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Un nouveau site sur l'appartenance

(... Ce n'est pas seulement l'appartenance aux autres et à une communauté qui est en cause, mais aussi l'appartenance à l'univers, à la terre, à l'eau, à tout ce qui vit, à toute l'humanité. (Jean Vanier)
 
Haïti: le séisme espagnol Marmontel
Fracture numérique
Fiannaland ou le repli identitaire au Liban Antoine Courban
L'attrait des États africains pour la Chine Jim Fisher-Thompson
Léopold Sédar Senghor
 

Dossier
Chili
«Le Chili est un pays long et étroit qui occupe plus de la moitié de la côte ouest de l’Amérique du Sud. Il s’étend sur 4 265 km du nord au sud du pays, sur une largeur moyenne de 177 km seulement. Il est bordé par le Pérou au nord, par l’Argentine et la Bolivie à l’est, et par l’océan Pacifique à l’ouest et au sud. Le territoire inclut de nombreuses îles situées au large des côtes, dont l’île de Pâques (appelée Rapa Nui par les Chiliens) et l’île de Robinson Crusoé.

Le Chili est situé dans l’hémisphère sud: ses saisons sont donc inversées par rapport à celles (de l'hémisphère nord). Janvier et février sont les mois les plus chauds et juillet et août les mois les plus froids. Plus on descend vers le sud, plus le climat est froid.

La cordillère des Andes s’étire sur toute la longueur du pays. La cordillère côtière, moins élevée que la cordillère orientale, longe la côte ouest. Les montagnes chiliennes abritent des flamants roses, des lamas, des alpagas, des pumas et des vigognes.

Le Chili se divise en cinq régions distinctes. Le Grand Nord est occupé par le désert d’Atacama. Son climat est très aride. Au Sud du désert se situe le Petit Nord: l’économie de la région repose sur la production de fruits et de céréales.

La Vallée Centrale est le cœur économique du Chili. On y trouve les plus grandes villes du pays: Santiago, Valparaiso et Concepción. Son climat tempéré favorise l’agriculture. La Région des Lacs, très boisée, possède de riches pâturages et quelques volcans dont certains sont en activité. 

L’extrême Sud est une région recouverte de montagnes, de volcans, de glaciers et de prairies. Le point le plus au sud, le Cap Horn, est connu pour la violence de ses tempêtes.»

Le Chili (Projet des Profils culturels, Centre Anti-Racism, Multiculturalism and Native Issues (AMNI), Faculté de travail social, Université de Toronto, avec l'aide de Citoyenneté et Immigration Canada)


Survol de l'économie chilienne

«Le contexte économique

Le Chili est l’un des plus longs pays du monde et, par conséquent, dispose d’un territoire et d’un climat diversifiés. Les 15,2 millions d’habitants vivent majoritairement dans la région centrale du pays. Le Chili dispose d’importantes ressources naturelles, particulièrement des ressources minérales et halieutiques. Il est le plus grand producteur et exportateur de cuivre au monde et représente plus du quart de la production mondiale de ce métal. Il est également le plus important producteur et exportateur de nitrate de potassium et de nitrate de soude, utilisés notamment dans les engrais. De plus, le Chili a un fort potentiel hydroélectrique, mais seulement 13 % de ce potentiel serait exploité. L’hydroélectricité répond tout de même à plus des deux tiers des besoins en énergie électrique du pays.

Le Chili est le premier pays d’Amérique latine à avoir réformé son économie, qui est maintenant la plus stable et la plus ouverte du sous-continent. Des politiques budgétaires rigoureuses, une supervision serrée du secteur financier, des réformes structurelles et une ouverture du commerce et de l’investissement ont permis à ce pays de connaître une forte croissance économique et une baisse de l’inflation au cours des années 90. En effet, le PIB s’est accru de près de 7 % en moyenne annuellement au cours de la décennie, tandis que le taux d’inflation, qui se chiffrait à 26,0 % en 1990, se situe maintenant à 3,3 %. (...)


Le commerce extérieur du Chili

Le marché chilien est particulièrement ouvert. Plusieurs pays, dont le Canada, y bénéficient d’un accès privilégié en raison d’accords de libre-échange. Depuis le début de la décennie, le Chili est l’un des pays qui ont le plus contribué à l’avancement de l’intégration des Amériques, particulièrement de l’Amérique latine. Il a signé des accords de libre-échange avec le Canada, le Mexique, la Colombie, le Venezuela, l’Équateur, le Costa Rica et le Mercosur. Le Chili, qui fut l’hôte du Sommet des Amériques en avril 1998, est un ardent promoteur de la Zone de libre-échange des Amériques. La politique d’ouverture des marchés du Chili déborde les Amériques. En effet, il est membre de l’OMC et tente de conclure un accord commercial avec les pays de l’Union européenne. (...)»

Nancy Klein, Économies et commerce au Chili (Mission Québec - Pérou-Chili, Ministère des Relations internationales du Québec; © Gouvernement du Québec)


Voir aussi : Chili: pays minier (Profils sectoriels au Chili, Mission Québec - Pérou-Chili, Ministère des Relations internationales du Québec)


Mine de cuivre chilienne au début du 20e siècle (photo prise entre 1900 et 1940 (?))
Source : Library of Congress, Prints and Photographs Division, Frank and Frances Carpenter Collection
Numéro de reproduction : LC-USZ62-89823


Langues parlées

«La langue officielle du Chili est l’espagnol. Certaines communautés parlent leur propre langue à la maison, mais la plupart des habitants du Chili comprennent et parlent l’espagnol.

Certaines tribus autochtones continuent d’utiliser leur propre langue : l’aymara dans le nord, le mapu-dugun, langue des Mapuches, dans le sud, et le rapa nui sur l’île de Pâques. Les Chiliens ont incorporé plusieurs éléments du vocabulaire mapu-dugun dans leur vocabulaire, tels que poncho, nom de la petite cape portée par les cow-boys chiliens, et pichanga, qui veut dire «fête».

Si l’espagnol qui se parle au Chili paraît très différent de celui que l’on parle en Espagne et dans le reste de l’Amérique Latine, c’est que les Chiliens parlent très vite et avalent donc des sons ou des syllabes. Ainsi, hasta luego (« à plus tard ») devient stalugo, et dedo (« doigt ») devient deo. Le son s à la fin des mots n’est généralement pas prononcé ou se prononce comme un h. Les suffixes diminutifs -ito et -ita sont souvent ajoutés à la fin des noms en signe d’affection.»

Un survol de l'éducation

«Les enfants chiliens commencent l’école à l’âge de sept ans. Après huit années d’école obligatoire, ils peuvent suivre quatre années de cours d’enseignement général ou professionnel avant d’envisager de suivre des études postsecondaires.

L’année scolaire dure de mars à décembre. Certains vont à l’école le matin de 8 h15 à 13 h 15, et d’autres l’après-midi de 13 h 30 à 18 h 30. Cette répartition des cours permet de pallier le manque de professeurs et d’établissements scolaires. Dans la plupart des écoles, décembre est le mois des examens oraux et écrits. Les vacances d’été durent de janvier à mars; les vacances d’hiver, en juillet, durent deux semaines.

Il existe trois types d’écoles au Chili : les écoles publiques, les écoles privées et les écoles recevant des subventions publiques mais administrées par le secteur privé. Le gouvernement établit les programmes pour toutes les écoles. La plupart des élèves apprennent l’anglais ou le français et dans le sud, où la population d’origine germanique est importante, certaines écoles offrent aussi des cours d’allemand.

Les élèves du système public, surtout les plus démunis, sont nombreux à abandonner leurs études. Le gouvernement s’efforce toutefois de répondre aux besoins éducatifs de tous. Certaines écoles offrent par exemple des programmes spéciaux pour les enfants handicapés physiques ou connaissant des problèmes d’apprentissage.

L’Église catholique administre de nombreuses écoles privées, notamment des écoles de langue où tous les cours sont enseignés uniquement en anglais ou en français. Il y a des écoles de garçons, des écoles de filles, et des écoles mixtes. Les écoles privées chiliennes ont la réputation d’être les meilleures, mais elles sont chères et seul un petit pourcentage de la population a les moyens d’y envoyer ses enfants.

Il y a deux types de programmes secondaires : le programme arts et science, qui prépare les élèves à l’université, et les cours techniques d’enseignement professionnel qui les préparent au monde du travail. Tous les élèves désirant aller à l’université doivent passer un test d’aptitude, la Prueba de Aptitud Académica: les résultats déterminent l’admissibilité aux divers programmes universitaires.

Des 68 universités chiliennes, 50 sont des institutions privées récentes. Les deux universités chiliennes les plus importantes sont l’Université du Chili (Universidad de Chile), fondée en 1738, et l’Université catholique (Universidad Católica), fondée en 1888. Toutes deux sont à Santiago.»

Religions et croyances

«Environ 85 % des Chiliens sont catholiques et près de 10 % sont protestants. Les Mapuches pratiquent leur propre religion. Il y a aussi des Juifs, des Musulmans et des Bouddhistes.

Bien qu’un quart seulement de la population catholique aille régulièrement à l’église, la religion occupe une place importante dans la culture chilienne. Environ un tiers des enfants fréquentent des écoles catholiques où ils suivent des cours de religion. Les prêtres et les religieuses catholiques sont très respectés, et les cérémonies religieuses comme le baptême, la première communion, le mariage et les funérailles font l’objet de grandes réunions de famille.

Sous le régime de Pinochet, l’Église catholique chilienne a joué un rôle politique important: elle a dénoncé les violations des droits de l’homme par la junte militaire, mis sur pied divers programmes sociaux pour les familles des victimes politiques et lutté pour le retour de la démocratie au Chili.

Le pentecôtisme, une forme de protestantisme, est en progression au Chili. L’Église méthodiste Jotabeche de Santiago est la plus grande église pentecôtiste au monde avec une congrégation de plus de 80 000 membres.

La religion de la tribu des Mapuches est étroitement liée à la terre et à leur environnement. Les Mapuches croient à l’existence d’une famille divine dont les membres sont Elmapum, Elchen, Ngunemapun et Ngunechen, noms qui se traduisent littéralement par «Vieux Dieu», «Femme du Vieux Dieu», «Jeune Dieu» et «Femme du Jeune Dieu». La famille divine protège l’homme et la nature.

Les chefs spirituels mapuche, les Machis, sont généralement des femmes. Les Machis communiquent avec la famille divine afin de maintenir l’harmonie de la nature et de combattre les forces du mal. Les Machis peuvent être chefs spirituels ou posséder des pouvoirs magiques leur permettant de guérir quelqu’un ou de le rendre malade en lui jetant un sort. La religion est une partie intégrante de la culture et de la vie quotidienne des Mapuches. Même si certains d’entre eux sont maintenant catholiques, ils pratiquent toujours de nombreux rites religieux de leur tribu.»

Les fêtes

«La fête la plus importante au Chili est la fête de l’Indépendance. Les célébrations durent deux jours. Des défilés militaires sont organisés un peu partout dans le pays: celui de Santiago, auquel assiste le président de la République, est le plus grand. Les défilés sont généralement suivis d’une huasa (rodéo).

La plupart des Chiliens vont à la messe de minuit la veille de Noël. Ils passent généralement le jour du Nouvel An à la plage, puisque c’est alors l’été. Pendant la période des fêtes, il est de tradition de boire du cola de mono (littéralement «queue de singe»), boisson composée d’aguardiente (alcool fort), de café, de lait, de sucre, de cannelle et de jaune d’œuf.

Dans les campagnes, la plupart des fêtes sont à caractère religieux. Chaque ville, village ou profession a son saint patron que l’on fête par une messe spéciale et une petite procession. Le festival de Domingo de Cuasimodo se célèbre le premier dimanche après Pâques dans tous les villages du centre du Chili : les gens décorent leur maison, portent des costumes traditionnels aux couleurs vives et défilent dans le village à cheval ou en calèche, en portant des images du Christ. Les prêtres, debout dans des calèches escortées de huasos (cow-boys), offrent la communion aux personnes âgées et aux malades qui sont sur le pas de leur porte.

La Tirana est un autre festival typiquement chilien. Des milliers de personnes vont rendre hommage à la Vierge Marie au village de La Tirana, près du désert d’Atacama. On y joue de la musique traditionnelle, pendant qu’un groupe de danseurs masqués et costumés danse pendant trois jours consécutifs, ne s’arrêtant que pour manger ou se changer. La danse est suivie d’un pèlerinage à la Virgen del Carmen.

Les enfants fêtent le jour du saint dont ils portent le nom, un peu comme ils fêtent leur anniversaire.»

Arts et littérature

«De tous les poètes chiliens, Gabriela Mistral (1889-1957) est certainement la plus connue. Elle fut la première en Amérique Latine à recevoir le prix Nobel de littérature, en 1945. Ses poèmes décrivent la vie quotidienne dans les campagnes chiliennes et son amour pour les pauvres. Pablo Neruda (1904-1973) reçut le prix Nobel de littérature en 1971. Ses œuvres parlent d’amour, de pauvreté, et des paysages chiliens. Parmi les grands poètes contemporains, on citera aussi Juan Luis Martinez, Raúl Zurita et José Luis Rosasco. 

Isabel Allende et José Donoso sont deux des plus grands romanciers chiliens. Le premier roman de Allende, La Maison aux esprits, a été un best-seller en Europe et en Amérique du Nord ; l’histoire traite d’une famille d’aristocrates chiliens dans une société où la situation politique est explosive. Un livre de José Donoso, Le Jardin d’à côté, a aussi été traduit dans de nombreuses langues. Quant aux dramaturges chiliens, on citera Jorge Díaz, Marco Antonio de la Parra et Raúl Zúrita.

Miguel Littín est le réalisateur chilien le plus connu : ses films Actas de Marusia (1976) et Le Recours de la méthode (1978) ont été applaudis dans le monde entier et Alsino et le Condor a été nominé pour le César du meilleur film étranger en 1982. Ricardo Larraín a lui aussi été salué par la critique internationale pour son film La Frontera (1991).

Dans le monde artistique chilien, il faut également mentionner le peintre Roberto Matta, le sculpteur Marta Colvin, les pianistes Claudio Arrau et Roberto Bravo, et les compositeurs Enrique Soto et Juan Orrego.

Le Chili a une tradition folklorique extrêmement riche. La chanteuse la plus connue, connue, Violeta Parra, qui a introduit la « nouvelle musique », musique incorpore les différents types de musiques folkloriques du Chili. Cette « nouvelle musique » a été popularisée par la suite par Angel et Isabel Parra, Victor Jara et divers groupes tels que les Quilapayún et les Inti-Illimani. Les chansons sont accompagnées d’instruments traditionnels: la quena, petite flûte en bambou, et le charango, instrument à cordes fabriqué à partir de carapace de tatou.

Les Mapuches sont réputés pour leurs ponchos et leurs couvertures tissés main, leurs belles poteries fines, et leurs bijoux en argent.»

Sports et loisirs

«Le cerf-volant, introduit au Chili au XVIIIe siècle par des moines catholiques, fait aujourd’hui de très nombreux adeptes auprès des Chiliens de tous âges. À Santiago, dès l’arrivée des beaux jours, chaque fin de semaine, des milliers de personnes descendent dans les parcs publics avec leurs cerfs-volants. La littérature chilienne accorde même au cerf-volant le statut de trésor national.

Au Chili, tout le monde, et plus particulièrement les hommes, joue au rayuela: le jeu consiste à lancer de gros disques de métal appelés tejos vers une ficelle tendue en travers d’un terrain humide ; il faut essayer de faire tomber le disque sur la ficelle. Les enfants y jouent avec des pièces de monnaie, plus légères.

Le sport le plus populaire au Chili est le fútbol (soccer). Beaucoup disent que c’est le sport national du Chili. Il n’est pas rare de voir 80 000 spectateurs assister à une rencontre au Stade national de Santiago. Parmi les équipes les plus connues, on citera Colo Colo, Universidad Católica et Universidad de Chile.

Les Chiliens appellent le rodéo la fiesta huasa. Les équipes vont généralement de village en village et les compétitions ont lieu dans des arènes appelées media lunas (demi-lunes). Les huasos, ou cow-boys chiliens, revêtent pour l’occasion un poncho coloré, un pantalon à franges, un chapeau plat, des bottes à talons et de gros éperons. Chaque équipe de deux doit parvenir à maîtriser le taureau et à le faire s’arrêter à un certain endroit sans utiliser de lasso. 

Le chueca (littéralement  « bâton courbé ») est un jeu d’équipe autochtone. Il se joue sur un terrain au centre duquel se trouve un trou et dont les buts, à chaque extrémité, sont représentés par une ligne tracée sur toute la largeur du terrain. Le jeu commence au trou : les membres de chaque équipe doivent essayer d’y enfoncer une petite balle de caoutchouc à l’aide d’un bâton courbé. Le premier joueur à y parvenir doit alors traverser le terrain et conduire la balle au-delà de la ligne de but adverse pour marquer un point. Le chueca a été inventé par les populations indigènes bien avant l’arrivée des colons espagnols.

Les Chiliens aiment les activités de groupes et la plupart d’entre eux sont membres d’une équipe, d’un club ou d’une organisation. Les sports les plus pratiqués sont le tennis, le golf, le volley-ball, le basket-ball, le rugby, le ski, le ski nautique, la plongée sous-marine, la pêche, l’équitation, le polo et le jogging.»

Le Chili (Projet des Profils culturels, Centre Anti-Racism, Multiculturalism and Native Issues (AMNI), Faculté de travail social, Université de Toronto, avec l'aide de Citoyenneté et Immigration Canada)


Vue de Santiago, capitale du Chili
© Juerg Derrer, Niederglatt - visipix.com
Reproduction autorisée par le site d'origine

Histoire
Un survol du passé

«Avant l’arrivée des colons européens, le nord du Chili était occupé par les Incas du Pérou et le sud par les Mapuches, peuple de guerriers renommés.

Le premier Européen à atteindre le Chili fut le navigateur portugais Ferdinand Magellan, en 1520. Trente ans plus tard, les Espagnols, qui avaient déjà conquis le Pérou, commencèrent à s’établir dans le pays. Les colons entreprirent de cultiver la terre et obligèrent les indigènes à travailler pour eux. Malgré la résistance des Mapuches aux conquérants, les espagnols réussirent, petit à petit, à établir leurs colonies.

Le Chili proclama son indépendance en 1810. Il fallut cependant plus de 15 ans de lutte pour que l’Espagne la reconnaisse. En 1818, Bernardo O’Higgins devint le premier chef d’État du Chili.

Le Chili sortit victorieux de la guerre du Pacifique avec le Pérou et la Bolivie (1879-1883) et acquit ainsi les gisements de cuivre et de nitrate du désert d’Atacama. Les revenus de l’exportation de nitrate (utilisé dans la fabrication d’explosifs et d’engrais) alimentèrent sa croissance économique.

Pendant la Première Guerre mondiale, le Chili resta neutre et son économie connut une grande expansion grâce à la demande de nitrate. Après la guerre, les exportations de nitrate synthétique allemand portèrent un grand coup à l’industrie de nitrate chilienne; suivit alors une période d’instabilité. Les exportations chiliennes de nitrate, de cuivre et d’autres matériaux reprirent toutefois pendant la Deuxième Guerre mondiale.
 
En 1970, Salvador Allende fut élu président, devenant ainsi le premier chef de gouvernement marxiste de l'Amérique du Sud. Il mit en place un certain nombre de réformes économiques et sociales.


En 1973, un coup d’État renversa le gouvernement Allende pour former une junte militaire dirigée par le général Augusto Pinochet. De nombreux Chiliens appuyèrent Pinochet, mais ceux qui s’opposèrent publiquement à la junte furent emprisonnés ou condamnés à l’exil. Des milliers disparurent à jamais.

Pinochet privatisa les industries, imposa le contrôle des salaires et des conditions de travail, et augmenta les exportations. Malgré la croissance économique, sous la junte, le fossé entre les riches et les pauvres s’agrandit. 

Suite à son échec lors du plébiscite de 1988, Pinochet dut remettre son pouvoir en jeu. En 1989, un président civil fut élu.»

Le Chili (Projet des Profils culturels, Centre Anti-Racism, Multiculturalism and Native Issues (AMNI), Faculté de travail social, Université de Toronto, avec l'aide de Citoyenneté et Immigration Canada)

Voir aussi (notamment sur l'ère Pinochet):

Enjeux
Le renouveau de la démocratie chilienne

«Évolution institutionnelle depuis 1973 

La mort du président Allende, lors du coup d'Etat fomenté par une junte militaire dirigée par le général Pinochet, le 11 septembre 1973, marque le début de la dictature militaire et, sur le plan économique, d'une politique de libéralisme intégral.

L'anéantissement des libertés publiques dura près de quinze ans: en 1987, le général Pinochet décréta la levée de l'état de siège et autorisa les partis non communistes. La progressive ouverture du régime militaire se poursuivit, l'année suivante, avec l'arrivée de civils aux postes ministériels et l'organisation d'un référendum, le 5 octobre 1988, sur le devenir des institutions. La victoire du "non", rassemblant près de 55 % des suffrages, obligea le pouvoir en place à organiser des élections libres.

L'arrivée de M. Patricio Aylwin au Palais de la Moneida permit de restituer au pouvoir législatif son rôle et de concourir au rétablissement de la liberté d'expression. Cependant, l'absence de jugement des crimes commis pendant la dictature (plus de 3000 victimes recensées) laissa subsister un profond sentiment d'impunité. En outre, la démocratisation des institutions n'a pu être conduite à son terme, en raison du dispositif législatif hérité du général Pinochet: les lois d'amarrage (inamovibilité des commandants en chefs nommés pour quatre ans et habilités à proposer leur successeur au chef de l'Etat, maintien d'un Conseil de sécurité nationale dominé par les militaires, quantum des sénateurs désignés et à vie, privilèges budgétaires de l'armée). Ces dernières n'ont pu être abolies du fait de la majorité des sénateurs, majoritairement nommés ou cooptés par le général Pinochet.

Succédant en 1993 au Président Aylwin, M. Eduardo Frei, candidat de la "Concertation", a donné la priorité au développement et à la lutte contre la pauvreté. Si une profonde réforme de la justice - refonte du code pénal et du code de procédure pénale, création d'un ministère public et modernisation du système de nomination des juges à la Cour suprême - doit être mise à l'actif du gouvernement Frei, d'inspiration démocrate-chrétienne, les lois prévues pour achever la transition démocratique (suppression des sénateurs désignés à vie, financement public des campagnes électorales, réforme du mode de scrutin) ont été bloquées par le Sénat chilien, fidèle à l'héritage institutionnel du général Pinochet.

En outre, les élections législatives de 1997 ont été l'occasion d'une progression de l'opposition de droite qui demeure à ce jour majoritaire au Sénat.

Enfin, l'élection, en décembre 1999, de M. Ricardo Lagos, opposant de longue date à la dictature, consacre le retour au Palais de la Moneida d'un socialiste, près de 30 années après Salvador Allende.»


Sénat français. Commission des Affaires étrangères, de la défense et des forces armées. Rapport (no 34) sur le projet de loi autorisant la ratification de la convention de sécurité sociale entre la République française et la République du Chili. Session ordinaire de 2000-2001. 18 octobre 2000. Rapporteur: Hubert Durand-Chastel



Les conséquences de l'arrestation du général Pinochet le 16 octobre 1998

«Devenu sénateur à vie, en 1998, conformément aux dispositions de la Constitution de 1980 adoptée sous le régime militaire, le général Pinochet a été remplacé au poste de commandant en chef de l'armée de terre par un officier non compromis dans les atteintes aux droits de l'Homme commises auparavant. En outre, la suppression du jour férié du 11 septembre semblait s'inscrire dans le processus de réconciliation nationale engagé lors du rétablissement de la démocratie.

Cependant, l'arrestation du général Pinochet à Londres, le 16 octobre 1998, a fait resurgir les tensions entre les alliages gauche et droite, suscitant les protestations rigoureuses des forces armées et du gouvernement chilien, au nom de la défense de la souveraineté. Si cette affaire divise la classe politique, entre partisans de l'extradition, de l'immunité présidentielle ou encore d'un jugement au Chili, elle semble avoir laissé l'opinion publique assez largement indifférente et ne pas avoir trouvé d'écho lors de la campagne présidentielle de décembre dernier.

En revanche, un vaste débat sur les exactions commises par la junte militaire s'est instauré à l'occasion de cette affaire. Si une loi d'amnistie couvre les agissements des militaires depuis novembre 1990, la création d'une structure de dialogue, constituée de représentants des différentes églises, d'avocats des droits de l'Homme, d'intellectuels et de militaires, a abouti en juin 2000 à un protocole d'accord sur la recherche des disparus, que renforce une loi ultérieure garantissant l'anonymat des informateurs.

En outre, la justice chilienne a engagé plus de cent cinquante procédures judiciaires à l'encontre de l'ancien dictateur. Si des obstacles juridiques, comme la loi d'amnistie couvrant les crimes commis par le régime militaire de 1973 à 1978, risquent d'entraver de telles poursuites, la levée de l'immunité parlementaire du général Pinochet, décidée par la Cour d'appel de Santiago en juin 2000 et confirmée par la Cour suprême en août dernier, marque un tournant dans le rapport des Chiliens avec cette période sombre de leur histoire et souligne leur volonté de refonder l'Etat sur le respect des droits de l'Homme et des libertés fondamentales.



Un modèle économique en transition

1. Un modèle économique régional

Les performances continues de l'économie chilienne, de 1982 à la crise de 1998, ont été attribuées aux réformes structurelles mises en oeuvre dès la décennie 1970. La part du secteur public dans le produit national est passée en vingt ans de 70 à 30 %. Si les richesses naturelles du Chili (minerais au nord, agriculture au centre et sylviculture au sud) sont considérables, le cuivre ne représente plus que le tiers des exportations chiliennes; le reste étant constitué par les produits agricoles ou dérivés de la mer (cellulose, farine de poisson).

Au programme de privatisation et de dérégulation s'est ajoutée une rénovation du système bancaire et financier chilien. Tandis que Santiago privilégiait une politique monétaire rigoureuse avec l'arrimage de la devise nationale à un panier de référence dollar-mark-yen, des mesures dissuasives ont été prises à l'encontre des capitaux de court terme, afin de conjurer la volatilité si néfaste aux autres économies de la région.

Engagé dans un cercle vertueux de croissance, le Chili a ainsi connu une élévation annuelle moyenne de 7 % de son produit intérieur brut, tout en réduisant l'inflation à près de 8 %. Avec un budget excédentaire de 1990 à 1997, un chômage de moins de 6 % et une dette extérieure représentant un tiers du PIB -et reposant davantage sur la sphère privée de l'économie-, le Chili demeure le pays le mieux géré de la région et une destination privilégiée des différents opérateurs financiers internationaux.


2. Le modèle chilien face à la crise: incertitudes et adaptations

Si l'Asie a absorbé, en 1996, un tiers des exportations chiliennes, la crise économique et financière de l'année suivante a eu de nombreuses répercussions au Chili, au risque de remettre en cause son statut de " modèle économique ".

La nécessité de défendre le taux de change du Peso chilien a contraint les autorités de Santiago à augmenter les taux d'intérêt, pesant ainsi lourdement sur les entreprises et les ménages, tandis que le chômage atteignait, en décembre 1998, près de 10 % de la population active et la dette extérieure près de la moitié du PIB.

En outre, alors que se sont creusées les inégalités sociales, les infrastructures et les services publics, dont la modernisation avait jusqu'alors été freinée par l'Etat, soucieux des grands équilibres budgétaires, ne peuvent répondre aux fortes tensions du pays. De telles difficultés ont d'ailleurs fait l'objet de nombreux débats, lors de la campagne présidentielle de décembre 1999.

Néanmoins, la récession n'a pas affecté la solidité du système financier qui repose sur un contrôle très strict de la superintendance des banques, alors que le ratio de solvabilité des principaux établissements bancaires chiliens se trouve largement au-dessus des normes de Bâle. En outre, avec une dette publique externe faible et le poids des fonds de pension dans son financement, l'économie chilienne devrait renouer, dès cette année, avec un taux de croissance de 6 %, s'affirmant ainsi comme l'un des marchés les plus porteurs d'Amérique du Sud.

En ce sens, les entreprises françaises renforcent leur position au Chili et représentent près de 3 % de parts de marché; performance remarquable en raison de "l'agressivité" des concurrents latino-américains. Depuis l'exposition "Francia 2000 ", tenue à Santiago en 1997, nos entreprises ont remporté des marchés conséquents, tel le métro de Santiago, la moitié du réseau national des télécommunications (groupe Alcatel) tandis que Renault et PSA détiennent 10 % du marché automobile local.

L'évolution du nombre d'implantations françaises au Chili connaît actuellement une hausse de 10 % et témoigne des attraits de ce pays, auquel le FMI vient d'accorder, en août 2000, un satisfecit, estimant favorables ses perspectives économiques à moyen terme.


3. La mutation du système social chilien

Le Chili a entrepris ces vingt dernières années une profonde rénovation de son système de pensions, ainsi que de l'organisation et du financement de la prévoyance vieillesse.

L'ancien système chilien, élaboré dans les années 20, demeurait très stratifié, comprenant plusieurs dizaines d'institutions pour chaque branche. Tributaire des subventions publiques et menacé par la grave crise économique que connaissait le Chili jusqu'à la décennie 70, les tentatives d'unification des régimes ainsi que des mécanismes d'indexation échouèrent, obligeant les autorités à la refonte totale du système à partir de 1981.

La capitalisation est ainsi le principe du nouveau système auquel tous les salariés des secteurs public et privé (à l'exception des militaires) sont obligatoirement assujettis, cotisant à la caisse de leur choix, sans participation financière des employeurs.

La réforme du système de pensions s'inscrit ainsi dans la continuité des mesures de modernisation structurelle conduites par les "Chicago Boys" dont l'objectif était d'accorder une place prépondérante aux mécanismes du marché et au secteur privé dans le domaine économique et social.

L'âge de la retraite est fixé à 65 ans pour les hommes et 60 ans pour les femmes. A cette échéance, les cotisants peuvent se constituer une rente viagère ou encore négocier, auprès de leur société de gestion, un retrait échelonné sous certaines conditions.

Dans le nouveau système, qui a mobilisé l'épargne retraite et favorisé le développement du système financier, l'Etat demeure le garant de la cohésion financière et sociale. D'une part, les sociétés de gestion demeurent sous la surveillance d'un organisme public, la surintendance des sociétés d'administration des caisses de pensions qui peut contrôler leur réserve et dispose d'un réel pouvoir de sanctions allant jusqu'à la suppression de l'agrément. D'autre part, l'Etat garantit le paiement des prestations, en cas de défaillance, et encore le paiement au cotisant d'une pension minimale malgré une insuffisance du capital.

S'il est vrai que le nouveau système a permis des économies d'échelles et une intensification de la concurrence, le cotisant chilien a ainsi tiré profit d'une baisse générale des frais, tout en bénéficiant d'un taux de rendement réel des placements de 14 % par an en moyenne. Cependant, l'efficacité de la prévoyance vieillesse demeure compromise par l'augmentation régulière de la fraction des adhérents ne versant aucune cotisation. En outre, les artisans ne sont pas soumis au régime d'affiliation obligatoire ; seuls 4 % d'entre eux versent des cotisations, au risque d'accentuer les disparités de revenus à moyen et long terme.»


Sénat français. Commission des Affaires étrangères, de la défense et des forces armées. Rapport (no 34) sur le projet de loi autorisant la ratification de la convention de sécurité sociale entre la République française et la République du Chili. Session ordinaire de 2000-2001. 18 octobre 2000. Rapporteur: Hubert Durand-Chastel

Carte


Source: CIA - The World Factbook (domaine public)

Attraits
Sites patrimoniaux (Consejo de Monumentos Nacionales de Chile, esp.). On relève notamment, parmi les sites désignés comme faisant partie du patrimoine de l'humanité (Unesco), le parc national de l'île de Pâques et l'église de Chiloé
Quelques lieux d'intérêt touristiques (Amb. du Chili aux Philippines)

La cuisine chilienne

«En général, les Chiliens mangent quatre repas par jour : le petit déjeuner (desayuno) avant 8 h, le déjeuner (almuerzo —principal repas de la journée) aux environs de 14 h, le goûter (once) vers 17 h, et le dîner (comida) après 20 h.

Pommes de terre, haricots et pain sont les éléments de base de la cuisine chilienne. Bœuf et poulet sont les viandes préférées des Chiliens, mais ceux-ci mangent aussi beaucoup de fruits de mer. Ils aiment accompagner leurs mets de sauce piquante ou pebre.

La soupe de congre (caldillo de congrio) est une des spécialités du pays. Parmi les nombreux autres plats traditionnels, on citera le porotos granados, soupe épaisse de maïs et de haricots, les humitas, grains de maïs concassés cuits dans des feuilles de maïs, l’ulpo, genre de porridge chaud fait à partir de lait et de farine brunie, et les empanadas, pâtés de viande que l’on prépare surtout pour les festivals et les jours de fête, et que l’on sert comme collation ou en hors d’œuvre.

Pour ce qui est des boissons, les Chiliens aiment accompagner leurs repas de vin; l’apéritif national est le pisco, autre boisson alcoolisée faite à partir de raisin et que l’on sert nature ou en cocktail : le pisco sûr est un mélange de pisco, de jus de citron, de sucre, de glace et de blanc d’œuf battu. Les Chiliens boivent aussi de la chicha, jus de raisin fermenté qui a le même goût que le cidre de pomme, et du mote con huesillo, boisson faite à partir de pêche séchée, d’orge et de cannelle. L’aguita est un genre de tisane et la yerba mate une sorte de thé dont les feuilles proviennent d’un buisson de la famille du houx et qui a une haute teneur en caféine; la yerba mate est surtout populaire dans les campagnes.»

Le Chili (Projet des Profils culturels, Centre Anti-Racism, Multiculturalism and Native Issues (AMNI), Faculté de travail social, Université de Toronto, avec l'aide de Citoyenneté et Immigration Canada)
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Raccourcis intéressants

Statistiques
Capitale
Santiago
Superficie
756 950 km2
Population
15 153 797 h. (est. juillet 2000)
Régime politique
République unitaire. Régime présidentiel.
Chef d'État et de gouvernement
Président Ricardo Lagos Escobar
Religion(s)
catholiques (89%), protestants (11%), juifs
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Dernière mise à jour: 05/25/2006
L'Encyclopédie de L'Agora - 1998 - 2010