle qui fut fondée au XIIIe siècle par le poète perse Djalal al-Din Muhammad Rumi, appelé Mevlana (Notre Guide) par ses adeptes. Les Mevlevi, ou derviches tourneurs, effectuent des danses rituelles tourbillonnantes ou sema, qui, selon leurs croyances, favorisent la communion avec Allah. Ils disent avoir quitté le monde terrestre pour renaître dans leur communion avec Allah: leur grande toge et leur jupe longue représentent leur linceul, et leur chapeau de mage représente leur tombe. Le centre de la confrérie des Mevlevi est situé à Konya, dans le centre de la Turquie, là où Rumi est enterré.
Il y a aussi des adeptes d’autres religions en Turquie : des Catholiques, des Orthodoxes grecs et russes, et des Juifs. Le chef de l’Église orthodoxe grecque, appelé aussi «Patriarche», réside à Istanbul. La plupart des Chrétiens et des Juifs vivent dans les grandes villes comme Istanbul et Ankara. De nombreux sites historiques chrétiens sont situés en Turquie: parmi les plus célèbres, on citera les églises rupestres de Cappadoce et le tombeau de la Vierge Marie à Éphèse."
Langues
"Environ 200 millions de personnes parlent le turc dans le monde: 61 millions en Turquie et la plupart des autres en Iran, en Iraq et dans les pays de l’ancienne Union soviétique.
Le turc appartient avec l’ouzbek, le kazakh et l’azéri d’Azerbaïdjan à ce qu’on appelle «le groupe turc», groupe formant l’une des trois branches de la famille des langues altaïques, les deux autres étant la branche mongole et la branche mandchoue.
Le turc moderne, tel que le parlent plus de 90 % de la population, trouve ses racines dans le turc ottoman. Le turc comprenait autrefois de nombreux mots et expressions arabes et perses. Il y eut cependant aux premiers temps de la République une campagne intensive destinée à débarrasser la langue de ces éléments étrangers et à introduire de nouveaux mots pour décrire ou aborder des sujets modernes.
En Turquie, on parle aussi le kurde et l’arabe. Les Kurdes, qui comptent pour près de 20% de la population turque, vivent surtout dans l’est et le sud-est du pays. L’arabe est parlé par environ 1 % de la population, surtout dans le sud-est du pays, près des frontières avec l’Iran, l’Iraq et la Syrie. Il existe des petites communautés parlant le grec et l’arménien dans les grandes villes comme Istanbul. La plupart des Juifs de Turquie sont des descendants des Juifs séfarades qui durent fuir l’Espagne à la fin du XVe siècle; ils parlent le ladino, dialecte espagnol qui s’écrit dans l’alphabet hébreu.
Dans les années 1920, un décret du gouvernement turc remplaça l’écriture arabe par l’alphabet latin. On donna trois mois aux Turcs pour apprendre le nouvel l’alphabet et l’utiliser. De nombreux Turcs sont donc incapables de lire les documents datant d’avant les années 1920, la plupart étant rédigés en arabe."
Situation de l'éducation
"Le gouvernement turc a considérablement investi dans l’éducation afin de mettre un terme à l’analphabétisme. À l’époque de la déclaration de la République de Turquie, le taux d’analphabétisme était d’environ 90 %; il est aujourd’hui inférieur à 20 %.
L’école est obligatoire de six à quatorze ans. Les enfants font cinq années d’école primaire et trois d’école intermédiaire. Ils peuvent ensuite aller à l’école secondaire, ou lycee, pendant trois ou quatre ans. Il y a deux types d’écoles secondaires en Turquie: les lycées d’enseignement général et les lycées d’enseignement professionnel. L’éducation est gratuite jusqu’à la fin du secondaire; les écoles sont mixtes et le port de l’uniforme est obligatoire.
En 1993, 88 % des garçons et 71 % des filles étaient scolarisés, ce qui laisse supposer que certains parents turcs préfèrent encore éduquer leurs fils à l’école et leurs filles à la maison. Si, à une époque, l’instruction religieuse était interdite en Turquie, elle est aujourd’hui autorisée dans les écoles primaires. Il est aussi fréquent que des cours de religion soient offerts aux enfants de façon informelle.
La qualité de l’enseignement est souvent inférieure dans les zones rurales, les enseignants préférant travailler en ville. Le taux d’absentéisme des élèves est par ailleurs plus élevé à la campagne, les enfants devant souvent participer aux travaux de la ferme. Dans certaines régions, les écoles s’efforcent de lutter contre l’absentéisme en mettant en place un calendrier scolaire flexible dans lequel la date des vacances est fixée en fonction du cycle agricole.
En Turquie, toutes les institutions post-secondaires font passer un examen d’entrée. Il y a une vingtaine d’universités, dont certaines sont privées, et près de 800 autres institutions post-secondaires. Parmi les universités les plus connues, on citera celles d’Istanbul et d’Ankara, l’Université technique du Moyen-Orient, l’Université technique de la Mer Noire et les universités du Bosphore, de Hacettepe et de Ege."
La Turquie (Projet des Profils culturels, Centre Anti-Racism, Multiculturalism and Native Issues (AMNI), Faculté de travail social, Université de Toronto, avec l'aide de Citoyenneté et Immigration Canada) (reproduction autorisée) |

Vue d'Istanbul
© Mario Becker, Zurich - visipix.com |
| Histoire |
Survol de l'histoire du pays
"Des fouilles archéologiques menées en Turquie ont mis au jour des traces de civilisations datant du vie millénaire av. J.-C. Occupée pendant le IIe millénaire par la puissante civilisation hittite, l’Anatolie passa ensuite aux mains des Phrygiens (xiie siècle av. J.-C.), puis des Perses, des Grecs, des Romains et des Byzantins.
Le premier État turc d’Anatolie fut l’Empire seldjoukide, qui se développa après la victoire des Turcs seldjoukides sur l’Empire byzantin au XIe siècle de notre ère. Tout comme les Mongols, les Manchus et les Bulgares, les Turcs sont un peuple altaïque qui vivait en Mongolie au IIe millénaire av. J.-C. et se dissémina dans toute l’Asie Centrale. Exposés à l’islam au cours des conquêtes arabes du VIIe siècle, ils étaient majoritairement musulmans lorsqu’ils conquirent l’Anatolie au xie siècle.
L’Empire seldjoukide s’effondra au XIIe siècle, mais un autre groupe turc en provenance de l’est envahit le pays au XIIIe siècle et fonda l’Empire ottoman. Au cours des siècles qui suivirent, l’Empire ottoman s’agrandit: à son apogée, au XVIIe siècle, il englobait toute la région des Balkans, la Hongrie, la Roumanie actuelles, une grande partie du pourtour de la Mer Noire, le Moyen-Orient, quelques régions de la péninsule Arabique et la partie orientale de l’Afrique du Nord (jusqu’à l’Algérie). C’était un empire très centralisé, ayant à sa tête un sultan.
Au XIXe siècle, l’Empire ottoman commença à se disloquer. La crise s’amplifia à la fin du siècle avec la révolte des Jeunes-Turcs qui réclamaient des réformes politiques. À la fin de la Première Guerre mondiale, les Ottomans, qui s’étaient alliés aux Allemands, partagèrent leur défaite.
Les Grecs envahirent la Turquie en 1919. Les Turcs repoussèrent l’invasion, avec à leur tête le général Mustafa Kemal. Après la guerre, le sultanat fut aboli et la république de Turquie proclamée. Mustafa Kemal rédigea une nouvelle constitution et entreprit de nombreuses réformes pour moderniser le pays.
Depuis lors, le pays a connu la séparation de la religion et de l’État, l’octroi de droits civils aux femmes et la naissance de divers partis politiques de tendances différentes. L’instabilité politique a ramené brièvement l’armée au pouvoir en 1960, 1970 et 1980. Des conflits ont par ailleurs éclaté à de nombreuses reprises entre les forces du gouvernement central et un groupe kurde réclamant l’autonomie du peuple kurde (qui vit principalement dans le sud-est du pays)."
La Turquie (Projet des Profils culturels, Centre Anti-Racism, Multiculturalism and Native Issues (AMNI), Faculté de travail social, Université de Toronto, avec l'aide de Citoyenneté et Immigration Canada) (reproduction autorisée) |
| Enjeux |
"Situation politique
Le parti de la Justice et du Développement, issu d'un parti islamiste interdit, a été le grand vainqueur des élections générales de novembre 2002. Dirigé par monsieur Recep Tayyip Erdogan, il se présente comme un parti islamiste modéré et il entend suivre la même ligne de conduite que le gouvernement précédent pour ce qui est de l'adhésion à l'Europe. Il a été reconnu par l'armée, laquelle a renversé trois gouvernements depuis 1963.
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Politique du gouvernement précédent
Visant à promouvoir la candidature de la Turquie à l'Union européenne, le gouvernement précédent accorde une attention particulière à l'amélioration des relations avec l'Europe et au relèvement du niveau des droits de la personne et des pratiques démocratiques. De plus, au lendemain des grandes crises financières et bancaires, il met actuellement en oeuvre un programme de restructuration économique et de renouvellement politique avec une aide considérable du FMI et de la Banque mondiale. Élu président constitutionnel par le GAN en mai 2000 pour un mandat déterminé de sept ans, Ahmet Necdet Sezer, ancien juge en chef, s'engage à instaurer la réglementation et la transparence au sein du gouvernement.
Situation économique
L'économie dynamique de la Turquie est une combinaison complexe des secteurs industriel et commercial modernes avec des secteurs agricole artisanal et de subsistance. Même si le secteur privé est puissant et en plein essor, l'État joue toujours un rôle important dans l'industrie de base, le secteur bancaire, les transports et les communications. Au cours des dernières années, le déficit financier, les catastrophes naturelles et l'instabilité politique ont engendré une croissance cyclique marquée par des taux d'inflation et des taux d'intérêt élevés. En 2000, le grave déficit de la balance des paiements causé par la hausse des coûts de l'énergie et l'excès des importations de produits de consommation, ainsi que les problèmes dans le secteur bancaire ont provoqué la perte de confiance des investisseurs. Ceci a entraîné, en février 2001, l'effondrement du programme de stabilisation économique de la Turquie, programme de 14 mois soutenu par le FMI. Une dévaluation de 100% par rapport au dollar américain s'est produite lorsque l'on a laissé flotter librement la lire turque. En mars, le gouvernement a nommé Kemal Dervi (économiste respecté et ancien vice-président de la Banque mondiale) ministre de l'Économie. M. Dervi s'est vu attribuer des pouvoirs substantiels pour s'attaquer à la crise. Grâce à une aide conjointe du FMI et de la Banque mondiale au montant de 26 milliards de dollars, il a rapidement mis en oeuvre un solide programme de restructuration et de réformes économiques. Ce programme consiste à sabrer profondément dans les dépenses et les programmes gouvernementaux, à mettre fin au déficit financier, à restructurer la dette publique, à privatiser les entreprises publiques, à réformer le secteur bancaire et à mettre en oeuvre des mesures d'austérité pour réduire les taux d'intérêt élevés et l'inflation chronique. Le gouvernement de coalition est déterminé à mettre de l'avant ce programme pour rétablir la stabilité économique et la viabilité financière à long terme de la Turquie, ainsi que la confiance des investisseurs.
Relations extérieures
Les priorités de la Turquie en matière de politique étrangère comprennent l'établissement de solides relations avec les États-Unis et l'OTAN, la promotion de sa candidature à l'UE et l'amélioration des liens régionaux, en particulier le rapprochement avec la Grèce. Le Canada et la Turquie entretiennent d'étroites relations bilatérales en tant qu'alliés et partenaires au sein de l'OTAN, de l'OCDE et de l'OSCE, ainsi qu'au sein de l'ONU et de ses agences."
Pays en Europe - Profils: Turquie (Canada Europa, Ministère des Affaires étrangères et du Commerce extérieur du Canada; reproduction publique non commerciale autorisée)
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La Turquie: entre ses défis et l'Europe
"La longue marche vers l’Europe
Les relations euro-turques remontent à un accord d’association en 1963; l’union douanière est entrée en vigueur le 1er janvier 1996. A la même époque, la Turquie a relancé sa candidature à l’Union européenne, reconnue à égalité de droits et de devoirs avec les autres postulants par le Conseil Européen d’Helsinki en décembre 1999 (après avoir été refusée deux ans auparavant à Luxembourg). Le signal d’Helsinki a donc marqué la fin du blocage grec de la demande turque. Elle a été considéré à Ankara comme un signe positif, un tournant avec la naissance d’une nouvelle politique. Sous la présidence française en décembre 2000, «le partenariat pour l’adhésion» a abouti, fixant ainsi à la Turquie le cadre de ses relations avec l’Union. Le gouvernement turc a publié en 2001 son programme national de reprise de l’acquis communautaire prévoyant l’adaptation de sa constitution et de sa législation.
Ces avancées s’accompagnent d’une aide financière de l’Europe. La Commission estime que malgré certains développements positifs, la Turquie ne remplit toujours pas les critères politiques de Copenhague. Derrière la subtilité du langage se dissimule des défis et des blocages majeurs :
- les droits de l’homme,
- le rôle de l’armée, garante de l’ordre kemaliste contre le terrorisme et l’islamisme,
- l’Arménie: le génocide reste un sujet dont on ne parle pas,
- les relations avec la Grèce et les contacts avec Chypre qui ont connu quelques progrès récents grâce aux pressions exercées par les États-Unis et l’Union Européenne.
La Turquie donne souvent, à l’extérieur, l’impression d’un pays provincial, périphérique et replié. Elle ressent une méfiance vis-à-vis de Bruxelles, soupçonnée d’insincérité à son égard.
Dynamisme de l’économie et pesanteurs
L’État reste un acteur important mais le secteur privé gagne du terrain. Son influence augmente, il est favorable à l’amélioration des relations avec la Grèce et à l’entrée dans l’Europe. La Turquie n’a pas les caractéristiques d’une société rurale. Elle est plus industrielle et urbaine. Istanbul dépasse 12 millions d’habitants et pourrait devenir la plus grande ville de notre continent. La Turquie occupe le 17ème rang dans l’économie mondiale avec un PNB d’environ 400 milliards de dollars, c’est de loin l’économie la plus importante dans les Balkans ou le Moyen-Orient.
Elle se compare aux grands marchés émergents, tel que le Brésil et l’Indonésie. Parmi les secteurs de pointe, le tourisme continuera à se développer avec 7000 kilomètres de plages sur la Mer Noire et la Méditerranée. Le pays reste cependant confronté à d’importants déséquilibres et doit faire face à une profonde crise financière. Monsieur Dervi, ancien haut fonctionnaire à la Banque Mondiale et étranger aux jeux politiques turcs a été nommé ministre des Finances en mars 2001. Son plan d’austérité nourrit un mécontentement social croissant, mais souligne la volonté de se rapprocher de l’Europe. Les efforts turcs sont manifestement soutenus par le F.M.I., contrairement à l’attitude adoptée par le Fonds pour l’Argentine. Dans les deux pays, la France dispose de fortes implantations.
La politique intérieure dans un pays musulman très particulier
Le pouvoir en Turquie se trouve fragilisé par des querelles au sommet de l’État et par la perte de confiance dans la classe politique. Élu en mai 2000, le Président Sezer, partisan résolu de la démocratisation s’est opposé au gouvernement Ecevit au nom du respect de l’État de droit et de la défense des libertés publiques. Personnalité indépendante, il apparaît comme un recours. Les partis au pouvoir (ANAP, MHP et DSP) semblent victimes de la corruption et de la mauvaise gouvernance. Cette situation de vide profite à l’armée, pôle de stabilité, gardienne des dogmes fondateurs de la République et de l’intégrité territoriale.
L’opposition n’est pas épargnée par cette crise de défiance, le DYP de Madame Ciller continue sa traversée du désert. La mouvance islamiste poursuit sa recomposition depuis l’interdiction du Parti Fazilet en juin 2001, qui a conduit à sa division entre une tendance réformiste (Erdogan) et un courant traditionaliste (M. Kutan). L’important réside peut-être dans l’évolution d’un électorat, marqué par la migration de la campagne à la ville, par l’aspiration sociale et par l’implication dans les causes historiques (Kosovo, Bosnie, Tchétchénie). Le discours islamiste change, il passe d’un refus d’entrer dans « un club chrétien » à une logique de protection des libertés. Surgit maintenant la revendication d’une meilleure insertion démocratique.
Conclusion
Dans ce mouvement complexe et lent de la Turquie vers l’Europe, nous ne devons pas oublier que les Américains souhaitent garantir l’ancrage occidental et européen de cet «État-pivot ». Ankara, partenaire d’Israël, pourrait se révéler précieux pour la surveillance de l’Irak (utilisation de la base d’Incirlik). Les attentats du 11 septembre renforcent l’importance de la Turquie pour l’administration américaine."
Xavier de Villepin, La Turquie: entre ses défis et l'Europe, décembre 2001 (site du Sénat de la République française) |
| Attraits |
"La Turquie a un riche patrimoine architectural. De nombreux touristes visitent d’ailleurs la Turquie pour ses sites archéologiques et son architecture. Les monuments les plus célèbres d’Istanbul sont la mosquée Bleue, le palais Topkapi, la basilique Sainte-Sophie et la mosquée Rustem Pasha. On peut y admirer l'art et l'artisanat turcs, de l’orfèvrerie aux tapis (kilims), en passant par les carreaux de faïence peints."
La Turquie (Projet des Profils culturels, Centre Anti-Racism, Multiculturalism and Native Issues (AMNI), Faculté de travail social, Université de Toronto, avec l'aide de Citoyenneté et Immigration Canada) (reproduction autorisée) |
| Documentation |
Kelsey, Tim. Dervish: The Invention of Modern Turkey, London, Penguin, 1996.
Mantran, Robert. Histoire de la Turquie, Paris, PUF, coll. Que sais-je ?, 1988
Unal, Unver. La citoyenneté turque et la question kurde. Mémoire de D.E.A. en science politique, Institut d'études politiques de Lyon, Université Lumière Lyon 2. Année universitaire 1999-2000. 205 p.
Maunoury, Jean-Louis (éd.). Sublimes Paroles et Idioties de Nasr Eddin Hodja, Paris, Pocket, 1994. : "Impossible d'évoquer l'humour turc sans parler de Nasreddin Hodja, personnage haut en couleurs qui incarne tantôt la sagesse, tantôt les défauts des êtres humains. L'UNESCO a fait de l'année 1996 l'année Nasreddin Hodja tant ses histoires que l'on trouve dans tous les pays ayant subi peu ou prou l'influence turque font partie du patrimoine universel."
Bernard Lewis, Why Turkey Is the only Muslim Democracy, The Middle East Quarterly, vol. 1, no 1, mars 1994
Document vidéo: La Turquie. Conférence de Cengiz Aktar (L'Université de tous les savoirs). Résumé: "L'intervention sera centrée sur le thème du "défi" qui me semble découler de la récente décision des 15 à accepter la candidature de la Turquie à devenir membre de l' Union Européenne en temps utile. Le titre en serait donc "La Turquie en Europe, le double défi". A travers ce thème central, les étapes et la signification du long processus d'occidentalisation de l' Empire ottoman et de la Turquie républicaine seront traitées afin de mieux cerner le défi devant lequel se trouve la Turquie candidate. Ainsi dans un deuxième temps, les "grands travaux" qui attendent la Turquie seront abordés : le contenu du critère politique de Copenhague, la réforme du secteur agricole, la décentralisation administrative et plus que tout l'indispensable transformation de la mentalité d'assiégé, du peuple mal aimé. Cependant le défi qui attend la Turquie ne peut être relevé que dans un environnement de confiance mutuelle. Et c'est là où réside l'autre défi, celui qui est lancé aux partenaires européens de la Turquie et qui consistera à "digérer" ce pays qui fut pendant longtemps la figure par excellence de l' Autre. Les blocages et les a priori qui existent d'un côté comme de l'autre demanderont un maximum d'imagination, de tact et de patience pour être supplantés par de nouvelles formes de coopération inexistantes ou à peine effleurées à l'heure actuelle." (Canal U) |
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| Capitale |
| Ankara |
| Superficie |
| 780 580 km2 |
| Population |
| 67,308,928 (Juillet 2002) |
| Groupes ethniques |
| Turcs 80%, Kurdes 20% |
| Religion(s) |
| Musulmans 99.8%, autres 0.2%(chrétiens et juifs surtout) |
| Chomage |
10.6% (001)
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