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    Mine antipersonnel

    Semaine de sensibilisation aux mines antipersonnel. Hugo Hotte, ambassadeur jeunesse pour l'action contre les mines antipersonnel de l’UNICEF a organisé cette rencontre d’information avec deux militants : Charlie Avendaño, d’Action Mines Canada, et Charles Ndayiziga, de la Campagne du Burundi pour l’interdiction des mines terrestres. Cette rencontre publique était la première d’une série organisée dans le cadre de la semaine canadienne de sensibilisation aux mines antipersonnel. 1er mars 2004.


    Quelques types de mines et de munitions trouvés sur certains champs de bataille récents
    Crédit : U.S. Department of Defense Deployment Health Support

    Définition


    Types de mines

    Il existe essentiellement deux genres de mines terrestres – la mine antichar (ou anti-véhicule) et la mine antipersonnel. En tout, on compte plus de 200 différents types de mines terrestres, fabriquées dans plus de 50 pays. Elles vont de la simple boîte de bois chargée de dynamite à la mine «magnétique» perfectionnée qui peut être calibrée pour exploser sous la partie la plus vulnérable d’un véhicule. Les mines sont conçues pour être enterrées à la main, larguées d’un aéronef ou tirées d’un «projecteur de mines» ressemblant à un canon, qui peut lancer des mines jusqu’à une distance de 36 mètres.

    Selon le genre de blessures qu’on veut infliger, on peut se servir de deux types de mines antipersonnel: à effet de souffle ou à déflagration. Les mines à effet de souffle causent des blessures en provoquant une explosion vers le haut, qui détruit une partie de la jambe et fait pénétrer de la saleté et des débris dans la blessure. Après le démembrement initial, l’infection progresse et exige souvent, avec le temps, l’amputation d’une autre partie de la jambe. Les mines les plus courantes de ce type sont la M-14, de fabrication américaine et dotée d’une enveloppe plastique, et les PMN et PMN 2, de fabrication soviétique. Il s’agit des deux mines de prédilection utilisées au Cambodge et qui ne peuvent être désamorcées.

    Les mines à fragmentation explosent sous l’effet d’une pression ou grâce à un déclencheur à fil tendu. Des fragments de métal ou de plastique sont alors projetés dans un «rayon létal». La victime peut souffrir de traumatismes, être mutilée et mourir lentement ou rapidement, selon la puissance de la mine et la proximité à laquelle elle se trouvait de celle-ci. Parmi les mines à fragmentation, on retrouve le modèle soviétique POMZ-2, la Claymore USM-18 et la Valsella Valmara 69, produite en Italie et à Singapour. La Claymore a un rayon létal de 50 mètres, et la Valsella projette plus de 1 000 fragments de métal dans un rayon de plus de 25 mètres. Les «mines bondissantes», celles qui bondissent vers le haut comme leur nom l’indique, comprennent le modèle soviétique OZM-3, qui peut détruire tout ce qui se trouve dans un rayon de 25 mètres, et la M-16, de fabrication américaine.

    Il va de soi que les mines antichar sont plus grosses et possèdent des charges plus puissantes – jusqu’à 10 kilogrammes d’explosifs comparativement à quelques grammes dans la plupart des mines antipersonnel. Une mine antichar peut peser jusqu’à 15 kilogrammes. Cependant, c’est la mine antipersonnel qui fait le plus de ravages parmi les populations civiles.

    Déploiement et déminage

    Le déploiement stratégique des mines terrestres peut assurer une protection efficace des bases militaires et des installations clés. Ces mines peuvent servir à protéger des flancs découverts, à empêcher l’ennemi d’emprunter des routes et d’occuper des positions stratégiques, à restreindre son champ de manoeuvre et à le forcer à déployer ses unités là où elles seront le plus vulnérables. Elles peuvent également appuyer l’artillerie lourde.

    Cependant, bien que les mines terrestres aient des applications militaires bien déterminées, elles feront nécessairement, en raison de leur nature, de leur conception et de leur déploiement en grand nombre, des victimes parmi la population civile. En particulier, lors d’opérations anti-guérilla où le contrôle du terrain change souvent de main, le déploiement de mines aura des conséquences longtemps après la fin des hostilités. Ce n’est pas une coïncidence qu’il y ait alors des pertes civiles, mais un fait inévitable.

    La neutralisation des mines exige une formation spécialisée et demeure un processus fastidieux et dangereux. Les mines sont souvent conçues et posées pour en rendre la détection la plus difficile possible. En outre, les progrès technologiques aggravent le problème parce que la plupart des mines modernes sont maintenant faites de plastique et peuvent ne contenir que d’infimes particules de métal, voire aucune. Les nouveaux modèles peuvent également contenir des allumeurs électroniques perfectionnés qui rendent le déminage encore plus dangereux.

    Source: Wolfgang Koerner, Mines terrestres. Division des affaires politiques et sociales, Direction de la recherche parlementaire, Bibliothèque du Parlement canadien (étude MR 141f, 23 septembre 1996; révisé le 3 décembre 1996)

    Enjeux


    Ce qu’il y a sans doute de plus ironique à propos des systèmes d’armes modernes, c’est que ce sont les mines les plus petites et les moins chères, à savoir les mines antipersonnel, qui causent les plus graves blessures. En 1994, on estimait que plus de 110 millions de mines antipersonnel étaient éparpillées dans 64 pays, et que chaque semaine, elles tuaient ou mutilaient 500 personnes, pour la plupart des civils. Selon les Nations Unies, entre deux et deux millions et demi de mines additionnelles ont été posées en 1995, alors que seulement 100 000 ont été enlevées grâce aux efforts internationaux en matière de déminage. En outre, on croit que 100 millions de mines sont stockées.

    Le problème des mines terrestres est aggravé du fait qu’il en coûterait de 200 à 300 milliards de dollars pour déblayer tous les champs de mines du monde entier. Il en coûterait au moins 600 millions de dollars pour n’enlever que les mines nouvellement posées au cours d’une année donnée. En 1993, les Nations Unies ont consacré 67 millions de dollars à des programmes de déminage et de sensibilisation au danger des mines, ce qui est à peine suffisant pour se pencher sérieusement sur la gravité de la situation.

    Il peut en coûter jusqu’à 1 000 $ pièce pour enlever des mines qui se vendent pour aussi peu que trois dollars sur le marché libre. Si on les laisse en place, elles peuvent continuer à causer des blessures longtemps après leur pose. Compte tenu de la nature des blessures subies, les coûts économiques et humains peuvent être renversants. En Afghanistan, on estime qu’il faut compter 5 000 $ pour assurer le traitement et la réadaptation de chaque personne ayant survécu à l’explosion d’une mine. L’économie fragile de nombreux pays infestés de mines ne peut supporter ni le coût des programmes de déminage ni celui de la réadaptation des victimes. Ce qui est le plus pathétique, c’est que la majeure partie du million de victimes de mines terrestres en Afghanistan sont des enfants.

    La situation est tout aussi alarmante en Angola, où l’on estime que de neuf à vingt millions de mines terrestres ont été posées. Au moins 15 000 Angolais ont dû être amputés après avoir sauté sur une mine. La moitié d’entre eux sont des soldats, l’autre, des civils. De tous les pays aux prises avec des problèmes de mines terrestres, c’est le Cambodge qui se trouve dans la situation la plus grave. On estime qu’il s’y trouve entre sept et neuf millions de mines terrestres et qu’en conséquence, plus de 300 Cambodgiens sont tués ou mutilés chaque mois. La plupart des victimes sont des femmes et des enfants qui vaquent à leurs occupations quotidiennes. Pays de huit millions d’habitants, le Cambodge compte plus de 30 000 amputés, soit une personne sur 236.

    Vers une interdiction générale

    Étant donné l’ampleur du problème international des mines terrestres, un consensus a lentement commencé à se dégager concernant la nécessité d’interdire les mines antipersonnel. Le Canada a convenu d’en interdire à la fois la production et l’exportation. En 1992, les États-Unis ont adopté une loi imposant un moratoire d’un an sur la vente, l’exportation ou le transfert de mines antipersonnel. Ce moratoire a par la suite été prolongé de quatre autres années. En septembre 1994, le président Clinton a appuyé l’idée de «l’élimination ultérieure» des mines antipersonnel et, la même année, les États-Unis ont parrainé une résolution en ce sens devant l’Assemblée générale des Nations Unies. La résolution a été adoptée par concensus en décembre 1994.

    Le 3 mai 1996, les négociateurs participant à la première conférence d’examen de la Convention sur les armes classiques ont approuvé la révision du protocole sur les mines terrestres (Protocole II), qui impose de nouvelles limites en ce qui concerne l’utilisation, la production et le transfert des mines antipersonnel. Les parties au Protocole de la Convention seront tenues d’intégrer des dispositifs d’autodestruction et d’autoneutralisation dans les mines antipersonnel utilisées à l’extérieur des régions marquées et surveillées ainsi que dans les mines mises en place à distance. Le protocole révisé exige également que toutes les mines terrestres antipersonnel produites après le 1er janvier 1997 contiennent des matériaux ou des dispositifs visant à les rendre plus faciles à repérer.

    On n’est pas parvenu à négocier une interdiction générale et immédiate des mines antipersonnel durant le processus d’examen, principalement en raison de l’opposition ferme d’un certain nombre de pays dont la Chine, la Russie, l’Inde et le Pakistan. Actuellement, plus de 40 pays appuient l’idée d’une telle interdiction. Une autre lacune du protocole concerne la difficulté de distinguer les mines antichar des mines antipersonnel. Le protocole de la Convention ne traite que de ces dernières. Les percées techniques sont toutefois telles que des mines «hybrides» – c’est-à-dire des mines ayant à la fois des caractéristiques antipersonnel et antichar – constituent une menace de plus en plus sérieuse. Les tentatives de réduction des dangers du déminage grâce à l’interdiction des mines équipées d’un dispositif antimanipulation sont demeurées vaines, en grande partie parce que ces dispositifs sont également placés sur les mines antipersonnel jointes aux mines antichar.

    Le Protocole II ne traite que des mines antipersonnel, mais il faut signaler que les mines antichar pourraient bientôt être suffisamment petites pour être dispersées et qu’elles seront déclenchées par un poids moindre. Ces mines sont dorénavant placées dans une enveloppe destructible préformée et elles sont optimisées afin de s’attaquer au personnel – c’est-à-dire qu’elles constituent dorénavant des dispositifs antipersonnel également. Ces mines hybrides ont poussé le Comité international de la Croix-Rouge (CICR) à remettre en question la définition de mine antipersonnel incluse dans le protocole : «mine principalement conçue pour exploser du fait de la présence, de la proximité ou du contact d’une personne et destinée à mettre hors de combat, blesser ou tuer une ou plusieurs personnes». Selon le CICR, «si des munitions sont conçues de manière à pouvoir être utilisées comme mines antipersonnel et à d’autres fins, elles devraient nettement être considérées comme une mine antipersonnel et être réglementées comme telles».
    Voici certains aspects plus positifs du Protocole II: * Il interdit d’utiliser des mines pour s’attaquer à la population civile sous peine d’être reconnu coupable de crime de guerre. L’ancien protocole ne parlait pas de cette question. Avec le nouveau régime, les individus (notamment les membres du gouvernement) seront tenus responsables de leurs actions et pourront faire l’objet de poursuites criminelles.
    * Il rend clairement la partie qui a installé les mines responsable de l’entretien ou de l’enlèvement des champs de mines. L’État qui a mis en place des mines doit les enlever, les préserver ou, si la situation l’exige, aider un autre État à s’en charger.
    * Il prévoit des mesures de protection précises pour les forces et missions internationales et fournit d’autres garanties de sécurité aux responsables du maintien de la paix en exigeant des rapports sur les mines ainsi que l’enlèvement de ces dernières.
    * Il renforce les exigences relatives à l’enregistrement et au marquage des champs de mines, ce qui permettra de mieux protéger les civils contre les mines terrestres.
    * Il fixe des rencontres internationales annuelles qui porteront uniquement sur le protocole relatif aux mines terrestres, ce qui permettra de faire en sorte que cette question continue d’avoir une grande priorité à l’agenda humanitaire international. Parmi les autres efforts déployés afin de régler le problème des mines terrestres, notons l’initiative prise par le Canada afin de convaincre la communauté internationale de ne pas se contenter des mesures visant les mines antipersonnel prises dans le cadre de la Convention sur les armes classiques, et de chercher plutôt à décréter une interdiction générale de ces types d’armes. Afin de poursuivre cet objectif, le gouvernement du Canada a été l’hôte d’une conférence stratégique internationale du 3 au 5 octobre 1996. Plus de 40 pays y ont pris part.

    Les participants ont formulé une déclaration en faveur de la conclusion, dans les plus brefs délais possibles, d’un traité interdisant les mines antipersonnel. (...) Certains pays, notamment le Canada, ont déjà pris unilatéralement certaines mesures visant à prohiber l’exportation des mines, à en freiner la production et à détruire les réserves existantes. (...)

    Source: Wolfgang Koerner, Mines terrestres. Division des affaires politiques et sociales, Direction de la recherche parlementaire, Bibliothèque du Parlement canadien (étude MR 141f, 23 septembre 1996; révisé le 3 décembre 1996)
    Date de création : 2012-04-01 | Date de modification : 2013-03-17
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