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    Impression du texte

    Faucher de Saint-Maurice Narcisse-Henri-Édouard

    Biographie

    TEXTE MIS LÀ À TITRE DE RÉFÉRENCE SEULEMENT POUR LA RÉDACTION DU DOSSIER.



    FAUCHER DE SAINT-MAURICE, NARCISSE-HENRI-ÉDOUARD, littérateur, officier, fonctionnaire, homme politique et journaliste, né le 18 avril 1844 à Québec, fils de Narcisse-Constantin Faucher, avocat, et de Catherine-Henriette Mercier ; le 25 mai 1868, il épousa au même endroit Joséphine Berthelot, nièce de sir Louis-Hippolyte La Fontaine* ; décédé le 1er avril 1897 dans sa ville natale.
    Narcisse-Henri-Édouard Faucher passe son enfance à Québec, fait ses études classiques au petit séminaire de Québec (1853–1859) puis à Sainte-Anne-de-la-Pocatière (La Pocatière) (1860). Élève indiscipliné, il entre en qualité de clerc au cabinet des avocats Henri Taschereau et Ulric-Joseph Tessier. Cependant, la carrière des armes l’intéresse davantage et, à 18 ans, il publie un opuscule intitulé Organisation militaire des Canadas. L’ennemi ! L’ennemi !, sous le pseudonyme Un carabinier. En réalité, cette brochure lui sert de tremplin pour accéder à la profession d’homme de lettres. En s’inspirant du nom patronymique de son ancêtre Léonard Faucher, dit Saint-Maurice, il signe pour la première fois la dédicace que porte sa plaquette de « Faucher de Saint-Maurice », surnom qui lui accorde un vernis de distinction et une noble prestance.
    Toujours passionné de gloire militaire, Faucher publie Cours de tactique en 1863, juste avant de s’enrôler dans le corps expéditionnaire français envoyé au Mexique pour lutter contre Benito Juárez García. Cette aventure a quelque chose de donquichottesque car, inconsciemment, Faucher vient appuyer une mauvaise cause. Fait inusité, le jeune officier rencontre là-bas un compatriote, Honoré Beaugrand*, futur maire de Montréal. Il quitte définitivement Veracruz en juin 1865, après avoir reçu des mains de l’empereur Maximilien la médaille du Mexique et la croix de l’ordre militaire de Guadalupe.
    De retour à Québec, Faucher est nommé, en 1867, greffier des projets de loi d’intérêt privé au Conseil législatif, nouvellement créé. Cette fonction peu accaparante, qu’il occupe pendant 14 ans, lui permet de se livrer en toute liberté au journalisme et à la littérature. À l’instar de son confrère Joseph-Étienne-Eugène Marmette ou de bien d’autres fonctionnaires écrivains à cette époque – Benjamin Sulte*, Napoléon Legendre*, Alfred Duclos* De Celles, Alphonse Lusignan et James MacPherson Le Moine*, pour ne nommer que ceux-là – Faucher profite de sa situation pour entreprendre la rédaction d’ouvrages littéraires, destinés d’abord aux lecteurs de périodiques. C’est ainsi qu’il publie des contes, des essais et des récits de voyage dans la Revue canadienne (18661870), l’Opinion publique (18711872) et la Minerve (18681870). Dans une conférence prononcée en 1866 devant la Société littéraire et historique de Québec, intitulée « De la mission de l’homme de lettres dans la société moderne », le jeune écrivain déplore les effets néfastes de la « mauvaise » littérature – surtout le roman – et formule des principes qui guideront toute son œuvre : « imprimer un cachet de pureté à notre littérature née d’hier [...] éloigner de cet enfant chéri tout ce qui plus tard pourrait le souiller et l’entacher ». Pareille attitude censoriale ne doit pas étonner à cette époque, compte tenu que la littérature, dominée par les conservateurs, devait défendre des principes moraux et servir l’ordre établi.
    La carrière littéraire de Faucher démarre véritablement en 1874. Il réunit ses écrits épars en une série de quatre volumes et 1 000 pages de texte : À la brunante [...], un recueil de contes, légendes et récits, puisés dans la tradition populaire ; De Québec à Mexico [...], deux tomes de souvenirs militaires ; enfin, Choses et Autres [...], une collection d’écrits de circonstance (conférences et critiques littéraires) consacrés aux œuvres canadiennes. Ce tour de force éditorial a été rendu possible grâce à la débrouillardise de l’auteur et à l’appui financier de plus de 500 souscripteurs. Si la critique a reproché à l’essayiste sa prolixité, son esprit brouillon et son penchant à vanter ses connaissances bibliographiques, en revanche, elle a été unanime à reconnaître ses talents de conteur, même si un parti pris trop prononcé en faveur des « bonnes lectures » obligeait l’auteur à faire triompher la morale et à briser parfois le fil du récit.
    Fort de sa réussite auprès du public lecteur, Faucher publie, en 1877, De tribord à bâbord [...], récit de trois croisières sur un vapeur dans le golfe du Saint-Laurent en 1874. Cet ouvrage et son recueil de contes, rebaptisé À la veillée [...], feront l’objet de plusieurs rééditions du vivant de l’auteur et deviendront de véritables succès de librairie. En décembre 1881, à la surprise de son entourage, le fonctionnaire délaisse sa sinécure pour se lancer, comme son père l’avait fait avant lui, en politique provinciale. Élu député conservateur de la circonscription de Bellechasse, il siège à l’Assemblée législative jusqu’en 1890. L’année même de son élection, il représente le Canada et la province de Québec au troisième congrès international de géographie, tenu à Venise. En 1888, il va en France et se rend jusqu’en Algérie et en Tunisie. Les résultats de ces pérégrinations sont consignés sous forme de notes de voyage en 1889 dans Loin du pays, souvenirs d’Europe, d’Afrique et d’Amérique. Voyageur infatigable, en 1888 il a publié En route ; sept jours dans les provinces Maritimes où il relate une excursion effectuée avec le syndicat de la presse.
    Dans l’intervalle, en 1881, Faucher a été nommé chevalier de la Légion d’honneur, en récompense de services rendus à la France. La même année, le gouverneur général, le marquis de Lorne [Campbell*], lui demande de collaborer à la création d’une académie : la Société royale du Canada [V. sir John William Dawson]. Bien perçu par ses pairs du milieu intellectuel, Faucher préside au choix d’une vingtaine d’éminents sociétaires canadiens-français. Il livre le discours d’inauguration de la section française des humanités à la séance d’ouverture, le 25 mai 1882. Malgré ses nombreuses occupations, il ne délaisse pas pour autant la vie journalistique : rédacteur au Journal de Québec de 1883 à 1885, il passe au Canadien, sous la direction de Joseph-Isräel Tarte*, en 18851886. Entre-temps, il collabore sporadiquement à la Presse (1884, 1885, 1889) et à l’Evénement, tout en s’acquittant de ses obligations envers les électeurs de Bellechasse.
    Membre de plusieurs sociétés littéraires, dont la Société des gens de lettres de France, et leur représentant officiel en Amérique du Nord, Faucher est souvent appelé à jouer un rôle d’ambassadeur culturel auprès de visiteurs étrangers au Québec. En retour, au cours de ses voyages en Europe, il tente d’introduire des œuvres canadiennes. Ces tentatives de rapprochements culturels ne seraient pas étrangères à l’attribution de prix de l’Académie française à Henri-Raymond Casgrain* (pour ses études historiques) ou à Louis-Honoré Fréchette* (pour ses recueils poétiques).
    Défait aux élections provinciales de mai 1890, Faucher se fait nommer greffier des procès-verbaux au Conseil législatif, poste qu’il conserve jusqu’à sa mort. Il poursuit son œuvre journalistique en rédigeant des chroniques pour le Monde illustré (1891–1892) et des études pour la Revue nationale (1895–1896). Ses dernières publications portent sur la langue française, notamment la Question du jour : resterons-nous français ? qui paraît en 1890.
    L’œuvre complète de Narcisse-Henri-Édouard Faucher de Saint-Maurice compte près de 5 000 pages, ce qui le range parmi les littérateurs canadiens-français les plus féconds du xixe siècle. Néanmoins, les historiens de la littérature le relèguent habituellement parmi les écrivains de seconde zone, parce qu’il n’a pas laissé d’ouvrages vraiment substantiels. Probablement à cause de son tempérament spontané et un peu désordonné, ses essais, souvenirs et récits de voyage donnent l’impression d’avoir été rédigés à la hâte. Laurent-Olivier David*, ancien confrère à l’Opinion publique, résumait bien l’idée qu’on se faisait de lui : « Cet homme d’esprit avait une manie, la manie des grandeurs, la passion des honneurs, des décorations et un désir insatiable de se singulariser, qui lui a fait perdre une partie de sa vie à mystifier ses contemporains. »Le discours d’inauguration de la section française de la Société royale du Canada que Narcisse-Henri-Édouard Faucher de Saint-Maurice a prononcé a paru dans SRC Mémoires, 1re sér., 1 (1882–1883), sect. i : 1319. Sur l’œuvre de Faucher, on consultera : Raoul Renault, Faucher de Saint-Maurice : son œuvre (Québec, 1897) et DOLQ, 1.
    ANQ-Q, CE1-1, 19 avril 1844, 25 mai 1868, 5 avril 1897.— Cyclopædia of Canadian biog. (Rose et Charlesworth), 1 : 277.— J. Desjardins, Guide parl., 185.— Le Jeune, Dictionnaire, 1 : 619.— RPQ.— Wallace, Macmillan dict.— L.-O. David, Souvenirs et Biographies, 1870–1910 (Montréal, 1911), 127–134.— Alfred Duclos De Celles, « Souvenirs », Almanach du peuple, 1905 : 268–276.— Edmond Lareau, Histoire de la littérature canadienne (Montréal, 1874), 320–322.— Serge Provencher, « Présentation », N.-H.-É. Faucher da Saint-Maurice, Contes et Récits (Montréal, [1977]), 5–19.— L.-H. Taché, « Faucher de St-Maurice », les hommes du jour : galerie de portraits contemporains, L.-H. Taché, édit. (32 sér. en 16 vol., Montréal, 1890-[1894]), sér. 1.— « La Famille Berthelot d’Artigny », BRH, 41 (1935) : 15.— Gérard Parizeau, « Faucher de Saint-Maurice : écrivain, journaliste, député, président de la section française de la Société royale du Canada », SRC Mémoires, 4e sér., 7 (1969), sect. i : 207–230.— Charles Robillard, « Réminiscences d’un vieux journaliste ; galerie nationale ; Faucher de Saint-Maurice », la Patrie, 20 déc. 1942 : 17–18.— P.-G. Roy, « le Lieu de naissance de Faucher de Saint-Maurice », BRH, 29 (1923) : 33–35.— J.-B. Bérard, « Étude littéraire : M. Faucher de St. Maurice », Rev. canadienne, 11 (1874) : 914–926.— Paul de Cazes, « Pour Faucher de Saint-Maurice », la Rev. des deux Frances (Paris), 1 (oct. 1897) : 22–24.
    Date de création : 2012-04-01 | Date de modification : 2012-04-01

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