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| Auguste Rodin |
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| Biographie en résumé |
Sculpteur français (1840-1917)
«Auguste Rodin est né à Paris en 1840. C'est dire qu'il est aujourd'hui en pleine activité de sa force physique, en plein épanouissement de ses facultés intellectuelles. Très jeune, il entra chez Barye; mais, comme la plupart des maîtres en qui s'agite le monstre créateur, Barye ne savait pas enseigner. Il était d'apparence timide, silencieux et triste. Et la jeunesse aime les gestes hardis, la parole sonore, la joie. Il ne semble pas que ce séjour chez Barye, depuis tant admiré, ait fait sur l'esprit de M. Auguste Rodin une impression autre que celle d'un prodigieux et invincible ennui. Aussi abandonna-t-il très vite cet atelier pour entrer chez Carrier-Belleuse. Aujourd'hui encore cette incompréhension de jeune homme est, pour lui, un sujet de mélancolique étonnement et presque de remords. De chez Carrier-Belleuse il alla en Belgique. Et, là, durant plusieurs années, il paya, talent comptant, l'hospitalité d'un sculpteur belge, dont le nom, je pense, est depuis longtemps retourné à l'oubli – qui était chargé de décorer la Bourse de Bruxelles. Au nombre des figures dont se compose cette décoration, celles de Rodin sont facilement reconnaissables à leur différence. Un œil amoureux de la forme ne s'y trompe pas. Il va vers elles, tout de suite, comme, dans une foule d'indifférents, on va vers l'ami aussitôt aperçu.
Durant qu'il travaillait obscurément pour les autres, Auguste Rodin ne perdait pas son temps. Il apprenait à vaincre les difficultés de son art, et il se fortifiait l'esprit. Curieux de tout ce qui vit, de tout ce qui pense, ayant de la nature et de ses harmonies un sens très pénétrant, il se donnait, tout seul, par des lectures abondantes et choisies, par des habitudes d'assidue réflexion et d'observation profonde, il se donnait une des plus fortes éducations que je sache. Ses amis savent quelle âme ardente, quelles énergies mentales, quel souple organisme cérébral, se cachent sous la. tranquillité douce et si fine, presque rusée, de son masque. Pour ma part, je ne connais pas de joie plus vive qu'une promenade dans la campagne avec ce silencieux et admirable ami en qui la nature semble s'être complue à déposer ses secrets les mieux gardés. Car M. Auguste Rodin ne borne pas son action à la recherche de la vie plastique. De la ligne et du modèle, il remonte au mouvement, du mouvement à la volonté et à tous les phénomènes passionnels ou psychiques qui en découlent. Cela devait être ainsi pour qu'il pût réaliser l'œuvre qu'il allait entreprendre. Et M. Rodin aura été non seulement le plus grand statuaire de son temps, il en aura été ainsi un des penseurs les mieux avertis des souffrances de l'âme humaine et des mystères de la vie. Non seulement il exprimera, avec une puissance toujours renouvelée, la logique beauté des formes, mais avec de la glaise, de la cire, du bronze et du marbre, il modèlera de la passion et créera de la pensée.»
OCTAVE MIRBEAU. Texte paru originalement dans Le Journal, le 4 juin 1895 et repris dans Des artistes, Flammarion, 1922-1924, Paris, tome I, pages 284 et suiv. Texte intégral |
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| | Auguste Rodin | | Octave Mirbeau | | À la veille du dévoilement des Bourgeois de Calais, le chroniqueur Octave Mirbeau, ami du sculpteur, retrace les débuts de la carrière de Rodin et les remous que suscitent une œuvre, encore jeune, mais imposante, qui par son «charme sensuel», secoue et violente «l'ordinaire inertie mentale» du public français. | | La mort de Rodin | | Élie Faure | | Romantisme, sculpture, forme, sensualité | | Le dernier des grands romantiques est mort. Le dernier en date. Je n'oserais dire en qualité. Entre Hugo et Byron, Delacroix et Baudelaire, Michelet et Balzac, Wagner et Schumann, Schopenhauer et Nietzsche, Daumier et Berlioz, Rodin et Zola, il y a des abîmes inégaux dont l'avenir fixera, peut-être, les profondeurs et les limites, à moins que le mouvement des esprits soit comme celui de la mer. | | | Rodin, l'homme, l'artiste, son oeuvre et son influence | | Charles Morice | | Sculpture, réalisme, art moderne, pessimisme, nostalgie | | «Le réalisme de Rodin, s'il triomphait, entraînait la faillite de l'Académie et de l'École, — et c'est ce qui s'est produit. Les professeurs devaient donc se défendre, faire corps et bloc contre l'intrus. L'intrus, d'autre part, se présentait sous les couleurs sombres d'un pessimiste inguérissable et d'un révolté irréconciliable. Il venait de l'Enfer, comme Dante, il célébrait le Mal, comme Baudelaire; il était inquiétant.» |
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 |  | À lire également sur ce sujet |
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| | Éducation | | Collège Saint-Sacrement | | Yves Lemire | | Auguste Rodin, saint Julien Eymard, chapelle du Collège Saint-Sacrement de Terrebonne | | En mai 2002, le Collège Saint-Sacrement de Terrebonne fêtait 100 ans d'enseignement dynamique. À cette occasion, un album souvenir fut produit, qui a permis de mettre en lumière une sculpture peu connue de Rodin. |
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