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    Nigeria

    Description

    "Le Nigeria est le plus grand pays d’Afrique occidentale. Situé sur la côte atlantique, plus précisément sur le golfe de Guinée, il est entouré par le Bénin à l’ouest, le Niger au nord, le Tchad au nord-est et le Cameroun à l’est. Au sud, ses 800 km de côtes forment deux grandes baies: la baie du Bénin, à l’ouest, et la baie de Bonny, à l’est."

    Le Nigéria (Projet des Profils culturels, Centre Anti-Racism, Multiculturalism and Native Issues (AMNI), Faculté de travail social, Université de Toronto, avec l'aide de Citoyenneté et Immigration Canada) (reproduction autorisée)


    * * *


    "À l'aube de l'an 2000, la Fédération nigériane constitue une entité artificielle, résultat hétérogène des décisions du colonisateur britannique. Elle recouvre des territoires fortement contrastés et regroupe des ethnies culturellement antagonistes et historiquement rivales, dont les dissensions sont aujourd'hui avivées par des tensions sociales et religieuses renforcées.

    Dix ans à peine après l'Indépendance de 1960, la découverte de
    ressources pétrolières considérables a profondément modifié la structure économique, sociale et politique d'un Etat récent et non encore consolidé, et fait du Nigeria un "partenaire incontournable" des économies développées.

    En quarante années d'existence, l'Etat nigérian aura connu trente années de régimes militaires divers, une dizaine de coups d'Etat, une demi-douzaine de transitions interrompues vers la démocratie, neuf années de gouvernement civil, et trois républiques désormais défuntes. La quatrième vient de voir le jour, avec l'élection, en février 1999, d'Olusegun Obasanjo, général à la retraite.

    Campé sur un carrefour géographique stratégique, regroupant le cinquième de la population du continent africain, 6ème producteur mondial de pétrole, le Nigeria constitue néanmoins désormais, malgré une instabilité consubstantielle, une des toutes premières puissances du sous-continent africain."


    Le Nigeria: un partenariat bien compris. Compte rendu de la visite au Nigeria d'une délégation du Groupe sénatorial d'amitié France-Afrique de l'Ouest du 4 au 10 octobre 1999 (Sénat de la République française)


    Géographie

    "Le Niger et son affluent, la Bénoué, divisent le Nigeria en trois grandes régions: le nord, région quasi-désertique dont le relief s’élève progressivement vers le grand plateau agricole central, et les régions du sud-est et du sud-ouest, couvertes essentiellement de savane et de forêt tropicale. Le Niger prend sa source en Guinée, pénètre au Nigeria dans le nord-ouest après avoir traversé le Mali et l’ouest du Niger, et se jette dans le golfe de Guinée au sud-ouest du pays. Le lac Tchad, situé sur la frontière nord-est du pays, est une importante réserve d’eau. 

    Le climat du Nigeria varie d’une région à l’autre : équatorial dans le sud, tropical dans le centre, et semi-aride dans le nord. Le pays étant situé juste au-dessous de l’équateur, les températures moyennes avoisinent 32 °C. Elles peuvent descendre jusqu’à 10 °C sur le plateau central la nuit, et monter jusqu’à 43 °C dans le nord en pleine journée.

    Dans la majeure partie du pays, la saison sèche de l’harmattan dure de novembre à mars: les vents en provenance du Sahara chargent alors l’atmosphère de particules de sable, créant ainsi un genre de brume, surtout dans le nord. La saison des pluies s’étend d’avril à septembre dans le nord (avec des précipitations annuelles de 178 cm en moyenne) et de mars à novembre dans le sud (avec des précipitations annuelles de 432 cm). Il arrive que le nord du pays connaisse des périodes de grande sécheresse.

    Plus de la moitié du territoire du Nigeria est composée de pâturages et de forêts. Environ un tiers est cultivable. L’ouest produit beaucoup d’huile de palme, de cacao et de bois de construction. Le Nigeria est aussi riche en pétrole, gaz naturel, étain, colombium (utilisé dans la fabrication de l’acier inoxydable), minerai de fer, plomb, zinc, charbon et pierre à chaux."

    Le Nigéria (Projet des Profils culturels, Centre Anti-Racism, Multiculturalism and Native Issues (AMNI), Faculté de travail social, Université de Toronto, avec l'aide de Citoyenneté et Immigration Canada) (reproduction autorisée)


    Géographie humaine

    "Une mosaïque ethnique

    L'analyse de l'évolution historique de ce qui constitue aujourd'hui, à l'aube de l'an 2000, la République Fédérale du Nigeria, témoigne d'une complexité considérable, en fait d'une remarquable hétérogénéité. Rien ne prédestinait à faire vivre ensemble les différents groupes ethniques et socioculturels qui composent aujourd'hui cet Etat, si ce n'est, initialement, la volonté du colonisateur britannique.

    Les premières traces de civilisation en Afrique subsaharienne ont été retrouvées à Nok au nord du confluent du Niger et de la Benoué, dans le Nigeria central. Certains spécialistes estiment que la culture Nok s'est développée depuis la seconde moitié du premier millénaire avant J-C jusqu'au second siècle de notre ère et qu'elle représente "la souche ancestrale dont provient, pour une grande part, la tradition sculpturale de l'ouest africain" (1).

    La délimitation géographique tracée par le "Y" que forment le fleuve Niger et son confluent la Benoué en direction du Cameroun, permet, de façon grossière, de distinguer les trois principaux groupes ethniques d'un État qui en compte au total environ deux cents cinquante
    (2): les Haoussas-Fulanis au nord, qui représentent aujourd'hui environ 40 à 45 % de la population, les Yoroubas au sud-ouest -environ 20 à 25 % de la population- et les Ibos au sud-est -de 10 à 15 % de la population. Le tiers restant de la population est constitué de minorités multiples, les principales étant les Kanouris, les Noupés et les Tivs au nord, les Efiks, les Ijaws, les Itsekiris et les Ibidios dans le sud-est.

    En réalité, la plupart des spécialistes s'accordent aujourd'hui à considérer que ces "petites ethnies" forment
    de facto un quatrième "bloc", très hétérogène, mais aussi très influent, car notamment très représenté au sein de l'armée et des Etats pétroliers du sud, et particulièrement habile à nouer des alliances complexes et variables.

    A. Au nord: la société haoussa-fulani à dominante islamique

    Enracinement de l'islam dès le XVème siècle


    L'histoire des États haoussas, qui occupaient le nord-est de l'actuel Nigeria, est connue depuis le XIème siècle.

    L'introduction de l'islam dans les régions du nord remonte au IXème siècle. Considérablement renforcé par le développement du commerce avec les pays arabes à partir du XVème siècle, l'islam a fortement consolidé les structures déjà en place dans les cités-Etats haoussas tournées vers le commerce transsaharien. Le califat de Sokoto, en particulier, constitue depuis cette époque une entité politique affirmée et homogène, sur laquelle les colonisateurs britanniques choisiront de s'appuyer en la confortant encore davantage.

    La prédominance commerciale de la grande ville caravanière de Kano atteint son apogée à la fin du XVème siècle. Dès le début du XVIème siècle, la ville de Katsina, qui rivalise pour la domination du commerce en pays haoussa, est également un centre réputé d'études islamiques. Les deux cités constituent alors d'importants marchés d'esclaves à destination du monde arabe.

    La "guerre sainte" (djihad) d'Usman dan Fodio au début du XIXème siècle


    Premiers peuples islamisés d'Afrique Noire, les Peuls (Fulanis au Nigeria) mènent, à partir de 1804, sous la conduite de Usman dan Fodio, un
    djihad victorieux contre l'islam impie des rois haoussas décadents. Ils structurent alors définitivement sous hégémonie peule les royaumes haoussas transformés en émirats, sous la règle des deux califats de Sokoto (à l'ouest) et de Gwandu (à l'est). En 1830, tout le nord du Nigeria - à l'exception de l'Empire du Bornou (3) - est régi par un système uniforme de gouvernement. Son unité ne se fonde pas sur la contrainte mais sur une obédience politique et religieuse unanime au Shehu, le Commandeur des croyants, installé à Sokoto. Au terminus des routes caravanières du Sahara et de Tombouctou, Kano confirme, pour sa part, son statut de capitale économique.

    Une homogénéité relativement forte construite par la religion musulmane


    Avec des nuances, il semble que Peuls et Haoussas se soient désormais presque harmonieusement mélangés, autour de la religion musulmane peule, et de la langue, des institutions et des coutumes haoussas.

    Seules les zones les plus septentrionales et l'ancien sultanat du Bornou, adversaires traditionnels des "djihadistes" et premières victimes des négriers musulmans, refusèrent toujours toute islamisation. Le nord reste ainsi parsemé de poches christianisées peuplées d'ethnies minoritaires.

    On peut aujourd'hui distinguer deux grandes sous-régions : le
    Far-North, adossé à la frontière du Niger, qui regroupe les anciens émirats des sultanats de Sokoto et Borno, et reste dominé par l'ensemble ethnico-religieux des Peuls-Haoussas islamisés, avec quelques îlots christianisés, et le Middle Belt, beaucoup moins homogène, peuplé par une mosaïque de minorités historiquement païennes, récemment islamisées ou christianisées, qui n'ont en commun que le refus de l'hégémonie haoussa.

    B. Au sud-ouest: présence historique des Yoroubas

    L'homogénéité culturelle la plus forte à l'origine


    La civilisation yorouba est notamment caractérisée par une forte urbanisation, tout à fait exceptionnelle en Afrique Noire précoloniale (4) et un régime peu centralisé dans lequel les provinces sont quasiment autonomes. Apparus au XIème siècle, les royaumes yoroubas fondent leur unité sur une langue, une culture et une origine communes. La ville sacrée d'
    Ifé, considérée comme le berceau de la civilisation yorouba, est le siège de l'ori, chef religieux suprême.

    L'Empire d'Oyo
    est la formation politique la plus puissante et la plus organisée qu'ait connue le Golfe de Guinée jusqu'à la colonisation. Doté d'une cavalerie puissante et bien organisée, il assied son pouvoir économique sur le développement de la traite négrière (via le port de Ajase, actuel Porto-Novo) à partir du XVIème siècle. Il décline au XIXème siècle, sous l'effet conjugué des rivalités inter-yorouba, de l'affaiblissement de son pouvoir militaire et de l'avancée de la djihad fulani venue du nord.

    Plus à l'est, le
    royaume de Bénin (5), de souche purement africaine, fondé vers le XIIIème siècle, se développe en dehors de toute influence islamique. Il connaît son apogée au XVème siècle (6), et assoit sa prospérité sur les échanges commerciaux (esclaves, puis produits palmistes), d'abord avec les Portugais, puis avec les Européens.

    Une ouverture précoce à l'influence européenne et au christianisme


    Ces deux royaumes, surtout celui de Bénin, sont les premiers à nouer des liens -de nature égalitaire- avec les Portugais et avec la Papauté. Dès 1597, le roi de Warri reçoit une éducation portugaise en Angola et adopte la religion chrétienne. En 1600, il envoie son fils étudier au Portugal à Coimbra, avec une bourse du roi Philippe VII du Portugal. Son successeur confirme l'ouverture du royaume aux Portugais et demande au Pape l'envoi de missionnaires (1652). Le commerce des esclaves, puis, après son abolition en 1807, celui des produits palmistes, contribuent à renforcer les échanges avec les européens.

    De fait, le paysage politique de cette région reste aujourd'hui encore marqué par les activités évangélisatrices et éducatives des missions chrétiennes. Celles-ci toutefois n'ont guère modifié les traits fondamentaux de la civilisation yorouba : panthéon religieux toujours vivace comportant plus de 400 dieux, ancêtres des lignages et esprits des forces de la nature, rôle essentiel des sociétés secrètes religieuses
    (ogboni) (7), forte organisation familiale qui perdure, existence fort ancienne de guildes professionnelles protégeant les intérêts de chaque métier spécialisé, importance du commerce.

    Conflits interethniques et diaspora


    Pourtant la plus homogène au départ, l'ethnie yorouba reste toutefois marquée par de constantes rivalités régionales qui remontent aux conflits ancestraux entre le royaume d'Oyo et les royaumes côtiers esclavagistes d'Ibeju et Abeokuta.

    Ayant depuis le XVème siècle constitué la quasi-majorité des esclaves exportés en Amérique du sud, aux Caraïbes et à Cuba, les Yoroubas bénéficient aujourd'hui d'une importante diaspora, particulièrement solidaire au niveau international. Bénéficiant souvent d'un niveau de formation élevé, ils sont aujourd'hui très présents à tous les niveaux de la vie nigériane -politique, économique, administratif, culturel
    (8).

    C. A l'est: prédominance disputée des Ibos, démocratie directe et sociétés "anétatiques"

    La tentation sécessionniste du Biafra


    Aujourd'hui concentrés au sud-est du Nigeria, les Ibos représentent une population - estimation approximative et très difficile à vérifier- d'environ 16 millions d'individus. Ils "fournirent" entre le XVème et le XVIIIème siècle, l'essentiel du marché côtier des esclaves de Bonny, privilégié par les européens.

    Le système de gouvernement des Ibos est, dès l'origine, marqué par la "démocratie directe" (
    9): si le chef est chargé du maintien de la tradition, les décisions sont prises par l'assemblée du village.

    En 1966, la permanence des revendications à l'autonomie des minorités ibo du sud-est culmine dans une succession de coups d'Etat militaires et de répressions féroces qui touchent notamment les Ibos. Deux millions de réfugiés ibos quittent alors le nord pour regagner le sud-est. La région fait sécession le 30 mai 1967 et proclame
    l'indépendance de la République du Biafra, initiant ainsi une guerre de 29 mois qui fera près de deux millions de morts, victimes civiles pour la plupart de famine et de malnutrition.

    Des ethnies minoritaires violemment activistes


    Il importe toutefois de souligner que l'aventure sécessionniste ibo de 1967 est restée constamment contestée par une multitude de petites ethnies, laissant des traces profondes encore sensibles aujourd'hui. Celles-ci contribuent à raviver les fractures de la période esclavagiste, qui a enraciné de profondes rancoeurs entre les peuples razziés de l'intérieur (les Ibos) et les peuples razzieurs côtiers (les Ijaws).

    Parmi ces ethnies minoritaires, on trouve notamment les
    Ogonis, petite minorité d'environ 500.000 personnes vivant dans le delta du Niger sur des territoires hautement pétrolifères et aujourd'hui ravagés par la pollution. Ils sont à l'origine d'un puissant mouvement revendicatif, le MOSOP (Mouvement for Survival of Ogoni People) aujourd'hui relayé par de nombreuses ONG occidentales. Ce sont les principaux artisans de la recrudescence des actes de violence et de vandalisme à l'encontre des compagnies pétrolières. Transformés en "martyrs" par l'exécution de leur leader, Ken Saro-Wiwa, le 11 octobre 1995, ils multiplient aujourd'hui des affrontements marqués par une durée et une cruauté croissantes, et vraisemblablement " alimentés " par les armes et les " vétérans " issus des conflits voisins (Liberia, Sierra Leone).

    Beaucoup plus importante en nombre - 6 millions environ - l'ethnie des
    Ijaws, présents dans la quasi-totalité des Etats pétroliers, est également politiquement très structurée au sein du Congrès National des Ijaws.

    D. Une donnée importante: un siècle et demi de traite des esclaves

    En fait, la "cohérence" des trois principaux groupes ethniques - Haoussas-Fulanis, Yoroubas, Ibos - doit être relativisée. Quasi-inexistante avant l'ère coloniale, elle a surtout résulté de la politique du colonisateur britannique et du recours à l' "
    indirect rule".

    Malgré certains temps forts de "mobilisation tribale", largement utilisés par les élites au pouvoir, les pesanteurs des conflits interethniques du passé et des antagonismes entre anciens royaumes, émirats et empires demeurent toujours très vifs.

    Il convient notamment de ne pas sous-estimer le poids de "l'héritage" laissé par le passé esclavagiste de certaines ethnies. Il constitue en effet un facteur essentiel d'explication des antagonismes - plus ou moins latents - contemporains.

    Jusqu'à la seconde moitié du XIXème siècle, la traite des esclaves, dont le Golfe de Guinée fut durant toute la période un pourvoyeur essentiel, constitue une donnée historique fondamentale. Il est aujourd'hui reconnu que, à cet égard, les négriers européens et musulmans ont été largement " assistés " par des appareils négriers africains parfaitement organisés
    (10).

    Il est clair que, dans ce cadre, l'apparition de rapports dominant-dominé a été constante et les sources de conflits interethniques nombreuses.

    L'interdiction de la traite par la Grande-Bretagne en 1807, par la France en 1831, puis par le Congrès de Berlin en 1885 est loin de mettre un terme à des trafics qui continueront de se dérouler de façon autonome, sous "gestion locale".

    Yves Lacoste n'hésite pas à faire des systèmes "africains" de traite l'un des principaux facteurs, rémanents, des conflits interethniques contemporains (
    11).

    "La faiblesse des appareils d'Etat dans la plupart des pays d'Afrique tropicale, la persistance en leur sein d'une très grande diversité ethnique, le fait qu'ils ne soient pas encore des Etats-nations sont dans une grande mesure, à mon avis, les conséquences de l'oppression que les appareils négriers les plus puissants ont exercée jusqu'à une période relativement récente sur les interethnies. Ce n'est pas parce que les frontières de ces Etats ont été tracées plus ou moins arbitrairement par les colonisateurs que l'on devrait les considérer comme fâcheuses, c'est parce qu'elles rassemblent aujourd'hui des groupes ethniques entre lesquels existent
    de très lourds contentieux. Ce sont ces contentieux qui expliquent qu'autour de fortes ethnies les phénomènes d'attraction et d'acculturation ne soient guère exercées sur les groupes plus petits qui restent chacun cramponnés à leur identité culturelle.

    "... Dans bon nombre d'Etats africains, ce sont les anciennes ethnies négrières qui exercent encore aujourd'hui le pouvoir. D'abord en raison de leur poids démographique (elles ne furent pas soumises aux ponctions esclavagistes), en raison aussi de leur localisation littorale (et donc commerçante)" (
    Y. Lacoste cite ici le cas des Yoroubas (1987)).

    "Certes, en comparaison des dix siècles de la traite arabe et des trois ou quatre siècles de la traite européenne, la période de traite intra-africaine massive dura relativement peu et personne n'en parle guère aujourd'hui. Mais c'est sans doute celle dont les conséquences géopolitiques actuelles sont les plus graves, car c'est
    la plus récente. Les luttes qu'elle a provoquées sont encore dans toutes les mémoires...

    "Ces tensions, même celles qui ne sont pas formulées ouvertement, empêchent le développement d'une idée nationale, dans la plupart des Etats d'Afrique, ce qui détermine, à mon sens, pour une grande part non seulement leurs faiblesses, mais aussi leur incurie et leurs exactions.""


    Notes
    (1) Bernard W. Fagg.
    (2) Sur la base de la classification des langues africaines établie par Joseph Harold Greenberg, 395 langues distinctes ont été répertoriées.
    (3) Issu des migrations liées au dessèchement du Sahara, l'Empire du Kanem Bornou fut un des plus vastes de l'Afrique occidentale avec ceux du Mali et du Songhaï. Né au IXème siècle, il perdurera jusqu'au XVIIIème siècle, sous la dynastie des maï, une des plus longues du monde. Durement frappé par les expéditions militaires des Touaregs venus d'Agades, puis surtout par la succession des très sévères sécheresses et famines des années 1740, puis 1750 et enfin 1790, il fut facilement décimé par Usman dan Fodio. Aujourd'hui, l'Etat du Borno n'est plus qu'une région périphérique, peuplée en majorité de Kanouris, et relativement marginalisée au sein de la fédération nigériane.
    (4) En 1826, le capitaine Clapperton dénombrait en région yorouba 55 villes dont plusieurs de plus de 20.000 habitants.
    (5) A distinguer de l'actuel Etat du Bénin, ancienne république du Dahomey.
    (6) Période de production des célèbres sculptures en bronze.
    (7) La ville d'Ifé est le berceau du vaudou, " exporté " ensuite dans les Caraïbes par les esclaves.
    (8) Ainsi Wole Soyinka, Prix Nobel de littérature en 1986, ou l'actuel Président Obasanjo, notamment.
    (9) Cette caractéristique se renforce aujourd'hui et constitue sans doute un des facteurs d'explication des difficultés dans le delta du Niger. Les chefs, avec lesquels les grandes compagnies pétrolières avaient pris l'habitude de traiter directement, n'ont guère d'autorité face aux " assemblées populaires " remises en vigueur par les jeunes aujourd'hui majoritaires et relativement formés.
    (10) Cf. notamment: Cl. Meillassou, Anthropologie de l'esclavage, PUF, 1986; Cath. Coquery, L'Afrique Noire, permanences et ruptures; Y. Lacoste, "Afriques blanches, Afriques noires", Hérodote, juillet-septembre 1992.
    (11) Y. Lacoste, "Géopolitiques internes en Afrique", Hérodote, juillet-septembre 1987.

    Le Nigeria: un partenariat bien compris. Compte rendu de la visite au Nigeria d'une délégation du Groupe sénatorial d'amitié France-Afrique de l'Ouest du 4 au 10 octobre 1999 (Sénat de la République française)


    Survol de l'économie

    "La population du Nigeria est aux trois-quarts rurale. Les paysans cultivent surtout des tubercules (igname, taro, manioc, pomme de terre et patate douce) et des céréales (mil, maïs et sorgho). Ils produisent aussi du cacao, de l’huile de palme, du caoutchouc, du coton et des arachides pour l’exportation. Les Fulanis, dans le nord, élèvent de grands troupeaux. La pêche, la sylviculture et l’industrie minière occupent également une place importante dans le secteur primaire.

    Le Nigeria est le sixième producteur et exportateur de pétrole au monde. L’industrie pétrolière et l’industrie de transformation (dans les villes) fournissent de nombreux emplois. 

    Une bonne partie de la population active du Nigeria travaille dans la fonction publique et les banques. Les Nigérians qui montent leur propre entreprise doivent travailler très fort pour réussir, alors que dans le secteur public, l’avancement dépend davantage de l’ancienneté et des contacts que de la compétence. La plupart des employés de la fonction publique et du secteur manufacturier sont syndiqués. 

    Les femmes nigérianes contribuent à de nombreux secteurs de l’économie. Dans les campagnes, elles travaillent aux champs aux côtés de leur mari ou de leur père, et vont vendre au marché les produits de la ferme ou les objets qu’elles ont fabriqués.

    Dans les villes, elles occupent des emplois rémunérés, principalement dans le commerce. Si les femmes sont plus nombreuses que les hommes sur les marchés, comme marchandes ou comme clientes, cela ne veut pas dire pour autant qu’elles les dirigent : l’attribution des échoppes est en effet contrôlée par le gouvernement local. Depuis longtemps cependant, les marchés servent de base aux organisations féminines nigérianes. C’est là que sont nées de nombreuses manifestations de femmes, pour des causes aussi variées que l’attribution des échoppes ou la lutte contre la hausse des frais d’inscription dans les écoles.

    Au Nigeria, les femmes sont nombreuses à faire carrière dans la médecine, le droit, l’ingénierie, les finances ou l’enseignement universitaire. Mais quelle que soit son occupation, une femme nigériane est toujours responsable des tâches ménagères et de l’éducation des enfants. 

    Récemment, avec la chute des prix du pétrole, la dette extérieure grandissante, l’inflation et les problèmes de politique intérieure, l’économie du pays s’est détériorée, ce qui rend la vie particulièrement difficile pour la majorité de la population."

    Langues parlées

    "Il existe plus de 370 langues au Nigeria. Elles se répartissent en trois grands ensembles : les langues soudanaises occidentales, les langues de la région Niger-Volta et les langues soudanaises du centre. Les trois langues régionales reconnues officiellement sont le haoussa (dans le nord), le ibo (dans le sud-est) et le yorouba (dans l’ouest). Ces langues sont parlées par environ 65 % de la population.

    Autrefois, bon nombre de langues africaines étaient purement orales : la communication écrite se faisait par symboles. Certains de ces symboles sont encore utilisés aujourd’hui : ainsi, l’arbre peregun indique un site sacré ou un lieu de culte, des feuilles de palmier en travers de la route signalent qu’il est interdit de passer, et une feuille de palmier jaune attachée à un véhicule signifie que ce dernier transporte e corps d’une personne décédée. Les « tambours parlants » peuvent imiter la parole, transmettre des messages, raconter l’histoire de la région ou même chanter les louanges d’un chef. Chez les Yoroubas, les chiffres ont des significations particulières.

    L’anglais est la langue officielle du Nigeria, mais les émissions de radio locales sont diffusées dans les dialectes régionaux. Un mélange d’anglais et de langue autochtone appelé le « pidgin English » est très populaire au Nigeria. En « pidgin English », « I don go » signifie « j’irai »."

    Religions et croyances

    "Les Nigérians sont pour la plupart musulmans, chrétiens ou adeptes de l’une des religions traditionnelles. Les Chrétiens sont majoritaires dans le sud, et les Musulmans dans le nord et l’ouest du pays.

    Les adeptes des différentes religions traditionnelles croient en un être suprême, maître de l’univers, et en des dieux secondaires, esprits et ancêtres, auxquels on fait des offrandes pour qu’ils intercèdent en faveur des humains auprès de l’être suprême. Les rites religieux autochtones sont étroitement liés à la médecine traditionnelle, à la sorcellerie et à la magie.

    Au fur et à mesure qu’il vieillit et change de statut, tout Nigérian passe par un certain nombre de rituels, qui vont des cérémonies d’initiation, pour lesquelles membres de la communauté et devins jouent un rôle important, aux funérailles, cérémonies très élaborées qui varient en fonction de l’âge, du sexe et du statut social du défunt.

    Masques et mascarades sont une composante importante des pratiques religieuses traditionnelles. Les masques, sculptés dans le bois, représentent les ancêtres qui visitent le monde des vivants. Les costumes, fabriqués à partir d’herbes sèches, de feuilles de palmier, de tissu ou de raphia, varient souvent beaucoup d’une région ou d’une communauté à l’autre. 

    Les femmes sont généralement exclues des mascarades, bien qu’elles soient à l’origine de certaines d’entre elles. Dans certains cultes, seules celles qui ne sont plus en âge de procréer y sont admises.

    Tous les Haoussas sont musulmans, de même que certains Yoroubas. Les Musulmans doivent suivre les cinq piliers de l’islam: proclamation de la foi (shahada), prière quotidienne (salat), aumône aux pauvres (zakat), jeûne du mois de Ramadan (saum) et pèlerinage à La Mecque (Hajj) à effectuer au moins une fois dans sa vie. Les Musulmans ayant effectué pèlerinage sont appelés al-Hajj.

    La plupart des Ibos sont chrétiens ; il existe également des minorités chrétiennes au sein des autres ethnies. Le christianisme a souvent accommodé certaines pratiques et croyances religieuses traditionnelles, telles que la vénération des ancêtres, la magie et la sorcellerie. 
    Des églises indépendantes aladura, littéralement « églises des priants », virent le jour après la Première Guerre mondiale, dont l’Église apostolique du Christ et la Société des Chérubins et des Séraphins. Ces églises accordent une place prépondérante aux prières et aux visions, et rejettent la médecine de type occidental."

    La santé

    "Au Nigeria, on pratique la médecine traditionnelle comme la médecine occidentale. La médecine traditionnelle est généralement associée à la magie ou juju. Les guérisseurs autochtones, que les habitants des zones rurales consultent régulièrement, se servent de plantes et d’animaux pour traiter leurs malades. La préparation de nombreux remèdes naturels est souvent un secret de famille.

    La pratique de la médecine occidentale s’est toutefois beaucoup développée. De nombreuses maladies contagieuses ont ainsi été pratiquement éliminées et les soins de base sont maintenant disponibles dans les campagnes comme dans les villes. Les hôpitaux financés par des organismes religieux jouent un rôle important dans le système médical du Nigeria, notamment dans la formation du personnel médical.

    Certaines régions manquent malheureusement toujours d’installations et de personnel médical. Dans les villes, toujours en expansion, la mauvaise alimentation en eau potable et l’insuffisance des services sanitaires augmentent le risque de maladies infectieuses telles que le choléra et la malaria. Dans les zones rurales, on craint surtout la filaire du sang, ver parasite qui se propage par l’ingestion d’eau contaminée et qui peut entraîner des maladies chroniques ou des handicaps permanents. À cause de ces problèmes et de la pauvreté endémique de certaines régions, l’espérance de vie au Nigeria n’est que de 52 ans pour les femmes et de 49 ans pour les hommes.

    Le nombre de cas de sida a beaucoup augmenté au cours des dix dernières années. Le gouvernement a tenté de lancer plusieurs campagnes d’information, mais les fonds manquent. Les ressources médicales sont insuffisantes pour traiter les personnes atteintes du sida, et la plupart d’entre elles n’ont pas les moyens de se procurer les médicaments nécessaires pour combattre le virus.

    Le gouvernement nigérian a mis en place des programmes de vaccination afin de contrôler des maladies telles que le choléra, le tétanos et la fièvre jaune."

    Un survol de l'éducation

    "Il y a trois systèmes d’éducation distincts au Nigeria: les écoles autochtones, les écoles coraniques et les institutions de style européen. L’éducation autochtone consiste notamment à faire participer les jeunes à la vie communautaire afin de leur apprendre diverses tâches, agricoles ou autres.

    Les écoles coraniques sont appelées madrassah. Un alfa, ou enseignant religieux, y enseigne le Coran, livre sacré de l’islam. Les enfants y apprennent aussi à lire et à écrire la langue arabe. Si certains se spécialisent en études coraniques, la plupart poursuivent leurs études dans des écoles de style européen. 

    Le système d’éducation à l’européenne fut introduit au Nigeria par les missionnaires chrétiens au XIXe siècle. L’éducation primaire générale fut introduite dans les années 1970. L’école est obligatoire pour tous les enfants de six à onze ans. Le primaire et le secondaire durent six ans chacun. Au primaire, l’enseignement se fait en anglais ou dans l’un des dialectes locaux. Aux niveaux secondaire et supérieur, il se fait en anglais. Si environ 76% des enfants vont à l’école primaire, seulement 23% continuent au secondaire. De nombreuses écoles secondaires sont des pensionnats.

    Dans les années 1970, le nombre d’établissements d’enseignement secondaire et post-secondaire a augmenté de façon spectaculaire. Pendant le boum pétrolier des années 1970, l’école était gratuite, de même que les uniformes, les livres, la nourriture et le transport des élèves. La dégradation de la situation économique du pays depuis la fin des années 1980 a eu des retombées désastreuses sur l’éducation nigériane ; aujourd’hui, de nombreuses régions manquent d’écoles et d’enseignants. Chez les adultes, le taux d’analphabétisme est de 54 %. 

    Au niveau post-secondaire, le diplôme des collèges techniques se prépare en trois ans, et le baccalauréat universitaire en quatre ans. Il y a environ 40 institutions d’enseignement supérieur  aujourd’hui.

    La qualité des ressources dans les institutions d’enseignement supérieur s’est elle aussi détériorée au cours des dix dernières années. À la fin des années 1980 et au début des années 1990, de nombreuses universités ont en effet été fermées pendant longtemps, le gouvernement militaire tentant ainsi de contrôler la colère estudiantine face à la situation économique et politique du pays. Le gouvernement répète qu’il veut consacrer plus de ressources à l’éducation, mais rien ne s’est encore produit. Les familles riches envoient leurs enfants dans des universités étrangères."

    Arts et littératures

    "Des fouilles archéologiques ont révélé que la tradition artistique nigériane remonte à plus de 5 000 ans. Les premières sculptures étaient en métal (principalement en bronze), en bois ou en terre cuite. La forme d’expression artistique la plus courante, surtout parmi les habitants de la forêt tropicale du sud, est la sculpture sur bois (ébène ou bois blanc). Les sculptures cérémonielles du peuple de Bénin, des Ibos, des Ibibios et des Yoroubas comptent parmi les plus belles œuvres d’art nigérianes, au côté des ivoires sculptés des artistes de Bénin.

    Le Nigeria est aussi connu pour la richesse et la diversité de son artisanat textile: broderie, tissage, adire (technique du nouer-lier-teindre) et sérigraphie. L’adire est une tradition abeokuta, ibadan et osogbo; mais on trouve aussi des tissus aux motifs modernes teints avec la méthode adire dans d’autres États du Nigeria. Travail du cuir et du métal, perles de verre, sculpture de calebasses (genre de gourdes) et tissage et vannerie du raphia ou d’autres fibres, sont d’autres spécialités artisanales du pays.

    La musique est un art florissant au Nigeria. Les Nigérians ont en effet créé divers instruments de musique en fonction de leurs besoins: instruments à cordes, cors, tambours et le célèbre bata yorouba (percussions). Bien des instruments de musique nigérians font l’objet de légendes. Parmi les musiques typiquement nigérianes, on citera le highlife ibo, le juju et le fuji yorouba, l’afro-beat et les tambours de la cour haoussa.

    Le théâtre populaire moderne est né avec le théâtre de Hubert Ogunde en 1944. On y joue des légendes bibliques, des comédies et des satires politiques. Un bon nombre d’écrivains nigérians ont atteint une renommée internationale, notamment Chinua Achebe, Cyprian Ekwensi, Amos Tutuola, Flora Nwapa, Elechi Amada, Ken Saro-Wiwa et Wole Soyinka. Certains écrivent en anglais, d’autres dans une langue autochtone.

    Chinua Achebe est l’un des auteurs les plus connus d’Afrique. Ses œuvres traitent de l’impact du colonialisme sur le mode de vie traditionnel. Son premier roman, Le monde s’effondre, a été très bien reçu par la critique; on trouvera Les Termites de la savane dans la plupart des bibliothèques nord-américaines.

    Wole Soyinka, poète, dramaturge et romancier, a été lauréat du prix Nobel de littérature en 1986. Son livre, Cet homme est mort, relate ses 25 mois de détention en cellule après son arrestation par le gouvernement militaire en 1967."

    Le Nigéria (Projet des Profils culturels, Centre Anti-Racism, Multiculturalism and Native Issues (AMNI), Faculté de travail social, Université de Toronto, avec l'aide de Citoyenneté et Immigration Canada) (reproduction autorisée)

    Le Nigéria (Projet des Profils culturels, Centre Anti-Racism, Multiculturalism and Native Issues (AMNI), Faculté de travail social, Université de Toronto, avec l'aide de Citoyenneté et Immigration Canada) (reproduction autorisée)

    Histoire

    Histoire
    Les premiers habitants de la région qui correspond au Nigeria d’aujourd’hui appartenaient à l’ancienne civilisation de Nok. La région limitrophe avec le Cameroun était occupée par des peuples parlant des langues bantoues.

    Au cours des deux derniers millénaires, la région a été occupée par de nombreux peuples et organisée en plusieurs royaumes: le royaume de Kanem-Bornou au nord-est, les royaumes haoussas de Katsina, Kano, Zaria et Gobir dans le centre-nord, les royaumes yoroubas d’Ife, Oyo et Ijebou dans le sud-ouest, le royaume du Bénin au sud, et les communautés ibos à l’est.

    Au XIe siècle, l’expansion du commerce transsaharien permit d’établir des liens avec les sociétés d’Afrique du Nord, ce qui contribua à la propagation de l’islam dans le royaume de Kanem-Bornou et dans les royaumes haoussas. 

    Des explorateurs portugais débarquèrent sur les côtes de ce qui est aujourd’hui le Nigeria peu après 1470. D’autres Européens suivirent, et un trafic d’esclaves vit bientôt le jour entre l’Afrique et l’Amérique du Nord et les Antilles.

    Après l’abolition de l’esclavage au XIXe siècle, le commerce de l’huile de palme, du cacao et des arachides se mit à fleurir en Afrique occidentale. Usman dan Fodio, chef musulman, étendit l’hégémonie du Califat de Sokoto (État islamique) sur les cités-États haoussas.

    En 1861, la ville de Lagos, sur la côte atlantique, devint protectorat britannique. L’influence britannique s’étendit progressivement dans le nord du Nigeria, et en 1914 les Britanniques réunirent les deux protectorats du Nigeria du Sud et du Nigeria du Nord pour former le Nigeria d’aujourd’hui.

    En 1939, le pays était divisé en trois parties, chacune dominée par un groupe ethnique : les Haoussa-Fulanis au nord, les Yoroubas au sud-ouest, et les Ibos au sud-est. Les rivalités entre ethnies se poursuivirent après que le pays eut obtenu son indépendance de la Grande-Bretagne en 1960.

    Le gouvernement civil instauré après l’indépendance fut renversé par un coup d’État militaire en 1966. Une guerre civile éclata suite à la sécession du peuple ibo, qui avait constitué la république indépendante du Biafra. Après trois ans de guerre et un million de morts, le Biafra fut réintégré au Nigeria. Le régime civil fut rétabli en 1979.

    La population étant mécontente du gouvernement civil, un autre coup d’État eut lieu en 1983, et un nouveau régime militaire fut mis en place. Suite aux élections de 1993, le chef Moshood Abiola fut nommé à la tête du gouvernement; mais le général Babangida, au pouvoir depuis 1985, annula le résultat des élections. Depuis lors, le Nigeria est toujours sous régime militaire en dépit des tentatives de rétablissement d’un gouvernement civil.

    Le Nigéria (Projet des Profils culturels, Centre Anti-Racism, Multiculturalism and Native Issues (AMNI), Faculté de travail social, Université de Toronto, avec l'aide de Citoyenneté et Immigration Canada) (reproduction autorisée)
    Date de création : 2012-04-01 | Date de modification : 2012-04-01
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