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    Impression du texte

    Michel Plourde

    Oeuvres

    PLOURDE, Michel. «Bilan de l'application des politiques linguistiques des années 70 au Québec» dans Actes du congrès "langue et société au Québec", tome 1, Québec, Éditeur officiel du Québec, 1984, p. 41-66.

    PLOURDE. Michel. La langue française au Québec, conférences et allocutions (1980-1985), CLF, Éditeur officiel du Québec, 1985, 307 p.

    Michel Plourde

    La politique linguistique du Québec, 1977-1987, Institut québécois de recherche sur la culture, coll. Diagnostic, Québec 1988.

    Documentation

     



    Une fresque monumentale: Le français au Québec - 400 ans d'histoire


    Claude-V. Marsolais
    La Presse

    LES QUÉBÉCOIS d'aujourd'hui seront sans doute surpris d'apprendre que l'on parlait un meilleur français en Nouvelle-France que dans la mère-patrie au XVIIe siècle.

    Voilà une des révélations contenues dans l'ouvrage collectif Le français au Québec: 400 d'histoire et de vie qui vient d'être édité par Les Publications du Québec et la maison Fides sous la direction de Michel Plourde. Un ouvrage magnifique, très soigné sur le plan graphique et riche en illustrations.

    Plus de 80 spécialistes ont accepté de dérouler, en un seul volume, les quatre cents ans d'histoire et de vie de la langue française au Québec. Cette fresque exceptionnelle et unique fait ressortir l'admirable continuité des actions accomplies pendant près de quatre siècles par une collectivité plus dynamique qu'elle ne le croit, pour conserver et développer sa langue.

    L'ouvrage ne cache pas cependant que la langue française au Québec a connu de graves difficultés entre 1850 et 1960 au point où les Canadiens anglais décrivaient la langue parlée des francophones comme étant du french-canadian patois. Il faudra attendre la Révolution tranquille pour qu'un redressement marqué redonne à la langue française ses titres de noblesse, que la langue commune soit un facteur de rassemblement, de solidarité face à l'avenir, voire le fondement de l'identité collective.

    D'abord un français parisien

    Quelle était la situation au XVIIe siècle jusqu'à la fin du régime français? Divers témoignages rapportés par les missionnaires Chrestien Le Clerc, François-Xavier de Charlevoix, et des observateurs tel le naturaliste Pehr Kalm, qui a séjourné en Amérique du Nord de 1748 à 1751, confirment qu'on parlait en Nouvelle-France un français «pur», sans accent, semblable au parler parisien.

    Or, en France à cette époque, plus on s'éloignait du Bassin parisien plus on parlait un patois régional. Et il y avait autant de patois qu'il y avait de régions. Une trentaine.

    Comment se fait-il que les premiers colons issus de différentes régions de la France parlaient un meilleur français? Un des collaborateurs du livre, Lothar Wolf, éclaircit le mystère en signalant qu'au XVIIe siècle, 53 % des colons provenaient du Bassin parisien comparativement à 38 % des provinces périphériques. Par ailleurs, la majorité des colons provenaient des villes de France, et en majorité des grandes villes, où le français officiel était couramment parlé. Même le niveau d'instruction des premiers colons était supérieur à celui des Français.

    Ces deux facteurs, l'origine des premiers colons et une meilleure éducation, expliquent que le français parlé à la Cour du roi s'est imposé plus rapidement en Nouvelle-France que dans la mère patrie.

    Anglicisation

    Après la Conquête en 1760, le français devient une langue sans statut officiel. Dans un premier temps, parce que les Canadiens demeurent largement majoritaires, on est donc forcé de communiquer avec eux en français. Les journaux et la justice deviennent bilingues et les membres de la première Assemblée législative en 1792 décideront eux-mêmes d'employer le français à côté de l'anglais et ils éliront Jean-Antoine Panet, un unilingue francophone, comme premier président de l'assemblée législative.

    Londres ne s'objectera pas à l'utilisation des deux langues à la condition que «tout bill (projet de loi) soit passé en anglais».

    Des tentatives d'anglicisation, notamment par l'arrivée massive d'immigrants anglophones, se succèderont pendant cette période. Montréal deviendra majoritairement anglophone entre 1831 et 1867. De plus l'union forcée des deux Canadas en 1840 viendra concrétiser le dessein bien arrêté d'angliciser les Canadiens qui se retrouveront minoritaires en 1851.

    Au cours de la période 1760-1850, la langue française survit et se développe en vase clos. Elle est surtout en contact avec l'anglais, si bien que vers la fin de cette période, les Canadiens vivent dans un espace visuel (affichage, etc.) complètement anglais. Les journaux et les tribunaux créent un bilinguisme bâtard et la langue est envahie par les anglicismes. Après l'Acte d'Union des deux Canadas sanctionné à Londres le 23 juillet 1840, le français est éliminé de la législature. Dès le début le chef politique Louis-Hippolyte Lafontaine passera outre à cette interdiction en s'exprimant en français devant l'assemblée et avec Louis-Joseph Papineau, lors de son retour d'exil en 1844, il se battra pour la reconnaissance du français. Une adresse à l'intention de Londres est finalement adoptée par les deux chambres en 1845. Le parlement impérial abolira par la suite l'article de l'Acte d'Union qui restreignait l'usage de la langue française et laissera aux coloniaux le soin de régler l'affaire.

    Il faudra attendre la Confédération en 1867 avant que le français ne regagne son statut politique et juridique. Mais même au Québec où il devrait dominer, on lui donne un statut égal à l'anglais.

    Dégradation

    De 1850 à 1960, la langue française perd de son prestige et se dégrade à la faveur de la domination de l'économie par les anglophones. On exige des Canadiens français qu'ils soient bilingues et on leur interdit le droit à l'école française dans les autres provinces. Un très grand nombre (900 000) acculé à la misère par le manque de terres à cultiver quitteront le Québec pour tenter leur chance aux États-Unis.

    Ballottés entre l'autodéfense et l'auto dépréciation, les Canadiens français mèneront un combat de résistance voire de survivance. La langue française avec ses particularismes canadiens est ravalée au rang d'un French Canadian patois. Or, les gouvernements du Québec qui se succèderont s'intéresseront peu à la langue si ce n'est pour revendiquer l'utilisation des deux langues sur les billets de banque et les timbres-poste et le bilinguisme dans les communications entre les compagnies de services publics (transports ferroviaire et maritime, télégraphe, téléphone et électricité) et leurs abonnés, une initiative du député Armand Lavergne en 1910.

    Ces mêmes gouvernements ne se préoccupent guère plus de l'éducation qu'ils laisseront au clergé. Au début des années 1900, le quart de la population québécoise âgée de plus de neuf ans ne savait ni lire ni écrire et il faudra attendre l'année 1942 avant que l'instruction ne devienne obligatoire.

    Révolution

    La Révolution tranquille amorcée en 1960 avec l'élection de Lesage permettra à la société québécoise de reprendre en main tous les leviers de son affirmation et de son existence propre.

    Sur le plan linguistique, on va s'en prendre à la fois au bilinguisme intégral et à cette espèce de langue en décomposition qu'est le joual.

    Les quarante dernières années ont été marquées par l'adoption de lois linguistiques, les lois 22 et 101 au Québec dont l'objectif est de faire du français la langue officielle et la langue normale et habituelle de toutes les activités publiques. De son côté, le gouvernement fédéral fait adopter la Loi sur les langues officielles qui prône le bilinguisme et la Loi constitutionnelle de 1982 qui s'oppose à la Loi 101 en matière de fréquentation scolaire. En 1988, avec la loi C-72, Ottawa élargira son pouvoir d'intervention en vue de favoriser l'égalité de statut et d'usage du français et de l'anglais dans la société canadienne. Donc, deux visions qui s'opposent.

    Dans sa conclusion, l'ouvrage historique sur les 400 ans du français au Québec constate un retournement majeur au cours des dernières décennies puisque dans l'emploi et la rémunération, la situation n'est plus désavantageuse pour les francophones. De même, la proportion des enfants d'immigrants fréquentant l'école de langue anglaise s'est renversée du tout au tout en faveur de la langue française.

    Michel Plourde avertit le lecteur que l'édifice linguistique demeure néanmoins fragile. Il se peut que le consensus social s'effrite à la longue si on ne prend pas les moyens d'en faire voir constamment le bien-fondé, écrit-il, en ajoutant que la langue française aura toujours besoin d'être soutenue par des mesures particulières, volontaristes et parfois coûteuses.

    Signalons encore une fois l'excellente tenue de l'ouvrage qui contient 516 pages sur papier glacé, des dizaines de reproductions de peintures d'époque, d'illustrations, de photos et de tableaux, une bibliographie impressionnante, un index des thèmes et des noms propres et une chronologie.

    * * * *

    LE FRANÇAIS AU QUÉBEC: 400 ANS D'HISTOIRE ET DE VIE

    Collectif sous la direction de Michel Plourde avec la collaboration de Hélène Duval et de Pierre Georgeault

    Fides/ Les publications du Québec/ 516 pages

     



    Date de création : 2012-04-01 | Date de modification : 2012-04-01

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