• Encyclopédies

      • Encyclopédie de l'Agora

        Notre devise: Vers le réel par le virtuel!


      • Encyclopédie sur la mort

        L’encyclopédie sur la mort veut s'intéresser à ce phénomène sous ses multiples aspects et ses diverses modalités.


      • Encyclopédie Homovivens

        Encyclopédie sur les transformations que l'homme opère en lui-même au fur et à mesure qu'il progresse dans la conviction que toute vie se réduit à la mécanique.


      • Encyclopédie sur l'inaptitude

        Tout le monde en conviendra : c'est au sort qu'elle réserve aux plus vulnérables de ses membres que l'on peut juger de la qualité d'une société. Aussi avons-nous voulu profiter ...


      • Encyclopédie sur la Francophonie

        L'Encyclopédie de la Francophonie est l'une des encyclopédies spécialisées qui se développent parallèlement à l'Encyclopédie de l'Agora.

  • Dictionnaires
  • Débats
      • Le Citoyen Québécois

         Après la Commission Gomery, la Commission Charbonneau! À quelles conditions pourrions-nous en sortir plus honnêtes… et plus prospères

      • L'homme, la nature, la techique

        Réflexions inspirées de Bernard Charbonneau et Jacques Ellul, avec la collaboration de l'Association Aquitaine B.Charbonneau J.Ellul, sous la présidence de Sébastien Mor...

  • Sentiers
      • Les sentiers de l'appartenance

        L'appartenance c'est le lien vivant, la rencontre de deux Vies : la nôtre et celle de telle personne, tel  paysage...Quand la vie se retire, le sentiment d'appropriation se substitue au ...

      • Le sentier des fleurs sauvages

        Nous sommes des botanistes amateurs. Notre but est de partager un plaisir orienté vers une science complète où le regard du poète a sa place à côté de celui du botaniste, du généticien, du gastrono...

  • La lettre
    • Édition


    Impression du texte

    Tommaso Campanella

    Moine dominicain italien, auteur de la Cité du SoleilNé en 1568 en Calabre et mort à Paris en 1639, le frère dominicain connaît une vie tourmentée. Arrêté en 1599 pour hérésie et conjuration contre l'autorité espagnole en Italie, il reste emprisonné durant vingt-sept ans à Naples. Transféré à Rome, il obtient la faveur du pape Urbain VIII. Il est libéré en 1629, et s'enfuit en France cinq ans plus tard La Cité du soleil, description d'une cité idéale, cellule de base de la théocratie papale qu'il appelle de ses voeux, lui vaut une grande célébrité.

    Biographie

    Biographie de Tommaso Campanella, par Florence Plouchart-Cohn, ancienne élève de l'Ecole normale supérieure et agrégée d'italien.

    (Extrait de Sur la mission de la France, éd. rue d'Ulm, 2005, pp.193-195)
    "Un an après le retour de Campanella dans sa région natale, en août 1599, deux citoyens de Cantazaro dénoncent au Comte de Lemos, vice-roi de Naples, une conjuration ourdie par Campanella et Ponzio contre la domination espagnole en Calabre. L'accusation est fondée, et le rôle du dominicain calabrais dans cette affaire s'avère décisif. Usant de ses connaissances astrologiques et de ses capacités prophétiques, Campanella s'est convaincu que de grands bouleversements politiques auraient lieu en 1600. Il exhorte alors ses concitoyens à se tenir prêts à secouer le joug espagnol et à reconquérir leur liberté, en instituant dans la province une république. Il prend contact avec les nobles locaux et met en place un réseau armé de soutien à l'insurrection, épaulé par Maurizio de Rinaldis et appuyé par la flotte d'un capitaine turc. Arrêté le 6 septembre, il embarque avec plus de cent cinquante prisonniers sur quatre galères, qui entrent le 8 novembre dans le port de Naples. Chacune arbore à son mât un pendu en guise d'avertissement aux habitants du royaume tentés par la révolte, tandis que deux autres prisonniers sont écartelés vivants au moment de l'entrée dans le port. Commence alors la période des procès napolitains.

    La stratégie de défense de Campanella consiste à nier la qualification de rébellion et à mettre en évidence l'inspiration prophétique de son projet. Mais surtout, face à une condamnation à mort hautement probable, il décide d'employer l'unique échappatoire possible : simuler la folie. On ne pouvait exécuter les fous : cela aurait signifié prendre la responsabilité de condamner leur âge pour l'éternité, puisque les fous n'ont pas la capacité de se repentir. Campanella refuse donc le suicide et accepte la descente aux Enfers de la prison, pour sauvegarder le message prophétique dont il est chargé. Dans ses Poésies (n° 62 et n°72) il se compare au prophète Jonas, qui se fit avaler par la baleine. En juin 1501, afin de supporter la preuve juridique de sa folie, Campanella doit subir pendant trente-six heures la torture de la veglia, sans avouer qu'il ment : suspendu par les bras dans une position qui lui déboîte les épaules, il peut demander à ce que la tension des cordes soit relâchée, mais se retrouve alors en contact avec une lame tranchante. Il sort brisé mais victorieux de cette épreuve de force. La cruelle expérience déclenche une réflexion sur le sort des prophètes : détenteurs de la vérité et dénués de toute ambition personnelle, ceux-ci se voient persécutés, et souvent mis à mort par des hommes politiques incapables de dépasser la logique du pouvoir personnel qui est la leur, inquiets d'être démasqués et détrônés. Cette thématique est centrale dans les lettres et les poèmes, en particulier dans le sonnet Senno senza forza, qui fera l'objet d'un opuscule publié plus tard en 1927, récemment retrouvé par Germana Ernst et publié sous le titre de Politici e cortegiani contro filosofi e profeti.
    Quant aux arguments de type prophétique utilisés durant le procès, ils serviront de noyau à la rédaction des Articuli prophetales. Dans ces articles, Campanella cite un certain nombre d'auctoritates pour justifier son attente de l'avènement de l'âge d'or, la fusion en un seul monarque du pouvoir temporel et spirutuel, et la réunification du troupeau chrétien, conformément à la prophétie johannique "unum ovile et unus pastor" (Jean X,16). On peut citer ici les noms de Catherine de Sienne, de Brigitte de Suède et de Joachim de Flore, mais aussi de Savonarole, sur lequel Campanella s'abstient prudemment de porter un jugement, mais dont il louera plus tard les talents de prédicateur.

    Oeuvres

    En français :

    Aphorismes politiques, trad. P. Caye et C. Monet, Caen, 1993
    Apologia pro Galileo / Apologie de Galilée, texte, trad. et notes par M.-P. Lerner, Paris, Les Belles Lettres, 2001
    La Cité du soleil, trad. A. Tripet, Paris, Mille et une nuits, 2000
    Monarchie d'Espagne et Monarchie de France, textes italiens introduits, édités et annotés par G. Ernst, trad. N. Fabry et S. Waldbaum, Paris, PUF, 1997
    Monarchie du Messie, texte original introduit, édité et annoté par P. Ponzio, révision du texte latin par G. Ernst, trad. V. Bourdette, Paris, PUF, 2002

    Sur la mission de la France (éd. rue d'Ulm, 2005)
    Fort de la constatation que l'Espagne a failli à ses devoirs de championne du catholicisme, Tommaso Campanella confie à la Farnce la mission de libérer la péninsule italienne et d'instaurer une monarchie universelle. Prédicateur sans chaire, usant d'une rhétorique virulente, il exhorte les destinataires réels ou idéaux de ses écrits à soutenir la politique menée par Louis XIII et par Richelieu. Les quatre textes réunis ici, Dialogue politique entre un Vénitien, un Espagnol et un Français à propos des récents troubles de France (1632), Aphorismes politiques en faveur des nécessités présentes de la France (1635), Avertissements à la nation française (1635) et Discours politiques en faveur du siècle présent (1636) illustrent entre autres la quête d'un bras armé séculier capable de réaliser la prophétie biblique d'une res publica chrétienne, unie sous la houlette d'un seul berger.
    Voir ce livre

    En italien :
    Articuli prophetales, éd. G. Ernst, Florence, La Nuova Italia, 1977
    Compendio di filosofia della natura, éd. G; Ernst et P. Ponzio, texte latin en regard, Santarcangelo di Romagna, Rusconi, 1999
    La Città del sole, éd. L. Firpo, postface de N. Bobbio, avec en appendice la Quaestio tertia de optima republica, Bari, Laterza, 1997
    Discorsi ai Principi d'Italia, éd. L. Firpo, Turin, Chiantore, 1945
    Lettere, a cura di V. Spampanato, Bari, Laterza, 1927
    Lettere 1595-1638 non comprese nell'edizione di V. Spampagnato, a cura di G. Ernst, Pisa/Roma, Instituti editoriali, 2000.
    Poesie, éd. F. Giancotti, Turin, Einaudi, 1998

    Documentation

    ERNST, Germana, Religione, ragione e natura. Ricerche su Tommaso Campanella e il tardo Rinascimento, Milan, Franco Angeli, 1991
    - Tommaso Campanella, Bari, Laterza, 2002
    - Il carcere, il politico, il profeta. Saggi sur Tommaso Campanella, Pise/Rome, Istituti editoriali, 2002.
    FIRPO, Luigi, Ricerche campanelliane, Florence, Sansoni, 1947
    HEADLEY, John M., Tommaso Campanella and the Transformation of the World, Princeton, Princeton University Press, 1997
    LERNER, Michel-Pierre, Tommazo Campanella en France au XVII° siècle, Naples, Bibliopolis, 1995
    Date de création : 2012-04-01 | Date de modification : 2012-04-01
    Loading
    Informations
    Données biographiques
    Nationalité
    Italie
    Naissance
    1568, Stilo, Calabria
    Déces
    1639
    Raccourcis
    Biographie de Tommaso Campannela en anglais
    (The Galileo Project)

    Article en anglais de Germana Ernst dans la Stanford Encyclopedia

    Biographie en italien et oeuvres, sur le site eresie.it

      Référence


      Contribuez au rayonnement des oeuvres de l'Agora/Homo vivens en devenant membre ou en faisant un don.