L'Encyclopédie de L'AGORA

Le discours sur l'antisémitisme au Québec, rectifications

par Gary Caldwell

L'Agora, septembre 1994, Vol 2, no 1

On n'écrit pas sur un sujet aussi complexe et aussi controversé sans faire quelques erreurs et omissions. Je profite de cette occasion pour faire certaines rectifications. J'ai écrit que «[...]M. Richler ne cite Mme Delisle qu'une fois dans son article du New Yorker et dans son livre et là encore, dans le post-scriptum seulement». Il est certain que cela aurait été plus clair si je l'avais formulé comme suit: «Si l'on considère et l'article de M. Richler et son livre, il ne la cite qu'une fois et là encore dans le post-scriptum du livre seulement».

À la page 22 de mon article, je reproduis au complet la fameuse citation où Groulx exhorte les jeunes à s'inspirer de l'idéal du Christ pour pouvoir devenir des «surhommes», et je dis que «Esther Delisle oublie de tenir compte du contexte religieux où ces mots sont prononcés et [que] dans son livre, elle laisse tomber la citation» (p. 22). Effectivement, dans l'article de L'Agora j'ai fait une omission. Cependant, comme le note bien l'éditeur de L'Agora dans sa préface à mon article, à l'origine mon texte a été préparé pour la Literary Review of Canada (LRC) et a été ensuite traduit en français. Il y a eu une omission dans la version française qui m'a échappé. La version anglaise se lit comme suit: «Delisle failed to take note of the religious context in which the words are used [...] and in the book she dropped the religious reference from her quotation».

J'ai écrit «que le livre est présenté non pas comme une émanation de la thèse mais bien comme la thèse elle-même» (p. 21). Je signale que le livre commence, à la toute première phrase de l'Avant-propos, comme ceci: «La réalisation de cette thèse de doctorat [...]». Dans la traduction anglaise, Ramsay Cook, dans sa préface, écrit «The book began life as a doctoral thesis [...]». Toutefois, il est vrai que, aux pages 49 et 50 des versions anglaise et française, respectivement, Mme Delisle avertit les lecteurs que «ce livre représente une version allégée de [sa] thèse de doctorat[...]» Donc, on présente le livre comme étant la thèse pour ensuite préciser que c'est une version allégée. Je m'excuse de ce manque de précision.

Enfin, j'ai terminé mon article en parlant du «délire de E. Delisle» (p. 26). Je voulais reprendre le mot même qu'elle a utilisé dans les sous-titres des deux livres et dans le même sens: c'est-à-dire pour caractériser un discours qui n'est pas fondé sur une démonstration rationnelle. J'aurais dû, j'en conviens, mettre le mot délire entre guillemets. Désormais je parlerai du «délire» de Mme Delisle. Je profite de cette mise au point pour corriger une allusion relativement à M. André Bélanger et un renvoi incomplet à cet égard. Ce n'est pas André Bélanger qui a mal cité Groulx, c'est Esther Delisle qui a mal cité Bélanger. Par conséquent, le renvoi 47 doit être remplacé par le suivant: «Delisle (1992a, 390, 342, 318 et 72); en ce qui concerne la dernière référence, soit celle de la page 72, Delisle a mal cité Bélanger; il n'y a pas de référence à l'anti-sémitisme à la page invoquée (251) du livre de Bélanger, L'Apolitisme des idéologues québécois, Québec, P.U.L., 1974. Je m'en excuse auprès d'André Bélanger.»

À propos de M. Jacques Zylberberg, j'ai écrit: «Il faut présumer que L'Actualité a eu vent de l'évaluation critique d'Anctil par l'auteure elle-même ou par son directeur de thèse, Jacques Zylberberg à qui toutes les évaluations ont été transmises afin que la candidate en tienne compte dans la rédaction de sa version finale.» Et plus loin, «Le jury de thèse tint sa première réunion officielle le 16 août 1991 [...] À cette première réunion, on n'arriva à aucune conclusion car le directeur de thèse de Delisle n'y assistait pas quoique présent à l'université.»

En ce qui concerne la première citation, je n'aurais pas dû présumer. Effectivement, c'est une erreur de présumer sans preuves. Quant à la réunion du 16 août 1991, elle n'a pas eu lieu. Elle a été contremandée à la dernière minute suite à un appel téléphonique de M. Weinberg qui devait se décommander. Néanmoins, trois membres du comité, Anctil, Lafleur et Crête (remplacé plus tard par le directeur de l'École des gradués) se sont rendus à la réunion, n'ayant pas encore été avertis de son annulation. L'université a compensé Anctil pour ses frais de voyage (Montréal - Québec), n'ayant pas pu l'avertir à temps. Comme la réunion a été remise «sine die», il n'y a eu, effectivement, que deux réunions, celle du 17 octobre 1991, la première, et celle du 10 septembre 1992, la deuxième et dernière. Ainsi, je me suis trompé en accusant M. Zylberberg de n'avoir pas assisté à la réunion du 16 août 1991, tout en étant dans l'édifice où elle devait avoir lieu. Les trois membres qui se sont rendus ont tenu une rencontre sans savoir qu'il n'y avait plus de réunion.


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