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Turquie

"La Turquie est dans une position géographique unique. Elle est à la fois frontière de l’Europe et de l’Asie, tout en faisant partie des Balkans, du Caucase et du Moyen-Orient. Par nature, elle a un rôle d’acteur courtisé et engagé dans des conflits divers. Elle occupe la seizième place dans la population mondiale devant la France (21ème). Pour 2025, notre institut (français) de démographie la situe au 18ème rang avec 85 millions d’habitants derrière l’Égypte et l’Iran, mais précédant l’Allemagne.

On peut résumer la Turquie par sa spécificité: grand pays, grand peuple, grande histoire et longue tradition. Mustapha Kemal, fondateur de la Turquie moderne, put imposer sans susciter d’opposition notable l’abolition du califat, la laïcité de l’appareil d’État et l’interdiction de l’alphabet arabe désormais remplacé par l’écriture latine pour bien marquer la rupture des Turcs avec le monde arabe. Aujourd’hui, la plupart de ses dirigeants souhaitent voir leur pays entrer dans l’Union Européenne."

Xavier de Villepin, La Turquie: entre ses défis et l'Europe, décembre 2001 (site du Sénat de la République française)


Géographie physique

"La Turquie est un pays charnière entre l’Europe et l’Asie. La partie européenne du pays, la Thrace, est bordée par la Grèce et la Bulgarie; la partie orientale, l’Anatolie (ou Asie mineure), représente 97 % de la superficie du pays et s’étend vers l’est jusqu’à l’Iran et aux anciennes républiques soviétiques de Géorgie et d’Arménie; elle est bordée par l’Iraq et la Syrie au sud-est. La Thrace et l’Anatolie sont séparées par la mer de Marmara; celle-ci est reliée à la mer Noire par le détroit de Bosphore, au nord, et à la mer Égée par le détroit des Dardanelles, au sud. Tout le sud-ouest du pays est baigné par la Méditerranée.

Le relief de la Turquie est essentiellement montagneux. L’Anatolie est ceinturée de montagnes: chaînes Pontiques au nord, parallèles à la mer Noire, Taurus au sud, près de la Méditerranée, et massif arménien à l’est, près de la frontière avec l’Arménie et l’Iran. C’est là que se trouve le plus haut sommet de Turquie, le Mont Agri ou Ararat (5 165 m), sur lequel, d’après la légende, l’arche de Noé se serait immobilisée après le déluge.

La capitale, Ankara, est située dans la région centrale de l’Anatolie, haut plateau propice à l’élevage des moutons et à la culture du blé. Le relief s’abaisse vers les côtes et vers la Syrie, au sud-est. La Thrace est une région vallonnée aux terres agricoles fertiles, riches en vergers et en vignes. Les principaux fleuves qui sillonnent la Turquie sont l’Euphrate, le Tigre, le Sakarya, le Gediz et le Ceyhan.

Le climat varie d’une région à l’autre: dans les régions côtières, il est humide, avec des étés très chauds et des hivers assez doux. Sur les côtes sud de la Méditerranée et de la mer Égée, la saison des pluies commence en automne et dure jusqu’à la fin du printemps. Au nord, sur le littoral de la mer Noire, il pleut abondamment toute l’année. En montagne, surtout dans l’est de l’Anatolie, l’hiver est très rigoureux et enneigé, et le printemps froid et pluvieux; l’été, par contre, est généralement chaud et sec."


Survol de l'économie

"L’agriculture et la pêche emploient près de la moitié de la population active de la Turquie. L’autre moitié travaille dans l’industrie et le secteur tertiaire. La plus grande partie du revenu intérieur de la Turquie provient cependant du secteur tertiaire, plus particulièrement du tourisme, qui est en pleine expansion. Avec ses lieux de villégiature magnifiques et ses sites archéologiques uniques, la Turquie est en effet l’une des destinations privilégiées des touristes, ce d’autant plus que la vie y est très bon marché. L’industrie touristique est celle qui rapporte le plus, derrière le textile et la confection.

Les autres industries importantes de la Turquie sont l’industrie alimentaire, la construction automobile, la métallurgie, les raffineries de pétrole, l’électronique, l’industrie chimique et celle des pâtes et papiers. Istanbul, Izmir et Bursa sont d’importants centres industriels et manufacturiers. La Turquie est aussi réputée depuis longtemps pour ses tapis, ses poteries, ses pipes, ses couteaux et ses carreaux de céramique en faïence.

Le secteur agricole produit surtout du coton et du tabac (les deux principales cultures d’exportation), des céréales, des noix, des betteraves à sucre et des fruits. Les cerises sont d’ailleurs originaires de Turquie, comme le mot cerise, qui vient du turc kiraz.

Dans les campagnes, les rôles des hommes et des femmes sont bien répartis: les hommes s’occupent de l’ensemencement et des récoltes, et sont responsables de tout ce qui nécessite des contacts avec le monde extérieur, comme aller au marché. Les femmes sont quant à elles chargées de s’occuper des enfants, de la cuisine, des tâches ménagères, de la traite des vaches, des poules et de l’entretien du jardin potager. Dans les villes cependant, les tâches sont partagées.

De nombreux Turcs travaillent à l’étranger (notamment en Allemagne) et envoient de l’argent à leur famille en Turquie."


La santé

"La migration de la population de la campagne vers les villes et la croissance démographique (entre 1930 et 1970, la population a presque triplé) ont eu un grand impact sur le système médical turc.

La constitution turque de 1982 stipule que tout citoyen turc a droit à un environnement sain et qu’il est de la responsabilité de l’État de réduire la pollution et de protéger l’environnement et la santé publique. Les programmes de santé, les hôpitaux et les dispensaires relèvent de deux ministères: le ministère du Travail et le ministère de la Santé et du Bien-être social. En plus des établissements hospitaliers publics, il existe des cliniques privées gérées par des organisations bénévoles et des entreprises. Les soins médicaux sont gratuits pour les pauvres.

En 1961 fut votée la Loi des services sociaux qui visait à développer les services de santé dans les zones rurales. De même, la loi des Services obligatoires de l’État de 1981 avait pour objectif d’empêcher les pénuries de personnel médical dans les zones rurales. Souvent, ce sont des unités mobiles qui répondent aux besoins des populations des régions isolées. Des campagnes de vaccination ainsi que des programmes de prévention contre la poliomyélite et le sida ont été mis sur pied dans tout le pays.

Plus de 150 000 personnes travaillent pour le système de santé public turc. Il y a plus de 900 hôpitaux en Turquie, soit un total d’environ 140 000 lits, ce qui représente un progrès énorme depuis les débuts de la République, époque à laquelle le pays ne possédait que trois hôpitaux et 950 lits."


Religions et croyances

"La plupart des Turcs sont musulmans — en majorité sunnites bien qu’il existe une minorité chiite. Malgré une influence occidentale de plus en plus forte, nombre de Turcs interrompent ce qu’ils font dès qu’ils entendent l’appel à la prière, lancé de la mosquée cinq fois par jour. L’appel à la prière dit : «Il n’y a pas d’autre Dieu qu’Allah, et Mahomet est son messager.»

Dans les années 1920, le jour de repos hebdomadaire traditionnel du vendredi a été changé au dimanche. Les Turcs sont cependant encore nombreux à se rendre à la mosquée pour les prières spéciales du vendredi (cuma), bien que ce jour soit maintenant ouvré. Si la plupart des Turcs sont religieux, l’État turc est laïc.

Le soufisme est un courant mystique de l’islam. Les Soufis, qui ont commencé à établir des confréries dans le monde musulman au viiie siècle, croient que la méditation et l’ascétisme permettent d’entrer en communion avec Allah. Le soufisme n’a pas toujours été accepté par les défenseurs de l’islam orthodoxe, et avant 1956, les confréries soufies ont été interdites par le gouvernement turc à plusieurs reprises.

Source en ligne: http://cwr.utoronto.ca/cultural/fre/turkey/index.html
L’une des confréries soufies les plus connues est celle qui fut fondée au XIIIe siècle par le poète perse Djalal al-Din Muhammad Rumi, appelé Mevlana (Notre Guide) par ses adeptes. Les Mevlevi, ou derviches tourneurs, effectuent des danses rituelles tourbillonnantes ou sema, qui, selon leurs croyances, favorisent la communion avec Allah. Ils disent avoir quitté le monde terrestre pour renaître dans leur communion avec Allah: leur grande toge et leur jupe longue représentent leur linceul, et leur chapeau de mage représente leur tombe. Le centre de la confrérie des Mevlevi est situé à Konya, dans le centre de la Turquie, là où Rumi est enterré.

Il y a aussi des adeptes d’autres religions en Turquie : des Catholiques, des Orthodoxes grecs et russes, et des Juifs. Le chef de l’Église orthodoxe grecque, appelé aussi «Patriarche», réside à Istanbul. La plupart des Chrétiens et des Juifs vivent dans les grandes villes comme Istanbul et Ankara. De nombreux sites historiques chrétiens sont situés en Turquie: parmi les plus célèbres, on citera les églises rupestres de Cappadoce et le tombeau de la Vierge Marie à Éphèse."

Langues

"Environ 200 millions de personnes parlent le turc dans le monde: 61 millions en Turquie et la plupart des autres en Iran, en Iraq et dans les pays de l’ancienne Union soviétique.

Le turc appartient avec l’ouzbek, le kazakh et l’azéri d’Azerbaïdjan à ce qu’on appelle «le groupe turc», groupe formant l’une des trois branches de la famille des langues altaïques, les deux autres étant la branche mongole et la branche mandchoue.

Le turc moderne, tel que le parlent plus de 90 % de la population, trouve ses racines dans le turc ottoman. Le turc comprenait autrefois de nombreux mots et expressions arabes et perses. Il y eut cependant aux premiers temps de la République une campagne intensive destinée à débarrasser la langue de ces éléments étrangers et à introduire de nouveaux mots pour décrire ou aborder des sujets modernes.

En Turquie, on parle aussi le kurde et l’arabe. Les Kurdes, qui comptent pour près de 20% de la population turque, vivent surtout dans l’est et le sud-est du pays. L’arabe est parlé par environ 1 % de la population, surtout dans le sud-est du pays, près des frontières avec l’Iran, l’Iraq et la Syrie. Il existe des petites communautés parlant le grec et l’arménien dans les grandes villes comme Istanbul. La plupart des Juifs de Turquie sont des descendants des Juifs séfarades qui durent fuir l’Espagne à la fin du XVe siècle; ils parlent le ladino, dialecte espagnol qui s’écrit dans l’alphabet hébreu.

Dans les années 1920, un décret du gouvernement turc remplaça l’écriture arabe par l’alphabet latin. On donna trois mois aux Turcs pour apprendre le nouvel l’alphabet et l’utiliser. De nombreux Turcs sont donc incapables de lire les documents datant d’avant les années 1920, la plupart étant rédigés en arabe."


Situation de l'éducation

"Le gouvernement turc a considérablement investi dans l’éducation afin de mettre un terme à l’analphabétisme. À l’époque de la déclaration de la République de Turquie, le taux d’analphabétisme était d’environ 90 %; il est aujourd’hui inférieur à 20 %.

L’école est obligatoire de six à quatorze ans. Les enfants font cinq années d’école primaire et trois d’école intermédiaire. Ils peuvent ensuite aller à l’école secondaire, ou lycee, pendant trois ou quatre ans. Il y a deux types d’écoles secondaires en Turquie: les lycées d’enseignement général et les lycées d’enseignement professionnel. L’éducation est gratuite jusqu’à la fin du secondaire; les écoles sont mixtes et le port de l’uniforme est obligatoire.

En 1993, 88 % des garçons et 71 % des filles étaient scolarisés, ce qui laisse supposer que certains parents turcs préfèrent encore éduquer leurs fils à l’école et leurs filles à la maison. Si, à une époque, l’instruction religieuse était interdite en Turquie, elle est aujourd’hui autorisée dans les écoles primaires. Il est aussi fréquent que des cours de religion soient offerts aux enfants de façon informelle.

La qualité de l’enseignement est souvent inférieure dans les zones rurales, les enseignants préférant travailler en ville. Le taux d’absentéisme des élèves est par ailleurs plus élevé à la campagne, les enfants devant souvent participer aux travaux de la ferme. Dans certaines régions, les écoles s’efforcent de lutter contre l’absentéisme en mettant en place un calendrier scolaire flexible dans lequel la date des vacances est fixée en fonction du cycle agricole.

En Turquie, toutes les institutions post-secondaires font passer un examen d’entrée. Il y a une vingtaine d’universités, dont certaines sont privées, et près de 800 autres institutions post-secondaires. Parmi les universités les plus connues, on citera celles d’Istanbul et d’Ankara, l’Université technique du Moyen-Orient, l’Université technique de la Mer Noire et les universités du Bosphore, de Hacettepe et de Ege."

La Turquie (Projet des Profils culturels, Centre Anti-Racism, Multiculturalism and Native Issues (AMNI), Faculté de travail social, Université de Toronto, avec l'aide de Citoyenneté et Immigration Canada) (reproduction autorisée)

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