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| Iran |
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L’Iran se situe au carrefour de l’Europe (frontière avec la Turquie) du Caucase, de l’Asie Centrale, du sous-continent Indien, du Golfe Persique et du Proche Orient. Il se trouve doté des deuxièmes réserves gazières et troisièmes pétrolières du monde. Il a quinze voisins dont: l’Irak, le Turkménistan, l’Afghanistan, le Pakistan, la Turquie et l’Azerbaïdjan.
Trois fois grand comme la France, il se présente comme un haut plateau aride, entouré de chaînes de montagnes difficilement franchissables avec de vastes déserts au centre. Le pays connut son heure la plus glorieuse il y a vingt cinq siècles, sous les souverains Cyrus et Darius. Il est, aujourd’hui, peuplé de près de 70 millions d’habitants, et se trouve au 16ème rang mondial. Il devrait atteindre 97 millions en 2025. La fécondité y est en baisse rapide. Pour l’indicateur du développement humain, l’Iran occupe la 95ème place sur 174 pays.
source: Xavier de Villepin, président de la Commission des Affaires étrangères, de la Défense et des Forces armées du Sénat français: L'Iran: entre espoir et réalités, mai 2000 (Sénat de la République française) |

Masjed-é Emam (Esfahan)
Mosquée dont la construction s'échelonna sur une période de 26 ans
durant le règne de Shah Abbas I; elle fut complétée en 1638. Vue de l'intérieur
Source: Fourmilab
Teheran 24.com (collection de photos de la capitale iranienne) |
| Histoire |
"I. Regard sur l’histoire
L’Iran constitue une exception. Pays musulman, il est principalement chiite. Il doit son nom à son origine indo-européenne. La religion chiite, née d’un sentiment de persécution, demande à ses fidèles de lutter contre l’injustice et la tyrannie. N’ayant jamais été colonisé, l’Iran a traversé une longue histoire de souveraineté mais aussi de pressions étrangères.
La lutte pour le pouvoir n’a pas simplement explosé avec le retour en Iran de l’Ayatollah Khomeini. Le XXème siècle a été marqué par de nombreux événements révolutionnaires. De 1905 à 1911, les Iraniens se sont soulevés contre les prétentions britanniques et russes d’où une révolution constitutionnelle pour forcer la Dynastie Quasar à accepter des limites au pouvoir du Shah : une Constitution et un Parlement.
En 1925, après la chute du souverain, Reza Khan s’empara du pouvoir. Pendant la seconde guerre mondiale et du fait de ses sentiments pro-nazi, il fut forcé, en 1941, d’abdiquer en faveur de son fils, Mohammed Reza Pahlavi (dernier roi d’Iran).
Dix ans plus tard, le premier ministre Mossadeq nationalisa le pétrole, ce qui obligea le Shah à s’enfuir une première fois à Rome d’où il revint appuyé par les services américains et anglais. Pour moderniser son pays il décida en 1961, une « révolution blanche » qui rencontra très vite l’opposition de l’Ayatollah Khomeini, emprisonné puis exilé en Irak (1964) et enfin en 1978 à Neauphle le Château. Sous la pression populaire et de la CIA, le Shah quitta l’Iran le 16 janvier 1979. Son départ fut suivi du retour triomphal de l’Ayatollah.
Une révolution insolite éclatait, accomplie par des jeunes sous la direction d’un patriarche. L’Iran devint alors République islamique le 1er avril 1979. Premier coup de force, l’occupation de l’ambassade américaine avec prise d’otages, pendant 444 jours, d’où une quadruple guerre : politique contre l’Amérique, militaire à la suite de l’invasion de l’Irak, policière contre les opposants et terroriste contre les pays occidentaux.
II. Bilan de la Révolution islamique
Selon l’Imam, la révolution avait pour but le renversement du régime impérial, «et l’instauration d’une République d’inspiration divine». Ce n’était pas l’établissement d’une théocratie médiévale, une dictature de droit divin, mais une révolution populaire avec élection indirecte du «guide» et au suffrage universel pour le Président de la République et le Parlement. Il y avait remise en cause du rôle traditionnel du clergé chiite dans la société. L’Islam et le clergé recevait une prééminence jamais vu dans l’histoire.
L’économie connaissait une véritable soviétisation avec nationalisation et création de «fondations» et du fait des troubles, les universités furent fermées pendant de longues périodes. Le revenu par habitant diminua très fortement (baisse annuel de 2,5 % de 1979 à 1992).
La République Khomeiniste avait établi un pouvoir clérical sans supprimer les scrutins électoraux. A la mort du «briseur d’idoles» le 4 juin 1989, l’Iran manifesta son émotion.
La passation des pouvoirs fut exemplaire, une autre république s’installa avec le maître mot de «reconstruction». Les valeurs islamiques ont perdu l’adhésion populaire spontanée, mais l’Islam continue de faire partie intégrante de l’identité nationale. La société iranienne paraît entrer, depuis le début des années 90, dans une phase post-islamiste."
Xavier de Villepin, président de la Commission des Affaires étrangères, de la Défense et des Forces armées du Sénat français: L'Iran: entre espoir et réalités, mai 2000 (Sénat de la République française)
Iran Documentation Project (The National Security Archive, George Washington University): documents gouvernementaux "déclassifiés" sur la politique des États-Unis à l'égard de l'Iran au cours des dernières décennies
La guerre Iran-Irak (1980-1988) (dossier de la Federation of American Scientists) |
| Enjeux |
"I. La société iranienne
La situation actuelle de l’Iran doit être remise en perspective sachant qu’il ne peut y avoir de lecture occidentale de la situation. «En Iran, aujourd’hui, tout bouge et rien ne change». La société est en mouvement: composée pour les deux tiers de jeunes de moins de 25 ans qui n’ont connu ni la révolution, ni la guerre en Irak.
Les femmes tiennent une place accrue dans la société iranienne. Le niveau d’éducation est supérieur à celui des pays qui l’entourent. Le pays n’a pas eu d’expérience démocratique de longue durée mais a eu celle de la modernité.
L’importante diaspora, notamment celle des États-Unis, pousse à des comparaisons avec l’extérieur.
Quelle est aujourd’hui la place de la religion en Iran?
Dans le plus vieil Etat-Nation du monde, l’Etat est devenu religieux, la société l’est de moins en moins. Le génie du président Khatami a été d’accompagner l’aspiration au changement. Issu du système, il reste différent des autres hiérarques. Son programme consiste à accompagner une évolution qui resterait dans le cadre du système actuel. Il voudrait tourner la page de la révolution, mais en en gardant l’héritage.
II. Les obstacles aux espoirs de la société
Ils sont au nombre de trois:
a) l’opposition des conservateurs qui détiennent l’essentiel des pouvoirs (judiciaire, hiérarchie militaire, télévision, rôle essentiel du guide). Certains conservateurs sont prêts à des actions radicales comme l’attentat contre Hadjarian, ami intime du Président Khatami.
b) la nébuleuse des réformateurs. «Chaque élu est une tendance en lui-même». Les réformes seront donc difficiles à faire passer, certains sont pour l’ouverture de la société et prêts à débattre du statut de la femme, d’autres n’en veulent pas. La grande difficulté portera sur l’avenir de l’économie, dans un pays où 80 % des affaires appartiennent à l’Etat ou aux fondations religieuses.
Les partisans du libéralisme auront du mal à désenclaver le maquis des intérêts.
c) le système lui-même et la place du Président constituent le troisième obstacle
Peut-on démocratiser une société où le guide de la révolution peut s’opposer à des décisions populaires ?
Chacun reconnaît la nécessité d’ouvrir l’économie sur l’extérieur mais la constitution limite l’investissement étranger. Comment aboutir face à un conseil des Gardiens qui peut s’y opposer ? Comment moderniser la société alors que le droit musulman l’emporte sur le droit civil en matière pénale ou en ce qui concerne le droit des personnes ?
Le Président Khatami n’est-il pas dès lors confronté à un risque d’impasse qui pourrait engendrer des débordements ?
Dans ce pays se pose «la double légitimité du pouvoir»: légitimité religieuse (le guide), légitimité démocratique (le Président).
En d’autres termes, l’Islam peut-il s’adapter à la modernité ?
Conclusion
Le problème majeur de l’économie iranienne demeure la dépendance envers la rente pétrolière. L’Iran possède environ 9 % des réserves mondiales de pétrole. Autrefois, le pays a produit jusqu’à 6 millions de barils par jour, il en est actuellement à 3,5 millions.
La place des hydrocarbures est obérée par deux facteurs: la consommation intérieure stimulée par des prix très bas du gaz et de l’essence et d’autre part, le manque de renouvellement et de modernisation des installations.
D’autres secteurs d’activité ont vieillis, le Bazar notamment, les Fondations de la révolution se sont appropriés 40 % du PNB. L’économie croule sous les subventions de l’Etat.
Les points d’interrogation sont multiples mais, pour ma part, quelques soient les difficultés, je crois que les changements de la société sont profonds et que l’aspiration à l’ouverture sur le monde finira, malgré des soubresauts, par l’emporter."
Xavier de Villepin, président de la Commission des Affaires étrangères, de la Défense et des Forces armées du Sénat français: L'Iran: combat entre conservateurs et réformateurs, mai 2000 (Sénat de la République française) |
| Carte |

Source : CIA - The World Factbook (domaine public) |
| Documentation |
L'Iran en transition. Rapport d'information 457 (1999-2000) - Commission des Affaires étrangères, Sénat de la République française
Articles récents du Monde diplomatique consacrés à l'Iran
Fariba Abdelkah, Le retour de Sindbad. L'Iran dans le Golfe, Les Études du CERI, n°53, juin 1999 (format PDF, Acrobat Reader)
Fariba Abdelkah, Iran: vers un espace public confessionnel?, Les Études du CERI, n°27, juin 1997 (format PDF, Acrobat Reader)
Fariba Abdelkah, La cinquième élection législative en Iran. La somme des parti(e)s n'est pas égale au tout, Les Études du CERI, n°18, juillet 1996 (format PDF, Acrobat Reader)
L'Iran: à nouveau une zone intermédiaire entre Moscou et Washington? Bulletin Le Maintien de la paix (Institut québécois des Hautes études internationales), no 54, octobre 2001 (format PDF, Acrobat Reader)
Suzanne Maloney, America and Iran: From Containment to Coexistence, Brookings Institution, Policy Brief #87, août 2001 |
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Actualités: Yahoo! News, The Washington Post, IranReporter (information indépendante en fr. et en angl.), IranMania News, Iran Report (Radio Free Europe / Radio Liberty), Islamic Republic News Agence (IRNA), Iran Press Service, Teheran Times, Infos (Iran eSearch), The Iranian Magazine, Iran Weekly Press Digest
Médias: Islamic Republic of Iran Broadcasting (angl.)
Présentation générale du pays: Quid, Country Profiles (BBC News), Salam Iran, CIA - The World Factbook 2001
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Guides: Lonely Planet (fr.), Lonely Planet World Guide (angl.), World Travel Guide, Iran Travel Source
Conseils aux voyageurs se rendant en Iran: Min. des Affaires étrang. de France, Min. des Affaires étrang. et du Commerce intern., Can. |
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| Capitale |
| Téhéran |
| Population |
| 66 128 965 h. (estim. 2001). |
| Superficie |
| 1,648 million km2 |
| Nom officiel |
| Jomhuri-ye Eslami-ye Iran (République islamique d'Iran) |
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