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| Jean-Jacques Rousseau |
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| Biographie en résumé |
| Écrivain et philosophe de langue française (1712-1778) |
| Vie et œuvre |
Jean-Jacques Rousseau et le problème de la civilisation (par Harald Höffding)
«L'œuvre de Rousseau, œuvre considérable, est d'avoir mis à jour le principe profond qui permettait de trouver une solution intermédiaire entre la philosophie des lumières et le régime actuel. Il fait de la nature et du sentiment immédiat la base de toute estimation des valeurs, et demande à toute civilisation et à toute réflexion qui veulent s'élever au-dessus de cette assise, de montrer qu'elles se sont justifiées en la développant et en la perfectionnant; si elles l'entravent et la déforment, elles sont mauvaises. Il est le premier à poser dans les temps modernes le problème de la civilisation. Depuis la Renaissance l'œuvre de civilisation avait avancé avec ardeur dans tous les domaines; et voilà qu'une voix s'élevait, qui prétendait qu'ily avait quelque chose de faux dans tout le mouvement. L'occasion du premier ouvrage philosophique de Rousseau fut une question mise au concours par une académie française de province. Elle demandait de répondre à ce problème: «si le progrès des sciences et des arts a contribué à corrompre ou à épurer les mœurs». La question toucha l'âme de Rousseau comme un éclair. Il lui semblait, dit-il, voir un monde entièrement nouveau, devenir lui-même un autre homme! Ce nouveau monde, c'était le monde de la personnalité, du sentiment vivant, de la vie de l'âme. Il vit soudain la disproportion entre ce monde d'une part, et l'état de choses actuel et ses critiques d'autre part. Qu'il ait eu tout de suite l'idée de répondre à la question par la négative, ou que la fille de Diderot ait raison, quand elle prétend que son père lui a donné ce conseil, peu importe. La réponse négative n'est qu'un paradoxe formel, que Rousseau restreint et explique plus en détail dans sa correspondance et dans ses ouvrages ultérieurs. Mais la violente collision du sentiment, qui finalement détermine toujours l'appréciation, avec tout le brillant développement intellectuel et esthétique, ne pouvait avoir lieu que chez Rousseau; il y était préparé par sa personnalité et par sa vie. Jean-Jacques Rousseau naquit à Genève le 28 juin 1742 d'une famille assez aisée. Son éducation favorisa en lui l'imagination et les sentiments indéterminés; de bonne heure se développa en lui ce qu'il appelle lui-même «l'esprit romanesque», qui lui permettait de sortir du présent et de trouver les jouissances les plus grandes dans le monde des possibilités. Après une jeunesse errante, qui a ce même caractère romanesque déjà pris par son imagination, mais qui lui attira pendant un certain temps des relations dégradantes et n'exerça pas une influence bienfaisante sur son tour de pensée, il alla à Paris, où il gagna péniblement sa vie comme professeur, secrétaire particulier et plus tard principalement en copiant de la musique. C'était pour lui ce que la taille des verres était pour Spinoza. II obtint du succès avec un opéra et eut une querelle en soutenant la musique italienne contre la musique française. Rien ne faisait supposer qu'il dût devenir fameux dans le monde de la pensée et tracer à la vie intellectuelle des voies toutes nouvelles. Il avait eu par avance l'occasion d'acquérir une certaine culture générale; il avait également fait quelques lectures philosophiques. Sa qualité de collaborateur à la grande Encyclopédie le fit admettre dans le cercle des «philosophes», qui le considérèrent comme un des leurs. La réponse qu'il fit à la question mise au concours lui montra sa voie d'écrivain. Son nom devint célèbre, et continuant la solution du problème qui avait illuminé si soudainement sa pensée, il prit une position de plus en plus hostile contre les deux grands partis adverses de l'époque, contre les ennemis aussi bien que contre les défenseurs du régime actuel. Une nouvelle question mise au concours (De l'origine de l'inégalité parmi les hommes) lui fournit l'occasion de glorifier tout au long l'état de nature aux dépens de la civilisation. Précédemment il avait nié que le progrès des arts et des sciences ait été un bien; il nia alors que le changement de l'état de nature en une vie sociale et civilisée ait été un bien. Ces deux mémoires marquent le côté négatif de Rousseau. Une nouvelle période de sa vie commença lorsqu'il put se retirer dans la solitude de la campagne. Ses amis de l'Encyclopédie ne le comprenaient pas. Quelque chose bouillonnait en lui qu'ils ne pouvaient concevoir, malgré toute leur critique et tout leur esprit. Son sentiment d'admiration pour la nature, qui le soutint pendant la dernière partie de sa vie au milieu de grandes souffrances physiques et en dépit de persécutions imaginaires et aussi réelles, se rattachait étroitement au penchant qu'il avait à vivre dans le sentiment immédiat. Sa vie intérieure était si débordante qu'il avait de la peine à trouver des mots pour exprimer ses émotions. En tous cas, il pouvait rarement trouver les mots à propos; aussi se sentait-il mal à l'aise dans les salons. En face de l'esprit raffiné, effilé, articulé, où la civilisation avait abouti, il introduisit la simplicité, l'ampleur, le vague. Il s'intéressait aux débuts chaotiques de la vie, aux éléments qui n'avaient pas encore formé de monde nettement dessiné. Au cours de ses rêves de liberté, dans les forêts de Saint-Germain ou de Montmorency, il croyait vivre la vie de l'homme primitif, alors que la civilisation n'avait pas encore mis fin à la communion immédiate et heureuse avec la nature. Le simple et l'élémentaire, les grands et les menus faits de l'existence étaient vénérables à ses yeux et pleins de sources de joies. Il comprenait ce qui s'agitait dans les âmes de ces traînards de l'armée de la civilisation, de ceux que les encyclopédistes désespéraient d'éclairer et que Voltaire nommait «la canaille». Dans son sentiment immédiat il trouvait quelque chose qui peut être un principe de communion, si différente que soit d'ailleurs la vie intellectuelle. Ses idées étaient les enfants de ses sentiments. Dans ses Confessions il dit lui-même qu'il a senti avant de penser. Et dans ses moments suprêmes, dans des instants comme il en avait dans ses promenades solitaires, son âme se dilatait à un tel point, de vagues sentiments vibraient en lui en quantité si innombrable, il s'élançait si bien au delà de toutes les barrières, qu'aucune idée, aucune image ne pouvait exprimer ce qu'il éprouvait. L'indépendance du sentiment ne se révélait pas seulement à lui dans des états de ce genre, où celui-ci était presque seul maître, mais encore par son influence sur les idées. Les espérances qu'il concevait de l'avenir étaient sombres, ses souvenirs du passé étaient ensoleillés; le fond de ses pensées dépendait de la nature de ses dispositions. Il apprit ainsi par sa propre expérience cette vérité psychologique, que le sentiment est un aspect primordial et indépendant de la vie de l'esprit au même titre que la connaissance, et qu'il ne se borne nullement à garder vis-à-vis de cette dernière une attitude passive et réceptive. Les côtés défavorables du caractère de Rousseau apparaissent sous forme de sentimentalité, ou encore de soupçon allant jusqu'à la folie. Un exemple peu édifiant de la façon dont le sentiment peut pousser les idées et peut former un système embrouillé, pour s'exprimer et s'expliquer, nous est fourni par un des derniers écrits de Rousseau: Rousseau juge de Jean-Jacques, où il décrit les persécutions systématiques auxquelles il se croit exposé de la part de ses anciens amis. La construction méthodique qui est ici entreprise sur la base d'un sentiment maladif se retrouve également dans ses ouvrages célèbres: sa philosophie n'est en effet, ainsi qu'il dit lui-même de sa foi religieuse, qu'une «exposition du sentiment».[...]
Les principaux ouvrages
Rousseau a développé dans trois ouvrages la conception de la vie qu'il oppose au raffinement et à la corruption de la civilisation. Dans La Nouvelle-Héloïse (1761) il peint le fort et profond amour, la beauté et la dignité du mariage et de la vie de famille, la noblesse de la résignation, la ferveur de la foi religieuse, la majesté de la nature: tous objets devenus étrangers au siècle, qui lui arrachèrent des accents nouveaux pour les esprits contemporains, et marquaient un grand revirement dans la littérature poétique. Dans L'Émile (1762) il expose un système d'éducation qui loin d'opprimer la nature, en favorise le développement; il trouve en même temps l'occasion d'exposer ses vues religieuses. Dans le Contrat social (1762) enfin il établit la théorie du régime qui doit succéder à la tyrannie sous le joug de laquelle soupire l'humanité.
Rousseau regardait son œuvre comme terminée par ces ouvrages. Mais il ne lui fut pas donné de mener la vie paisible de la nature. L'Émile fut brûlé à Paris, et l'on décréta contre Rousseau un mandat d'amener. Alors commencèrent pour lui les années malheureuses. Il s'enfuit en Suisse; mais il n'y trouva non plus la tranquillité: les gouvernements ne voulaient pas le tolérer à Genève et à Berne, et à Neufchâtel il fut molesté par la population à cause de ses opinions religieuses. Alors il accepta l'offre que lui faisait Hume de lui donner asile en Angleterre; mais dans l'état de souffrance où il se trouvait, il ne tarda pas à concevoir de la méfiance pour ses amis d'Angleterre, et de nouveau il s'enfuit en France, où il erra de lieu en lieu, jusqu'à ce qu'une maladie soudaine mît fin à sa vie (1778).[...]
La place de Rousseau dans l'histoire de la philosophie
Rousseau occupe dans l'histoire de la philosophie une place qui offre une certaine analogie avec celle de Leibniz. Tous deux mettent en relief le problème de la valeur des choses: ils ne se contentent plus de l'explication mécanique de la nature et de l'organisation mécanique de la société; ils recherchent la signification de la nature et de la société pour le sentiment humain, source de toute estimation des valeurs. De là vient que tous deux soulignent le droit de l'individualité et la profondeur infinie de l'âme individuelle. Mais ces deux esprits si divergents s'y prennent d'une façon bien différente pour développer ces pensées. Leibniz cherchait à conserver la conception scientifique de la nature en voyant dans les lois trouvées au moyen de cette conception des manifestations de l'harmonie qui existe entre les développements personnels d'une foule immense d'êtres individuels. Le passage graduel des ténèbres à la clarté était la loi fondamentale de tout développement dans ce système harmonieux du monde. Ce n'était pas chose facile au pauvre Jean-Jacques que de trouver l'harmonie, ni dans son moi, ni hors de son moi. Dans ses moments d'extase, il y croyait, il la voyait au regard de sa conscience. Mais sa monade avait une obscure profondeur qui ne pouvait s'éclairer, elle s'assombrissait de plus en plus; et, dans le monde comme dans la société, il ne put fondre tout en une harmonie intellectuelle. Son sentiment était trop fort pour pouvoir s'expliquer comme pensée confuse. Voilà pourquoi il défendit les droits de l'irrationnel. Par l'expérience personnelle de la vie, il fut conduit finalement aux résultats auxquels Hume avait abouti au moyen de la théorie de la connaissance: on sait que Hume avait montré que toute notre connaissance repose sur des hypothèses qu'on ne peut démontrer. Au point de vue pratique donc comme au point de vue théorique, il y avait assez de problèmes à reprendre pour celui qui parviendrait à faire progresser la philosophie.»
HARALD HÖFFDING, Histoire de la philosophie moderne, tome I, Paris, Félix Alcan éditeur, 1906.
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Jugements sur Rousseau
L'héritage de Rousseau
«Quoique Rousseau fut, voulût être moins un révolutionnaire destructeur des institutions et de l'édifice social qu'un réformateur de l'intérieur des cœurs, sa haine des réalités mauvaises, littérature sans moralité, richesse, luxe, fanatisme, despotisme, mœurs faciles sans bonté, égoïsme des mensonges sociaux, s'est exprimée avec un éclat si impétueux et farouche qu'on a cru qu'il voulait détruire la société et la civilisation. Tous les mécontents, tous les souffrants se reconnurent dans ses haines et ses souffrances. Il fit l'effet d'un démolisseur enragé; et certaines parties de son œuvre ont prouvé, après 1789, leur puissance révolutionnaire. On a cru suivre Rousseau en faisant table rase de ce qui existait: c'était prendre le contrepied, sinon de son œuvre, du moins de sa pensée. Tandis que le Contrat social exerçait ainsi sa vertu révolutionnaire, d'autres parties de l'œuvre fournissaient des principes de conservation et restauration sociales. Le déisme de Rousseau si voisin et si éloigné de celui de Voltaire, ce déisme, élargissement du christianisme réformé tandis que, celui de Voltaire est une négation du christianisme catholique, eut pour conséquence de réveiller le sentiment religieux en France; et dans un pays de tradition catholique, ce piétisme latitudinaire d'origine protestante tourna au profit du catholicisme à travers le philosophisme de Bernardin de Saint-Pierre et le théisme révolutionnaire, l'influence de Rousseau se prolonge dans le catholicisme sentimental de Chateaubriand; elle prépare le retour des classes éclairées à la foi et sous le joug de l'Église. On voit quelle est la profondeue et l'étendue de l'action de Rousseau. Il conduit à la fois à la république jacobine et à la restauration catholique. Il restaure la morale, la morale individuelle par l'affirmation de la puissance de la sympathie et du droit de la conscience, par l'excitation intense du sentiment et de l'enthousiasme contre l'égoïsme et la sécheresse intéressée; la morale domestique, par la dénonciation de la corruption mondaine, de l'adultère si longtemps toléré, par le respect du lien conjugal et la gravité du devoir paternel, par l'amour de l'enfant; la morale sociale, par la proclamation des grands principes de liberté, d'égalité, de tolérance, d'humanité. On peut dire qu'il a changé l'atmosphère morale de la France. En niant, non pas le progrès, mais l'efficacité de ce qu'on appelle le progrès pour accroître le bonheur et la vertu des hommes, il réagit contre la philosophie voltairienne et encyclopédique qui conclut trop légèrement du progrès matériel et intellectuel au progrès moral. Mais sa réaction n'est pas un recul: c'est un progrès nouveau. C'est malgré lui que son déisme fervent ramène les Français sous le joug de l'Église: en religion comme partout, ce qu'il prêche, c'est la souveraineté de la raison et du sentiment individuels. S'il subordonne la raison au sentiment comme moins pure et moins sûre, c'est qu'il voit dans la spontanéité incontrôlée et irréfrénée du sentiment interne une source inépuisable de certitude et une garantie supérieure de vérité. Ainsi par delà le sensualisme de son temps, il ouvre la voie à une philosophie du sentiment, de la conscience intime, que Jacobi en Allemagne, et, d'une autre façon, Maine de Biran et Cousin en France ont développée. En donnant la préférence au sentiment sur la raison, à la passion sur l'esprit, il crée les états d'esprit qui, exprimés littérairement, donneront le romantisme. Par l'étalage immodéré de ses singularités individuelles, il offre même un exemple saisissant des abus et des excès du romantisme. Par sa haine de la société aristocratique et despotique où il vit, il offre un modèle à toutes les révoltes et à toutes les excentricités antisociales du romantisme. Il ramène à la fois le sens des réalités concrètes et de la poésie intime dans la littérature. En un mot, qu'il s'agisse de belles-lettres, de philosophie, de morale, de mœurs, de religion, de politique, au commencement de toutes les avenues de ce siècle, on aperçoit Rousseau. Par sa position du problème social, il est tout près de nous: tandis que Montesquieu et Voltaire s'éloignent avec leurs vues exclusivement politiques et administratives, Rousseau, qui donne l'inégalité comme un problème moral et social, est notre homme; et c'est sur ses traces que quelques hommes sous la Révolution, un plus grand nombre entre 1830 et 1852 ne virent de réforme utile et de justice suffisante que dans une nouvelle organisation de la propriété, une répartition meilleure de la richesse, qui égalisât les bénéfices et les charges de l'institution sociale. Ce sens et cette influence de Rousseau dépassent de beaucoup ce qu'on appelle ordinairement la valeur littéraire; mais c'est cette valeur littéraire qui leur a donné moyen de se manifester. Il y avait chez Rousseau, dans ces périodes si laborieusement construites pendant ses insomnies et ses flâneries, assez de tradition, de raisonnement et d'éloquence pour satisfaire le goût des contemporains, assez de nouveauté, de sentiment et de poésie pour les séduire et les enchanter. Nous sentons plus la déclamation et les lourdeurs aujourd'hui, et nous sommes plus sensibles à ce qu'il apportait de nouveau et de personnel. Si la langue n'est pas toujours très pure, elle est d'une richesse et d'une souplesse admirables, elle prend souvent dans la bouche de Rousseau une couleur, une harmonie, un rythme dont rien auparavant ne donnait l'idée.» (Article «Jean Jacques Rousseau» de la Grande Encyclopédie)
ELME CARO
Rousseau et Voltaire
«Voltaire et Rousseau, étaient destinés à se méconnaître ou à se fuir. Les détails de cette Iliade tantôt tragique et tantôt grotesque ne sont que l'expression accidentelle d'une inimitié fatale. Tout les séparait violemment l'un de l'autre, les idées, la métaphysique, la morale, la manière de comprendre la religion, le talent même et la langue. Ce n'est pas par boutade ou par mauvaise humeur que Voltaire déclare le roman de Jean-Jacques «sot, bourgeois, impudent, ennuyeux». Cela devait lui paraître ainsi, à lui le dernier classique, même dans l'expression des idées nouvelles qu'il représente. Comment aurait-il goûté cette recherche inquiète, subtile, maladive, d'un idéal à moitié chimérique, et cette langue éloquente, mais tendue, où se révèle avec une rhétorique enflammée un effort continu vers le sublime ? Et Rousseau ne devait-il pas détester d'instinct, avec sa nature de prédicateur et de moraliste plébéien, ce grand seigneur des lettres françaises, courtisé, choyé, heureux dans tout ce qu'il entreprend, menant une vie princière au milieu d'une cour où des rois mêmes tiennent à se faire admettre, traitant de pair avec les puissances du monde, le grand triomphateur au théâtre, dans l'histoire, dans la poésie, le vrai souverain de ce siècle! Toutes les haines contre les inégalités sociales gonflaient son cœur quand il assistait, du fond de son exil, à cette insolente et perpétuelle ovation. La nature les avait faits incompatibles, la société fit plus. Incompatibles, ils l'étaient, dès leur naissance, d'humeur, de goût, d'esprit; la vie, l'opinion publique divisée, de graves torts réciproques, la conscience exagérée de leur force, enfin, il faut bien le dire, la passion de la souveraineté sans partage, tout cela vint achever l'œuvre de la nature et les rendre irréconciliables.» (La Fin du XVIIIe siècle: études et portraits, voir ce texte).
DUCHESSE DE CHOISEUL |
| Documentation |
Texte, Joseph. Jean-Jacques Rousseau et les origines du cosmopolitisme littéraire: étude sur les relations littéraires de la France et de l'Angleterre au XVIIIe siècle, Paris, Hachette, 1895, XXIV-466 p. (Bibliothèque nationale de France, Gallica – mode image, format PDF)
Jean-Jacques Rousseau et Les Confessions. Pour comprendre une œuvre reflet d'une trajectoire (DATICE, Académie de Reims, Fr.)
Jean-Jacques Rousseau: Les Confessions (dossier pédagogique)
Les Confessions. Dossier pédagogique (Petits Classiques Larousse)
La place des femmes dans Les Confessions (DATICE, Académie de Reims, Fr.)
La sexualité dans les livres I à IV des Confessions (DATICE, Académie de Reims, Fr.)
Using Eighteenth-Century Art to Teach Rousseau's Political Thought
Le problème politique: cours sur Rousseau
Mary Ann Glendon, Rousseau and the Revolt Against Reason, First Things, no 96, octobre 1999, p. 42-47
Jacques Maritain, Trois réformateurs : Luther, Descartes, Rousseau. Avec six portraits (1re éd. 1925). Nouv éd. rev. et augmentée: Paris, Plon, 1961.
Michel Schmouchkovitch , L'avare magnificence de Jean-Jacques Rousseau
Place et rôle de la botanique dans l'œuvre de Rousseau. Mémoire de maîtrise par Sylvain Rheault, Département d'études françaises, Faculté des arts et des sciences, Université de Montréal, septembre 1989
Le législateur et l'écrivain politique chez Rousseau, par Mílton Meira do Nascimento, Universidade de São (Paideia Project, Twentieth World Congress of Philosophy, Boston, Massachusetts, É.-U., 10-15 août 1998)
The Moral Architects. Part Three - Jean-Jacques Rousseau. Transcription de l'émission «The Spirit of Things» du 17 septembre 2000 (Radio National, Australie)
Les Confessions: fiche de lecture (Bibelec, 13 mars 2001)
Hubert Picard, Aperçus sur quelques points fondamentaux du Contrat social (Association freudienne internationale) |
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| | Émile ou l'éducation selon Rousseau | | Harald Höffding | | Philosophie de l'éducation, éducation positive, éducation négative | | «J'appelle éducation positive celle qui tend, à former l'esprit avant l'âge et à donner à l'enfant la connaissance des devoirs de l'homme. J'appelle éducation négative celle qui tend à perfectionner les organes, instruments de nos connaissances, avant de nous donner ces connaissances et qui prépare à la raison par l'exercice des sens.» | | La pensée éducative de Rousseau | | Michel Soëtard | | Article publié dans Perspectives: revue trimestrielle d'éducation comparée (Paris, UNESCO: Bureau international d'éducation), vol. XXIV, n° 3/4, 1994 (91/92), p. 443-456. ©UNESCO : Bureau international d'éducation, 2000. Ce document peut être reproduit librement, à condition d'en mentionner la source. | | | Les deux natures de Rousseau | | Gabriel Tarde | | Seulement, Rousseau ne serait pas l'homme de génie qui s'est peint en grand dans la France révolutionnaire et a laissé à la littérature française une empreinte profonde, si ses deux natures n'avaient su que se heurter et se juxtaposer stérilement, comme celles de tant d'aliénés vulgaires. | | | Les premières années | | Gustave Lanson | | Vie de Jean-Jacques Rousseau, ses origines, les années de jeunesse, sa relation avec Mme Warens | | Article biographique publié dans la Grande encyclopédie (1885-1902) consacré à Rousseau par Gustave Lanson, professeur reconnu au début du XXe siècle pour son approche philosophique de l'histoire de la littérature. Portrait classique de Rousseau qui met bien en relief l'énorme impact de l'oeuvre du philosophe sur la fin du XVIIIe et sur le XIXe tout entier. | | L'unité de la pensée de Jean-Jacques Rousseau | | Gustave Lanson | | Liberté, individualisme, socialisme, éducation, contrat social | | Réfutation d'une certaine critique du philosophe qui le présente comme prisonnier de l'insoluble dilemne entre l'indivualisme exacerbé et le socialisme autocratique qui marquent les deux pôles de sa pensée sociale et politique. | | Rousseau et l'état de nature | | Harald Höffding | | Civilisation, vie sociale, décadendence de l'homme civilisé, corruption de l'homme par la société, Hobbes | | «Il ne dépeint nullement sous des couleurs idéales l'état de nature auquel l'homme a été arraché par la civilisation. Il rejette, il est vrai, l'état de nature décrit par Hobbes comme une guerre de tous contre tous; il croit que la guerre suppose, soit des besoins que l'homme n'a pas à l'état de nature, soit de plus grandes relations entre les hommes que cet état ne comportait; en même temps il croit que- Hobbes a négligé la pitié, qui est un sentiment humain volontaire et primordial.» | | Une satire de Rousseau: la «Lettre au Docteur Jean Jacques Pansophe» | | Voltaire | | Critique et satire des idées philosophiques et religieuses de Jean-Jacques Rousseau en réponse aux «Lettres écrites de la montagne», dans lesquelles ce dernier condamnait l'athéisme de Voltaire, mythe du bon sauvage, déisme, athéisme, Lumières, progrès | | «Tout, nous rappelle l'écrivain Elme Caro, les séparait violemment l'un de l'autre, les idées, la métaphysique, la morale, la manière de comprendre la religion, le talent même et la langue.» Un commentateur plus récent, Philippe Lavergne, estime que leur opposition fut si totale qu'elle fait figure de paradigme et ensemble ils ont beaucoup contribué à donner forme à la querelle idéologique telle que se pratique encore de nos jours. | | Voltaire et Rousseau | | Elme-Marie Caro | | Voltaire, Rousseau, les relations entre les deux écrivains | | «Voltaire et Rousseau, étaient destinés à se méconnaître ou à se fuir. Les détails de cette Iliade tantôt tragique et tantôt grotesque ne sont que l'expression accidentelle d'une inimitié fatale. Tout les séparait violemment l'un de l'autre, les idées, la métaphysique, la morale, la manière de comprendre la religion, le talent même et la langue. Ce n'est pas par boutade ou par mauvaise humeur que Voltaire déclare le roman de Jean-Jacques "sot, bourgeois, impudent, ennuyeux".» | | | Le contrat social selon Rousseau | | Harald Höffding | | État naturel, libre délégation du pouvoir, individu, démocratie souveraine | | «La philosophie du droit de Rousseau clôt toute une série de tentatives, commencées au cours des luttes de la Réforme, et qui visent à édifier l'Etat sur la libre délégation individuelle. Rousseau n'a pas inventé l'idée du contrat social, mais il s'en sert pour montrer que la société est née en accord avec la nature: à l'état de nature les hommes ont vécu isolément; le seul passage à une vie civile, qui puisse rendre l'Etat naturel, c'est donc une association volontaire, une libre délégation.» | | | Du Contrat social ou Principes du Droit | | Jean-Jacques Rousseau | | Société, État, esclavage, liberté | | Livre premier Je veux chercher si dans l'ordre civil il peut y avoir quelque règle d'administration légitime et sûre, en prenant les hommes tels qu'ils sont, et les lois telles qu'elles peuvent être. Je tâcherai d'allier toujours dans cette recherche ce que le droit permet avec ce que l'intérêt prescrit, afin que la justice et l'utilité ne se trouvent point divisées. J'entre en matière sans prouver l'importance de mon sujet. | | | La religion de Rousseau | | Harald Höffding | | Déisme, subjectivité de la foi, sentiment religieux | | «Quant au fond, la religion de Rousseau ne différait pas de celle de Voltaire; la «religion naturelle» leur était également corrimune. Mais quelle différence de profondeur et de sentiment! Rousseau transporta d'une façon qui devait faire époque de problème religieux du domaine de l'observation et de l'explication extérieures dans le sentiment intime, personnel, et dans la manière dont celui-ci est influencé par la vie. | | | Les Rêveries du promeneur solitaire | | Jean-Jacques Rousseau | | Vieillissement, générosité, méditation, marche | | PREMIÈRE PROMENADE Me voici donc seul sur la terre, n'ayant plus de frère, de prochain, d'ami, de société que moi-même Le plus sociable et le plus aimant des humains en a été proscrit. Par un accord unanime ils ont cherché dans les raffinements de leur haine quel tourment pouvait être le plus cruel à mon âme sensible, et ils ont brisé violemment tous les liens qui m'attachaient à eux. J'aurais aimé les hommes en dépit d'eux-mêmes. Ils n'ont pu qu'en cessant de l'être se dérober à mon affection. |
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 |  | Textes de Jean-Jacques Rousseau |
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| Jésus-Christ | | Christianisme, Évangile, sainteté | | «Si la vie et la mort de Socrate sont d'un sage, la vie et la mort de Jésus sont d'un Dieu.» | | Le plaisir de la marche | | voyage, éducation | | Le plaisir de la marche | | voyage, éducation | | Il y a lien étroit entre la marche et la pensée. De nombreux philosophes avaient la réputation d'être des marcheurs infatigables. Aristote en était un. D'où le nom de péripatéticiens donné aux membres de son école. | | Du Contrat social ou Principes du Droit | | Société, État, esclavage, liberté | | Livre premier Je veux chercher si dans l'ordre civil il peut y avoir quelque règle d'administration légitime et sûre, en prenant les hommes tels qu'ils sont, et les lois telles qu'elles peuvent être. | | Les Rêveries du promeneur solitaire | | Vieillissement, générosité, méditation, marche | | PREMIÈRE PROMENADE Me voici donc seul sur la terre, n'ayant plus de frère, de prochain, d'ami, de société que moi-même Le plus sociable et le plus aimant des humains en a été proscrit. |
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