• Encyclopédies

      • Encyclopédie de l'Agora

        Notre devise: Vers le réel par le virtuel!


      • Encyclopédie sur la mort

        L’encyclopédie sur la mort veut s'intéresser à ce phénomène sous ses multiples aspects et ses diverses modalités.


      • Encyclopédie Homovivens

        Encyclopédie sur les transformations que l'homme opère en lui-même au fur et à mesure qu'il progresse dans la conviction que toute vie se réduit à la mécanique.


      • Encyclopédie sur l'inaptitude

        Tout le monde en conviendra : c'est au sort qu'elle réserve aux plus vulnérables de ses membres que l'on peut juger de la qualité d'une société. Aussi avons-nous voulu profiter ...


      • Encyclopédie sur la Francophonie

        L'Encyclopédie de la Francophonie est l'une des encyclopédies spécialisées qui se développent parallèlement à l'Encyclopédie de l'Agora.

  • Dictionnaires
  • Débats
      • Le Citoyen Québécois

         Après la Commission Gomery, la Commission Charbonneau! À quelles conditions pourrions-nous en sortir plus honnêtes… et plus prospères

      • L'homme, la nature, la techique

        Réflexions inspirées de Bernard Charbonneau et Jacques Ellul, avec la collaboration de l'Association Aquitaine B.Charbonneau J.Ellul, sous la présidence de Sébastien Mor...

  • Sentiers
      • Les sentiers de l'appartenance

        L'appartenance c'est le lien vivant, la rencontre de deux Vies : la nôtre et celle de telle personne, tel  paysage...Quand la vie se retire, le sentiment d'appropriation se substitue au ...

      • Le sentier des fleurs sauvages

        Nous sommes des botanistes amateurs. Notre but est de partager un plaisir orienté vers une science complète où le regard du poète a sa place à côté de celui du botaniste, du généticien, du gastrono...

  • La lettre
    • Édition


    La lettre de L'Agora
    Abonnez-vous gratuitement au bulletin électronique. de L'Agora.
    Si l’Encyclopédie de l’Agora demeure progressiste, c’est dans un nouveau sens du mot progrès, fondé sur la science réparatrice et sur le principe de précaution.
    Média social:
    Facebook:


    Flux RSS:

    Impression du texte

    Science

    Définition

    Si l'on devait définir la science à partir du texte suivant, où Léon Brunschvicg évoque son origine, il faudrait l'associer étroitement à la liberté et à la vérité, elles-mêmes indissociables l'une de l'autre: «nous accédons à la science, nous dit Brunschvicg au moment où notre juge n'est plus l'impératif d'une contrainte sociale, mais une puissance qui, en nous comme en autrui, se développe pour le discernement de l'erreur et de la vérité.» Ce sont les mathématiques qui offrent les plus belles illustrations de la science ainsi définie

    «Reportons-nous au moment, presque solennel, dans notre vie, où tout d'un coup la différence radicale nous est apparue entre les fautes dans nos devoirs d'orthographe et les fautes dans nos devoirs d'arithmétique. Pour les premières nous devions ne nous en prendre qu'à un manque de mémoire; car nous ne savions pas, et nous ne pouvons jamais dire, pourquoi un souci de correction exige que le son "fame" soit transcrit comme "flemme" et non comme "flamme". En revanche pour les secondes on nous fait honte, ou plus exactement, on nous apprend à nous faire honte, de la défaillance de notre réflexion; on nous invite à nous redresser nous-mêmes. Notre juge, ce n'est plus l'impératif d'une contrainte sociale, la fantaisie inexplicable d'où dérivent les règles du "comme il faut" et du "comme il ne faut pas", c'est une puissance qui, en nous comme en autrui, se développe pour le discernement de l'erreur et de la vérité.

    Cette impression salutaire d'un voile qui se déchire, d'un jour qui se lève, l'humanité d'Occident l'a ressentie, il y a quelque vingt-cinq siècles, lorsque les Pythagoriciens sont parvenus à la conscience d'une méthode capable et de gagner l'assentiment intime de l'intelligence et d'en mettre hors de conteste l'universalité. Ainsi ont-ils découvert que la série des nombres carrés, 4, 9, 16, 25, etc... est formée par l'addition successive des nombres impairs à partir de l'unité: 1 + 3; 4 + 5; 9 + 7; 16 + 9, etc. Et la figuration des nombres par des points, d'où résulte la dénomination "nom-bres carrés", achevait de donner sa portée à l''établissement de la loi en assurant une parfaite harmonie, une adéquation radicale, entre ce qui se conçoit par l'esprit et ce qui se représente aux yeux.

    Les siècles n'ajouteront rien à la plénitude du sens que l'arithmétique pythagoricienne confère au mot de Vérité. Pouvoir le prononcer sans risquer de fournir prétexte à équivoque ou à tricherie, sans susciter aucun soupçon de restriction mentale ou d'amplification abusive, c'est le signe auquel se reconnaîtra "l'homo sapiens" définitivement dégagé de "l'homo faber", porteur désormais de la valeur qui est appelée à juger de toutes les valeurs, de la valeur de vérité.» (LÉON BRUNSCHVICG, Héritage de mots, Héritage d'idées, Presses universitaires de France, Paris 1945, p. 2-3.)


    La science expérimentale
    Dans l'usage courant, le mot science désigne le plus souvent la science expérimentale. Dans cette science, fondée sur l'observation du réel au moyen des sens, «l'impression salutaire d'un voile qui se déchire» est moins vive que dans le cas des mathétamiques. L'accès à la vérité, mot qu'il faut employer avec la plus grande prudence dans ce cas, suppose le respect d'une méthode que Claude Bernard a résumé ainsi dans L'Introduction à l'étude de la médecine expérimentale: «Le savant complet est celui qui embrasse à la fois la théorie et la pratique expérimentale: premièrement, il constate un fait; deuxièmement, à propos de ce fait, une idée naît dans son esprit; troisièmement, en vue de cette idée, il raisonne, institue une expérience, en imagine et en réalise les conditions matérielles; quatrièmement, de cette expérience résultent de nouveaux phénomènes qu'il faut observer et ainsi de suite. L'esprit du savant se trouve en quelque sorte toujours placé entre deux observations: l'une qui sert de point de départ au raisonnement, et l'autre qui lui sert de conclusion.» (CLAUDE BERNARD, Introduction à l'étude de la médecine expérimentale, Paris, Poche-Club, 1963, p. 51)

    Enjeux

    Science et dialogue: de la science conquérante à la science réparatrice
    Le dialogue en effet a toujours été associé au savoir, sauf pendant l'ère industrielle. C'est un dialogue ininterrompu entre les générations qui a assuré la conservation et le lent progrès du savoir empirique. Dialogue des artisans entre eux, dialogue des artisans avec leurs clients. Tous les paysans des sociétés traditionnelles auront eu leur petit mot à dire sur la façon de fabriquer le fer à cheval le mieux adapté à leur sol et à leurs bêtes. En devenant abstraite, méthodique, au début de l'ère moderne, la science a progressé plus rapidement, mais au prix d'une division des tâches entre les détenteurs du savoir, peu nombreux, et la multitude des exécutants. Pendant que les premiers poursuivaient le dialogue entre eux, les seconds, qu'on appela prolétaires, étaient occupés jusqu'à l'épuisement par des tâches qui ne laissaient aucune place à la participation au savoir.

    Telle fut la science conquérante qui fit la révolution industrielle. Si elle n'a eu besoin que d'exécutants, elle a cependant créé des problèmes dont la solution exigera des partenaires. Il est des situations, les catastrophes naturelles par exemple, où le salut de tous exige la participation de chacun. La conjoncture planétaire actuelle, caractérisée par des atteintes à l'environnement aggravées par les contraintes de la mondialisation, ressemble à ces situations extrêmes. La nécessité et l'utilité de la participation de chacun au salut de tous y sont manifestes. Dans ces conditions, rien ne devrait empêcher la science de susciter une adhésion générale et enthousiaste, du moins si elle demeure intimement unie à la conscience qu'imposent les circonstances.

    D'où l'intérêt, dans ce contexte, de l'émergence d'une science que nous appellerons
    réparatrice, pour la distinguer de la science conquérante des siècles antérieurs. La première vise l'harmonisation des rapports de l'homme avec la nature, la seconde visait une domination de la nature indifférente à ses effets secondaires négatifs. Une nouvelle discipline, en pleine croissance, l'écologie industrielle, lui est consacrée.

    La première caractéristique de la science réparatrice est d'exiger et de légitimer la participation de chacun, non seulement sur le plan de l'action, conservation, recyclage, partage, etc., mais aussi sur le plan de la connaissance. La pollution chimique aura été l'oeuvre de quelques entrepreneurs et de quelques savants assistés d'une armée d'exécutants et de consommateurs non avertis. Nous ne pouvons espérer redresser les torts ainsi faits au milieu de vie que si chacun de ces exécutants et de ces consommateurs est disposé à acquérir les connaissances grâce auxquelles il comprendra quelle est sa part de responsabilité et sera en mesure de l'assumer.

    Essentiel

    «La pensée doit primer sur l'observation et la collecte des données. Il paraît en général préférable de pouvoir agir sur les phénomènes que de tenter de les comprendre. Or ce n'est pas là la vocation la plus haute de la pensée scientifique. Au contraire, nous devrions retrouver le projet d'une «philosophie de la nature» qui fut notamment celui de Schelling au début du XIXe siècle. Sa tentative a péri sous la double opposition de la dialectique de Hegel et du matérialisme physico-chimique. Elle mérite d'être reprise et poursuivie sous une forme nouvelle.»
    René Thom, entrevue de Roger-Paul Droit dans La compagnie des contemporains. Rencontres avec des penseurs d'aujourd'hui, Paris, Éditions Odile Jacob, 2002.

    «La science, aujourd'hui, cherchera une source d'inspiration au-dessus d'elle ou périra. La science ne présente que trois intérêts: 1° les applications techniques; 2° jeu d'échecs; 3° chemin vers Dieu. (Le jeu d'échecs est agrémenté de concours, prix et médailles.»

    SIMONE WEIL, La pesanteur et la grâce, Paris, Plon 1948, p. 152.

    Documentation

    Popper, Karl. La logique de la découverte scientifique (Logik der forschung). Traduit de la 5e éd. anglaise par N. Thyssen-Rutten et P. Devaux. Préface de Jacques Monod. Paris, Payot, 1973.

    Popper, Karl. Conjectures et réfutations: la croissance du savoir scientifique (Conjectures and Refutations). Traduit de l'anglais par M.-I. et M. B. de Launay. Paris, Payot, 1985.


    Textes en ligne

    Weber, Max, Essai sur la théorie de la science, téléchargeable

    À qui profite la science? (dossier du Courrier de l'Unesco, mai 1999).

    Promesses et menaces de la science. «Répliques», France-Culture. Transcription de l'émission du 17 février 1996. Alain Finkielkraut reçoit Claude Allègre et François Lurçat (Alliage, no 27, 1996).

    La défaite de la science française, dialogue, La Recherche.

    Dossier «Science et religion au service de la vérité» de la revue Nouveau dialogue (no 125, 1999); on trouve en ligne les articles suivants: Une nouvelle image du monde, par Yvon-D. Gélinas; Chercher Dieu in vitro: profanation ou privilège?, par Caroline Francoeur; Bouddhisme et science, par Francis Brassard; De la science et de la religion, par David Bensoussan; Science et religion: la convergence au-delà du conflit selon Teilhard de Chardin, par Daniel Picot.

    Science et philosophie, pour quoi faire?, par C. Guillon (École doctorale Vie-Agro-Santé, Université de Rennes 1, Fr.).

    Sciences: Qui est l'auteur?, par Isabelle Stengers (Surfaces, vol. 2, 1992): Une étude de l'aspect «littéraire» de la légitimation scientifique portant plus précisément sur les problèmes de l'invention, de la découverte et l'auteur comme modes de discours.

    Peat, F. David. From Certainty to Uncertainty: The Story of Science and Ideas in the Twentieth Century, Joseph Henry Press, 2002, 248 p. (National Academies Press). On peut en faire ici la lecture en mode image.
    Date de création : 2012-04-01 | Date de modification : 2012-04-01
    Loading
    Informations
    Linguistique
    Antonymes
    Magie
    Allemand
    Wissenschaft
    Anglais
    Science
    Espagnol
    Ciencia
    Documents Associés
    Jean Hamann
    Journalisme scientifique, sensationalisme médiatique
    André Lalande
    science, nature, discontinuité, division, analyse, intelligence
    William Alfred Fowler
    Théories scientifiques
    Andrée Mathieu
    Démocratie, expert, citoyen
    Jules Edouard
    la véritable histoire de la pierre à eau
    Dominique Delcourt
    Changement des mentalités, culture scientifique, culture philosophique
    Charles Lichtenhaeler
    Vérité, certitude
    Conseil de la science et de la technologie
    Intérêt pour la science, scolarisation, musée, jeunes, femmes
    Werner Heisenberg
    Nature, technique
    Jacques Dufresne
    Société, culture, médecine
    Raccourcis
    Science-en-ligne
    Centre international pour la science et la haute technologie (Nations Unies)
    International Council for Science
    Conseil international pour l'information scientifique et technique
    Académie des sciences (Fr.)
    National Academies (É.-U.)
    Musée de la science et de la technologie (Canada)
    Cité des sciences et de l'industrie (Fr)
    Agence Science Presse
    ACFAS (Qc)
    Revues scientifiques:
    Public Library of Science (association à but non lucratif regroupant des scientifiques du monde entier désireux de rendre accessibles gratuitement sur Internet les résultats de la recherche scientifique et médicale)
    La recherche
    Sciences et vie
    Cybersciences
    Pour la science
    Science et avenir
    Histoire des sciences
    Les sciences au Moyen Âge, BNF
    Sites personnels:
    Christophe David
    Intersciences
    François Guérard

    Référence


    Contribuez au rayonnement des oeuvres de l'Agora/Homo vivens en devenant membre ou en faisant un don.