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    Impression du texte

    Lituanie

    Description

    "Un pays d'équilibre sur le plan géographique

    S'étendant sur plus de 65 000 km² (soit le double de la Belgique), la Lituanie est la plus grande des trois Républiques baltes: 373 km d'Est en Ouest et 276 km du Nord au Sud. Elle est bordée par la Pologne (110 km de frontières), l'enclave russe de Kaliningrad (303 km), la Lettonie (610 km) et la Biélorussie (724 km).

    La Lituanie, comme la Lettonie et l'Estonie est un pays de collines peu élevées, de plaine au sol aride et d'immenses forêts.

    C'est une extension de la grande plaine est-européenne. Pays façonné par l'érosion due au retrait des glaciers à l'ère quaternaire, l'altitude moyenne est d'environ 100 mètres. La monotonie des plaines est seulement rompue par de petites collines morainiques.

    Riche en lacs (environ 3 000, surtout à l'Est) et en multiples cours d'eau (18 ont 100 kms de cours dont le Niemen et la Neris), la Lituanie est l'Etat balte le moins ouvert sur la mer. La Lituanie a d'ailleurs longtemps tourné le dos à la mer, à la différence de ses deux voisines.

    Elle totalise en effet moins de 100 km de côtes, dont la majeure partie est occupée par la lagune de l'embouchure du Niemen et par les dunes impressionnantes de la presqu'île de Nerija que la délégation a pu admirer.

    La mer atténuant la continentalité du climat permet d'offrir un débouché maritime toute l'année. Les étés frais, avec de fortes précipitations, dessinent un paysage très verdoyant, la forêt couvre 28 % du territoire.

    Malgré des conditions naturelles médiocres (forte humidité, sols acides), il est important de souligner l'importance de la surface agricole arable qui couvre 40 % de la superficie de la République lituanienne.

    En outre, aucune frontière naturelle ne sépare la Lituanie de la plaine de Russie et de Biélorussie.

    Les Lituaniens ne manquent pas de signaler que l'IGN a calculé que le centre géographique de l'Europe se situait à 25 km de Vilnius, près du village de Bernotai.

    Le plus peuplé de tous les Etats baltes avec 3 720 000 habitants et une densité de 57 habitants au km², la Lituanie a pour capitale Vilnius. Elle se différencie ainsi de l'Estonie et de la Lettonie, qui toutes deux ont un port pour capitale -Tallinn et Riga. Vilnius, situé à 300 km de la mer au confluent de la Neris et de la Vilnia, compte actuellement plus de 600 000 habitants. D'autres villes importantes ont pu se développer au fil des ans: il s'agit de Kaunas, la capitale de l'entre deux-guerres qui regroupe 25 % des industries et près de 450 000 habitants; Klaipéda, l'ancien Memel, port lituanien depuis 1923 qui connaît un développement spectaculaire (...), mais aussi Alytus, Pavavezys, Siauliai, Marijampolé... (...)

    Chaque municipalité cherche à développer ses atouts (économique, culturel, touristique) et permet ainsi d'offrir un choix important à l'investisseur étranger.

    Ce "maillage" du territoire par des villes de plus de 50 000 habitants constitue un atout important pour la Lituanie. En effet, cette répartition de la population lituanienne autour de plusieurs centres urbains équilibrés permet de favoriser le développement économique du pays tout entier."


    La Lituanie: pays entre deux mondes. Rapport de mission (GA-22), Groupe sénatorial d'amitié France-Pays baltes, Sénat de la République française, 4 décembre 1998

    * * *


    "La Lituanie est un pays formé de basses plaines à l’ouest et de collines en pente douce à l’est. Le point culminant du pays est la Colline de Juozapines, près de Vilnius, haute de 294 mètres. Il y a de nombreux lacs dans la partie est du pays. La rivière Nemunas et ses nombreux affluents coulent vers l’ouest jusqu’à la Mer Baltique. Plus de la moitié de la côte est protégée par un banc de sable d’environ 100 kms de long et de moins de 4 kms de large, connu sous le nom de Flèche Curonienne. Aujourd’hui la Flèche est un parc national. On appelle le bras de mer entre le banc de sable et le continent le Lagon Curonien.

    Autrefois, la plus grande partie des terres étaient recouvertes d’épaisses forêts, mais au cours des années, les fermiers ont défriché les terres pour les cultures. Aujourd’hui, les zones boisées ne couvrent qu’un quart de la Lituanie. Des pins poussent le long de la côte et dans le sud, alors que des chênes abondent dans le centre. Des végétaux comestibles comme les champignons, les fraises sauvages, les airelles, les framboises et les myrtilles poussent dans les bois de pins du sud. Les nombreuses réserves naturelles et parcs nationaux abritent une faune sauvage diversifiée, dont des élans, des daims, des loups, des renards et des sangliers sauvages. Les cigognes blanches, les hérons, les oies, les canards, les cygnes, les aigles et les éperviers comptent parmi les espèces d’oiseaux.

    Le climat de la Lituanie est généralement tempéré mais frais. Les régions de l’est sont habituellement plus froides que la zone côtière. En hiver, entre novembre et mars, la température peut descendre jusqu’à –5 °C ou plus bas et une grande partie du pays est recouverte de neige. L’été, la température peut atteindre 22 °C, et il pleut souvent."

    Source: La Lituanie, Projet des Profils culturels, Centre Anti-Racism, Multiculturalism and Native Issues (AMNI), Faculté de travail social, Université de Toronto, avec l'aide de Citoyenneté et Immigration Canada (reproduction autorisée)

    * * *

    Le retour à la démocratie parlementaire

    "Après 50 ans de totalitarisme, la Lituanie a choisi de renouer avec le parlementarisme, déjà en vigueur dès la fin de la Première Guerre mondiale.

    La Constitution, approuvée par 56 % des électeurs, lors du référendum du 25 octobre 1992, comprend 154 articles. Elle met en place un régime parlementaire caractérisé par une séparation souple des pouvoirs. Néanmoins, certaines dispositions rappellent les régimes présidentiels.

    Le pouvoir législatif monocaméral est constitué d'une Diète, le Seimas. Le pouvoir exécutif est composé du Président de la République et d'un Premier ministre. (...)


    1. La mise en place d'un régime parlementaire spécifique

    a) Le bicéphalisme de l'exécutif

    Le pouvoir exécutif de la République de Lituanie est composé du Président de la République et d'un Gouvernement dirigé par un Premier ministre.

    Le Président de la République


    Élu au suffrage universel direct pour un mandat de 5 ans, renouvelable une fois, le Président de la République M. Valdas Adamkus, a été élu au second tour le 5 janvier 1998 avec une avance de 0,74 % sur M. Paulanskas.

    Il a succédé à M. Algirdas Brazauskas, Président de la République de 1993 à 1998 (...).

    Conformément à la constitution, le Président dirige la politique étrangère, signe les accords internationaux, proclame l'état d'urgence, nomme les ambassadeurs ainsi que le Premier ministre après accord de la Diète. Il confirme, en outre, la composition du Gouvernement. Il peut mettre fin aux fonctions des différents ministres sur proposition du Premier ministre. Il présente chaque année à la Diète un rapport sur la politique intérieure et étrangère. Il peut demander au Seimas une nouvelle délibération sur la loi.

    Il peut dissoudre le Parlement, sous réserve des conditions posées par l'article 58, mais peut être révoqué par la Diète nouvellement élue conformément à l'article 87 de la Constitution.

    En cas de décès, démission ou autres cas de force majeure, mais aussi pendant ses déplacements à l'étranger, le Président de la Diète assure l'intérim, mais ne peut convoquer d'élections législatives anticipées ni nommer ou révoquer des ministres sans l'accord de l'Assemblée.

    Les candidats au poste doivent être citoyens lithuaniens de naissance, être âgés d'au moins 40 ans, avoir résidé dans le pays au cours des trois dernières années et être éligibles à la Diète. Est élu celui qui recueille, au premier tour, la majorité des suffrages représentant au moins la moitié des votants si la participation a dépassé 50 % des inscrits, ou le tiers dans le cas contraire. Si ces conditions ne sont pas satisfaites, un deuxième tour est organisé 14 jours après le premier, entre les deux candidats arrivés en tête : la majorité simple suffit alors. L'élu doit renoncer à toutes ses activités politiques.

    Signalons que le Président lituanien, de part son élection au suffrage universel direct et les pouvoirs qui lui sont attribués, joue un rôle plus important que ses homologues letton et estonien élus par le pouvoir législatif.

    Depuis, M. V. Landsbergis, les présidents de la République de la Lituanie ont joué un rôle éminent dans le retour à la démocratie.

    M. Landsbergis a été "l'homme clé" de l'indépendance lituanienne de 1990 à 1993. La lassitude de l'électorat devant la crise économique persistante - comme ont connue tous les pays de l'ancienne Europe de l'Est ayant accédé à l'indépendance - a permis à A. Brazauskas, ancien Premier secrétaire du parti communiste de Lituanie, d'accéder à la Présidence de la République de 1993 à 1998. M. A. Brazauskas s'est illustré par son pragmatisme à la tête de Lituanie. Comme il ne souhaitait pas briguer un second mandat, la Lituanie a porté à sa tête M. V. Adamkus, lituano-américain, classé au centre droit, qui a recueilli 49,87 % des voix contre 49,31 % pour M. Paulanskas, ancien procureur général.

    Le Gouvernement


    Le Gouvernement de la République de Lituanie est composé du Premier ministre et des ministres.

    Le Gouvernement administre les affaires du pays, assure l'inviolabilité du territoire de la République de Lituanie, garantit la sécurité de l'Etat et l'ordre public; il exécute les lois et les résolutions du Seimas sur l'application des lois ainsi que les décrets du Président de la République et coordonne l'activité des ministres et des autres institutions gouvernementales. Il prépare le projet de budget de l'Etat et le soumet au Seimas, assure l'exécution du budget de l'Etat et soumet au Seimas le compte rendu de son exécution. En outre, il prépare les projets de loi et les soumet au Seimas pour examen, il noue des liens diplomatiques et entretient des relations avec les Etats étrangers et avec les organisations internationales.

    Le Gouvernement est solidairement responsable devant le Seimas. Il appartient au Premier ministre de diriger l'activité du Gouvernement.

    Celui-ci doit démissionner lorsque le Seimas n'approuve pas, deux fois de suite, le programme du Gouvernement nouvellement formé et lorsque le Seimas, à la majorité des votes de l'ensemble de ses membres et au scrutin secret, exprime la défiance à l'égard du Gouvernement ou du Premier ministre. Cette démission est de droit lorsque le Premier ministre démissionne ou décède ou après l'élection du Seimas, lorsqu'un nouveau Gouvernement a été formé.

    Par ailleurs, un ministre doit démissionner lorsque plus de la moitié de l'ensemble des membres du Seimas a voté, au scrutin secret, la défiance à son encontre
    .

    (...)

    b) Le choix du monocaméralisme

    Trois raisons essentielles peuvent être invoquées pour expliquer ce choix du monocamérisme que l'on retrouve dans les trois Républiques baltes.

    Tout d'abord des parlementaires baltes ont reconnu que dans l'urgence législative suscitée par l'indépendance et la nécessité d'aller vite dans la refonte des institutions et de l'ensemble de la législation dans tous les domaines d'activité, l'instauration d'une seule Chambre est apparue plus judicieuse. De même, la taille de ces pays a été déterminante dans le choix du monocamérisme. La Lituanie compte moins de 4 millions d'habitants, l'Estonie 1,5 millions d'habitants et la Lettonie à peine 2,6 millions. Enfin, le fonctionnement d'un Parlement monocaméral est moins coûteux que celui de deux assemblées. La situation économique de ces jeunes Républiques au début des années 1990 justifie une telle restriction.

    La Diète lituanienne compte 141 membres élus pour quatre ans au suffrage universel direct. La loi électorale révisée en juin 1996 organise un système mixte de désignation, associant scrutin de liste proportionnelle et scrutin majoritaire à deux tours.

    Tous les citoyens d'au moins 25 ans -à l'exception des militaires, policiers, gardes nationaux- peuvent être élus.

    Des élections anticipées au Seimas peuvent être organisées par décision du Seimas, adoptée par une majorité d'au moins trois cinquièmes des voix de l'ensemble de ses membres. C'est le cas également:
    - si le Seimas n'a pas pris de décision sur le nouveau programme du Gouvernement dans les trente jours qui suivent sa présentation, ou si le Seimas a désapprouvé deux fois de suite le programme du Gouvernement dans les soixante jours qui suivent sa première présentation ;
    - sur proposition du Gouvernement, si le Seimas exprime sa défiance au Gouvernement.
    Après avoir prêté serment, un membre du Seimas ne peut pas exercer d'autres fonctions dans des institutions ou des organisations de l'Etat, ni avec un emploi dans les affaires, dans le commerce et au sein d'autres institutions ou entreprises privées. Il existe en outre une incompatibilité entre la fonction de membre du Seimas et une activité ministérielle.

    Les compétences du Seimas sont très larges (art. 107), à l'instar du Parlement letton et estonien : initiative législative concurremment avec le Président de la République et le Premier ministre, adoption des lois, acceptation ou rejet de la candidature du Premier ministre, examen et approbation éventuelle du programme du Gouvernement, contrôle de l'activité du Gouvernement via l'éventuelle défiance envers le Premier ministre ou un ministre, - par le biais notamment du procédé de l'interpellation -, ratification des traités, fixation des impôts et des prélèvements obligatoires, révocation du Président de la République dans certaines conditions...

    De plus, le Seimas examine et adopte les amendements à la Constitution, ces derniers devant être votés en termes identiques à trois mois d'intervalle, à la majorité des trois cinquièmes. En outre, il décide des référendums, établit les institutions d'Etat, nomme les juges, le contrôleur d'Etat et le Président du Bureau de la Banque de Lituanie, convoque les élections municipales et déclare l'administration directe, l'état de guerre et l'état d'urgence.

    Il existe une procédure d'impeachment applicable au Président de la République, aux députés et aux juges des trois Cours constitutionnelle, suprême et d'appel.

    Sur le plan de l'organisation, le Seimas comprend 13 commissions.

    Le Bureau est composé tout d'abord du Président de la Diète (M. V. Landsbergis depuis novembre 1996) qui assure l'intérim du Président de la République et signe les lois qui ne l'auraient pas été par le Chef de l'Etat dans les délais prescrits par la Constitution (article 71 de la Constitution). Sont ensuite membres du bureau, quatre vice-présidents (deux conservateurs, un chrétien démocrate et un centriste actuellement) ainsi qu'un chancelier qui prépare l'ordre du jour et supervise l'examen des projets de loi. Ce dernier est en outre responsable du travail du personnel du Seimas.

    On notera, par ailleurs, l'existence d'une conférence des Présidents. La Seimas se réunit deux fois par an pour deux sessions ordinaires (10 mars - 30 juin pour la session de printemps ; 10 septembre - 23 décembre pour la session d'automne). Selon l'article 64 de la Constitution, le Seimas peut décider de prolonger une session. Il est convoqué en session extraordinaire par le Président du Seimas sur proposition d'au moins un tiers de l'ensemble des membres du Seimas, et par le Président de la République dans les cas prévus par la Constitution.

    L'opposition dispose d'un réel pouvoir d'initiative législative ainsi que les citoyens lithuaniens puisqu'aux termes de l'article 68, un projet de loi peut être présenté au Seimas par 50.000 citoyens possédant le droit de vote.

    (...)

    c) La présence d'un contrôle de constitutionnalité effectif et l'organisation de la justice
    La Cour constitutionnelle a été mise en place en 1993. C'est le titre VIII de la Constitution (articles 102 à 108) qui en fixe les modalités.

    Elle est composée de 9 juges désignés pour un mandat de neuf ans non renouvelable. C'est la Diète qui les nomme par tiers, tous les trois ans, à parité parmi les candidats choisis par le Président de la République, le Président de la Diète et celui de la Cour suprême.

    Conformément à l'article 105 de la Constitution, la Cour constitutionnelle examine et adopte les décisions relatives à la conformité des lois de la République de Lituanie et les actes du Seimas à la Constitution de la République de Lituanie.

    La Cour constitutionnelle statue également sur la conformité à la Constitution et aux lois:
    - des actes du Président de la République;
    - des actes du Gouvernement de la République.
    La Cour constitutionnelle donne un avis sur la question de savoir: - s'il y a eu violation des lois électorales pendant les élections du Président de la République ou des membres du Seimas;
    - si l'état de santé du Président de la République lui permet de continuer à exercer des fonctions;
    - si des accords internationaux conclus par la République de Lituanie ne sont pas contraires à la Constitution.
    La Cour constitutionnelle est saisie par le Gouvernement, le cinquième des députés, les tribunaux et le Président de la République.

    Conformément à l'article 11 (titre IX) de la Constitution, les tribunaux de la République de Lituanie sont la Cour Suprême, la Cour d'appel, les tribunaux, les tribunaux de district et les tribunaux de canton.


    Les juges de la Cour Suprême et leur Président qui en est issu, sont nommés et révoqués par le Seimas sur proposition du Président de la République (article 112). Les juges de la Cour d'appel sont nommés par le Président de la République. En outre, c'est ce dernier qui nomme seul les juges et les présidents des tribunaux de district, des tribunaux de canton et des tribunaux spécialisés.

    Par ailleurs, la double nationalité n'est pas reconnue. Il n'y a pas de religion d'État, mais l'Etat reconnaît les églises traditionnellement influentes.

    Les quatre premiers titres de la Constitution lituanienne concernent l'Etat lituanien, l'individu et l'Etat, la Société et l'Etat et enfin l'économie nationale et le travail.


    d) Une organisation territoriale décentralisée

    Le titre X de la Constitution (articles 119 à 124) a trait à l'autonomie et à l'administration locales. (...)

    Il s'agit bien d'une décentralisation organisée par la loi. Les collectivités locales, conformément à l'article 121 de la Constitution, élaborent et approuvent leur budget et ont le droit, dans les limites et selon la procédure établies par la loi, de fixer les taxes locales. Elles peuvent prévoir des impôts et des redevances au compte de leur propre budget.

    Néanmoins des représentants nommés par le Gouvernement contrôlent le respect de la Constitution et des lois et l'exécution des décisions du Gouvernement par les collectivités locales.

    Le mandat des membres des Conseils des collectivités locales est fixé par la Constitution à deux ans.

    La délégation du groupe a pu rencontrer les autorités locales de Vilnius, Kaunas, Klaipéda et de la presqu'île de Nerija. Elle tient à souligner le dynamisme de ces élus. Ainsi, Vilnius n'en finit pas de rajeunir et de se moderniser ; Kaunas a mis en oeuvre un Forum de développement économique qui regroupe élus et entrepreneurs ; Klaipéda est en pleine expansion. Avec un volume de plus de 16 millions de tonnes, le port de Klaipéda, dont la délégation sénatoriale a pu mesurer l'étendue, se développe de façon spectaculaire. Des pourparlers sont en cours afin de rapprocher ce port avec celui du Havre.

    Enfin, ayant eu la possibilité de passer deux jours sur la presqu'île de Nerija, la délégation sénatoriale a pu mesurer les efforts accomplis par les autorités locales pour ouvrir cet endroit magnifique au tourisme. Le petit port de pêcheurs, la maison de Thomas Mann, les dunes quasi-sahariennes de Neringa, les stèles ethnographiques, les festivals musicaux et la présence de plages magnifiques sont autant d'atouts qui constituent pour ce lieu de véritables opportunités pour un développement touristique."


    La Lituanie: pays entre deux mondes. Rapport de mission (GA-22), Groupe sénatorial d'amitié France-Pays baltes, Sénat de la République française, 4 décembre 1998

    Source : CIA - The World Factbook (domaine public)

    Carte détaillée (Quid)
    Cartes de la Lituanie (Perry-Castañeda Library Map Collection, University of Texas at Austin, É.-U.)

    Histoire

    Histoire
    "Peuplé dès la fin du troisième millénaire par des populations indo-européennes de la civilisation des "poteries cordées", le territoire a rassemblé pendant le premier millénaire de notre vie des sédentaires qui se consacraient à l'élevage et à l'agriculture sous la forme collective. Peu à peu, la propriété est devenue la règle. C'est à ce moment là qu'une tribu, devenue peu à peu nationalité, s'est transformée en principauté pour donner forme à la Lituanie. C'est en 1009 qu'il est fait mention pour la première fois de la Lituanie dans un document écrit. Après de multiples conflits avec ses voisins -et notamment après la conquête de la Biélorussie-, une certaine unité territoriale lituanienne voit le jour dès le XIIe siècle. Ces terres lituaniennes, sur lesquelles régnait Ringaudas (1204-1239), premier Grand Duc d'un Etat unifié, étaient néanmoins assez isolées dans une Europe chrétienne.

    C'est en 1251 que le fils de Ringaudas, Mindaugas, se convertit au christianisme pour retirer aux ordres monastiques (teutoniques et porte-glaives) tout prétexte à leurs incursions.

    Les objectifs des Teutoniques n'étant pas exclusivement religieux, les successeurs de Ringaudas eurent beaucoup de mal à freiner leur expansion.

    Cette situation dura jusqu'au règne de Gédiminas qui fonda Vilnius - devenue capitale en 1322. Il repoussa les envahisseurs venus de l'Est - surtout les Tatars -, fit entrer la Biélorussie et la Grande République de Novgorod dans le giron du Grand duché et assura le pouvoir lituanien sur un immense domaine s'étendant de la Baltique aux abords de la mer Noire et du Bug occidental à Mojaisk en Moscovie.

    Durant la seconde moitié du XIVe siècle, la Lituanie se rapproche de la Pologne pour faire barrage à la poussée allemande. Du mariage de la Reine de Pologne Hedwige avec le Grand Duc Jogaila (ou Jagellon) et de l'Union personnelle de Krewo naquit une grande puissance qui s'étendait sur 1.200.000 km², de l'Oder au Dniepr. La Lituanie conserva dans cet ensemble son identité puisque Vytautas, cousin de Jagellon, régnait à Cracovie. C'est à cette époque que la Lituanie connut son apogée, la bataille de Grünwald - ou Zalgnis, Tannenberg - marquant le déclin de l'ordre des Chevaliers teutoniques.

    À la mort de Vytautas et jusqu'au milieu du XVIe siècle, on constate une assimilation croissante de la Lituanie à la Pologne sous la dynastie des Jagellon. L'Union de Luben en 1569 fit de la Lituanie une province polonaise même si les Lituaniens conservaient un droit, un Gouvernement, une armée, des tribunaux , des finances et une administration propre.

    La Lituanie fut donc soumise, d'une part, à une "polonisation" importante au XVIIe siècle et, d'autre part, dû faire face aux guerres contre la Russie et la Suède (milieu du XVIIe et début XVIIIe siècle) qui amputèrent le Grand Duché de ses territoires septentrionaux orientaux.

    En 1795, après le troisième partage de la Pologne, la Lituanie se trouva absorbée par l'Empire russe qui pratiqua au XIXe siècle une brutale politique d'assimilation provoquant de nombreux soulèvements. Ainsi, face à une "russification intégrale" se dressa peu à peu un phénomène de renaissance nationale comme le qualifie M. Yves Plasseraud dans son ouvrage sur les Etats baltes.

    Sous occupation allemande durant la Première Guerre mondiale, la Lituanie fut reconnue comme État indépendant à Brest-Litovsk en mars 1918. Mais, l'occupation bolchevique entraîna l'instauration en Lituanie d'une République socialiste-soviétique le 16 décembre 1918.

    L'intervention des Alliés puis des Polonais permit aux Lituaniens de garder leur indépendance tout en perdant Vilnius et sa région occupées par la Pologne à partir de 1920.

    Un régime parlementaire s'installa en Lituanie, soumis à une forte instabilité gouvernementale. En 1923, la Lituanie annexa Klaipéda, ville administrée par la France depuis 1920.

    Le 17 décembre 1926, un coup d'État installa à la Présidence de la République, Smetona, chef du petit parti de l'Union nationaliste. Dès avril 1926, la loi martiale fut décrétée et une nouvelle Constitution autoritaire fut établie en 1928.

    Malgré un certain retour au système représentatif en 1938, Smetona exerça jusqu'en 1940 un pouvoir autoritaire se limitant néanmoins au champ du politique, n'intervenant pas dans les domaines culturel, religieux et économique.

    Par un ultimatum en date du 20 mars 1939, Hitler contraignit la Lituanie à restituer le territoire de Memel à l'Allemagne. Le 23 août, le premier protocole secret annexé au pacte Molotov-Ribbentrop plaça la Lituanie dans la sphère d'intérêt allemande, la Lettonie se trouvant dans la sphère d'intérêt soviétique.

    À la suite de la conquête plus importante que prévue de la Pologne par les Allemands, la Lituanie fut transférée dans un second protocole, en compensation dans la sphère d'intérêt soviétique. Dès juin 1940, l'URSS envahit les États baltes et procéda à une soviétisation forcée et brutale du pays devenu République soviétique dès le 3 août.

    On estime ainsi le nombre de Lituaniens victimes de déportation, à environ 45 000.

    L'offensive de juin 1941 provoqua un soulèvement anti-russe, les Lituaniens croyant que les Allemands allaient restaurer leur État.

    Dès le 24 octobre 1944, l'occupation par l'Armée Rouge entraîna une communisation accélérée et une brutale oppression: se succédèrent de nouvelles vagues de déportation (plus de 60 000), ainsi que des persécutions religieuses et culturelles.

    La résistance armée anti-soviétique s'amplifia ("les Frères de la Forêt") mais fut totalement balayée au début des années 50.

    Comme le souligne M. Yves Plasseraud, "comme au XIXe siècle, lors de la première renaissance nationale, c'est au moment où le fond de l'abîme semblait avoir été atteint qu'intervient le sursaut".

    En 1972, le premier Samizdat du mouvement pour les Droits de l'Homme fut publié. Ronas Kalanta s'immola par le feu, les émeutes se multiplièrent ainsi que les revendications religieuses.

    En 1988, se créa le Mouvement lituanien pour la Perestroika qui donna naissance au Sajudis et revendiqua, avec le parti communiste lituanien, le retour à l'indépendance.

    Le dimanche 11 mars 1990, le Soviet suprême de Lituanie proclama l'indépendance de la Lituanie, considérée comme nulle dès le 15 mars par le Congrès soviétique des députés du peuple.

    Moscou, dès le mois d'avril, mit en place un blocus de la Lituanie. Les prises de position lettone et estonienne renforcèrent la détermination de M. Landsbergis, considéré comme la "bête noire" de Gorbatchev.

    Le chômage et le découragement croissant en Lituanie conduisirent à suspendre pendant 100 jours la déclaration d'indépendance afin d'entamer des pourparlers avec Moscou. La guerre d'usure se poursuivit jusqu'au 13 janvier 1991 avec l'assaut des forces spéciales soviétiques contre la télévision et le Parlement lituanien qui provoquèrent la mort de quinze Lituaniens.

    Le 9 février, les Lituaniens se prononcèrent à 90,4 % pour l'indépendance. Au printemps 1991, la démocratisation et l'anarchie soviétique permirent aux dirigeants baltes de sortir de leurs Parlements transformés en bunkers depuis les drames de janvier, et de venir plaider leur dossier auprès de certains responsables occidentaux. Le déplacement, notamment en Europe, du président lituanien V. Landsbergis eut à cette occasion une incidence déterminante.

    Le 29 juillet, la Russie et la Lituanie reconnurent mutuellement leurs indépendances. L'étrange coup d'Etat manqué du 19 août 1991 à Moscou précipite la reconnaissance internationale de la Lituanie indépendante.

    Après son admission à l'ONU le 17 septembre 1991, l'année 1992 se révèla riche en événements: en février, accord avec la Russie sur le retrait de l'Armée rouge; les 14 et 15 mai, première visite d'Etat d'un dirigeant occidental, M. François Mitterrand; en juin, référendum sur le retrait des troupes russes; en octobre, entrée en vigueur du Valonas à la place du rouble; le 25 octobre 1992, 56 % des électeurs approuvent une nouvelle constitution. Un nouveau Parlement fut constitué. M. Brazauskas, chef du parti démocratique du travail, en devint le Président, tout en faisant office de Président de la République jusqu'aux élections du 14 février 1993."


    La Lituanie: pays entre deux mondes. Rapport de mission (GA-22), Groupe sénatorial d'amitié France-Pays baltes, Sénat de la République française, 4 décembre 1998
    Date de création : 2012-04-01 | Date de modification : 2012-04-01
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