AccueilIndex Articles Questions vives Livres Réseaugraphie Collaborer Guide Écrivez-nous
Notre Francophonie
Acteurs
Culture et éducation
Économie et écologie
Géographie
Grandes questions
Langue
Politique internationale
Sciences et techniques
Société

La Lettre de L'Agora
Abonnez-vous gratuitement à notre bulletin électronique.
>>>
Questions vives
Fin des méchants capitalistes et des bons travailleurs?
Pour ce qui est de la culture de transition, voici un avis partiel.  Cette transition devra pour réussir rompre avec la traditionelle rhétorique des méchants capitalistes et des bons travailleurs.  Pour aller vers une société qui ne soit plus sous le seul joug de la loi du profit des seuls actionnaires, il nous faut apprendre à articuler son organisation aussi autour d'une reconnaissance des droits et responsabilités ainsi que d'un pouvoir réel des véritables producteurs des biens et services. Les quatre axes choisis - l'argent comme outil indispensable à la circulation de l'information financière, la responsabilité sociale et collective de nourrir l'humanité, la destruction de notre habitacle planétaire, une diversification énergétique équilibrée - sont effectivement à ce point inter reliés qu'il est à mon avis suicidaire d'imaginer pouvoir les dissocier dans la recherche des solutions. La connaissance et l'éducation pour tous, sans lesquelles les techno-sciences ne pourront pas être mises au service du bien commun, doivent être cultivées dans un climat où respire une conception responsable de la liberté. Le socialisme démocratique que je prône n'a rigoureusement rien à voir avec les régimes totalitaires soviétiques ou chinois. Ces régimes n'ont été que des capitalismes d'État, beaucoup moins performant que le capitalisme privé; et on a vu comment a été facile et rapide leur passage dans le rang du plus fort. Le temps est venu de relire Le Capital avec un regard éclairé. Voir l'article du philosophe Lucien Sève, 'Marx contre-attaque', dans Le Monde diplomatique, décembre 2008, 3. Une culture de transition, développée dans une réelle valorisation de nos divergences, est une voie qui s'impose. ...

Document associé
La France durement traitée par le Soft Power américain.
Dossier: États-Unis

Paul-Marie Couteaux
Directeur de l'Indépendance et des Cahiers de l'Indépendance, député au parlement européen, auteur de Être et parler français.
Présentation
Au moment où le rapport Baker condamne la politique du George Bush en Iraq et revient à la solution diplomatique défendue énergiquement par la France en 2003, les ténors du Soft Power américain regretteront-ils ce qu'ils ont écrit en 2003? Voici une page de Être et parler francais ou l'on voit que la querelle des langues dans le monde n'est pas qu'une question de mots.

Extrait
«Bien entendu, ces gracieusetés redoublèrent après le cavalier seul français dans l'affaire irakienne en 2003. Parmi cent, citons cet éditorial de Time Magazine, signé par un certain Charles Krauthammer : « Jusqu'alors l'antiaméricanisme français était irritant ; à présent, il est dangereux. Alors que le monde occidental (sic) est engagé dans trois guerres, l'obstruction française commence à faire des victimes.»

Texte
«En 1997, un rapport de la CIA notait : « Les cinq années à venir seront décisives pour imposer l'anglais comme langue unique internationale (sic). » La même année, l'ambassadeur américain au Danemark expliqua, lors d'un déjeuner à l'université de Roskilde, devant M. Robert Philipson, professeur à ladite université, qui rapporte cette phrase : « Le plus grave problème de l'Union européenne est qu'elle a beaucoup de langues différentes, ce qui empêche toute réelle intégration et tout développement de l'Union 9. » Nous voici informés sur ce qu'il nous reste à faire... Philipson énumère d'autres exemples, du plus vaste au plus précis, comme cette thèse de doctorat de droit international soutenue en 1997 aux Etats-Unis qui concluait que « les mesures de protection de la langue française en France, comme la loi Toubon, sont contraires au traité de Maastricht », et suggérant qu'il soit mis fin « au protectionnisme culturel des nations (sic) » en portant si nécessaire le sujet devant l'OMC. Les journaux anglophones reviennent fréquemment sur ce thème, tel Business Week du 13 août 2001 représentant en couverture un dessin de deux hommes d'affaires, l'un fort prospère parlant anglais, tandis que l'autre, exsangue, restait muet ; l'article établissait en substance que la connaissance d'autres langues que l'anglais ne menait nulle part. Figures assez ordinaires de la propagande de guerre...

Bien entendu, ces gracieusetés redoublèrent après le cavalier seul français dans l'affaire irakienne en 2003. Parmi cent, citons cet éditorial de Time Magazine, signé par un certain Charles Krauthammer : « Jusqu'alors l'antiaméricanisme français était irritant ; à présent, il est dangereux. Alors que le monde occidental (sic) est engagé dans trois guerres, l'obstruction française commence à faire des victimes [...] En prenant fait et cause pour le monde musulman, Chirac veut s'attirer la sympathie des pays arabes. Ce faisant, il s'est engagé dans la voie du conflit avec l'Amérique. » Tout fait balle désormais contre la France et le français : on présente notre pays comme à bout de souffle, glissant de crise en crise, accroché à quelques vestiges désuets, dont la langue française, qu'un Etat moribond protège par des mesures autoritaires réputées anachroniques et d'ailleurs symptomatiques de sa décadence, etc. Nos concitoyens sont fort perméables à cette façon de voir, oubliant que Washington ne cesse de renforcer sa législation linguistique, que différents Etats de l'Union, en butte aux progrès de l'espagnol, modifient leur Constitution pour proclamer l'anglais seule langue officielle, adoptent des législations sur l'affichage et la signalisation, et que la Cour suprême a même autorisé les entreprises à imposer l'anglais à leurs salariés non point seulement dans l'exercice de leur fonction, mais aussi entre eux à leur poste de travail, mesure de police à laquelle nos défenseurs les plus frileux ne songent pas.

Prolongeant les analyses fumeuses, ou de mauvaise foi, sur la décadence d'un français que ne protégerait plus que la loi, l'autoproclamation de la langue unique s'étale en toute occasion. Ainsi, après le grand élargissement européen de 2004, la presse britannique multipliait les cris de victoire sur les revers du français, langue peu parlée par les nouvelles élites des pays de l'Est qui, écrivait un certain Peter Snowden, « sont la chance d'une autre Europe enfin capable de prendre ses distances avec la machine étatique à la française (« the French state machine »), ajoutant que le meilleur signe de ces progrès était que « l'influence du français reculait de mois en mois ». Pour sa part, le ministre des Affaires étrangères britannique Denis MacShane déclarait à l'hebdomadaire Newsweek du 27 septembre 2004: « L'Europe entre enfin dans la génération MBA », exaltant ces milliers d'« Euro pean professionnals with business degrees from US universities » (diplômés d'universités de commerce aux Etats-Unis) qui constituent « le fer de lance de cette Europe anglophone très différente de l'Europe traditionnelle, dont l'approche est plus économique que politique, surtout si la politique étrangère est antiaméricaine (sic), et qui cherche à détruire tous les obstacles au commerce ». On ne saurait mieux dire. Et d'ajouter : « Le langage est davantage que ce qu'il paraît : la suprématie de l'anglais et la décadence du français sont les signes d'une profonde réorientation de l'Europe. » Chanson guerrière reprise en toute occasion en 1981, après l'entrée des communistes au gouvernement ; en 2003, lors du discours de M. de Villepin devant le Conseil de sécurité de l'Onu, alors qualifié de « réflexe défensif » propre à la vieille Europe ; en 2004, lors de l'élargissement; l'année suivante, lors du non français à la « Constitution européenne », etc. Communiqués de vic­toire après tout normaux en temps de guerre et significa­tifs d'une attention minutieuse à l'arme linguistique.»
Recherche
>

Autres textes de cet auteur
La France, cette nation où l'autorité vient de la langue
langue française, démocratie, Jean-Paul Sartre, Charles de Gaulle, écrivain, action, littérature, cinéma, Arletty
Article paru dans le numéro 42 de Lettre(s) revue éditée par l'ASSELAF, association pour la sauvegarde et l'expansion de la langue française.
Le français aux Nations Unies
États-Unis, Nations Unies, ONU, langue de travail, Boutros Boutros-Ghali, France, Diplomatie, Bernard Pivot, Étiemble.
Aux Nations-Unis, le français n'est pas seulement l'une des langues officielles, il est aussi l'une des langues de travail. Dans l'extrait qui suit, Paul-Marie Couteaux évoque la dimension politique de ce statut.
Autres documents associéw au dossier États-Unis
Chez les Franco-Américains (document historique)
Jules Fournier
Franco-Américains, Nouvelle-Angleterre, Francophonie nord-américaine, Anglicisation, Église catholique
Dans ce texte, Jules Fournier se demande à quelles conditions les Franco-Américains du début du 20e siècle pourront se maintenir et conserver leur langue. Précisons ici qu'en 1905, le journal Le Canada envoyait l'auteur faire une enquête sur la situation des Franco-Américains en Nouvelle-Angleterre,enquête dont il tira tira une série d’articles. Le texte qui suit en constitue la ...
Francophonie états-unienne
Michel Brûlé
L’intérêt que portent les Franco-Américains de la Nouvelle-Angleterre et de la Louisiane à la dynamique de la francophonie institutionnelle me paraît judicieux et pertinent.
La France durement traitée par le Soft Power américain.
Paul-Marie Couteaux
France, Iraq, Langue française, Europe, Loi Toubon, propagande
Au moment où le rapport Baker condamne la politique du George Bush en Iraq et revient à la solution diplomatique défendue énergiquement par la France en 2003, les ténors du Soft Power américain regretteront-ils ce qu'ils ont écrit en 2003?
La francophonie et la doctrine du Soft Power
Jacques Dufresne
Guerre, Culture, Communication, Internet, Société de l'information, Diplomatie
Le Soft Power, cette puissance douce résultant du rayonnement culturel d'une nation, puissance dont la France aurait créé le modèle à la fin du XIXème siècle en fondant l'Alliance française, est aussi pour les théoriciens américains de la question, une «arme au sens concret du » ...
La paroisse au service de la langue chez les Franco-Américains
Claire Quintal
Cet encadrement devait commencer par le maintien de la foi. Or, la fidélité à la religion catholique ne pouvait être assurée, dans un pays largement protestant, que par la création de paroisses catholiques.
Mondesfrancophones et le Soft Power
Jacques Dufresne
France, Nation, Mondialisation, Diouf (Abdou), Boutros-Ghali (Boutros)
L’une des caractéristiques du Soft Power à l’américaine c’est que, dans ses opérations de propagande, dans ses politiques de Soft Power, l’État peut compter sur la collaboration spontanée des entreprises, des médias, des universités et des chercheurs. Le site Mondesfrancophones nous force à noter une complétarité entre les visées de Nyes et Owens et celles d'un groupe d'universitaires que nul ne peut accuser d'être des agents de la ...