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    Irlande

    Histoire

    Histoire
    Un épisode important dans la conquête de la souveraineté

    Charles S. Parnell, chef de la Home Rule League, un parti politique souverainiste et pacifiste qui fit élire jusqu'à soixante et un députés à la Chambre des Communes de Londres

    Parmi les partis souverainistes qui sont allés défendre les intérêts d’un peuple au sein d’un gouvernement central, l’histoire du parti nationaliste irlandais du Home Rule est particulièrement digne d’intérêt. Dans le cadre du Parlement britannique, Charles Stewart Parnell a su intéresser l’Angleterre à la question irlandaise. Dans un système parlementaire analogue, Gilles Duceppe devra maintenant expliquer les aspirations des Québécois au reste du Canada.
    En 1800, l’Acte d’union de l’Irlande et de la Grande-Bretagne donne naissance au Royaume-Uni. Mais, si on excepte les «Orangistes» de l’Ulster, le peuple irlandais ne renonce pas pour autant à son identité nationale et rêve de recouvrer son indépendance. L’histoire de cette longue démarche autonomiste, ponctuée par des épisodes de violence, s’inscrit dans un douloureux climat de pauvreté et de famine. C’est cette profonde misère des paysans irlandais qui incite un brillant avocat unioniste, Isaac Butt, à fonder le Home Rule League, un parti qui prône une sorte de souveraineté-association. Au début, ce parti est toléré plutôt qu’encouragé par les nationalistes irlandais, mais il fait tout de même élire une soixantaine de députés aux élections de 1874.
    Charles Stewart Parnell, un jeune landlord protestant, élevé principalement à Cambridge et à l’étranger, est ému lui aussi par le sort des paysans irlandais et par la répression policière dont quelques nationalistes ont été victimes. En 1875, il se fait élire député du Home Rule à la Chambre des Communes et deux ans plus tard, il remplace Isaac Butt comme leader de son parti. Son ascension rapide, Parnell la doit à son physique avantageux et à son éloquence mordante et aristocratique, qui impressionne ses adversaires. Hostile à toute forme de violence, il impose une discipline stricte au Parti irlandais et force l’intérêt de l’adversaire par une utilisation intelligente des moyens parlementaires. À cette époque un député irlandais, Joseph Biggar, pratique déjà un genre de filibuster, autorisé par les règlements de la Chambre, qui consiste à prendre la parole sur n’importe quel débat et à la garder le plus longtemps possible. Parnell perfectionne cette tactique d’obstruction et lui donne une redoutable efficacité en multipliant les votes, les suspensions de séance, les évacuations de tribune, etc. Grâce à l’habileté de Parnell, le problème irlandais est posé à l’opinion publique anglaise, au moment où la crise économique de l’hiver 1878-1879 fait peser de nouvelles menaces sur les agriculteurs irlandais.
    En mars 1880, Parnell est triomphalement réélu avec soixante et un députés activistes. Le Premier ministre libéral, W.E. Gladstone, présente alors un projet de loi destiné à aider les agriculteurs irlandais, mais il est repoussé par la Chambre des lords. Parnell et ses amis organisent la résistance en mettant en quarantaine, c’est-à-dire en privant de main-d’oeuvre, les propriétaires ou les régisseurs ayant évincé un paysan de sa terre. Le premier à faire les frais de cette pratique est le capitaine Charles Boycott, qui a donné son nom au boycottage.
    Devant cette nouvelle forme d’agitation, la pression de l’opinion publique anglaise force le Premier ministre a présenter un bill de répression. Parnell et les députés irlandais le combattent par une obstruction désespérée, mais ils sont expulsés de la Chambre des Communes... après une séance de 46 heures de discours ininterrompus! La majorité des parlementaires se résignent alors à limiter le droit de parole et adoptent le Coercion Act. Cette disposition législative répressive conduit à l’arrestation de Parnell. Mais la misère des paysans irlandais est telle que leur mouvement de résistance demeure actif. La situation est bientôt si grave qu’une négociation secrète a lieu entre Gladstone et le leader emprisonné. Le Premier ministre s’engage alors à ne plus appliquer le Coercion Act et à modifier la loi sur les terres agricoles à condition que Parnell use de son influence pour faire cesser le terrorisme. Au terme de ce compromis, Parnell et ses amis sont relâchés.
    D’autres attentats terroristes viennent rompre les accords conclus en prison. Parnell a beau comdamner ces actes violents, le Premier ministre doit céder à la pression des parlementaires anglais et faire adopter un autre Coercion Act. Gladstone se rend bien compte que la répression est insuffisante pour régler le problème irlandais et se convertit peu à peu à l’idée de souveraineté mise de l’avant par le Parti du Home Rule.
    Les réformes électorales de 1884 et 1885 viennent avantager le Home Rule. Les deux grands partis britanniques ayant une représentation parlementaire sensiblement égale, Parnell pratique un habile «jeu de bascule» entre les whigs et les tories. Se détachant d’abord des libéraux de Gladstone, il se rapproche des conservateurs de Randolph Churchill, qui se déclare partisan de larges mesures favorables à l’Irlande. La coalition entre tories et home-rulers fait tomber Gladstone en 1885. Le gouvernement conservateur fait alors voter une nouvelle loi agraire favorisant l’achat de terres par les paysans irlandais. Puis le Premier ministre conservateur doit se résoudre à de nouvelles élections. Parnell et ses amis font alors campagne sur le thème du Home Rule. En janvier 1886, la Chambre des Communes accueille 333 députés libéraux, 251 conservateurs et 86 home-rulers. Parnell reste le maître de la situation car son groupe peut donner la majorité aux uns et aux autres. Gladstone, à nouveau Premier ministre, propose alors la souveraineté. Mais ce projet divise profondément le parti libéral et le Royaume-Uni se prononce contre l’autonomie de l’Irlande.
    Parnell continue la lutte au Parlement. L’influence du leader irlandais demeure très grande et l’Angleterre lui est tantôt favorable, tantôt hostile, au fil des événements. Ses adversaires politiques tentent d’utiliser les grands moyens pour le discréditer aux yeux de l’opinion publique. On l’accuse d’abord de complicité dans un acte terroriste, mais une commission parlementaire l’exonère de tout blâme. L’opinion britannique se retourne en faveur du leader irlandais, qui sort grandi de cette épreuve. Mais la prude société victorienne et la puritaine Irlande ne pardonnent pas l’adultère, et c’est une affaire privée qui a finalement raison de la carrière politique de Parnell. Le Parti du Home Rule est divisé quand la majorité de ses membres condamne le leader. Parnell lutte quelques mois contre ce schisme, mais trois élections partielles voient la défaite de ses candidats. Malade et découragé, il meurt d’épuisement, abandonné de tous.
    Désormais orpheline de son stratège génial, qui tenait le Parlement britannique à la gorge, l’Irlande devra attendre de longues années avant de retrouver son indépendance. En 1937, Eamon de Valera promulguera une Constitution républicaine. Mais ce n’est qu’en 1949, date à laquelle l’Irlande rompra ses derniers liens politiques avec l’Angleterre, en quittant le Commonwealth, que la République d’Irlande sera officiellement proclamée.»

    Par Andrée Mathieu



    Maki Yamane, La question irlandais de 1880 à 1920, mémoire, 1997 (Bibelec)
    Date de création : 2012-04-01 | Date de modification : 2012-04-01
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