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Un nouveau site sur l'appartenance

(... Ce n'est pas seulement l'appartenance aux autres et à une communauté qui est en cause, mais aussi l'appartenance à l'univers, à la terre, à l'eau, à tout ce qui vit, à toute l'humanité. (Jean Vanier)
 
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Dossier
Bolivie
"La Bolivie, pays du centre-ouest de l’Amérique du Sud, est délimitée au nord et à l’est par le Brésil, au sud par le Paraguay et l’Argentine, et à l’ouest par le Chili et le Pérou. Le pays est divisé en neuf départements.

La Bolivie peut se découper en cinq régions géographiques: l’Altiplano, les hautes vallées, les Yungas, les forêts tropicales des basses terres et le Chaco. L’Altiplano, dont le nom signifie «haut plateau», s’étend à l’ouest, bordé par deux chaînes de montagnes andines: la Cordillère occidentale fait office de frontière naturelle entre la Bolivie et le Chili; la Cordillère orientale, elle, sépare l’Altiplano des basses terres et des hautes vallées. Le lac Titicaca, le deuxième d’Amérique du Sud pour sa grandeur, se trouve sur l’Altiplano; il se déverse dans le rio Desaguadero, qui lui-même se jette dans le Poopó, un lac salé et peu profond.

L’Altiplano est la partie du pays la plus peuplée. C’est là que vivent la plupart des Quechuas et des Aymaras, les deux principaux peuples autochtones du pays ; les Métis y sont aussi nombreux. Les trois villes principales sont La Paz, la plus grande ville du pays, située au nord de l’Altiplano, Potosí, connue pour ses mines d’argent, et Oruro. Le climat de ce haut plateau est sec et frais : si les températures peuvent atteindre 18C le jour, elles descendent facilement au dessous de zèro la nuit.

Les hautes vallées, au sud-est de l’Altiplano, jouissent d’un climat tempéré : le printemps semble y régner à l’année. Elles abritent les villes de Sucre, Cochabamba et Tarija. Les Yungas (« terres chaudes »), qui se trouvent au nord-est de La Paz, constituent la démarcation entre l’Altiplano et les basses terres; on cultive dans cette région tropicale le café, la canne à sucre, la coca et des agrumes.

Les basses terres du bassin amazonien, au nord, et de l’Oriente, à l’est, sont principalement couvertes de forêts tropicales qui abritent une faune variée, notamment des cabiais – le plus gros rongeur du monde –, des paresseux, des lézards, des loutres géantes et des dauphins d’eau douce. Le climat est très chaud et très humide et les précipitations sont abondantes. Plusieurs peuples autochtones habitent les basses terres, notamment les Guaranis. Santa Cruz est la plus grande ville de l’Oriente.

Le Chaco est une région isolée du sud-est du pays; c’est une plaine aride et venteuse, qui s’étend en Argentine et au Paraguay. On y rencontre des flamands roses, des tamanoirs géants et des tapirs."

Survol de l'économie

"La plupart des Boliviens des régions rurales vivent de l’agriculture. Pomme de terre, maïs, quinoa, banane, café, blé, coca, riz, canne à sucre, haricot, manioc, carotte, orange et noix du Brésil constituent les principales cultures. La production vise essentiellement à satisfaire aux besoins de la famille et de la communauté, l’excédent étant vendu au marché local. Dans les petites villes, le jour du marché est une importante activité sociale. 

Presque tout le pays étant montagneux, les Boliviens ont aménagé des petits champs en terrasses à flanc de montagne. Sur l’Altiplano, on entoure souvent ces champs d’une rigole remplie d’eau pour empêchera la récolte de geler par les nuits froides. Dans le département de Beni, situé dans la partie septentrionale du pays, on pratique l’élevage de bovins ; dans le Tarija, au sud, on cultive la vigne pour la production du vin.

Plus de 30 % des travailleurs œuvrent dans les services, 10 % travaillent dans le secteur manufacturier (textile et vêtement, notamment) ou la métallurgie et 5 % dans l’industrie minière. Le sol bolivien est riche en étain, en argent, en or, en minerai de fer, en zinc, en plomb, en antimoine, en tungstène et en cuivre. Les conditions de travail dans les mines restent dangereuses, mais des efforts sont déployés pour les améliorer. Bon nombre de travailleurs sont syndiqués. Les deux plus grands syndicats du pays sont la Fédération bolivienne du travail et le Syndicat des enseignants.

Bien que le coût de la vie soit très bas en Bolivie, de nombreuses familles ont peine à se procurer l’essentiel, même lorsque les deux parents travaillent. Plus de la moitié de la population vit dans la pauvreté. Certains survivent en troquant toutes sortes de produits et services ou en travaillant dans des usines ou des ateliers clandestins. Les enfants de familles pauvres travaillent souvent dans les villes comme cireurs de chaussures, vendeurs ambulants ou domestiques. Bien que l’économie souterraine procure du travail et produise des biens à faible coût, les conditions de travail peuvent y être dangereuses.

Les femmes jouent un rôle clé dans l’économie bolivienne. Si, dans les régions rurales, elles contribuent largement au fonctionnement des fermes, dans les villes elles sont de plus en plus nombreuses à travailler comme professionnelles ou à occuper des postes dans les affaires."

Langues parlées

"La langue officielle de la Bolivie est l’espagnol ; c’est la langue des affaires et de l’enseignement. La plupart des hispanophones connaissent aussi une langue autochtone et plus de 55 % de la population parle soit quechua, soit aymara.

La langue espagnole partage avec le français certaines marques de politesse : on utilise ainsi usted pour s’adresser à une personne plus âgée que soi ou qu’on ne connaît pas et tu pour les intimes. Sur l’Altiplano et dans les hautes vallées, on s’exprime avec lenteur et précision ; dans les basses terres, les gens parlent plus vite et ont tendance à avaler la dernière syllabe des mots.

Avant la conquête inca, qui fit se répandre le quechua, l’aymara était la langue dominante du pays. À l’origine, ni le quechua ni l’aymara ne s’écrivaient ; aujourd’hui, l’une comme l’autre sont utilisées à l’écrit et il existe des journaux dans ces deux langues.
L’aymara et le quechua se sont enrichis de mots espagnols, et inversement, l’espagnol bolivien a emprunté nombre de termes et d’expressions aux deux langues autochtones : le mot inti, par exemple, qui signifie « soleil » en aymara et en quechua, ou le mot tata, qui veut dire « père » ou « vieillard », sont tous deux passés dans l’espagnol. Dans une ville comme Cochabamba, le quechua et l’espagnol sont très mélangés.

On parle plusieurs langues dans la partie amazonienne du pays, notamment le chiquitano, le guaraní, le chiriguano, le guayrayu et le tsimané. Certaines comptent moins d’une centaine de locuteurs et risquent donc de disparaître. Avec chaque langue qui s’éteint, c’est une culture, une histoire et une vision du monde qui disparaissent."

Religions et croyances

"Environ 95 % des Boliviens sont catholiques. Mais pour beaucoup, notamment dans les régions rurales, l’appartenance à l’Église catholique n’est pas exclusive : il n’est pas rare en effet que des Catholiques rendent aussi un culte aux dieux et déesses autochtones.

Le baptême et la première communion sont l’occasion de grandes fêtes de famille. La première communion a lieu vers l’âge de 7 ans ; pour la circonstance, les premiers communiants portent des vêtements neufs ; les filles sont toujours habillées de blanc, et même celles de familles pauvres portent de belles robes ornées de passementerie de dentelle ou de satin. Après la communion, les jeunes peuvent participer pleinement aux services religieux.

En février, on honore la Vierge de Candelaria à Copacabana, aux abords du lac Titicaca. La Vierge de Candelaria est une statue représentant la Vierge Marie avec la peau foncée. On adresse ses prières à la Vierge et on lui confie ses difficultés ; de nombreux miracles sont attribués à son intervention. La Vierge d’Urkupiña, dont le nom signifie vierge de la montagne, fait elle aussi l’objet d’un culte. Certains Catholiques font un pèlerinage à Quillacollo pour célébrer sa fête. La légende veut qu’au xixe siècle, la Vierge Marie y soit apparue à une jeune fille ; depuis, le lieu est considéré comme sacré.

Les Incas – puis après eux les Quechuas – rendaient un culte à Inti, dieu du soleil ; à Pachamama, déesse de la terre ; à Mama Cocha, déesse de la mer ; et à Illampu, dieu de la tempête. L’agriculture était sacrée pour les Incas et de nombreuses fêtes soulignaient le temps des semailles et des récoltes. Les principaux dieux aymaras sont Viracocha, dieu de la création, Pachamama, déesse de la terre, et Supay, esprit malin de la terre. L’esprit des ancêtres occupe également une grande place dans les croyances aymaras. Ekeko, dieu du foyer incarnant l’abondance, le mariage et le succès, est honoré durant la fête des Alasitas à La Paz.

Nombreux sont les Boliviens qui font des offrandes aux dieux et aux esprits. Les esprits malins, en particulier, sont facilement contrariés et il convient de les apaiser si on veut conserver santé et prospérité. Pour s’en protéger, on porte aussi des amulettes et des talismans ; les images de Pachamama, la déesse de la Terre, sont réputées très bénéfiques. Et comme Pachamama engendre les récoltes, on lui fait offrande de boissons alcoolisées, de coca ou de nourriture, principalement avant les semailles.

La Constitution bolivienne garantit la liberté de culte. Le pays compte de petites communautés bahaïs et juives, de même que de nombreuses sectes protestantes : Mennonites, Mormons, Témoins de Jéhovah, Adventistes du septième jour, parmi
d’autres."

Fêtes

"De nombreuses fêtes incas sont encore célébrées en Bolivie, certaines conjointement avec des fêtes catholiques. Les villes et les départements ont leurs propres fêtes, où parades et danses sont à l’honneur. Chaque communauté a son patron, qui fait tous les ans l’objet d’une célébration, ou preste ; quelques membres de la communauté sont choisis pour accueillir la fête, qui peut se révéler très coûteuse. 

En janvier, à La Paz, se déroule la fête des Alasitas, en l’honneur du dieu de l’abondance Ekeko : les gens achètent alors des répliques miniatures des choses qu’ils aimeraient obtenir, une voiture ou un appareil ménager, par exemple. La Paz est le théâtre en mai ou en juin d’une autre fête d’envergure, la Festividad de Nuestro Señor Jesús del Gran Poder (fête de notre Seigneur Jésus-Christ le Tout-Puissant).

Le Carnaval a lieu juste avant le carême, période d’abstinence qui précède Pâques ; on y festoie, chante et danse dans les rues. Les gens portent des costumes colorés et des masques de plâtre, et se rendent à l’église, où ils reçoivent la bénédiction du prêtre, en dansant la diablada, ou danse du diable. Le jour suivant, ils se rendent à la messe avant de se remettre à danser. C’est à Oruro que l’on trouve le Carnaval le plus important.

Chaque année, le 21 mars, est organisée à Tarabuco une fête, nommée Phujllay (mot quechua qui signifie « jeu »), pour commémorer la défaite espagnole. Le 27 mai, les Boliviens rendent hommage aux Heroínas de la Coronilla (Héroïnes de Coronilla), ces femmes qui firent preuve d’une bravoure exemplaire en protégeant Cochabamba contre l’envahisseur espagnol durant la guerre révolutionnaire : les hommes étant partis au combat lorsque les Espagnols attaquèrent, ce sont les femmes qui défendirent la ville. Le jour des Heroínas coïncide aujourd’hui avec la fête des Mères. 

Le jour des Morts, qui coïncide avec la Toussaint (le 1er novembre), on dépose boissons et nourriture - poupées de pain, gâteries, et même de petits bateaux - sur les tombes des membres de sa famille. 

Noël se fête davantage dans les villes que dans les villages éloignés. À La Paz, les magasins présentent diverses expositions. On chante beaucoup à Noël, et les enfants vont de porte en porte chantant et jouant de l’harmonica ou d’autres instruments artisanaux."

Bolivie (Projet des Profils culturels)
© Centre Anti-Racism, Multiculturalism and Native Issues (AMNI), Faculté de travail social, Université de Toronto
Reproduction autorisée par le site d'origine

La Paz (1997)
© Frédéric de La Mure - Ministère des Affaires étrangères de France, Service photographique
Reproduction autorisée par le MAE

Histoire
"Les premiers habitants de la Bolivie appartenaient à la culture Tiahuanaco, apparue il y a plus de 2 000 ans et dont on trouve des vestiges près du lac Titicaca. La civilisation Tiahuanaco commença à s’affaiblir vers le XIIIe siècle. Au XVe siècle, les Incas, un peuple quechua qui venait du nord (du Pérou d’aujourd’hui), s’emparèrent de l’Altiplano, donnant naissance à une multitude de petites collectivités nommées ayllus, dont certaines existent encore de nos jours.

En 1538, les Espagnols conquirent l’Empire inca. Ils forcèrent les peuples autochtones à travailler dans les mines d’argent du pays et firent également venir des Africains comme esclaves. Les Autochtones, menés par Tupac Amarú, se révoltèrent en 1780 contre les colons espagnols, mais le soulèvement fut maté.

En 1809, les Boliviens, sous la direction de Pedro Domingo Murillo, formèrent un gouvernement et déclarèrent la guerre aux occupants espagnols. Malgré l’exécution de Murillo, ils poursuivirent leur lutte. En 1824 et 1825, Simón Bolívar et Antonio José de Sucre remportèrent des batailles décisives au Pérou et en Bolivie, et la Bolivie devint une république indépendante, avec Antonio José de Sucre comme premier président. De nombreuses dictatures militaires se succédèrent, jusqu’à ce qu’en 1883 un parti civil prît le pouvoir et inaugurât un demi-siècle de gouvernement non militaire.

À cette époque, la Bolivie et le Chili se disputaient des terres de la côte pacifique riches en nitrates. En 1879, le conflit dégénéra en ce qui fut nommé la guerre du Pacifique : la Bolivie y perdit son unique accès à l’océan. La guerre du Chaco (1932-1935), qui mit aux prises la Bolivie et le Paraguay, eut elle aussi pour enjeu la possession de ressources naturelles. Au sortir de cette guerre, la Bolivie avait perdu une autre partie de son territoire et les militaires boliviens renversèrent le gouvernement civil et reprirent le pouvoir. 

Dans les années 1940, un nouveau parti vit le jour : le M.N.R. (Mouvement nationaliste révolutionnaire) qui se donnait comme première mission de nationaliser les mines d’argent du pays. En 1952, le M.N.R. prit le contrôle de l’État, nationalisa les mines et appliqua toute une série d’autres mesures économiques et sociales, dont une réforme du système d’éducation et l’instauration du suffrage universel. En vertu de la loi sur la réforme agraire, promulguée en 1953, de nombreuses terres furent confisquées à leurs propriétaires et redistribuées aux Autochtones. Ces mesures ont transformé la vie de très nombreux Boliviens.

Le M.N.R. perdit le pouvoir en 1964. Les années 60 et 70 furent marquées par de nombreux coups d’État qui forcèrent à l’exil des milliers de citoyens. Ce n’est qu’au milieu des années 80 que la démocratie revint et d’importantes réformes économiques furent entreprises. Si la situation économique s’est grandement améliorée au cours des années 90, la Bolivie demeure l’un des pays les plus pauvres d’Amérique du Sud. Sous le président actuel, Hugo Banzer Súarez, le gouvernement a comme objectif de privatiser les sociétés publiques, d’attirer les investisseurs étrangers et d’améliorer le système d’éducation."

Bolivie (Projet des Profils culturels)
© Centre Anti-Racism, Multiculturalism and Native Issues (AMNI), Faculté de travail social, Université de Toronto
Reproduction autorisée par le site d'origine

Voir aussi ce bref historique (angl.)

Enjeux
Récents développements dans la vie politique du pays (2001-2002):

Le président Hugo Banzer, élu en 1997, démissionne en août 2001 en raison d'une grave maladie qui devait l'emporter, début 2002. H. E. Jorge Quiroga Ramírez, son vice-président, assure l'intérim depuis ce temps. Des élections présidentielles ont eu lieu le 30 juin 2002. L'ancien président et multimillionnaire Gonzalo Sanchez de Lozada, (Mouvement nationaliste révolutionnaire, MNR) aurait une faible avance sur son adversaire le plus proche, Manfred Reyes Villa, maire de Cochabamba.


Un texte rédigé en janvier 2001 qui présente bien les enjeux auxquels est confronté le pays:

Situation politique

"La Bolivie en est encore aux premières étapes de son développement économique, car près des deux tiers de sa population de huit millions d'habitants vivent dans la pauvreté et ont l'espérance de vie la plus faible de l'Amérique latine (61 ans). Les indigènes comptent pour 50 pour 100 de la population. Le président Hugo Banzer a été élu en août 1997, battant de justesse le président réformateur Sanchez de Lozada. Il est le quatrième président consécutif à avoir été élu de façon démocratique, signe que le pays entre dans une phase de démocratie active. On s'entend généralement pour dire que la principale réalisation du président Banzer sera son engagement, par l'intermédiaire du Plan Dignidad, à faire disparaître la culture illicite du coca d'ici décembre 2002. Le gouvernement, qui, en 2000, a détruit les principaux plants de coca au Chapare, principale région vouée à la culture du coca en Bolivie, est en bonne voie d'atteindre son objectif. À compter de mars 2001, le gouvernement orientera ses efforts d'éradication au Yungas. Celui-ci a l'intention de construire, avec l'aide des États-Unis, trois nouvelles bases militaires dans la région du Chapare pour empêcher les narcotrafiquants de regagner le terrain qu'ils ont perdu. Toutefois, on s'inquiète de la viabilité à long terme des projets de développement alternatif.

En avril 2000, des affrontements violents, principalement avec des groupes de travailleurs et de paysans qui s'opposaient à la hausse des prix de l'essence et à la construction d'un barrage géant à Cochabamba, ont éclaté en Bolivie, faisant cinq victimes et forçant le gouvernement à imposer l'état d'urgence pendant une courte période. En juin, le gouvernement Banzer a institué un dialogue national dont l'objectif est de trouver des solutions à la pauvreté et à l'agitation sociale et politique croissante. Toutefois, à la fin septembre-début octobre, la Bolivie a été paralysée pendant trois semaines par des barrages routiers, des grèves et des protestations instiguées par divers groupes, notamment les « campesinos » de l'Altiplano, qui revendiquaient des droits fonciers et relatifs à l'eau, les cultivateurs de coca du Chapare, qui revendiquaient le développement alternatif et le droit de cultiver le coca pour la consommation nationale, et 100 000 enseignants du secteur public, qui faisaient la grève pour contester leur salaire. Les manifestations se sont étendues à d'autres secteurs, notamment aux ouvriers du secteur des transports, aux étudiants et aux policiers. Les affrontements ont fait dix victimes, et les pertes totales occasionnées par la crise se sont élevées à 300 million de dollars. Il est fort probable que d'autres troubles surviennent au début de 2001.

Le président Banzer a procédé à un remaniement ministériel après que cinq membres de son cabinet ont été critiqués pour leur mauvaise gestion de la crise; néanmoins, le gouvernement entier est ressorti grandement affaibli de la crise. La démission, à la mi-janvier 2001, d'un membre clé du cabinet du président Banzer, le ministre de la présidence, Walter Guiteras, accusé entre autres de violence conjugale, minera davantage les chances du gouvernement de demeurer au pouvoir aux élections de 2002. La création d'un nouveau parti national, le MIP (Mouvement de renouvellement national), témoigne de l'insatisfaction et de la marginalisation du peuple autochtone, ainsi que du climat politique de plus en plus radicalisé.

En raison des troubles sociaux, le Groupe consultatif des pays donateurs bilatéraux et des organisations multilatérales, lors de sa 13e réunion qui a eu lieu à Paris à la mi-octobre 2000, a examiné les progrès ainsi que les lacunes du programme de réforme du gouvernement bolivien et du processus de coordination gouvernement-pays donateurs. Bien que ces réformes aient permis de créer une stabilité macroéconomique et de consolider les institutions démocratiques libérales, elles se sont avérées, dans une large mesure, inefficaces contre la pauvreté ou la marginalisation de la population rurale du pays. Les pays donateurs continuent de soutenir les programmes de réforme du gouvernement bolivien, mais ils sont de plus en plus préoccupés par la faiblesse institutionnelle du pays. (...)

Situation économique

À la suite du ralentissement du taux de croissance économique, qui n'a atteint que 0,61 % l'an dernier, l'économie bolivienne a commencé à montrer des signes de reprise en affichant un taux de croissance de 2,5 % en 2000 et en prévoyant une croissance de 4 % en 2001. Cette croissance est alimentée principalement par les exportations dans les secteurs minier, manufacturier et des hydrocarbures. À la suite des troubles sociaux de la fin de 2000, le gouvernement a mis sur pied une série de mesures visant à relancer l'économie, qui ont été approuvées par l'assemblée législative à la mi-décembre. Ces mesures ont pour objectif d'accroître la demande des consommateurs et d'injecter dans l'économie bolivienne les liquidités dont celle-ci a tant besoin. Elles comprennent des mesures d'urgence pour créer des emplois (principalement dans le secteur de l'infrastructure), un nouveau régime de répartition des rentes de retraite, des réductions sur la taxe sur les produits de luxe, la restructuration de la dette commerciale auprès du secteur bancaire, et le soutien à la recapitalisation des banques. Le gouvernement mettra également l'accent sur les dépenses relatives aux programmes sociaux, avec des projets majeurs dans les secteurs de l'infrastructure, de la santé et du développement alternatif. Dans le passé, la privatisation a constitué un important facteur de croissance économique et, malgré un ralentissement, il reste des occasions de privatiser des intérêts publics dans les secteurs des hydrocarbures et le l'exploitation minière. Sur le plan économique, les troubles sociaux se sont traduits par une croissance plus faible que prévue et par une inflation accrue (5 % en 2000, probablement 5,5 % en 2001). La Bolivie a dû réviser les objectifs fiscaux du FMI pour 2000 en raison de la croissance économique plus faible que prévue et de la diminution des recettes fiscales.

La Bolivie a été l'un des premiers pays de la région à mettre en oeuvre des programmes d'ajustement structurel pendant les années 1980. Depuis juin 1999, elle est l'un des pays pilote participant au Cadre de développement intégré (CDI) de la Banque mondiale. Ce dernier a permis d'adopter une démarche holistique en matière de développement durable, pour que l'on accorde la même importance aux indicateurs macroéconomiques et sociaux et que l'on coordonne les efforts des pays donateurs. Jusqu'à présent, ce programme a obtenu des résultats extrêmement ntéressants et constitue un modèle que les milieux du développement international étudient attentivement. L'un des défis cruciaux du gouvernement porte sur l'élaboration d'une stratégie actualisée et complète de lutte contre la pauvreté, par l'intermédiaire du dialogue national, afin de se conformer aux critères de versement d'une deuxième tranche de fonds destinés à l'allégement de la dette en vertu de l'Initiative PPTE.

Politique étrangère

L'un des principaux défis de la politique étrangère bolivienne porte sur le différend de longue date concernant la frontière avec le Chili; la Bolivie, qui n'a aucun accès à la mer, voudrait obtenir un corridor longeant la frontière nord du Chili, qui lui permettrait d'avoir accès aux ports d'Arica et d'Iquique. Les relations entre les deux pays se sont détériorées à la fin de 2000, lors des premières rencontres entre les présidents Banzer et Lagos dans le cadre de sommets régionaux au Brésil et au Panama. Au Panama, le président Lagos a accepté de réfléchir à des solutions novatrices qui permettraient à la Bolivie d'accéder à la mer. On prévoit tenir une première réunion ministérielle de suivi concernant cette question et d'autres sujets au début de 2001."

Bolivie: profil du pays, janvier 2001 (L'Amérique et les Antilles)
© Ministère des Affaires étrangères et du Commerce international du Canada - tous droits réservés Reproduction pour utilisation publique non commerciale autorisée par le MAECI


L'eau privée enflamme la Bolivie, par Jorge Cuba (Le Courrier de l'Unesco, décembre 2000)

Carte

Source: CIA - The World Factbook

Attraits
Sites inscrits sur la liste du patrimoine mondial de l'Unesco:
>
Raccourcis intéressants

Statistiques
Capitale
Sucre (La Paz, siège du gouvernement)
Superficie
1 098 581 km2
Population
8 329 000 h. (est. 2000)
Langue(s)
espagnol (offic.), quechua (offic.), aymara (offic.)
Taux de chômage
11,4% (1997)
Religion(s)
catholiques (95%), protestants (méthodisme évangélique)
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Dernière mise à jour: 09/22/2006
L'Encyclopédie de L'Agora - 1998 - 2010