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    Chestov Léon

    Écrivain et philosophe russe (1866-1938). Ennemi de la pensée systématique et de la nécessité, Léon Chestov (né Lev Isaakovitch Schwarzmann) enseignait que la recherche philosophique authentique se fondait sur l'expérience du désespoir, primordiale pour l'homme, et non sur la raison: "Le tonnerre, les cris, tout cela est avant la raison", écrivait-il. Pour lui, la connaissance rationnelle, contraignante et limitée, s'opposait non seulement à la véritable philosophie, mais aussi à la foi qui est par essence une liberté absolue. C'est donc en rejetant les certitudes paralysantes de la connaissance rationnelle et en s'engageant dans une quête existentielle intégrale que l'homme, nous dit Chestov, sera véritablement libre. Athènes et Jérusalem (1938), son livre le plus important, est considéré par plusieurs comme le sommet de la prose philosophique russe. (Patrick Dionne)

    Biographie

    « Avec Chestov, il n'y a pas de place pour une position nuancée. C'est tout ou rien. Pas de demi-mesure. La passion de Dieu l'habite, violence inouïe qui se brisera contre le Royaume, à moins qu'elle ne s'en empare. Et l'idée de philosophie correspond à cette tension de l'âme que la physiologie n'a pas encore expliquée. Le volontarisme de Chestov relève d'une sphère préobjective et désigne le sens de la création. "Le tonnerre, les cris, tout cela est avant la raison" (Chestov, Athènes et Jérusalem, p. 252). Comme l'a signalé Nicolas Berdiaeff, "l'idée fondamentale de la philosophie russe est l'idée d'un existant concret, réel, précédant une conscience rationnelle". Elle signifie la liberté du "tout autre", celle qui implique la crucifixion de la raison raisonnante. La métaphysique, écrit Chestov, "est libre", elle "ne peut" ni "ne veut être une science". Inadaptable, elle se distingue des "pierres idéologiques" des systèmes comme des "pierres théologiques" des catéchismes. Elle est un acte de foi, un acte d'insatiable folie. Car cette genèse n'est pas circonscrite dans le temps, elle se poursuit. Chestov n'a pas cette "patience de limites" qui se trouve à la base des grandes avenues intellectuelles et qui, avec ses impératifs universels et son caractère de nécessité, entretient l'esclavage. Il veut s'éveiller et, pour ce faire, il abandonne tous les lieux communs. Chez lui, la désespérance infernale est percée par une espérance qu'elle précontient. Par là, Chestov tente de rejoindre les prophètes d'Israël pour s'écrier avec eux: "Mort, où est ta victoire? Dard, où est ton enfer?" Le Dieu qui n'exige pas l'impossible n'est pas Dieu, mais une vile idole. Et dans sa lutte inégale, solitaire, où Chestov trouve-t-il un appui, sinon auprès du Dieu de ses lointains ancêtres?
    * *

    Apocalyptique, sa pensée ne pouvait recevoir l'approbation des éducateurs publics. Ses écrits demeurent un véritable poison aux yeux des bâtisseurs de civilisations. Le bon sens estime bien plus un représentant de commerce ou un dialecticien, c'est-à-dire un Professor publicus ordinarius, qu'un penseur comme Léon Chestov. Qui peut vraiment le prendre au sérieux? L'homme a besoin de répit, disait Tchékov. Il a besoin de respirer et de dire: "Ah!que je me sens bien! Ah!que c'est merveilleux!" Il lui faut de la fermeté, des règles, un sol sous ses pieds. Mais Chestov n'offre aucune fondation qui rassure: il est simplement la voix qui clame dans le désert. Située aux confins de la vie, sa philosophie apparaît comme un risque inutile, un plongeon gratuit dans l'impossible aventure. Inégales, ses vérités n'attaquent personne et ne sont défendues par rien. "Elles se manifestent dans leur vitalité originelle, elles s'énoncent dans leur incompatibilité, et parfois elles se transfigurent. De ce révélateur, il me semble, nous avons davantage besoin que de tous les simplificateurs que nous proposent idéologues, mages et savants; il surprend une société rationalisée, conciliante, comme un héritage venu d'ailleurs." Vivre implique un affrontement qui peut nous briser. Mais si l'on va jusqu'au bout, le visage de l'homme resurgira peut-être de nouveau. Qui sait ? »

    ANDRÉ DÉSILETS, Léon Chestov. Des paradoxes de la philosophie, Québec, Éditions du Beffroi, 1984.

    Oeuvres

    Traductions françaises

    A. Livres

    Qu'est-ce que le bolchevisme? Berlin, Otto Elsner, 1920.

    Les Révélations de la mort. Dostoïevsky - Tolstoï. Traduit du russe par Boris de Schloezer. Paris, Plon, 1923. Réédité chez Plon, 1958.

    La nuit de Gethsémani. Essai sur la philosophie de Pascal. Traduit par M. Exempliarsky. Paris, Grasset, 1923.

    L'Idée de bien chez Tolstoï et Nietzsche (Philosophie et prédication). Traduit du russe par T. Rageot-Chestov et George Bataille. Paris, Éd. du Siècle, 1925. Réédité chez J. Vrin, 1949. [Édition originale russe: 1900]

    La philosophie de la tragédie. Dostoïevsky et Nietzsche. Traduit par Boris de Schloezer. Paris, J. Schiffrin, 1926. Réédité chez Flammarion en 1966. [Édition originale russe: 1903]

    Sur les confins de la vie. Apothéose du dépaysement. Traduit du russe par Boris de Schloezer. Paris, J. Schiffrin/Éd. de La Pléiade, 1927. Réédité chez Vrin, 1936. [Édition originale russe: 1905]

    Le pouvoir des clefs. Traduit par Boris de Schloezer. Paris, J. Schiffrin, 1928. Réédité chez Vrin en 1936, puis chez Flammarion en 1967. L'édition de 1967 est précédée de Rencontres avec Léon Chestov de Benjamin Fondane. [Édition originale russe: 1923]

    Pages choisies. Traduit par Boris de Schloezer. Paris, Gallimard, 1931.

    Témoin à charge. Paris, Denoël et Steele, 1936.

    Kierkegaard et la philosophie existentielle (Vox clamantis in deserto). Traduit par T. Rageot et Boris de Schloezer. Paris, Les Amis de Léon Chestov/Librairie philosophique J. Vrin, 1936. Réédité en 1972.

    Athènes et Jérusalem. Un essai de philosophie religieuse. Traduit du russe par Boris de Schloezer. Paris, Librairie philosophique J. Vrin, 1938. Réédité chez Flammarion en 1967, puis chez Aubier en 1992. Les éditions de 1967 et de 1992 sont précédées de L'obstination de Chestov par Yves Bonnefoy.

    « Sola Fide ». Luther et l'Église. Traduit par Sophie Seve. Paris, Presses Universitaires de France, 1957.

    Sur la balance de Job. Pérégrinations à travers les âmes. Traduit par Boris de Schloezer. Paris, Plon, 1958. Réédité chez Flammarion, 1971 (en tant que tome IV des Oeuvres de Chestov).

    L'homme pris au piège. Pouchkine - Tolstoï - Tchekhov. Traduit par Sylvie Luneau et Boris de Schloezer. Paris, Union générale d'éditions, 1966.

    Spéculation et révélation (Oumozrenie i Otkrovenie). Préface de Nicolas Berdiaeff. Traduit par Sylvie Luneau. Genève, L'Âge d'Homme, 1982. Collection « Slavica ». Recueil d'articles.

    Les grandes veilles. Traduit par Sylvie Luneau et Nathalie Stretovitch. Lausanne, L'Âge d'Homme, 1986. Collection « Slavica ». [Édition originale russe: 1911]

    Les commencements et les fins. Traduit par Boris de Schloezer et Sylvie Luneau. Lausanne, L'Âge d'Homme, 1987. [Édition originale russe: 1908]


    B. Articles

    « Les favoris et les déshérités de l'histoire. Descartes et Spinoza », Mercure de France, no 600, 15 juin 1923, pp. 640-674.

    « Dernier salut. À la mémoire de Jacques Rivière », La Nouvelle Revue Française, no 139, avril 1925, pp. 674-678.

    « Qu'est-ce que la vérité? », Revue philosophique de la France et de l'Étranger, nos 1-2, janvier-février 1927, pp. 36-74.

    « Spéculation et prophétie », Palestine, no 4, avril 1929, pp. 150-159; no 5, mai 1929, pp. 206-213; no 6, juin 1929, pp. 257-266; nos 7-8 juillet-août 1929, pp. 19-29; no 3 septembre 1929, pp. 130-145.

    « Richard Kroner », Revue philosophique de la France et de l'Étranger, nos 3-4, mars-avril 1931, pp. 288-304.

    « Martin Buber », Revue philosophique de la France et de l'Étranger, nos 11-12, novembre-décembre 1933, pp. 430-442.

    « Job ou Hegel? À propos de la philosophie existentielle de Kierkegaard », La Nouvelle Revue Française, no 240, mai 1935, pp. 755-762.

    « Kierkegaard et Dostoïevsky. Les voix qui clament dans le désert », Les Cahiers du Sud, no 181, mars 1936, pp. 170-200.

    « L'oeuvre de Dostoïevski », Les Cahiers de Radio-Paris, no 5, 15 mai 1937, pp. 449-475.

    « Soren Kierkegaard, philosophe religieux », Les Cahiers de Radio-Paris, no 12, 15 décembre 1937, pp. 1214-1242.

    « Le mythe et la vérité. À propos du livre de L. Lévy-Bruhl - La mythologie primitive », Philosophia, III, nos 1-4, 1938, pp. 60-71.

    « À la mémoire d'un grand philosophe, Edmund Husserl », Revue philosophique de la France et de l'Étranger, nos 1-2, janvier-février 1940, pp. 5-32.

    « Nicolas Berdiaeff. La gnose et la philosophie existentielle », Revue philosophique de la France et de l'Étranger, nos 1-3, janvier-mars 1948, pp. 2-35.

    « La logique de la création religieuse. À la mémoire de William James », Synthèses, nos 93-94, février-mars 1954, pp. 382-392.


    Traductions anglaises

    Chekhov and Other Essays. Ann Arbor, University of Michigan Press, 1966.

    Documentation

    Baranoff-Chestov, Nathalie. Bibliographie des études sur Léon Chestov. Paris, Institut d'études slaves, 1978.

    Baranoff-Chestov, Nathalie. Vie de Léon Chestov – I. L'Homme du souterrain, 1866-1929. Traduction du russe par Blanche Bronstein-Vinaver. Préface de Bernard Chouraqui. Éditions de la Différence, 1991. Coll. « Vers la Seconde Alliance »; Vie de Léon Chestov – II. Les dernières années, 1928-1938. Traduction du russe par Blanche Bronstein-Vinaver. Éditions de la Différence, 1993. Coll. « Vers la Seconde Alliance ».

    Désilets, André. « L'oeuvre de Léon Chestov: une introduction à la philosophie paradoxale », Contacts, no 112, 4e trimestre, 1980, pp. 331-336.

    Désilets, André. Léon Chestov. Des paradoxes de la philosophie. Préface d'Alexis Klimov. Québec, Éditions du Beffroi, 1984.

    Erofeev, Victor. « Le message littéraire et esthétique de Léon Chestov », dans Le Labyrinthe des questions maudites. Essais traduits du russe. Traduit par Bernadette du Crest. Paris, Albin Michel, 1992. Coll. « Les Grandes Traductions ».

    Fondane, Benjamin. Rencontres avec Léon Chestov. Textes établis et annotés par Nathalie Baranoff et Michel Carassou. Paris, Plasma, 1982.

    Fotiade, Ramona. Conceptions of the Absurd. From Surrealism to Chestov's and Fondane's Existential Thought. Oxford, European Humanities Research Centre, Legenda, 2001. Lire une présentation de l'ouvrage.

    Fotiade, Ramona.« Léon Chestov et Nicolas Berdiaev. Le dialogue sur la liberté ». On peut lire un extrait de cet article paru dans Courant d'ombres, revue littéraire interactive.

    Martin, Bernard. « Lev Shestov: A Russian Jewish Existentialist », Theology Today, vol. 23, no 3, octobre 1966.

    Struve, Nikita, dir. Léon Chestov: un philosophe pas comme les autres? Paris, Institut d'études slaves, 1996. Actes du colloque sur Chestov tenu à l'Université de Paris X-Nanterre en novembre 1994.

    Valevicius, Andrius. « Celui qui édifie et détruit des mondes. Léon Chestov et le postmodernisme après une lecture de Tolstoï », Cahiers de l'immigration russe, no 3, Paris, Institut d'études slaves, 1996.
    Date de création : 2012-04-01 | Date de modification : 2012-04-01
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    Informations
    Données biographiques
    Nationalité
    Russie
    Naissance
    13 février 1866, Kiev
    Déces
    20 novembre 1938
    Raccourcis
    Société d'Études Léon Chestov (University of Glasgow, Écosse)

      Référence


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