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Marie de l'Incarnation ou la déraison de l'amour. Au Gésu, le 17 juin 2010

Marie Tifo incarne la fondatrice des Ursulines en Nouvelle-France dans un spectacle-bénéfice au profit de la communauté de L'Arche Haïti. Le 17 juin à 20h00 à l'Amphithéâtre du Gésu, Montréal

 
Haïti: le séisme espagnol Marmontel
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Temps (Le) Éric Volant
Famille et suicide Éric Volant
« Les vieux ne meurent pas… » (Brel) Éric Volant
Éclaircissements sur les sacrifices. Joseph de Maistre
 

Lectures
Revue Argument: L'état des lieux en éducation au Québec

La revue québécoise Argument vient de publier un tout nouveau numéro qui consacre un dossier complet et percutant sur la réforme scolaire au Québec. En éditorial de ce numéro spécial, le rédacteur en chef de la revue et membre fondateur du CEQ, Éric Bédard, évoque une nouvelle guerre des éteignoirs qui oppose désormais des doyens de faculté, professeurs d’université et fonctionnaires du ministère de l’Éducation, qui ont remplacé les anciens paysans bornés d’autrefois rétifs à l’impôt scolaire, aux défenseurs d’une école encore vouée à la transmission d’un patrimoine culturel commun. Le renouveau pédagogique brandi par les nouveaux « éteignoirs » de l’instruction met en péril la capacité de « transmettre la grammaire de ce que nous sommes », écrit Bédard. Le dossier réunit des contributions des pédagogues bien connus Normand Baillargeon et Gérard Boutin, des politologues Marc Chevrier et François Charbonneau, du journaliste Mathieu-Robert Sauvé, des philosophes Carole Proulx et Aline Giroux et de la sociologue Nicole Gagnon. Comme l’écrit l’historienne Louise Bienvenue, présentatrice de ce dossier spécial : « …l’école ne saurait être qu’une organisation poreuse aux modes pédagogiques et aux exigences fluctuantes du marché. Nul besoin d’être nostalgique du cours classique ou partisans d’un autoritarisme à l’ancienne pour penser que laissé à lui-même, le pédagogisme à la québécoise est allé bien loin. » >>
Dossier
François de Salignac de La Mothe- Fénelon
Biographie en résumé
Homme d'église et écrivain français (1651-1715)


Gravure ancienne reproduite dans l'Histoire de la littérature française d'Émile Faguet, Plon-Nourrit, 1916, 20e édition

Vie et œuvre
Émile Faguet: Fénelon, un des plus grands esprits français
«La période de 1690 à 1715 ne fut pas aussi brillante que la précédente, mais fut une des plus vivantes, des plus agitées, des plus variées de toute la littérature française. Tout s'y renouvelle, et ceci sans doute est de tous les temps; mais tout s'y renouvelle avec une certaine précipitation, quelque inquiétude même, et c'est le temps ou jamais où l'on aurait pu s'attendre à de l'imprévu.

Pour commencer par la littérature religieuse, celle-ci sans doute «évoluait» moins rapidement que le reste, mais elle-même montrait déjà des changements dans son état; et, sans aller plus loin, que Télémaque soit écrit par un évêque, cela n'aurait pas étonné Camus au commencement du XVIIe siècle, niais cela étonnait à bon droit Bossuet à la fin du XVIIe siècle.

Fénelon, qui du reste est un des plus grands esprits qu'ait produits la France, avait commencé par des missions en Saintonge pour la conversion des protestants et par une Réfutation du système de Malebranche sur la nature de la grâce. Chargé de l'éducation du duc de Bourgogne, il fit pour lui les Fables en prose, très spirituelles et très aimables et beaucoup plus accommodées à l'enfance que celles de La Fontaine, qui n'a guère songé, quoiqu'il en dise, à écrire pour les enfants ; les Dialogues des Morts, petites leçons d'histoire sous forme dramatique dont quelques-unes sont très élevées et où il faut aller chercher les premières indications de la politique de Fénelon; enfin le Télémaque, roman mythologique quant au fond et roman pédagogique quant aux intentions, très gracieux, plein d'une imagination riante et des plus aimables souvenirs de l'antiquité, que nous n'aimons plus, je ne sais pourquoi, mais qui a été le livre le plus lu et goûté peut-être en France pendant un siècle et demi.

Enfin Fénelon se jeta un peu inconsidérément dans l'affaire du Quiétisme, soutint contre Bossuet la théorie de « l'amour pur » de Dieu, avec raison, selon nous, et en tous cas avec le plus admirable talent et la plus brillante éloquence, fut condamné par le souverain pontife et se soumit. Il reste de cette querelle d'assez mauvais procédés de part et d'autre, qu'on veut oublier, et des monuments de polémique et de dialectique religieuse qu'on prend grand plaisir à lire encore.

Souvenons-nous enfin que cet esprit infiniment actif, qualifié trop sévèrement de chimérique par Louis XIV, a été un politique très avisé, qui dès 1700 aurait voulu, par le rétablissement des États généraux et des États provinciaux, obvier d'une part aux défauts d'une centralisation excessive, d'autre part mettre un frein à l'absolutisme royal. N'oublions pas que, comme critique, dans sa Lettre à l'Académie française, à travers des opinions hasardées, il maintenait, avec plus de largeur et d'intelligence compréhensive que Boileau les principes et les lois du bon goût. C'est un des hommes qui ont le plus pensé, et en ce temps presque tout entier artistique, c'est encore une haute originalité.

Il a peu prêché; cependant quelques sermons de lui, comme le sermon pour la fête de l'Épiphanie, sont d'une forte et brillante imagination; mais surtout ses Lettres spirituelles ou Lettres de direction sont des chefs-d'oeuvre de fine psychologie et de tendre et attentive charité.

C'était, nous dit Saint-Simon, un grand homme maigre, bien fait, pâle, avec un grand nez, des yeux dont le feu et l'esprit sortaient comme un torrent. Sa physionomie rassemblait tous les contraires et les contraires ne s'y combattaient point. Elle avait de la gravité et de la galanterie, du sérieux et de la gaîté; elle sentait également le docteur, l'évêque et le grand seigneur, et ce qui y surnageait, comme dans toute sa personne, c'était la finesse, la décence, et surtout la noblesse. Il fallait faire effort pour cesser de le regarder. » — Son style qui a plus de grâce que de force et que Voltaire a caractérisé méchamment en disant
    J'estime fort votre style flatteur
    Et votre prose encor qu'un peu traînante,

a, dit Sainte-Beuve, des grâces naturellement coquettes, qui sans aller jusqu'à la manière sentent déjà quelque amollissement du geste. Il n'est pas impossible que Chateaubriand ait songé à lui dans les Natchez en disant : "Ce qu'il faisait éprouver n'était pas des transports, mais une succession de sentiments paisibles et ineffables. Il y avait dans ses discours je ne sais quelle tranquille harmonie, je ne sais quelle douce lenteur, je ne sais quelle langueur de grâces qu’aucune expression ne peut rendre."

N’exagérons point pourtant, n’insistons pas trop sur cette langueur et cet amollissement, et tout en reconnaissant que le caractère ordinaire du style de Fénelon est la grâce tendre, sachons bien qu'il n'est pas incapable de force, que le grand mot souvent attribué à Bossuet et digne de lui : "L'homme s'agite et Dieu le mène" est de Fénelon, et de Fénelon aussi cette vigoureuse peinture : "Les hommes, gâtés jusque dans la moelle des os par l'ébranlement et les enchantements des plaisirs violents et raffinés, ne trouvent plus qu'une douceur fade dans les consolations d'une vie innocente; ils tombent dans les langueurs mortelles de l'ennui, dès qu'ils ne sont plus animés par la fureur de quelque passion... "

Fénelon reste un des penseurs les plus ingénieux, une des plus aimables et brillantes imaginations, un des meilleurs écrivains dont nous puissions être fiers.»

EMILE FAGUET, Histoire de la littérature française, Paris, Plon-Nourrit, 1901, tome 2

Œuvres de Fénelon
Traité de l'éducation des filles (1687) (Athena)
Fables (1690)
Dialogues des morts (1692) (Gallica classique, BNF; mode texte)
Dialogues sur l'éloquence en général et sur celle de la chaire en particulier (Gallica classique, BNF; mode texte)
Explication des maximes des saints (1697)

Les aventures de Télémaque (1699) (Bibliotheca Augustana; Gallica classique, mode texte, mode image)
Tables de Chaulnes (1711)
Lettre sur les occupations de l'Académie française(1714)
L'examen de conscience d'un roi (1734)

Traité de l'existence et des attributs de Dieu (Gallica classique, BNF, mode texte)
Source: Bibliotheca Augustana

Documentation
Fénelon et la franc-maçonnerie. Entretien avec Pierre Prévost (émission «La Grand Loge de France vous parle», mai 1998)
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Dossiers connexes
Jacques Bénigne Bossuet
Textes de François de Salignac de La Mothe- Fénelon

Dernière mise à jour: 05/25/2006
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