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Laurent Lafforgue, médaillé Fields, publie en français
Sur le plan psychologique, faire le choix du français signifie pour l'école française (en mathématique) qu'elle ne se considère pas comme une quantité inéluctablement négligeable, qu'elle a la claire conscience de pouvoir faire autre chose que jouer les suiveurs et qu'elle ne se pose pas a priori en position vassale. Bref ce choix est une attitude combative, le contraire de l'esprit d'abandon et de renoncement...

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Mondesfrancophones et le Soft Power
Dossier: États-Unis

Jacques Dufresne
Présentation
L’une des caractéristiques du Soft Power à l’américaine c’est que, dans ses opérations de propagande, dans ses politiques de Soft Power, l’État peut compter sur la collaboration spontanée des entreprises, des médias, des universités et des chercheurs. Le site Mondesfrancophones nous force à noter une complétarité entre les visées de Nyes et Owens et celles d'un groupe d'universitaires que nul ne peut accuser d'être des agents de la CIA.

Extrait
Voici à quoi, selon Luc Rozenzweig, titulaire de la rubrique France sur Mondes francophones, se résume la francophonie pour la France et la France pour la francophonie.

«L'Organisation mondiale de la Francophonie, sa politique, ses postes grassement rémunérés font traditionnellement partie du "domaine réservé" du président de la République. De Charles de Gaulle jusqu'à Jacques Chirac, les locataires successifs de l'Élysée ont utilisé cette institution pour cultiver une clientèle d'obligés sur les cinq continents, principalement en Afrique et au Moyen-Orient. Les réseaux ainsi tissés ont permis dans le passé, de financer par des voies opaques, la vie politique française.


Texte
Parmi les sites américains entièrement ou partiellement consacrés à la francophonie, l’un des plus importants et sans doute des plus influents est celui de la revue Mondes francophones. Ce site, basé à la Louisiana State University, se donne pour mission de faire coïncider le réseau de la francophonie avec le réseau Internet…

En réalité, sa mission semble plutôt être de semer la discorde à l’intérieur de la francophonie, en isolant la France des autres pays membres et de servir de diverses autres manières la cause de l’Empire. Nous prendrons ce site comme point de départ de notre analyse du soft power à l’américaine

« Il y a, je crois, écrit Olivier Dyens, le directeur artistique de cette revue, un profond et dangereux schisme en train de se créer entre une francophonie "classique" (livresque, littéraire, syntaxique et de gauche) et une francophonie anglophile, ludique, mouvante et néo-libérale. Je vois
Mondes francophones comme un espace de chevauchement de ces deux francophonies.»

Espace de chevauchement? Vraiment? La cavalerie de
Mondes francophones s’attaque pourtant avec une préférence marquée à la francophonie littéraire, si peu ludique en effet et si peu mouvante par rapport au cinéma américain qui poursuit sa conquête du monde! La syntaxe française est-elle donc une menace pour l’Empire? Les nations en sont une par contre, comme les cités grecques l’étaient pour l’empire romain. Le cosmopolitisme – l’appartenance à l’univers plutôt qu’à une cité –convenait à Rome. Pour les mêmes raisons, la mondialisation, entendue comme dissolution des nations dans un réseau, convient aujourd’hui à Washington et à Mondes francophones . «La mondialisation, écrit l'un des membres du comité d'honneur, Bernard Cerquiglini, est cruelle aux solitaires. L’on ne saurait cependant y répondre par quelque "réveil des nations", dont on n’ignore pas en quel cauchemar il peut se changer ; l’heure est aux appartenances, aux solidarités culturelles, aux projets.»

En attendant, guerre à la nation française! Voici à quoi, selon Luc Rozenzweig, titulaire de la rubrique
France sur Mondes francophones, se résume la francophonie pour la France et la France pour la francophonie.

«L'Organisation mondiale de la Francophonie, sa politique, ses postes grassement rémunérés font traditionnellement partie du "domaine réservé" du président de la République. De Charles de Gaulle jusqu'à Jacques Chirac, les locataires successifs de l'Élysée ont utilisé cette institution pour cultiver une clientèle d'obligés sur les cinq continents, principalement en Afrique et au Moyen-Orient. Les réseaux ainsi tissés ont permis dans le passé, de financer par des voies opaques, la vie politique française.

Aujourd'hui, elle permet au président de récompenser de "vieux amis", comme l'égyptien Boutros-Ghali, consolé de ne pas avoir été reconduit au secrétariat général de l'ONU, par son accession à la tête de la Francophonie. Les exigences du même Boutros-Ghali en matière de protocole, de frais de logement et de bouche avaient été pharaoniques, mais la France, généreuse avec ses amis d'Orient, pourvut sans broncher à son train de vie somptueux. Lui succéda ensuite Abdou Diouf, l'ami sénégalais de Jacques Chirac, chassé du pouvoir à Dakar par Abdoulaye Wade.»

Nous invitons nos lecteurs à consulter notre dossier Boutros Boutros-Ghali. Ils y trouveront une autre version des faits qu’ils pourront comparer à celle de Rozenzweig. Boutros Boutros-Ghali avait rappelé au monde entier que la langue française était une langue de travail aux Nations Unies au même titre que l'anglais. Il avait même autorisé Bernard Pivot à organiser une grande fête de la dictée dans les locaux de la grande institution, au coeur de New York.

Le titulaire de la rubrique politique de Mondes francophones, Lucien Samir-Oulahbib, ne sera pas en reste : «On a tendance en Occident, et singulièrement en France, à opposer nationalisme arabe et islamisme. Cette opposition est illusoire. Une telle illusion, largement partagée au-delà de la gauche tiers-mondiste et de la droite gaulliste, s’est manisfestée encore fortement en 2003, à l’occasion du renversement du régime de Saddam Hussein, par les Etats-Unis et leurs alliés. Etc. »


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