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    Impression du texte

    Mars

    L’exploration spatiale sur Mars. Conférence de Francis Rocard, astrophysicien, dans le cadre de l'UTLS au lycée (2009)

    Histoire

    Histoire
    Mars et Gaia

    L’étude de Mars, planète morte jusqu’à preuve improbable du contraire, a été à l’origine de l' hypothèse Gaia, c’est-à-dire de l’idée selon laquelle l’ensemble terre-atmosphère est un être vivant. L'atmosphère fait partie de la biosphère. En 1960, on croyait encore qu'elles formaient deux sphères séparées.

    Reportons-nous à la décennie 1960. Mars a depuis longtemps la réputation d’être la planète qui ressemble le plus à la terre. On espère donc y trouver de la vie et la Nasa se charge de cette mission. Un certain James Lovelock est l'un des scientifiques qui cherchent la meilleure méthode pour prouver l’existence ou l’absence de la vie sur Mars. La plupart des membres de l’équipe étaient d’avis qu’il fallait envoyer sur Mars une sonde équipée pour détecter des traces de vie ou de pré-vie : microorganismses, protéines, acides aminés,etc.

    Au risque de se mettre à dos ses collègues, James Lovelock fit l’hypothèse qu’il suffirait d’analyser l’atmosphère autour de Mars pour conclure à l’absence ou à la présence de vie.
    Adoptant le point de vue d’un Martien étudiant la terre, il s’efforça d’abord de prouver l’existence de la vie sur terre par l’analyse de son atmosphère. Cette recherche marqua le début d’une révolution dans la conception des rapports entre la terre et son atmosphère de même qu'entre l’homme, la terre et le reste de l’univers.

    Au début de la décennie 1960, on croyait encore que les gaz constituant l’atmosphère terrestre étaient le produit de l’évolution de la matière inanimée et que leur existence ne devait rien à la vie terrestre. Avec cette vie, leurs rapports se limitaient, pensait-on, à des échanges sans conséquences notables sur la nature et la composition de l’atmosphère. On croyait par exemple que les rayons solaires brisaient la vapeur d’eau, produisant ainsi de l’oxygène. «L’oxygène, précise Lovelock, était censé n’être que le produit de la rupture de la vapeur d’eau et de la libération d’hydrogène dans l’espace, laissant un excès d’ oxygène libre.» 1

    Lovelock et Dian Hitchcock, qui menait les recherches avec lui, furent tout de suite frappés par le caractère instable de l’atmosphère terrestre.

    «Nos résultats nous convainquirent du fait que la seule explication possible que l'on puisse donner à l'existence hautement instable de l'atmosphère entourant la Terre résidait dans le fait que cette atmosphère était quotidiennement produite à la surface de la Terre, et que l'agent producteur était la vie elle-même. La réduction significative d'entropie — ou pour employer le langage d'un chimiste, l'état persistant de déséquilibre parmi les gaz atmosphériques — était en soi une preuve évidente d'une activité vitale. Prenez par exemple la présence simultanée de méthane et d'oxygène dans notre atmosphère. À la lumière du Soleil ces deux gaz réagissent chimiquement et donnent du dioxyde de carbone et de la vapeur d'eau. Le rythme de cette réaction est tel que pour préserver la quantité de méthane toujours présente dans l'air, un minimum de mille millions de tonnes de ce gaz doivent être introduites dans l'atmosphère chaque année. En outre, il existe vraisemblablement un moyen quelconque pour remplacer l'oxygène dépensé pour oxygéner le méthane, lequel nécessiterait une production d'oxygène deux fois supérieure à celle de méthane. Si l'on excluait l'hypothèse d'une production biologique de ces deux gaz, il n'y aurait pas, selon le calcul des probabilités, une chance sur cent qu'ils puissent se trouver sur terre en quantités toujours suffisantes pour maintenir constante la composition de l'atmosphère.» 2

    C’était là une preuve solide de l’existence de la vie sur terre. Et sur Mars? La conclusion s’imposait sans qu’il soit nécessaire d’envoyer à cette fin une sonde sur la planète. On connaissait déjà l’atmosphère autour de Mars, on savait qu’elle était stable et composée presque exclusivement de gaz carbonique.

    L’espoir de trouver de la vie sur Mars faisait partie des arguments utilisés par les autorités de la Nasa pour assurer le financement de leur institution. C’est l’une des raisons pour lesquelles la preuve de Lovelock fut reçue assez froidement. On envoya des sondes: Viking 1, Viking 2...La présence de la vie sur Mars, aujourd’hui ou dans le passé, semble de plus en plus improbable.
    C’est une chose, rappelons-le de prouver que la vie existe ou a existé sur Mars: il suffirait d’y trouver un être vivant ou un fossile, c’en est une autre de prouver qu’elle n’existe pas ou n’a pas existé. Il faudrait pour cela avoir exploré toute la planète.

    Quand nous aurons enfin compris l’interdépendance entre la vie sur terre et l’atmosphère, nous aurons aussi compris les conséquences de la pollution de l’air et, si nous faisons en sorte qu’elle continue de s’accroître, nous serons pleinement responsables des catastrophes qui en résulteront. Mais quelle est l’importance de la connaissance dans une humanité de plus en plus gouvernée par le désir et sa démesure?
    (J.D.)


    Notes
    1. James Lovelock, La terre est un être vivant, L'hypothèse Gaia, Champs-Flammarion, p.28
    2. Ibid. p.27

    ***

    M. F. Terby, Aréographie ou étude comparative des observations faites sur l'aspect physique de la planète Mars depuis Fontana (1636) jusqu'à nos jours (1873), Mémoires couronnés et mémoires des savants étrangers publiés par l'Académie royale des sciences, des lettres et des beaux-arts de Belgique, tome XXXIX, première partie. Bruxelles, F. Hayez, imprimeur de l'Académie royale, 1876

    Le siècle martien, note pour servir à l'histoire du roman planétaire.
    Spiritisme et transmigration vers les autres planètes.

    Doocumentation

    Documentation
    Les canaux de Mars: histoire d'un mythe, par Pierre North (Faculté des sciences, Université de Lausanne): article paru dans dans la revue Orion, no 264, p 235 (Societe Astronomique Suisse)
    Les canaux de Mars n'étaient qu'un formidable bateau, par Jean-Pierre Desfayes (Allez savoir! - magazine de l'Université de Lausanne, no 11, mai 1998)

    La planète rouge évoquée par le poète au nez rouge, Raoul Ponchon

    «Mon nez, on te prendrait pour un soleil couchant.
    Et souvent, crois-le bien, j'ai peur en te mouchant
    De changer quelque chose à la belle harmonie
    Que te donna le Vin, ce merveilleux Génie.
    Oui, tu montres, mon nez, aux rimeurs ébaubis
    L'incomparable éclat des plus brûlants rubis.


    [...]

    Pour toi, s'il te venait cette humble fantaisie,
    J'étancherais l'Europe et l'Afrique et l'Asie.
    Mieux que ça : pour te rendre au rouge Mars pareil
    Je biberonnerais à même le soleil.

    L'amour, ô mon cher nez, est tel que je te porte
    Que mes yeux pour te voir louchent d'étrange sorte.
    Ma bouche, ta voisine, est de belle couleur,
    Je n'en disconviens pas, mais, ô vivante fleur,
    Elle est ton humble esclave, et tu ne saurais croire
    Pour te complaire comme elle eut souci de boire.

    [...]


    Ta destinée est belle et ce n'est rien encor.
    Lorsque le Temps rapide, aux ailes de condor,
    Viendra, vieillard blasé sur le nez et les roses,
    Te rapprocher, hélas! de mes lèvres moroses,
    Sera-ce donc la fin de tes félicités ?
    Non, plus tard, au pays des éternels étés
    Tu reprendras, mon nez, ta splendeur coutumière,
    Tu deviendras toi-même un foyer de lumière.

    Dans le fourmillement des constellations,
    Fleur céleste de flamme
    aux pistils de rayons
    Et les hommes longtemps rediront ta mémoire,
    Cependant qu'insensible à cette vaine gloire,
    Tu t'épanouiras au sein du firmament
    Hypersuperlificoquentieusement.
    Date de création : 2012-04-01 | Date de modification : 2013-03-07
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