• Encyclopédies

      • Encyclopédie de l'Agora

        Notre devise: Vers le réel par le virtuel!


      • Encyclopédie sur la mort

        L’encyclopédie sur la mort veut s'intéresser à ce phénomène sous ses multiples aspects et ses diverses modalités.


      • Encyclopédie Homovivens

        Encyclopédie sur les transformations que l'homme opère en lui-même au fur et à mesure qu'il progresse dans la conviction que toute vie se réduit à la mécanique.


      • Encyclopédie sur l'inaptitude

        Tout le monde en conviendra : c'est au sort qu'elle réserve aux plus vulnérables de ses membres que l'on peut juger de la qualité d'une société. Aussi avons-nous voulu profiter ...


      • Encyclopédie sur la Francophonie

        L'Encyclopédie de la Francophonie est l'une des encyclopédies spécialisées qui se développent parallèlement à l'Encyclopédie de l'Agora.

  • Dictionnaires
  • Débats
      • Le Citoyen Québécois

         Après la Commission Gomery, la Commission Charbonneau! À quelles conditions pourrions-nous en sortir plus honnêtes… et plus prospères

      • L'hypothèse Dieu

         Un nouveau site consacré au dialogue entre croyants et non-croyants a été créé. Son titre « L’hypothèse Dieu » annonce-t-il un vira...

  • Sentiers
      • Les sentiers de l'appartenance

        L'appartenance c'est le lien vivant, la rencontre de deux Vies : la nôtre et celle de telle personne, tel  paysage...Quand la vie se retire, le sentiment d'appropriation se substitue au ...

      • Le sentier des fleurs sauvages

        Nous sommes des botanistes amateurs. Notre but est de partager un plaisir orienté vers une science complète où le regard du poète a sa place à côté de celui du botaniste, du généticien, du gastrono...

      • L’îlot Louis Valcke

        Sur les traces de Louis Valcke (1930-2012), professeur, philosophe, essayiste, cycliste, navigateur et pèlerin. Spécialiste mondial de l’œuvre de Pic de la Mirandole.

  • La lettre
    • Édition


    La lettre de L'Agora
    Abonnez-vous gratuitement au bulletin électronique. de L'Agora.
    Si l’Encyclopédie de l’Agora demeure progressiste, c’est dans un nouveau sens du mot progrès, fondé sur la science réparatrice et sur le principe de précaution.
    Média social:
    Facebook:


    Fluxs RSS:

    Impression du texte

    Qatar

    Description





    I. LE QATAR : UN PETIT PAYS SOUCIEUX DE SON INDÉPENDANCE ET DE LA MISE EN VALEUR DE SES IMMENSES RÉSERVES D'HYDROCARBURES

    Le Qatar forme une presqu'île de 11 500 kilomètres carrés, longue de 160 kilomètres et large de 60 à 80 kilomètres, qui, adossée à l'Arabie saoudite, s'avance dans le golfe arabo-persique.

    Doté d'un territoire désertique, dépourvu de ressources en eau, le Qatar est longtemps resté l'une des régions les plus pauvres de la péninsule arabique, tant les conditions naturelles y sont difficiles. Les seules ressources provenaient de la mer, notamment par la pêche des perles.

    La découverte de pétrole, en 1940, puis son exploitation, à partir de 1949, ont radicalement transformé l'émirat qui compte aujourd'hui parmi les Etats les plus riches du monde, en termes de revenu par habitant.

    Sur le plan politique, l'émirat, suite à un accord signé en 1916, constituait un protectorat britannique, jusqu'à son
    indépendance, proclamée le 3 septembre 1971.

    L'exploitation pétrolière et le développement d'activités industrielles ont entraîné une forte augmentation de la population du Qatar qui, de quelques dizaines de milliers d'habitants après la seconde guerre mondiale, est passée à près de
    550 000 habitants aujourd'hui (dont 220 000 dans la capitale, Doha). Toutefois, cette population compte de 70 % à 80 % d'immigrés, l'importation de main d'oeuvre étrangère étant le fait d'autres pays arabes (égyptiens, libanais et palestiniens) et surtout de pays du sous-continent indien (pakistanais et indiens).

    A. L'ÉVOLUTION POLITIQUE DU QATAR

    Sur le plan intérieur, l'évolution politique a été marquée par la déposition, en 1995, du cheikh Khalifa par son fils, le cheikh Hamad, qui souhaite imprimer un nouvel élan à l'émirat.

    Sur le plan extérieur, le Qatar se caractérise par sa position indépendante et originale au sein du Conseil de coopération des Etats du golfe.


    1. Une grande continuité politique

    Depuis la fin du 18e siècle, la direction politique du Qatar est assurée par la famille Al Thani, qui figure parmi les plus anciennes tribus d'Arabie et dont les 8 000 à 9 000 membres jouent un rôle prépondérant dans la vie politique et économique. Liée par son origine à l'Arabie saoudite, cette famille musulmane sunnite est de rite wahhabite, comme la majorité des saoudiens et la quasi-totalité des qatariens.

    Compte tenu de la forme monarchique de l'Etat, les évolutions politiques s'effectuent au sein de la famille régnante, dont plusieurs membres occupent des fonctions gouvernementales. Le
    cheikh Khalifa, qui régnait depuis 1972, a été déposé sans violence, le 27 mai 1995 par le prince héritier, son fils aîné, le cheikh Hamad. Ce dernier exerçait de fait une influence prépondérante sur la marche des affaires de l'Etat. Cette transition s'est effectuée en douceur et très rapidement, l'ensemble des Etats du Conseil de coopération du golfe ont reconnu le nouveau souverain.

    Sur le plan institutionnel, l'émir concentre entre ses mains l'essentiel des pouvoirs. Depuis 1996, la constitution prévoit qu'il nomme un premier ministre. L'émir et son gouvernement sont assistés d'un conseil consultatif de trente membres choisis par l'émir.

    2. Une politique extérieure indépendante
    Le Qatar est l'un des 6 Etats du conseil de coopération du golfe qui comprend également l'Arabie saoudite, le Koweït, Bahreïn, les Émirats arabes unis et Oman, mais il entretient avec certains d'entre eux des relations difficiles.

    Le Qatar a tout d'abord constamment manifesté
    à l'égard de son puissant voisin, l'Arabie saoudite, une volonté sourcilleuse d'autonomie, un souci farouche de marquer sa souveraineté et un refus de subir une quelconque tutelle. S'appuyant sur ses richesses naturelles et sur sa situation géographique, le Qatar s'est démarqué de l'Arabie saoudite en politique extérieure et a contesté l'influence de cette dernière, trop forte à ses yeux, au sein du Conseil de coopération du golfe. Par ailleurs, le Qatar contestait vivement la délimitation de la frontière qataro-saoudienne dans la région du Khôr al Oudaïd, qui forme une sorte de mer intérieure au sud-est du pays. Ce contentieux, dont Riyad a plutôt minimisé la portée, a donné lieu à de graves incidents avec morts d'hommes au poste frontière d'Al Khaffous en 1992. Depuis lors, un accord est intervenu sur le tracé définitif de la frontière et un bornage a été réalisé par l'Institut géographique national français.

    Plus important est le
    contentieux territorial qui oppose le Qatar et Bahreïn au sujet des îles Hawar, actuellement sous la souveraineté de Bahreïn alors que selon Doha, elles sont incluses dans le plateau continental du Qatar. Contrairement au souhait de Bahreïn de régler cette question dans le cadre du Conseil de coopération du golfe, et malgré une tentative de médiation saoudienne, le Qatar a préféré saisir unilatéralement la Cour internationale de justice qui s'est déclarée compétente en 1995 et a commencé son instruction.

    Sur le plan régional, les positions du Qatar sont fréquemment distinctes de celles des autres Etats du Conseil de coopération du golfe.

    Une coopération bilatérale avait été amorcée avec Israël, mais elle est aujourd'hui ralentie en raison du blocage du processus de paix.

    Le Qatar entretient des relations étroites avec l'Iran, qui possède sous sa souveraineté environ 10 % du gisement gazier de North Field, en vue de l'exploitation duquel le Qatar souhaite éviter tout conflit.

    Enfin, le Qatar a participé à la coalition alliée lors de la guerre du golfe mais a très rapidement renoué des relations avec l'Irak. Il a notamment déploré les conséquences sur les populations irakiennes de l'embargo imposé par les Nations-Unies et prône sur ce dossier le dialogue plutôt que l'affrontement.


    B. L'ÉCONOMIE DU QATAR

    Fondée sur la rente pétrolière, qui tend désormais à s'émousser, le développement économique du Qatar passe désormais par l'exploitation des considérables réserves gazières du pays.

    1. Un développement économique fondé sur la rente pétrolière

    Débutée en 1949 sur les gisements de la région de Dukhan dans l'ouest du pays, l'exploitation pétrolière s'est développée par la suite avec la mise en valeur de gisements en mer. Une société d'Etat, la Qatar General Petroleum Corporation, contrôle l'ensemble des activités pétrolières de l'émirat, des accords de partage de production étant passés avec des compagnies étrangères, notamment pour les gisements en mer, moins faciles d'accès.

    Le Qatar ne se situe pas parmi les plus gros producteurs de pétrole et sa production, qui avait atteint 570 000 barils par jour en 1973 est revenue à 470 000 barils par jour actuellement. Les réserves, telles qu'évaluées aujourd'hui, ne sont pas considérables et elles pourraient être épuisées d'ici 25 ans.

    Pour autant, le pétrole constitue l'essentiel -90 %- des revenus de l'Etat du Qatar, et lui permet d'afficher, compte tenu de la faible population du pays, un revenu par habitant de 14 000 dollars par an. Il faut toutefois mentionner que ces recettes sont soumises à de très fortes variations qui suivent les cours du pétrole brut. Les revenus de l'exploitation pétrolière ont ainsi atteint 7 milliards de dollars en 1980 pour tomber à moins de 2 milliards de dollars en 1986. Elles se situent aujourd'hui autour de 3 milliards de dollars par an.

    Le Qatar a utilisé ces ressources pour se doter de capacités industrielles, notamment autour du complexe d'Oumm Saïd, au sud de Doha, qui comporte de nombreuses industries lourdes : cimenteries, usines d'engrais, raffineries, usine de liquéfaction de gaz naturel, aciérie, complexe pétrochimique.

    Ce développement industriel a nécessité un fort appel à la main d'oeuvre étrangère, provenant de pays arabes ou asiatiques.


    2. Les perspectives liées à l'exploitation gazière
    Le Qatar dispose, avec le champ gazier de North Field situé dans le golfe arabo-persique, au nord de la péninsule, de colossales réserves de gaz naturel, sans commune mesure avec les ressources gazières qu'il exploite à terre dans la région de Dukhan. Ces réserves seraient les troisièmes au monde, après celles de la Russie et de l'Iran.

    Ce champ gazier est contrôlé à 90 % par le Qatar et a 10 % par l'Iran. Il représente, sur 6 000 km
    2, 6 % des réserves mondiales estimées et place le Qatar parmi les principaux pays gaziers du monde dans l'avenir.

    Décidée en 1989, la
    mise en exploitation de North Field doit permettre au Qatar de franchir une étape supplémentaire dans son développement économique, qui s'appuie sur une série de projets très ambitieux, combinant le volet énergétique et un volet industriel.

    L'exploitation proprement dite repose sur deux projets :

    - le premier,
    Qatargas, qui devrait aboutir en collaboration avec Total et Mobil, concerne la construction d'une unité de liquéfaction de gaz naturel d'une capacité de 6 millions de tonnes par an en vue d'exportations au Japon ; le coût global du projet, qui comprend les forages, la production et l'acheminement du gaz, est évalué à 3 milliards de dollars.

    - le second,
    Rasgas, dans lequel intervient Mobil, prévoit la production de 10 millions de tonnes à destination de la Corée du Sud et nécessiterait un investissement de 6 milliards de dollars.

    En complément de ces deux projets phares, les autorités de Doha ont lancé un
    programme de développement des capacités de leurs unités industrielles et notamment :

    - l'extension de Qapco (Qatar Petrochemicals Company) confiée à la société française Technip, pour la production d'éthylène et de polyéthylène, pour un coût de 400 millions de dollars,

    - la construction d'une unité de production de méthanol, pour un coût de 750 millions de dollars,

    - l'extension des productions d'engrais de la firme Qafco, pour un coût de 400 millions de dollars,

    - l'augmentation des capacités de raffinage,

    - l'extension des capacités de l'aciérie existante,

    - la construction d'une nouvelle cimenterie et d'une centrale électrique.

    La réalisation de ce vaste programme d'investissement mobilise une part très substantielle des revenus du Qatar et l'a même conduit à emprunter sur le marché international des capitaux. Cette situation a entraîné une
    dégradation des comptes publics mais la mise en valeur du champ gazier de North Field, lorsqu'elle atteindra son régime de croisière permettra, à l'échéance 2005-2008, d'accroître considérablement les revenus de l'émirat, qui de 3 milliards de dollars par an actuellement pourraient atteindre 5 milliards de dollars.
    N° 355

    SÉNAT


    SESSION ORDINAIRE DE 1997-1998

    Annexe au procès-verbal de la séance du 25 mars 1998

    RAPPORT


    FAIT

    au nom de la commission des Affaires étrangères, de la défense et des forces armées (1) sur le projet de loi autorisant l'approbation de l'accord entre le Gouvernement de la République française et le Gouvernement de l'Etat du Qatar sur l'encouragement et la protection réciproques des investissements (ensemble une annexe),
    Date de création : 2012-04-01 | Date de modification : 2012-04-01
    Loading

    45%
    Dons reçus (2016-2017): 9 040$
    Objectif (2016-2017): 20 000$


    Nous avons reçu 18 600$ lors de la campagne 2015-2016. Nous vous remercions de votre générosité. Pour la campagne 2016-2017, notre objectif s'élève à 20 000$.

    Contribuez au rayonnement des oeuvres de l'Agora/Homo vivens en devenant membre ou en faisant un don.