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    La Salle Jean-Baptiste de

    Prêtre (1615-1719), fondateur de l'Institut des Frères des écoles chrétiennes, il est considéré comme un des précurseurs de la pédagogie moderne.

    Fils d'une riche famille de commerçants rémois, il hérite à 16 ans d'un canonicat par l'effet de la prébende détenue par son grand-oncle, archidiacre de Reims et chancelier de l'Université de cette ville. Inspiré par l'oeuvre des Soeurs de l'Enfant-Jésus, fondé par le chanoine Roland, dont il devient l'exécuteur testamentaire à sa mort, La Salle s'affaire dès 1679 à mettre sur pied des écoles publiques, ouvertes aux enfants pauvres de la ville de Reims, et desservie par un groupe de frères. Sa richesse faisant obstacle aux leçons de renoncement et de pauvreté aux frères recrutés pour enseigner dans ses écoles qui commence à essaimer à Paris et dans plusieurs villes de Champagne, il résigne son canonicat et fait don de toute sa fortune lors de la grande famine de 1681, au point d'en être réduit à la mendicité, au grand scandale de sa famille. Il ouvre en 1705 une première école de maîtres qu'on peut considérer comme l'ancêtre des écoles normales, et complète son oeuvre par des écoles du dimanche au profit des ouvriers.

    Les statuts primitifs de la communauté des frères des Écoles chrétiennes démontrent la volonté de La Salle de réformer l'éducation et ses modes de transmission. Il y est fait prescription de la gratuité absolue de l'éducation dans les écoles des frères, de l'interdiction d'embaucher des prêtres; La Salle insiste sur la primauté du français dans l'enseignement prodigué par les frères; le latin n'est enseigné qu'à ceux qui maîtrisent parfaitement le français: «La lecture du français, écrivait-il, peut seule aider les maîtres à développer l'intelligence: les ouvrages latins ne renferment pour eux qu'une lettre morte; ils n'ont à s'en servir que pour suivre les offices de l'Église.» À la pédagogie individuelle en usage jusqu'à cette époque, La Salle préfère, pour des raisons d'efficacité et d'économie, l'enseignement simultané, prodigué à un groupe de jeunes réunis dans une même salle. Le frère enseignant est secondé dans sa tâche par des moniteurs, choisis par les plus élèves les plus avancés dans l'étude du programme. Il introduit également le principe du regroupement des élèves par niveau — «la division des plus faibles, celle des médiocres, et celle des plus intelligents ou des plus capables», ce qui équivalait déjà à la distinction des trois cours, élémentaire, moyen et supérieur. La Salle fit face à une forte opposition des membres de la cléricature qui désavouait l'idée de laïcs regroupés en communauté autour d'une règle, et également, de la part de la corporation des maîtres-écrivains qui prétendaient au monopole absolu sur l'enseignement de l'écriture et de la lecture et faisaient obstruction systématique aux efforts de développement des écoles chrétiennes.

    Le grand historien de l'éducation du XIXe, Gabriel Compayré, résume ainsi l'apport de la pédagogie lassallienne:
    En remontant aux sources, on acquiert la preuve que les préjugés de l'opinion publique attribuent parfois à une institution les défauts dont elle a précisément prétendu se garder; on se convainc aussi que, dans l'histoire des doctrines pédagogiques comme dans celle des systèmes de philosophie, les disciples sont souvent infidèles à la pensée du maître; l'esprit du fondateur, son originalité, ses principes les plus vivants et les plus féconds disparaissent peu à peu, étouffés dans une scolastique monotone, dans une tradition routinière, qui ne retient de ce qu'il lui avait été commandé de faire que les ordres les plus faciles à exécuter. Rien ne ressemble moins, par exemple, à l'idée qu'on se fait d'ordinaire des procédés d'instruction en honneur chez les frères que ces recommandations formelles de leur premier chef: «Que le maître se garde d'aider trop facilement les élèves à résoudre les questions qui leur sont proposées; il doit, au contraire, les enga er à ne point se rebuter et à chercher avec ardeur ce qa il sait qu'ils pourront trouver d'eux-mêmes. Il les persuadera qu ils retiendront mieux les connaissances qu'ils auront acquises par un effort personnel et persévérant.» Et ailleurs: «Le maître ne parlera pas aux écoliers comme en prêchant, mais il les interrogera presque continuellement par plusieurs demandes et sous-demandes, afin de leur faire comprendre ce qu'il leur enseignera.» Ces appels au jugement et à la raison des élèves surprendront assurément tous ceux qui ne connaissent la pédagogie des frères que sur la réputation qui lui a été faite de n'être qu'un exercice mécanique de la mémoire et des facultés passives de l'esprit.

    À quelques autres traits encore on reconnaît chez La Salle l'initiateur sensé et judicieux: par exemple, dans la fondation qu'il organisa, en 1685, à Reims, sous le nom de séminaire de maîtres d'écoles, véritable école normale, où devaient être formés les instituteurs des écoles rurales; dans l'établissement du même genre qu'il ouvrit un peu plus tard à Paris, avec cette particularité intéressante que, à l'école normale était annexée une école primaire, où les normaliens s'exerçaient à faire la classe sous la direction d'un maître expérimenté; par exemple, encore, dans ses efforts marqués pour organiser l'instruction professionnelle, l'enseignement primaire supérieur: à Saint-Yves, près de Rouen, il faisait enseigner «tout ce qu'un jeune homme peut apprendre, à l'exception du latin», et il inaugurait ainsi ces écoles commerciales ou industrielles qui sont aujourd'hui une des parties les plus florissantes, les plus développées de l'œuvre des frères. Rappelons enfin que, passionné pour l'instruction comme tout éducateur digne de ce nom doit l'être, La Salle, en même temps qu'il inscrivait dans les statuts de l'ordre que les frères faisaient profession de tenir les écoles gratuitement, «quand même ils seraient obligés, pour le faire, de demander l'aumône et de vivre de pain seulement», avait déjà conçu l'idée de l'obligation scolaire; il proposait, comme sanction, de faire comparaître les parents réfractaires devant «Messieurs les curés, qui les auraient corrigés de leur indifférence, en les menaçant de ne plus les secourir jusqu'à ce qu'ils envoyassent leurs enfants à l'école». (La Grande encyclopédie, 1885-1902)
    Aboli par décret à la Révolution française, l'Institut allait renaître de ses cendres en 1802 pour connaître un essor prodigieux et essaimer partout à travers le monde. Au milieu du XIXe siècle, on dénombrait pas moins de 275 000 élèves et 1350 écoles répartis sur en une vingtaine de chapitres, dont 10 à l'extérieur de la France. Mais le refus d'enseigner le latin — langue de la culture classique —, une certaine méfiance entretenue à l'égard de l'activité intellectuelle ont fait comparer par certains les frères à des ignorantins. Une discipline abusive, l'emploi exagéré des châtiments et de la férule, ont fait juger sévèrement l'oeuvre de l'Institut et terni sa réputation au fil des ans. Néanmoins, les écoles chrétiennes, fidèles à leur mission originale d'éduquer les milieux d'ouvriers et d'artisans, ont poursuivi leur expansion en investissant progression l'éducation professionnelle, laissant le champ de l'enseignement supérieur aux corporations enseignantes qui prônaient un développement de la personne davantage orienté sur l'apprentissage du jugement et une vision plus humaniste de la mission d'éducateur.

    Biographie

    Biographie de Jean-Baptiste de La Salle (par B.-H. Vollet, La Grande encyclopédie - 1885-1902)
    «Jean-Baptiste de La Salle, né à Reims en 1654, mort en 1719, déclaré vénérable par Grégoire XVI (8 mai 1840), bienheureux par Pie IX. Fils d'un conseiller au présidial de Reims, J.-B. de La Salle était chanoine de l'église de cette ville, dès l'âge de quinze ans (1666); il ne reçut la prêtrise qu'en 1678. II commença par consacrer son activité aux enfants pauvres en sollicitant et en obtenant des lettres patentes pour l'établissement des sœurs de l'Enfant-Jésus fondé par Roland, chanoine et théologal de Reims. Vers le même temps, il contribuait puissamment par ses conseils, son influence et ses sacrifices personnels à l'ouverture d'écoles gratuites pour les garçons, dans les paroisses Saint-Maurice et Saint-Jacques. En 1679, il se voua entièrement à cette œuvre; pour la maintenir et la développer, il s'appliqua à recruter et à préparer des maîtres selon ses vues. II les réunit dans une maison particulière et constitua avec eux une sorte de communauté dont il devint le directeur et le confesseur. Mais, comme il possédait lui-même un riche canonicat et une grande fortune, ces maîtres goûtaient peu les leçons de renoncement et d'abandon à la providence qu'il s'efforçait de leur inculquer; plusieurs cherchèrent ailleurs des occupations promettant un avenir plus assuré. Afin de les convaincre par son exemple, il résigna son canonicat en faveur d'un prêtre pauvre, qu'il préféra à son propre frère; pendant la famine de 1681, il distribua aux pauvres le prix de tous ses biens. Devenu pauvre lui-même, il mendia publiquement dans sa ville natale, au grand chagrin de sa famille. — Après Reims, ce fut à Rethel et à Guise que s'ouvrirent les premières écoles tenues par des maîtres formés par La Salle. En 1684, ils commencèrent à faire des veeux de chasteté, de pauvreté et d'obéissance; ils adoptèrent le costume qu'ils portent encore et prirent le nom de frères des Écoles chrétiennes. La Salle voulait que leurs vœux ne fussent que pour trois ans; mais, sur les instances des frères, il consentit à des vœux perpétuels. En 1688, il vint à Paris, avec deux de ses disciples, et y ouvrit une école, rue Princesse, dans la paroisse Saint-Sulpice. En 1705, il acheta dans le faubourg Saint-Sever, à Rouen, la maison de Saint-Yon, dont il fit le centre de son institut. Il établit d'abord à Reims, ensuite à Paris, des séminaires de maîtres d'école, qu'on peut considérer comme les premières écoles normales d'instituteurs; il forma un noviciat pour les adolescents et un autre pour des jeunes gens plus avancés. Enfin, il compléta son œuvre en organisant des leçons dominicales pour les ouvriers. — À sa mort, sa congrégation possédait des écoles à Alois, Avignon, Boulogne, Calais, Chartres, Dijon, Grenoble, Guise, Laon, Marseille, Mende, Mouliigs, Paris, Reims, Rouen, Saint-Denis, Troyes, Les Vans, Versailles. Au début, elle avait rencontré, en divers endroits, une vive opposition, soit de la part des supérieurs ecclésiastiques, en méfiance contre une institution nouvelle et d'aspect singulier, soit de la part des maîtres d'école lésés par la concurrence d'un enseignement gratuit et soutenus par les chantres des chapitres qui exerçaient juridiction sur eux. Les meubles de ses maisons furent plus d'une fois saisis pour fournir le payement des amendes auxquelles les frères avaient été condamnés.

    Vers la fin de sa vie, La Salle se démit de la direction de son institut; il réunit les frères en assemblée générale et leur fit adopter formellement comme statuts les règles que son exemple et son autorité personnelle avaient fait pratiquer pendant près de quarante ans. Les dispositions caractéristiques de ces statuts primitifs sont: la prescription d'une absolue gratuité (art. 1,17, 25, 27); l'obligation de l'enseignement simultané; la nécessité de la présence de trois frères au moins en chaque maison; l'interdiction d'admettre des prêtres comme membres de la congrégation; la défense de recevoir des pensionnaires dans les maisons d'école (ch. XIV); celle d'enseigner le latin à qui que ce fût, dans la maison et au dehors. Les frères qui avaient appris la langue latine n'en devaient faire aucun usage dans la maison et se comporter comme s'ils ne le savaient point (art. 60). Le programme officiel des études comprenait la lecture du français et du latin, des livres et des manuscrits, l'écriture, l'histoire sainte, les éléments de la langue française, l'arithmétique; des exercices religieux et une instruction édifiante donnée chaque jour pendant une demi-heure (Statuts publiés en 1787). — Leur institut fut approuvé par Benoit XIII, en janv. 1725, six années environ après la mort de La Salle. En 1770, le siège de l'institut fut établi à Reims; quelques années plus tard, il fut transféré à Melun. En 1789, la congrégation comprenait 4,000 frères et possédait 124 maisons. Elle fut supprimée par le décret du 18 août 1792, qui liquida les pensions des frères d'après le nombre des années qu'ils avaient vécu dans la congrégation. Le maximum de ces pensions était de 900 livres. Le refus ou le défaut du serment civique emportait déchéance.

    Les frères reparurent en 1801; dès 1802, ils ouvrirent des écoles à Lyon, à Paris, à Saint-Germain-en-Laye, au Gros-Caillou, à Toulouse. Le gouvernement autorisa les villes à admettre ces écoles et à en faire supporter les frais par les hospices. Le 2 sept. 1805, les frères reprirent leur costume. Le décret du 17 mars 1808 légalisa leur existence et statua qu'ils seraient brevetés et encourâgés par le grand maître de l'Université, qui viserait leurs statuts intérieurs, les admettrait au serment, leur prescrirait un habit et ferait surveiller leurs écoles (art. 109). Leur supérieurs pouvaient être membres de l'Université. L'archevêque de Lyon obtint pour les frères l'exemption du service militaire. Sous la Restauration, le gouvernement les combla de faveurs et leur accorda une grande maison au faubourg Saint Martin, à Paris. Eu 1824, leur institut comptait en France 1,800 frères et 197 maisons. Activement mêlés à la politique réactionnaire et cléricale de la Restauration, ils reçurent le contre-coup de la révolution de Juillet.

    Mais ils se relevèrent bientôt. Dès 1848, ils étaient déjà en mesure de profiter des immenses avantages que devait leur offrir la loi du 15 mars 1850. Sous l'Empire et pendant les premières années de la troisième. République, leur institut prit un énorme développement. En 1854, le gouvernement des écoles chrétiennes fut divisé en vingt provinces: dix pour la France, l'Algérie et les colonies; les dix autres pour l'Allemagne, la Belgique, la Suisse, la Savoie, le Piémont, les États de l'Eglise, le Levant, le Canada, les États-Unis et la Malaisie. Les frères avaient dans ces vingt provinces 750 établissements, 1,353 écoles, 4,426 classes, 275,000 élèves. L'institut comptait alors 7,000 membres. En 1878, il en avait 9,818 répartis dans 1,064 écoles publiques et 385 écoles libres. Il a des noviciats à Castletown (Irlande), Vienne (Autriche), Alost (Belgique), Madrid (Espagne) , Albano (Italie), Colombo (Ile de Ceylan), El-Biar (Algérie), Ramleh (Egypte, près d'Alexandrie) , Saint-Denis (île de la Réunion), Montréal (Canada), Baltimore, New-York, Saint-Louis, San Francisco (États-Unis), Quito (Equateur), Santiago (Chili).

    Œuvres principales de J.-B. de La Salle: Règles de la bienséance et de la civilité chrétienne; Conduite des écoles chrétiennes; les Douze Vertus d'un bon maître.»

    E.-H. VOLLET, article "Écoles chrétiennes", La Grande Encyclopédie, Paris, 1885-1902, tome vingt-et-unième

    Documentation


    Document sonore: Vous pouvez écouter à l'aide de Windows Media Player une émission de la série "Rencontres spirituelles" consacrée à Jean-Baptiste de La Salle. Animateur: Raymond Beaugrand-Champagne (site de Dieu parmi nous)
    Date de création : 2012-04-01 | Date de modification : 2012-04-01
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    Informations
    Données biographiques
    Nationalité
    France
    Naissance
    1651, Reims
    Déces
    1719
    Documents Associés
    Frères des Écoles chrétiennes
    École primaire, école secondaire, Frères des écoles chrétiennes, enseignement simultané, latin, langue française
    Raccourcis
    Vie et oeuvre (Frère des écoles chrétiennes)
    Biographie (The Catholic Encyclopedia)

    Référence


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