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  • La lettre
    • Édition

    Émile Verhaeren


    Bruges
    Bruges et ses clochers de pierreEt Saint-Sauveur et Notre-DameMontent, tels des géants, dans l'air.Mais le plus haut, mais le plus clair,Celui dont le cadran de flamme,Comme un soleil luit sur les toitsC'est le beffroi;Il regarde jusqu'à la mer.Jour de juin - ciel tranquille.Toute la villeN'est que clartés et que rayons:Les lucarnes de ses pignonsComme des morceaux...

    Pain
    Les servantes faisaient le pain pour les dimanches,Avec le meilleur lait, avec le meilleur grain,Le front courbé, le coude en pointe hors des manches,La sueur les mouillant et coulant au pétrin. Leurs mains, leurs doigts, leur corps entier fumait de hâte,Leur gorge remuait dans les corsages pleins.Leurs deux doigts monstrueux pataugeaient dans la pâteEt la moulaient en ronds comme...

    Automne
    Dans le bois d’or qui s’étiole,Mille folles et babillardes folliollesLangues jaunes, jonchent le gazon vert.L’été s’est tu, les brouillards l’ont couvert.Par la dernière porte,Qui baillait bleue entre deux nues,Ses feux éteints, et sans escorte,L’été s’en est allé.L’été s’en est allé vers l’aventure;Et...

    Neige
    La neige tombe, indiscontinûment,Comme une lente et longue et pauvre laine,Parmi la morne et longue et pauvre plaine,Froide d’amour, chaude de haine.La neige tombe infiniment,Comme un moment,Monotone, dans un moment,La neige choit, la neige tombeMonotone, sur les maisonsEt les granges et leurs cloisons,La neige tombe et tombeMyriadaire, au cimetière, au creux des tombes.

    Banque
    Sur une table chargée, où les liasses abondent, Serré dans un fauteuil étroit, morne et branlant, Il griffonne menu, au long d'un papier blanc; Mais sa pensée, elle est là-bas au bout du monde.Le Cap, Java, Ceylan vivent devant ses yeux Et l'océan d'Asie, où ses mille navires À l'Est, à l'Ouest, au Sud, au Nord, cinglent et virentEt, les voiles au clair, rentrent en des ports bleus.

    Art
    Le fait le plus saillant de l'histoire esthétique actuelle, c'est l'influence des arts les plus lointains et les plus différents les uns sur les autres. L'Angleterre est en train d'élaborer un style que l'on pourrait appeler colonial, tellement l'Inde, l'Australie et même l'Afrique y collaborent. En France, un large courant extrême oriental a traversé la peinture et certaines industries. Un jour...

    Moulin
    Le moulin tourne au fond du soir, très lentement,Sur un ciel de tristesse et de mélancolie;Il tourne et tourne, et sa voile couleur de lieEst triste et faible et lourde et lasse, infiniment.Depuis l’aube, ses bras, comme des bras de plainte,Se sont tendus et sont tombés; et les voiciQui retombent encor, là-bas, dans l’air noirciEt le silence entier de la nature éteinte.

    Vent
    Sur la bruyère longue infiniment,Voici le vent cornant Novembre,Sur la bruyère, infiniment,Voici le ventQui se déchire et se démembre,En souffles lourds battant les bourgs, Voici le vent,Le vent sauvage de Novembre.Aux puits des fermes,Les seaux de fer et les poulies Grincent.Aux citernes des fermes,Les seaux et les pouliesGrincent et crientToute la mort dans leurs mélancolies.

    Ville
    Oh! ces villes, par l'or putride envenimées!Clameurs de pierre et vols et gestes de fumées,Dômes et tours d'orgueil et colonnes deboutDans l'espace qui vibre et le travail qui bout,En aimas-tu l'effroi et les affres profondesÔ toi, le voyageurQui t'en allais triste et songeurPar les gares de feu qui ceinturent le monde?Cahots et bonds de trains par au-dessus des monts!L'intime et...

    Luther Martin
    Les monastères,On les voyait jadis ainsi que de grands frontsDu fond des bois, du bout des montsIlluminer la terre;Au-dessus d'eux les étoiles posaient leurs sceaux;Leurs tours les éclairaient comme autant de flambeaux, Et, sur les champs, les clos, les lacs et les vallées,Ils dardaient de très hautLe dogme inexpugnable et la foi crénelée.Rome pensait pour tous,Mais eux...

    Tendresse
    IC’était en juin dans le jardin;C’était notre heure et notre jourEt nos yeux regardaient, avec un tel amour,Les choses,Qu’il nous semblait que doucement s’ouvraientEt nous voyaient, et nous aimaientLes roses.Le ciel était plus pur qu’il ne le fut jamais.Les insectes et les oiseauxVolaient dans l’or et dans la joieD’un air frêle comme...