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Colloques
Chambardement global: la réplique du monde rural

Actes de la 15e conférence nationale de Solidarité rurale du Québec. Thèmes principaux : Reconversion des territoires, Adaptation aux changements climatiques, Culture et économie, Énergie et développement rural, Gouvernance.

Rencontres
Dossier
Israël
"Israël est un petit pays du Moyen-Orient aux zones climatiques nombreuses et variées. Il borde la côte est de la Méditerranée et descend en pointe à travers le désert jusqu’à l’extrémité nord du golfe d’Aqaba, dans la mer Rouge. Il a pour voisins le Liban (au nord), la Syrie (au nord-est), la Jordanie - ainsi que les territoires autonomes administrés par l'Autorité palestinienne - (à l’est) et l’Égypte (au sud-ouest).

Les étés y sont longs, chauds et secs, surtout sur le littoral méditerranéen. Les hivers sont courts, pas très froids, mais pluvieux; il arrive qu’il neige en altitude, à l’intérieur des terres, en janvier et en février.

À l’est, les hautes terres font place à la vallée subtropicale du Jourdain. Tout au nord, s’étend la Galilée, région montagneuse aux vallées verdoyantes: c’est la région la plus fertile d’Israël. Ses magnifiques forêts sont différentes de celles que l’on trouve en Amérique du Nord; des oliviers poussent toujours sur les versants en terrasses, comme autrefois. C’est dans la moitié nord du pays que vit la majorité de la population israélienne.

Le désert qui se situe tout au sud du pays est le Néguev. C’est là que vivent les Bédouins. Il y fait extrêmement chaud pendant la journée, mais les nuits sont froides. La chaleur du désert est particulièrement accablante de la pointe sud du pays au littoral sud de la mer Morte, le long de la frontière avec la Jordanie: dans cette région, les températures peuvent dépasser les 40 ºC.

En Israël, à cause des longs étés secs, les riviéres ne coulent qu’une partie de l’année avant de s’évaporer. On appelle les lits de ces riviéres à sec des wadis."

Survol de l'économie et du monde du travail

"Plus de la moitié de la population active d’Israël travaille dans le secteur public ou dans les services en général, dans le commerce, dans le marketing et dans les usines.

Le pays ayant très peu de ressources naturelles, l’économie est dirigée vers la haute technologie et la main-d’oeuvre qualifiée est abondante: industrie chimique, informatiqueet matériel électronique médical sont des secteurs particulièrement développés.

Israël est le premier producteur de diamants polis et industriels au monde. Les diamants bruts sont importés pour être taillés et polis avant d’être revendus comme pierres précieuses. 

Israël a une forte tradition de syndicalisme et la plupart des travailleurs sont membres de Histadrut, la nouvelle fédération générale du travail.

L’agriculture est un véritable défi en Israël. L’eau dont on a besoin pour l’irrigation est détournée du nord ou obtenue en dessalant l’eau de mer et en recyclant les eaux usées. Les Israéliens ont mis au point des techniques élaborées pour garder l’eau. Ainsi, pour arroser leurs champs, certaines fermes font courir de longs tubes en plastique le long des plantes: l’eau s’écoule des tubes par de petits trous et glisse directement sur les racines. Pour les régions arides, Israël est un modèle en matière de gestion de la consommation d’eau.

De nombreux Palestiniens entrent quotidiennement dans Israël pour travailler dans le bâtiment, l'industrie vestimentaire et l’industrie alimentaire. Certains travaillent aussi comme ouvriers agricoles. Quand la tension monte entre Palestiniens et Israéliens, les Territoires occupés sont souvent coupés du reste d’Israël. Ceci est très éprouvant pour les travailleurs palestiniens comme pour les employeurs israéliens."

Langues

"Les deux langues se lisent et s’écrivent de droite à gauche. L’hébreu et l’arabe sont utilisés dans les écoles, dans les tribunaux et à la Knesset (le parlement). Beaucoup d’autres langues sont aussi parlées par les très nombreux immigrants, notamment l’anglais qui est aussi enseigné à l’école. Les Israéliens immigrant au Canada peuvent généralement comprendre et lire l’anglais.

L’hébreu, la langue sacrée du judaïsme, était devenu une langue morte, comme le latin: il était utilisé principalement dans les synagogues pour la lecture de la Bible et pour les prières. Sa renaissance est liée au retour des Juifs en Israël.

C’est Eliezer Ben-Yehuda qui lui a redonné vie. Ben-Yehuda était un Sioniste qui croyait à l’importance d’avoir une patrie juive et qui quitta l’Autriche pour émigrer en Israël en 1881. Voulant unir les Juifs de langues différentes en leur donnant une langue commune, il utilisa ses compétences de linguiste pour créer un dictionnaire d’hébreu.

Comme l’hébreu est une langue ancienne, Ben-Yehuda et ses collègues linguistes durent créer tout un lexique moderne."

Religions

"Israël est une terre sainte pour trois religions: le judaïsme, l’islam et le christianisme. Ces trois religions reconnaissent l’existence d’un seul Dieu et partagent l’histoire d’Abraham auquel Dieu demanda de partir à la recherche d'une nouvelle patrie. Après des années d’errance, Abraham s’installa sur la terre de Canaan, aujourd’hui appelée Israël.
 
On trouve au sein de la religion juive de nombreuses variantes doctrinales. Certains petits groupes de Juifs très pieux ne reconnaissent pas l’État d’Israël: ils attendent toujours le Messie, qui est le seul à pouvoir établir une patrie juive. Il y a aussi des Juifs laïques qui ne sont pas pratiquants, mais qui s’identifient à la culture juive.

La plupart des Israéliens se considèrent comme des Juifs laïques. La majorité des Israéliens arabes sont musulmans, mais certains sont chrétiens et d’autres druzes. La religion druze émane de l’islam. 

Les Juifs, tout comme les Chrétiens et les Musulmans, croient en un seul Dieu. Les Juifs croient que les hommes sont créés à l’image de Dieu et qu’ils méritent donc d’être traités avec dignité et respect. Ils suivent les enseignements de ce que les Chrétiens appellent "l’Ancien Testament", c’est-à-dire de la Torah, des livres des Prophètes et des Écrits.

La religion juive se pratique essentiellement à domicile. Chez les Juifs religieux, on récite les prières quotidiennes le matin, l’après-midi et après le coucher du soleil. Les Juifs prient et étudient ensemble à la synagogue. Les services peuvent être dirigés par n’importe quel membre érudit de la congrégation, mais c’est généralement un cantor (chantre) ou un rabbin qui les dirige.

Le samedi, jour du sabbat, est le septième jour de la semaine. Il commence le vendredi soir, au coucher du soleil. Les calendriers israéliens indiquent l’heure exacte du coucher du soleil afin que les Juifs pratiquants puissent savoir quand débute le sabbat. Le sabbat est censé être un jour de repos: ce jour-là, la religion leur interdit d’écrire, de manipuler de l’argent et d’utiliser des machines; les transports en commun ne sont donc pas en service. Les Juifs pratiquants vont à la synagogue pour les prières du matin et du soir. 

Pour les Chrétiens, le dimanche est le jour du Seigneur, et pour les Musulmans, le jour saint est le vendredi. Israël abrite de nombreux sites sacrés chrétiens et musulmans."

Les fêtes

"La plupart des fêtes et jours fériés en Israël sont liés à la religion juive. Les grandes fêtes religieuses sont en septembre ou en octobre, selon le calendrier lunaire. Les dix jours saints commencent avec Rosh Hashana, le Nouvel An juif, et se terminent avec le jeûne de Yom Kippour, qui est le jour de l’Expiation. Yom Kippour est le jour le plus saint et le plus solennel.

Les trois autres grandes fêtes religieuses juives sont Pesach (la Pâque), Shavout et Sukkot. La Pâque commémore l’exode des Juifs d’Ègypte. La tradition veut que l’on mange du pain azyme (matzout) en souvenir des Israélites de la Bible qui n’ont pas pu attendre que le pain lève avant de fuir l’Égypte.

Shavout est un jour de fête qui commémore le retour de Moïse du Mont Sinaï avec les dix commandements: ce sont les lois fondamentales de la religion juive. 

Pendant le Sukkot, les gens construisent de petites cabanes en souvenir des huttes dans lesquelles vivaient Moïse et ses disciples lors du Séjour dans le désert. Tout le monde achète des branches à des marchands ambulants pour construire une hutte dans son jardin, sur son toit ou sur son balcon.

Les Israéliens célèbrent le jour de l’Indépendance, Yom Ha-Atzama’ut, en organisant des fêtes, des spectacles et des pique-niques. Les chefs religieux lisent les psaumes. Une semaine avant la fête de l’Indépendance se déroulent les cérémonies en commémoration de l’Holocauste. La veille de la fête de l’Indépendance est un jour de prière pour toutes les personnes disparues pendant les guerres; c’est pourquoi le jour de la fête de l’Indépendance de nombreux Israéliens vont se recueillir sur les champs de bataille et visiter les monuments à la mémoire des disparus."

L'éducation

"L’éducation est valorisée par tout le monde en Israël. L’école est obligatoire de 5 à 16 ans et est gratuite jusqu’à 18 ans. Presque tous les enfants de 3 et 4 ans vont à l’école maternelle.

La plupart des enfants juifs vont dans des écoles publiques. Ils y apprennent les valeurs juives et l’histoire, ainsi que les bases de la science et de la technologie, matières qui sont considérées comme essentielles à l’avenir du pays. Les écoles publiques religieuses mettent davantage l’accent sur les études juives, la tradition et les pratiques religieuses. Les écoles orthodoxes juives sont très nombreuses.

L’éducation supérieure est elle aussi importante. L’admission à l’université est très compétitive. La plupart des étudiants juifs suivent leurs études universitaires après avoir fait leur service militaire. Il y a 7 universités et de nombreux collèges régionaux en Israël. Divers types d’institutions post-secondaires offrent par ailleurs des programmes de formation technique ou pédagogique.

Avec l’arrivée de nombreux immigrants, l’éducation aux adultes devient capitale. Les nouveaux arrivants se voient offrir tout un éventail de cours destinés à les aider. Ils sont nombreux à profiter de ces programmes pour apprendre l’hébreu ou améliorer leurs qualifications."

La santé

"Tous les résidents d’Israël peuvent bénéficier de soins médicaux conformément à la Loi nationale d’assurance-maladie. Des services privés sont aussi disponibles. Grâce au grand nombre de médecins et à la qualité des soins médicaux offerts, le taux de mortalité infantile est bas et l’espérance de vie élevée. Les problèmes de santé sont semblables à ceux de la plupart des pays occidentaux: le cancer et les maladies cardio-vasculaires sont responsables des deux tiers des décès.

Le gouvernement tente de promouvoir activement un mode de vie sain et accorde une grande importance à la médecine préventive et à l’information de la population en matière de santé. Il consacre d’importantes ressources financières à la mise sur pied de cliniques, aux campagnes de vaccination, aux inspections sanitaires, aux soins psychiatriques préventifs et à la recherche médicale.

Le système de santé israëlien et son réseau de services de diagnostic et de traitements se sont développés à partir des cliniques fondées sous le mandat britannique, avec l’aide de la communauté juive européenne. Ces cliniques étaient destinées à offrir des soins médicaux à ceux qui n’en avaient pas les moyens.

Les centres de soins maternels et infantiles offrent aux femmes enceintes ou ayant des enfants en bas âge des examens prénataux, des examens de détection de handicaps mentaux ou physiques, des programmes de vaccination, des bilans pédiatriques et des cours d’hygiène.

Le gouvernement d’Israël a mis sur pied un réseau national de services d’assistance et d’information en matière de santé pour tenter de rendre les soins médicaux accessibles aux personnes défavorisées ou vivant dans les régions les plus isolées."

Arts et littérature

"La culture israélienne est fondée sur 4000 ans de judaïsme et 50 ans d’indépendance nationale. C’est donc un pays à la fois vieux et jeune. Les traditions artistiques qu’apportent avec eux les immigrants sont partagées et transformées. Dans certaines villes, des compagnies théâtrales juives et arabes collaborent pour la mise en scène de spectacles.

Des centaines de musiciens et d’amateurs de musique étrangers sont venus enrichir le pays de nouveaux talents musicaux : entre 1930 et 1950 tout d’abord, puis au début des années 1990, mais cette fois de l’ancienne Union soviétique. Il y a des orchestres et des chorales partout en Israël.

Beaucoup d’Israéliens aiment chanter, et leurs chansons populaires ont transmis l’histoire d’Israël de génération en génération. Les premiers colons sionistes ont traduit les paroles de leurs chants traditionnels en hébreu, créant même de nouveaux textes hébreux pour accompagner leurs mélodies préférées. Dans le même ordre d’idées, des paroles ont été écrites pour les nouveaux genres musicaux apportés par des masses successives d’immigrants.

Il n’est pas rare que dans les salles communautaires, dans les salles à manger des kibbutz, autour de feux de camp ou chez un particulier, tout le monde se mette à chanter. Les chansons sont souvent accompagnées au piano, à la guitare ou à l’accordéon. Le Chant de la paix ou Shir LaShalom, revêt une grande d’importance aux yeux de nombreux Israéliens: le premier ministre Yitzhak Rabin l’avait chanté au rallye pour la paix avant d’être assassiné.

Les danses folkloriques israéliennes sont un mélange de danses du monde entier. Elles sont constamment changées et adaptées. Les premiers Sionistes ont apporté leurs danses avec eux. Les Juifs de Roumanie ont apporté la hora, symbole de la nouvelle vie qu’ils recherchaient: elle se danse en cercle, chacun étant l’égal de l’autre. Aujourd’hui cette danse représente souvent Israël à l’étranger; on la danse en Israël le jour de l’Indépendance.

Les écrivains israéliens doivent relever le défi de créer une littérature dans une langue qui pendant des siècles n’était qu’une langue de prière et de religion: l’hébreu moderne est en lui-même une forme d’art. 

Yosef Haim Brenner et Shumel Yosef Agnon sont les doyens de la littérature moderne en hébreu. En 1966 Agnon a été co-lauréat du prix Nobel de littérature. C’était le premier Israélien à recevoir un prix Nobel. Les écrivains arabes Emil Habibi, Samih Qassim et Mahmoud Darwish sont aussi connus sur le plan international."

Israël (Projet des Profils culturels, Centre Anti-Racism, Multiculturalism and Native Issues (AMNI), Faculté de travail social, Université de Toronto, avec l'aide de Citoyenneté et Immigration Canada) (reproduction autorisée)

Collection de photos d'Israël (site personnel)

Histoire
"Le territoire d’Israël était jadis un point de jonction entre les terres plus fertiles d’Égypte et de Mésopotamie. Au cours des siècles, il s’est vu attribué de nombreux noms dont Terre de Canaan, Judée, Palestine et Terre Sainte. Les Palestiniens appellent leur patrie Filastin, du nom des Philistins, qui vivaient sur le littoral méditerranéen avant les Israéliens.

L’histoire de la région est particulièrement tumultueuse. Il y a environ 2000 ans, les Romains régnaient sur ce qu’ils appelaient la Palaestina. En 70, ils détruisirent Jérusalem, envoyant les Juifs en exil. Puis vint la domination byzantine de 313 à 636, période durant laquelle le pays se christianisa. Le pays passa alors sous la tutelle des Musulmans jusqu’en 1099, date à laquelle les croisés tentèrent de reconquérir la Terre sainte. En 1291, le territoire passa sous la domination des Mamelouks d’Égypte. Près de trois siècles plus tard, il fut rattaché à l’Empire ottoman et fut occupé par les Turcs de 1517 à 1917.

Au cours de la Seconde Guerre mondiale, des millions de Juifs périrent dans l’holocauste nazi en Europe. Après la guerre, 85 000 survivants juifs furent clandestinement introduits en Palestine, alors sous mandat britannique.

En novembre 1947, les Nations unies proposèrent de diviser le pays en deux États: un État juif et un État arabe. Cette proposition fut rejetée par les Arabes et le conflit s’intensifia entre les deux communautés.

Le 14 mai 1948, le mandat britannique arriva à son terme et les dirigeants juifs proclamèrent l’indépendance d’Israël, ce qui conduisit à la guerre civile. La majorité des Palestiniens arabes aboutirent dans des camps de réfugiés ou à l’étranger. Les états arabes voisins envahirent Israël: ce fut la première de plusieurs guerres israélo-arabes.

Depuis 1948, négociations, pourparlers et accords de paix se succèdent. Les pourparlers de paix continuent."

Israël (Projet des Profils culturels, Centre Anti-Racism, Multiculturalism and Native Issues (AMNI), Faculté de travail social, Université de Toronto, avec l'aide de Citoyenneté et Immigration Canada) (reproduction autorisée)


Voir aussi: 1948-1998. 50 ans d'Israël: un dossier du magazine français L'Express

Enjeux
"Les morts sont passés d’un Israélien pour 25 Palestiniens durant la première Intifada, il y a quinze ans, à un Israélien pour trois dans le soulèvement actuel. Le cycle d’attentats suicides et de représailles n’apparaît plus comme une stratégie acceptable. La peur s’installe dans les deux camps avec son cortège de contradictions.

L’actualité est également dominée par le vote, le 13 mars, de la Résolution 1397 du Conseil de Sécurité dont la présentation par les États-Unis a constitué un coup de théâtre. Est-ce le début d’un processus de réengagement des Américains au Proche-Orient: «attachés à la vision d’une région dans laquelle deux États, Israël et la Palestine vivraient côte à côte à l’intérieur de frontières reconnues et sûres»? La prochaine étape devrait être l’approbation du plan de paix saoudien par le sommet arabe de Beyrouth le 27 et le 28 mars.

La volonté américaine de régler le conflit vise-t-elle avant tout à lâcher un peu de lest dans la perspective d’une action pour renverser le régime irakien? L’emportera-t-elle sur les tensions du terrain?

Les racines de la haine

L’affrontement est l’un des plus anciens de la planète. Il remonte à un siècle environ avec l’émergence du mouvement sioniste en Europe et les premières vagues de colonisation. De la Première Guerre mondiale à aujourd’hui, il a impliqué à chaque époque toutes les grandes puissances de l’Empire Ottoman à la Russie tsariste, de l’Union Soviétique à l’Allemagne nazie, des États-Unis à la Grande-Bretagne. Il s’est traduit par cinq guerres dont certaines ont failli dégénérer en conflagration mondiale.

Côté arabe et palestinien: trois concepts-clés

1) L’injustice : Israël a été porté sur les fonds baptismaux par une communauté internationale qui sortait de la Seconde Guerre mondiale et venait de découvrir les horreurs de la Shoah. Les Palestiniens ne voient pas pourquoi ils paieraient pour les pêchés de l’Occident. Sur ce conflit pèse lourdement le génocide des juifs. Ce martyre a favorisé le vote de l’Assemblée des Nations Unies, le 29 novembre 1947, pour le partage de la Palestine et donc de la naissance de l’État d’Israël. Ce sont les Palestiniens qui ont payé le prix d’un crime qu’ils n’avaient pas commis.

2) Le deuxième point essentiel, au delà de ce sentiment d’injustice, c’est le terme d’humiliation historique. La présence d’Israël en terre arabe constitue le symbole du déclin du monde islamique qui dure depuis la bataille de Lépante en 1573 ou l’échec devant Vienne en 1633. Arabes et Palestiniens ressentent un sentiment d’infériorité vis-à-vis de cette création occidentale qui réussit mieux, progresse et fait envie.

3) Enfin, l’existence d’Israël et le refus de ce pays depuis plus de 50 ans créent un alibi pour les régimes voisins qui refusent toute démocratisation, toute modernisation et ouverture. Israël est «pain béni» pour ceux qui ne veulent pas s’engager dans une négociation qui porterait des fruits et conduirait à reconnaître l’exemple, le courage, la valeur du peuple ennemi.

Côté israélien : l’envers de la médaille

L’équivalence des trois termes exposés: injustice, humiliation, alibi serait vue d’en face: ignorance, insécurité, complexe de supériorité.

1) Ignorance: Les Juifs venus de l’Europe de l’Est, qui ont créé l’État d’Israël, ignoraient les Palestiniens. Ils ont adopté l’attitude historique de très nombreux colons et n’ont pas cherché à comprendre les résidents, à en étudier l’histoire. Commença alors la vieille guerre du désert contre la civilisation... Ben Gourion pouvait dire: «un gouffre sépare les deux communautés. Il n’y a pas de solution. Nous voulons que la Palestine soit notre nation. Les Arabes veulent exactement la même chose». Israël est un fait colonial. En revanche, il n’est pas comme le précise Alain Gresh contrairement à l’Afrique du Sud de l’apartheid «une société coloniale qui a besoin des indigènes pour survivre».

2) Insécurité: L’ignorance s’est renforcée au lendemain de la Seconde Guerre mondiale par un sentiment de supériorité morale lié à la Shoah et surtout d’insécurité profonde explicable par la rencontre des souvenirs de l’antisémitisme et de la montée de la pression démographique... qui risque à long terme de submerger Israël. L’obsession de sécurité israélienne a toujours existé et existe encore.

3) Le troisième point au-delà de l’ignorance et de l’obsession de sécurité réside dans un complexe de supériorité, lié à celui du Nord par rapport au Sud, du colonisateur à l’égard des colonisés. Il existe une culture de l’arrogance qui s’est bâtie tout au long de ces années et qui repose sur l’histoire. On en arrive au processus d’Oslo, une sorte de compromis historique où chaque partie se résigne à l’acceptation de l’autre. S’il n’a pas aboutit c’est parce que les Israéliens ont assassiné leur de Klerk: Rabin et parce qu’Arafat n’a jamais été Mandela. Les deux acteurs ont mené une négociation qui aurait pu réussir mais qui a échoué.

La route sanglante

Aujourd’hui en 2002, on en est revenu au point de départ en 1947-1948. Les deux parties se retrouvent dans une lutte existentielle:

- les Israéliens ont le sentiment que ce qui est en jeu, c’est leur droit d’exister comme État souverain,
- les Palestiniens se trouvent dans une situation de désespoir et d’humiliation.

Évoquant le passé, les Israéliens parlent de la Shoah et les Palestiniens de la Nakba. Les deux termes peuvent se traduire «par catastrophe». Chaque camp sous estime la capacité de souffrance de l’autre et surestime sa propre capacité à souffrir.

La solution de la paix directe entre les ennemis n’a pas réussi. On a besoin d’un médiateur énergique. Ce ne peut être que les États-Unis avec l’aide des Européens et des Russes, sous l’autorité des Nations Unies. Les choses vont donc aller encore un peu plus mal, mais comme le pense Dominique Moisi, le niveau de violence d’aujourd’hui n’est pas tenable à terme. Trop de sang, finira par assécher le sang..."

Xavier de Villepin, Israël-Palestine: l'aggravation, mars 2002 (site du Sénat de la République française)

Proche-Orient: de l'Intifada à la guerre: un dossier du magazine français L'Express. Voir notamment une Chronologie de l'Intifada
Israël-Palestine: un dossier du Courrier international
Israël-Palestine: un dossier du Monde diplomatique
Israël-Palestine: l'embrasement: un dossier du quotidien Libération
Israel and the Middle East (dossier du Guardian, R.-U.)
Israeli-Palestinian Conflict (PBS Online)
Sharon: où entraînera-t-il Israël? (Le Nouvel Observateur)
Dossier Proche-Orient (Journal permanent du Nouvel Observateur, format rtf)

Carte

Source: CIA - The World Factbook

Autre carte détaillée sur le site du Ministère français des Aff. étrang.

Attraits
La vieille ville de Jérusalem
Daniel Jacobs, Faith, it's a fascinating place, The Independent, 3 janvier 1999: "The immense attraction of Jerusalem extends far beyond its religious significance, to architecture, politics and some great shopping"

Sites figurant dans la liste du Patrimoine mondial de l'Unesco: Tel Aviv: Are You Up for It?, The Independent, 31 octobre 1999
Rhiannon Batten, 48 Hours in Tel Aviv, The Independent, 28 août 1999


La cuisine israélienne

"Les Juifs religieux suivent un régime kascher très strict qui respecte les lois du kashrut et varie en fonction des croyances. Il est interdit par exemple de manger de la viande et des produits laitiers au même repas. Les personnes qui suivent un régime kascher ne mangent ni porc, ni sang, ni coquillages, ni gibier. Il existe de nombreux hôtels, restaurants et supermarchés kascher. Les Musulmans arabes n’ont pas le droit de manger de porc non plus, ni de boire de l’alcool.

Étant donné le grand nombre d’immigrants en Israël, la cuisine israélienne s’internationalise: aux blintzes d'Europe de l’Est (crêpes roulées), au borscht (soupe de betteraves rouges) et à la soupe de poulet, s’ajoutent des melawach du Yemen, des kubbehs irakiens épicés et des sauces marocaines.

Le mode de vie pressé des Israéliens conduit souvent ces derniers à manger sur le pouce. Ils utilisent le pain plat pita comme poche dans laquelle ils glissent des aliments recouverts d’humus ou de tahina. Les stands de nourriture à emporter vendent aussi des falafels dans un pita. Enrobez de fines tranches d’agneau grillé dans un pita et vous obtenez un schwarma.

Les Israéliens aiment aussi grignoter des graines ou garinim. Graines de tournesol et pépins de melon ou de citrouille se mangent ainsi grillés et salés, parfois mélangés à des amandes, des pistaches, des noix de cajou ou des noisettes.

Le maïs en épi, cuit dans de grandes casseroles d’eau bouillante, est aussi très populaire auprès des Israéliens. Les baigneurs en achètent sur la plage, et les enfants auprès de vendeurs ambulants en rentrant de l’école.

Les immigrants juifs venus s’installer en Israël au début du siècle comptaient parmi eux de nombreux végétariens. Comme à l’époque la viande était rare et chère et que les légumes frais étaient disponibles toute l’année, le végétarisme s’est popularisé."

Israël (Projet des Profils culturels, Centre Anti-Racism, Multiculturalism and Native Issues (AMNI), Faculté de travail social, Université de Toronto, avec l'aide de Citoyenneté et Immigration Canada) (reproduction autorisée)

Documentation
Document: rapport de la Commission Mitchell (site du Washington Post, format PDF)

Shlomo Ben-Ami, Quel avenir pour Israël?, entretiens avec Y.C. Zarka, J.A. Barash, E. Yakira, Paris, PUF, 2001, 362 p.

Articles récents du Monde diplomatique. Voir aussi les articles consacrés au conflit israélo-arabe

Le conflit israélo-palestinien: d'une impasse à l'autre. Bulletin "Le maintien de la paix", Institut québécois des Hautes études internationales, no 53, septembre 2001 (format PDF)

Marc-Alain Wolf, Les rapports du religieux et de la politique dans la société israélienne, Nouveau Dialogue, no 132 "Religion et société: deux sphères sous influence", 2000
>
L'Alliance française dans le Levant (document historique) M. Épitalon
 
Dossiers connexes
Jérusalem
Judaïsme
Juif
Raccourcis intéressants
Actualités: Yahoo! France Actualités, nouvelles du Proche-Orient (Le Monde), Moyen-Orient (Centre de nouvelles de l'ONU), nouvelles du Jerusalem Post (angl.), Israel Insider (angl.), Arutz Sheva - Israel National News (angl.), JTA-Global News Service of the Jewish People (angl.), Yahoo! News, The Washington Post, Middle East (BBC News), Middle East (The Independent), Isranews (fr.)
Médias: Journaux. Jerusalem Post (droite), Ha'aretz (centre-gauche), Jerusalem Report Magazine (centre-gauche), Globes (affaires), Israël Insider. Radio. Répertoire de radios sur Internet, Arouts 7 en français (voix des groupes ultra-orthodoxes et des colons juifs dans les territoires occupés)
Présentation générale du pays: Atlas Universalis, Quid, Country Profile (BBC News), CIA - The World Factbook, Background Notes (Département d'État américain)
Présentation approfondie: Country Study - Library of Congress
Sites gouvernementaux:
Portail du gouvernement
Site du premier ministre (hébreu, version angl.)
Site de la Knesset (parlement)
Ministère des Affaires étrangères
Ministère de la Défense
Forces armées israéliennes (Tsahal)
Ambassade d'Israël en France
Autres sites gouvernementaux
Politique:
Composition du gouvernement (CIA)
Drapeau, emblèmes, armoiries (Flags of the World)
Articles parus récemment dans Le Monde diplomatique
Processus de paix au Proche-Orient:
La recherche de la paix au Proche-Orient: dossier du Département d'État américain; voir les références particulières au processus de paix
Communiqués du Département d'État américain: 2001 et 2002
Principaux extraits du rapport Mitchell (30 avril 2001)
Rencontre de Camp David (site du Département d'État américain)
Principaux points du Plan Clinton (Le Monde diplomatique)
Accords de Camp David (1978) - sur le site du Ministère israélien des Affaires étrangères
Israël-Palestine.com
Mouvements pacifistes: Foundation for Middle East Peace (É.-U.), Bloc de la Paix (Gush Shalom), La paix maintenant (Shalom Achshav; mouvement fondé en 1978 par des officiers de réserve de l'armée israélienne)
Relations diplomatiques:
Relations France-Israël
Droits de l'homme: Amnistie internationale, Freedom in the World
Israël/Autorité palestinienne: cas d'abus durant les affrontements violents (rapport de Human Rights Watch)
Situation économique et financière:
Dossier du Fonds monétaire international
Situation énergétique: Country Profile, Country Information (Energy Information Administration, É.-U.)
Développement social:
Situation de l'enfance et de la jeunesse (Youth at the United Nations)
Statistiques de l'Unicef
Développement durable:
Dossier du pays (National Implementation of Agenda 21, Commission des Nations Unies pour le développement durable)
Situation linguistique:
Langues parlées en Israël (Ethnologue: Languages of the World)
Tourisme:
Office israélien du tourisme
Guides touristiques: Routard.com, Lonely Planet (fr. et angl.)
Conseils aux voyageurs se rendant en Israël: Min. des Affaires étrang., Fr.; Min. des Affaires étrang. et du Commerce intern., Can.

Statistiques
Capitale
Jérusalem - cette capitale n'est cependant pas reconnue par les Nations Unies. La plupart des pays ont leur ambassade à Tel Aviv.
Superficie
20 770 km2
Population
6,17 millions
Nom officiel du pays
Medinat Yisra'el (État d'Israël)
Régime politique
Démocratie parlementaire (pas de constitution, mais 11 lois fondamentales en tiennent lieu). Chambre unique (Knesset)
Chefs d'État et de gouvernement
Président: Moshe Katzav (élu le 31 juillet 2000). Premier ministre: Ariel Sharon (6 février 2001)
Langues et ethnies
Langues officielles: hébreu et arabe.
Économie
Monnaie: 1 Shekel = 0,27266 Euro. PIB: 97 milliards $ U.S. (1999); PIB/hab: 15 800$ U.S. Taux de chômage: 9% (fin 2000). Taux d'inflation: près de 0% (2000). Source. Min. des Aff. étrang., Fr.
À lire également sur ce sujet
Politique
Le martyr comme caution idéologique
Alain Finkielkraut
Violence; attentat-suicide; kamikaze; sciences sociales, Palestine, Proche-Orient, Israël
Extrait de «Répliques», émission animée par Alain Finkielkraut (France Culture) et diffusée le 15 septembre 2001. Le théme était «La part de la morale». Invités: Monique Canto Sperber et Paul Ricoeur.
Divers
Genèse
Anonyme
Adam et Ève, Caïn et Abel, histoire de Joseph, Israël, histoire de Jacob, histoire de Noé, Hébreux, Égyptiens
Premier des cinq livres constituant le Pentateuque: la Genèse, l'Exode, le Lévitique, les Nombres, le Deutéronome.

Dernière mise à jour: 05/25/2006
L'Encyclopédie de L'Agora - 1998 - 2009