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    Impression du texte

    Indonésie

    Description

    Immense archipel s'étendant sur 5 000 kilomètres de long, composé de plus de 17 000 îles, et peuplé de 200 millions d'habitants, l'Indonésie compte assurément parmi les grands pays du monde. Situé au 4e rang, après la Chine, l'Inde et les États-Unis, par sa population, c'est aussi le premier pays de l'Islam. Sa position géographique et son vaste espace maritime lui confèrent une importance géostratégique évidente, notamment par le contrôle des détroits entre l'océan Indien, la mer de Chine et le Pacifique. Le pétrole, le gaz naturel, les minerais, le caoutchouc, le riz, le café ou encore le bois issu de sa forêt sont quelques-unes des importantes ressources naturelles qui lui assurent un incontestable potentiel économique.

    source: Sénat de la République française


    Géographie

    Le plus vaste archipel de la planète, doté d'importantes ressources naturelles

    S'étendant sur 5 000 km d'est en ouest et 2 000 km du nord au sud, l'archipel indonésien est le plus vaste du monde. D'après les résultats obtenus avec les techniques cartographiques récentes, il compte 17 508 îles, dont 6 000 environ sont habitées.

    Les terres émergées représentent 1 919 000 km² et font de l'Indonésie le 15e pays au monde par sa superficie.

    Son espace maritime a été porté à 5 900 000 km² depuis l'entrée en vigueur de la Convention des Nations unies sur le droit de la mer de Montego Bay qui a consacré la notion d'eaux archipélagiques. Ces dernières, qui s'avancent jusqu'aux côtes de la Malaisie et des Philippines et forment une pointe, au-delà des îles Natuna, en mer de Chine méridionale, représentent 2 900 000 km² et ont un statut comparable à celui des eaux territoriales (300 000 km²). A cela s'ajoutent 2 700 000 km² de zone économique exclusive.

    L'Indonésie se situe au contact entre l'Océan Indien, l'Océan Pacifique et la mer de Chine méridionale. Elle commande donc les routes maritimes qui assurent les communications les plus directes entre ces zones et qui empruntent les détroits de Malacca, de Karimata, de la Sonde, de Lombok et de Macassar ou encore la mer de Timor et la mer des Moluques. C'est dire l'importance géostratégique de l'Indonésie pour les communications dans toute cette région du monde.

    Sur ses vastes territoires, l'Indonésie dispose de ressources naturelles très importantes. Elle produit du pétrole et du gaz naturel et dispose de réserves conséquentes. Elle produit également du charbon. Les ressources minières sont également notables, principalement le cuivre (5e producteur mondial), l'étain (2e producteur mondial) et le nickel (5e producteur mondial), mais aussi l'or et l'argent. Sur le plan agricole, l'Indonésie bénéficie de sols fertiles. Elle est le 3e producteur mondial pour le riz, le 3e pour le café, le 4e pour le cacao, le 5e pour le thé et le 2e pour le caoutchouc naturel. Sa forêt, qui couvre près de 65 % du territoire, concentre de nombreuses espèces de bois tropicaux.

    ***

    Les Indonésiens appellent leur pays Tanah Air Kita, ce qui signifie «Notre terre et notre eau». L'Indonésie est située entre le nord de l’Australie et l’Asie du Sud-est, à la limite des océans Indien et Pacifique. (...) Les principales îles sont Sumatra, Java, Bali, les Célèbes (ou Sulawesi), avec les Moluques et l’archipel de Nusa Tenggara. Kalimantan se partage l’île de Bornéo avec la Malaisie et Brunei, alors que Irian Jaya occupe la moitié ouest d’une autre grande île dont la moitié appartient à la Papouasie-Nouvelle-Guinée. Les îles de Bali et de Java, qui abrite la capitale et la plus grande ville du pays, Jakarta, sont les plus peuplées.

    On peut diviser l'Indonésie en trois grandes régions: la plate-forme de la Sonde, celle de Sahul et les petites îles de la Sonde inférieure. La plate-forme de la Sonde, qui regroupe Java, Sumatra et Kalimantan, abrite une faune et une flore similaires à celles de l'Asie, ce qui laisse supposer que ce territoire était rattaché au continent asiatique il y a des milliers d'années. La plate-forme de Sahul, qui comprend Irian Jaya, a quant à elle une faune et une flore similaires à celles de l'Australie, ce qui indique là aussi qu’autrefois ces deux territoires ne faisaient probablement qu’un. Les petites îles de la Sonde, Célèbes, les Moluques et Nusa Tenggara, abritent des espèces uniques : elles n'ont donc probablement jamais été rattachées à un continent.

    L'Indonésie se situe dans la «ceinture de feu» du Pacifique. Elle compte plus de 400 volcans dont 70 sont encore en activité. On y enregistre en moyenne trois secousses ou tremblements de terre de faible amplitude par jour, et on assiste à une éruption volcanique au moins une fois par an.

    Le climat de l'Indonésie est du type tropical avec un taux d’humidité élevé. La saison sèche, qui dure de mai à septembre, laisse ensuite place, pour le reste de l’année, à la saison humide caractérisée par les moussons. Il pleut aussi parfois durant la saison sèche. La température est élevée le long des côtes, plus fraîche dans les montagnes. Bien que situé au niveau de l’équateur, le pays a des massifs aux pics enneigés : le mont Puncak Wijaya, sur l’île d'Irian Jaya, culmine à 5030 m.

    Près des deux tiers de l’Indonésie (notamment Sumatra, Kalimantan, Sulawesi et Irian Jaya) sont recouverts de forêts tropicales humides qui représentent 10 % du patrimoine forestier mondial. 

    L’Indonésie abrite des arbres tels que le tek, l’ébène, le santal, le camphrier, le giroflier et le muscadier. On y trouve une faune variée,notamment le rhinocéros à une corne de Java, l’orang-outan (seulement sur les îles de Kalimantan et Sumatra), le chevreuil, le papillon Atlas (25 cm d’envergure) et le très coloré paradisier, oiseau dépourvu d’ailes.


    Population

    La 4e population mondiale: vitalité démographique, disparité de peuplement et migrations intérieures

    L'Indonésie compte aujourd'hui 200 millions d'habitants. C'est le 4e pays au monde après la Chine, l'Inde et les Etats-Unis. Cette population s'accroît au rythme de 1,6 % par an, ce qui se situe dans la moyenne des pays d'Asie. Pour un tiers, elle est composée de jeunes de moins de 15 ans.

    La densité moyenne dépasse les 100 habitants au km² mais elle est très inégale selon les différentes îles de l'archipel.

    Le tableau suivant, établi à partir du recensement de 1990, illustre ces différences de peuplement :

    Iles
    Superficie
    Population
    Java 6,9 % 60,0 %
    Sumatra 24,7 % 20,3 %
    Célèbes 9,9 % 7,0 %
    Iles de la Sonde 4,6 % 5,7 %
    Kalimantan 28,1 % 5,1 %
    Moluques 3,9 % 1,0 %
    Irian Jaya 22,0 % 0,9 %
    Ainsi, sur les 200 millions d'habitants de l'Indonésie, près de 120 millions vivent à Java, où la densité moyenne avoisine 900 habitants au km². A Sumatra, où vivent 40 millions d'habitants, la densité n'est que de l'ordre de 80 habitants au km². Les Célèbes, les îles de la Sonde et Kalimantan comptent, pour chacune d'elles, un peu plus de 10 millions d'habitants, mais la densité qui est de 120 habitants au km² aux îles de la Sonde, est inférieure à 20 habitants au km² à Kalimantan. Enfin, les Moluques et l'Irian Jaya sont peu peuplées, leur population respective se situant autour de 2 millions d'habitants.

    L'inégale répartition de la population entraîne deux phénomènes importants.

    Le premier est l'incontestable prépondérance de Java, liée à son poids démographique, qui s'étend également au domaine économique et politique.

    Le second, lié au surpeuplement de Java et, dans une moindre mesure de Bali, réside dans les transferts de population initiés dès le début du siècle par les Hollandais et poursuivis après l'indépendance sous l'appellation de transmigration. Depuis 1969, plus de 5,5 millions de personnes ont ainsi participé à ce vaste programme de colonisation agricole et se sont installées à Sumatra, à Kalimantan, aux Célèbes et en Irian Jaya. Censée atténuer les difficultés liées à la surpopulation rurale à Java et mettre en valeur les terres inexploitées des autres îles, cette politique n'a pas été sans difficultés, notamment quant à la cohabitation des colons et des populations traditionnelles.

    Le défi de l'unité indonésienne

    Objectif premier des pères de l'indépendance indonésienne, l'unité de la République ne va pas de soi.

    L'Indonésie compte plus de 300 groupes ethniques parlant tout autant de langues et de dialectes. Même au sein du groupe dominant, de souche malaise, on observe d'une île à l'autre de nombreuses différences dans les langues. Il en va de même des Mélanésiens qui peuplent l'est de l'archipel. Après l'indépendance, les autorités indonésiennes ont imposé une langue nationale, le bahasa indonesia, commune à l'ensemble du pays. Il faut également signaler l'importance de la minorité d'origine chinoise, qui ne représente 3 % de la population mais est très impliquée dans la vie économique et commerciale du pays. Selon les estimations, cette communauté détiendrait les trois quarts de la richesse nationale. Elle est fréquemment la cible de la vindicte populaire dans les périodes de crise, comme on l'a vu lors des événements récents.

    Durant ces cinquante dernières années, l'unité de l'Indonésie n'a cessé d'être contestée par des revendications autonomistes ou indépendantistes émanant de diverses parties du pays.

    Parmi ces foyers de conflits internes, on peut citer la province d'Aceh, à l'extrême nord de Sumatra, région de forte tradition musulmane qui s'est souvent heurtée au pouvoir central, et en dernier lieu lors d'une rébellion en 1990, ou les tensions et les heurts violents apparus à Kalimantan en 1997 entre les Dayak et les colons venus de Madura.

    Les revendications indépendantistes sont fortes en Irian Jaya, qui a été annexé par l'Indonésie en 1962 et qui a été définitivement rattaché en 1969 après consultation des populations locales. Une lutte armée oppose toujours les forces indonésiennes et l'Organisation pour l'indépendance de la Papouasie.

    Enfin, après avoir été annexée par la force en 1976, au prix de plusieurs dizaines de milliers de morts, la province du Timor oriental reste le théâtre d'affrontements entre les indépendantistes regroupés au sein du FRETILIN et l'armée indonésienne.

    À la diversité ethnique s'ajoute la diversité religieuse. Dans un pays où il est obligatoire de décliner une appartenance religieuse, 88 % de la population se réclame de l'islam alors que l'on compte 9 % de chrétiens, principalement protestants, 2 % d'hindouistes et 1 % de bouddhistes, surtout chez les Chinois d'origine. L'idéologie nationale du Pancasila, définie lors de l'indépendance, professe le monothéisme sans pour autant privilégier l'islam et garantit le respect des religions minoritaires. On assiste cependant depuis quelques années à un renouveau de l'islam et de la pratique de la religion musulmane qui pourrait tendre à accentuer les clivages religieux dans la société indonésienne, ce qui n'est pas indifférent dans la mesure où les religions minoritaires sont essentiellement représentées dans l'est de l'archipel.

    Langues parlées

    La langue officielle de l’Indonésie est le bahasa indonesia. Pendant des siècles on a utilisé le malais dans tout le pays pour le commerce. Durant l’époque coloniale hollandaise, beaucoup de gens parlaient le hollandais. Au début du XXe siècle, les dirigeants nationalistes ont réalisé qu’une langue commune était nécessaire pour renforcer l’unité nationale. Et c’est ainsi que fut créé le bahasa indonesia, qui est devenu la langue officielle du pays.

    Le bahasa indonesia est l’une des langues les plus simples au monde. Les verbes ne se conjuguent pas à différents et temps les noms n’ont pas de genre ni d’articles : le pluriel se forme simplement par la répétition du mot. L’alphabet est le même que le nôtre. Le vocabulaire reflète les nombreuses cultures qui ont influencé l’Indonésie: il comprend plus de 7 000 mots hollandais et d’autres empruntés au portugais, au sanskrit, à l’arabe, au polynésien, au tagalog, au chinois, au français, au javanais, à l’espagnol et à l’anglais.

    On peut aussi entendre parler environ 580 autres langues et dialectes. Chaque groupe ethnique a sa propre langue. Environ 42 % de la population parle le javanais, langue de l’île de Java, et 15 % le sondais. Certaines langues ne sont parlées que dans un village donné. Les linguistes n’ont pas encore répertorié toutes les langues en usage sur l’île d'Irian Jaya. 

    Religions et croyances

    L’islam, le christianisme, l’hindouisme et le bouddhisme sont tous les quatre pratiqués en Indonésie. Environ 90 % de la population est de religion musulmane, ce qui fait de l’Indonésie le plus grand pays musulman au monde.

    Les Musulmans doivent suivre les cinq « piliers » de l’islam. Ils doivent croire en la doctrine islamique, ou shahada (« Il n’y a de Dieu qu’Allah et Mohammed est son prophète ») ; ils doivent aussi prier cinq fois par jour (salat), faire l’aumône aux pauvres (zakat), observer le jeûne du mois du Ramadan (saum) et effectuer le hajj (pèlerinage à La Mecque) au moins une fois au cours de leur vie s’ils en ont les moyens. Les pratiques musulmanes varient d’un groupe ethnique à l’autre. Ainsi, au centre de l’île de Java, les Musulmans observent beaucoup de pratiques associées au mysticisme hindou.

    Environ 5 % des Indonésiens sont de religion chrétienne. Le christianisme indonésien a toutefois été influencé par les croyances locales. La procession de Pâques de Flores, par exemple, est accompagnée par un orchestre gamelan, alors que les Chrétiens toradjanais de Célèbes sacrifient des taureaux.

    La majorité des Balinais sont hindous et croient en Trimurti, la triade divine que forment Brahma, le créateur, Vishnu, la puissance conservatrice, et Shiva, la puissance destructrice. Ils pratiquent l’incinération des morts pour que l’âme puisse être libérée et se réincarner. Les Balinais mélangent aussi croyances animistes et croyances hindoues : ils pratiquent le culte des ancêtres et des rites qui doivent les garder en paix avec les forces de la nature.

    Les Chinois et les Tenggerois de Java sont bouddhistes. Ils suivent les huit étapes de la Voie de la délivrance, qui leur permettra d’anéantir le désir, source de douleur : ils tentent ainsi d’atteindre le nirvana, « extinction », et de sortir du cycle de la naissance et de la réincarnation. Les huit étapes sont les suivantes : bonne compréhension, bonne pensée, bon discours, bonne conduite, bons moyens d’existence, bon effort, bonne attention et bonne concentration.

    Certaines communautés isolées sont animistes et croient que les objets animés et inanimés, comme les montagnes, les arbres, le riz et la pluie, sont dotés d’une âme ou roh. Ils pratiquent le culte des ancêtres et des esprits.



    L'économie et le monde du travail

    L’Indonésie dispose d'une population active d’environ 87 millions de personnes dont la moitié travaille dans l’agriculture. L'autre moitié est répartie dans divers secteurs : hôtellerie et restauration, commerce, secteur industriel et construction. Beaucoup de gens demeurent toutefois sans emploi.

    La production agricole du pays est dominée par le riz, que l’on le cultive de deux manières. La première, le ladang, consiste à brûler des terres boisées pour enrichir le sol et le préparer à la plantation. Le sol perdant toutefois sa fertilité rapidement, toute culture durable est alors impossible. La seconde pratique, la savana, est utilisée pour les sols riches d’origine volcanique. Développée et affinée depuis plus de 2 000 ans, elle consiste à inonder les rizières et permet de produire deux à trois récoltes par an sans appauvrir les sols. 

    L'Indonésie dispose de nombreuses ressources naturelles dont le pétrole, le gaz liquéfié, le bois d'œuvre, le caoutchouc, le café, le thé, le poisson, l’étain, le nickel et le cuivre. Le pays est le premier producteur au monde de clous de girofles, le deuxième de caoutchouc et le quatrième de café. Le secteur manufacturier est quant à lui très diversifié : avions, automobiles, matériel électrique, appareils électroménagers, vêtements… Le tourisme constitue aussi une importante industrie, surtout dans l’île de Bali, bien que l’instabilité politique du pays ait parfois découragé les visiteurs.

    La crise de la devise asiatique de 1997 a bouleversé l’économie du pays. La rupiah a chuté, des compagnies ont fait faillite, les prix sont montés en flèche et des millions de personnes ont perdu leur emploi. Bon nombre de personnes se sont trouvées au bord de la famine et des émeutes ont éclaté suite à la flambée des prix de la nourriture. Le taux de pauvreté est passé de 11 % à 50 %. Aujourd’hui, une meilleure stabilité de la devise et du climat politique permet d’espérer un rétablissement de l'économie de l’Indonésie.

    ****

    B. LE CONTEXTE ECONOMIQUE

    Dotée d'un sol fertile, d'un sous-sol riche en hydrocarbure et en minerais, contrôlant une zone maritime qui compte parmi les plus vastes et les plus facilement exploitables de la planète, l'Indonésie ne peut être inscrite sur la liste des pays défavorisés par la géologie.

    Habilement mis en valeur, ces avantages naturels ont, tout comme son élan démographique, permis à l'archipel d'obtenir d'appréciables résultats économiques et lui ouvrent des perspectives non moins flatteuses.

    Les actuelles tensions conjoncturelles, une certaine faiblesse du système financier, le retard de développement des infrastructures publiques et des pratiques administratives contestables constituent autant de faiblesses dont la correction est une condition de la réalisation des ambitions poursuivies.

    1. D'immenses ressources naturelles

    Il ne relève pas du cadre du présent rapport de se livrer à un inventaire exhaustif des richesses de l'Indonésie. Néanmoins, il ne saurait passer sous silence, ni son potentiel agricole12(*), ni son capital minier.

    Pour ce faire, le rappel de quelques chiffres déjà cités en introduction est indispensable. Au plan mondial, l'Indonésie est le 3e producteur de riz et de café, le 2e producteur de caoutchouc naturel et d'huile de palme ; elle se classe au 4e rang pour la production de cacao et de thé. Elle dispose de réserves de cuivre, de manganèse, d'uranium et de phosphate ; les quantités d'or et d'étain extraites chaque année de son territoire sont les deuxièmes du monde par l'importance.

    La sécheresse statistique de cette énumération ne peut toutefois donner qu'une image approximative des atouts naturels du pays. C'est pourquoi, il est proposé de la compléter par la projection d'un éclairage particulier sur trois secteurs : la forêt, le pétrole et le gaz naturel, la zone maritime.

    a) La troisième forêt tropicale du monde

    La forêt indonésienne s'étend sur 74 % de la surface du pays. Forêt naturelle et immense - selon la FAO, elle représente 109 millions d'hectares -, elle a justifié la création d'un ministère spécifique chargé de contrôler l'exploitation de cette ressource, très importante pour l'économie du pays.

    La filière bois compte pour 3 % du produit national brut indonésien et mobilise 2,5 millions d'emplois directs auxquels il convient d'ajouter 1,2 million d'emplois liés aux industries d'aval comme la construction et l'ameublement.

    L'exploitation de la forêt indonésienne est porteuse d'enjeux importants. Les produits forestiers sont, après le pétrole et ses dérivés, les plus importants contributeurs à l'excédent extérieur indonésien : les exportations sont, dans ce domaine, supérieurs de près de 45 fois aux importations. Globalement essentielle au pays, l'exploitation forestière représente, dans certaines régions, la seule activité économique. Au-delà, la forêt indonésienne est un enjeu écologique pour le monde entier. Elle est la troisième forêt tropicale du monde après celles du Brésil et du Zaïre et représente 50 % des forêts tropicales du sud-est asiatique et 10 % de l'ensemble des forêts tropicales terrestres.

    Les autorités indonésiennes se sont attachées à développer les activités forestières les plus riches en valeur ajoutée, notamment en orientant les investissements en fonction des besoins.

    Les exportations de produits bruts sont volontairement défavorisées de même que la production réalisée en dehors des besoins des industries de transformation. L'acquisition à l'étranger de machines forestières bénéficie de droits de douane réduits et il faut, à ce sujet, saluer les performances de Renault qui a su en profiter pour développer ses exportations de camions.

    Les modalités d'exploitation de la forêt indonésienne favorisent les projets à moyen terme des investisseurs nationaux et étrangers : elle est propriété de l'Etat, mais celui-ci consent de façon pragmatique des concessions et des droits d'exportation dont ont su profiter avec un particulier à-propos les investisseurs japonais, américains et coréens.

    b) Un fort potentiel énergétique

    Si ce sont les recettes tirées de l'exploitation pétrolière qui ont "tiré" le développement indonésien au cours des années 70 et 80, les ventes de gaz naturel commencent désormais à en prendre le relais.

    Membre de l'OPEP depuis 1982, l'Indonésie figure actuellement au 13e rang des pays producteurs de pétrole. Toutefois, ses réserves connues ont considérablement diminué au cours de la décennie écoulée ; elle pourrait devenir importateur net à l'horizon 2010-2020 13(*).

    La part des recettes pétrolières dans le dernier budget a d'ores et déjà atteint le niveau le plus bas de tous les pays de l'OPEP.

    En revanche, le pays est devenu un grand pays gazier qui se place au premier rang des exportateurs de gaz naturel et qui pourrait conserver une telle position s'il réussit à mener à bien l'exploitation à des coûts raisonnables du champ géant de Natuna - l'un des plus grands du monde - situé entre la péninsule malaise et l'île de Bornéo.

    Le secteur des hydrocarbures est de la compétence de la société Pertamina. Il est ouvert aux sociétés étrangères, comme l'ensemble du domaine minier indonésien, sous forme de contrats de partage de production.

    Total, présent dans le pays depuis 1968, est actuellement le cinquième producteur d'hydrocarbures de l'Indonésie. La croissance attendue de la production gazière des gisements sur lesquels il détient des permis d'extraction pourrait, à terme rapproché, le faire passer au premier rang.

    c) Une zone maritime comptant parmi les plus vastes du globe

    Le 14 novembre 1994 est une date digne de considération dans l'histoire indonésienne. Elle marque en effet l'entrée en vigueur de la convention maritime ratifiée sous l'autorité de l'ONU, qui reconnaît la souveraineté de l'Indonésie sur trois millions de km2 d'eaux territoriales supplémentaires, doublés de 3 millions de km2 de zones économiques exclusives.

    Compte tenu de la faible immersion des fonds marins ainsi attribués, (moins de 55 mètres en moyenne) et de l'état actuel des technologies, leur mise en valeur est relativement facile.

    Aussi, avec au total 7,9 millions de km2 sous son contrôle, l'Indonésie s'apparente-t-elle désormais aux grands détenteurs d'espaces maritimes, l'Australie, le Brésil, les Etats-Unis ou la Chine et est-elle un des mieux lotis.

    Rapport n° 318 : Mission d'information au Bruneï et en Indonésie

    ****




    1. Une action volontariste en faveur du développement économique

    L'autorité politique a incontestablement donné l'impulsion décisive à la mise en oeuvre du développement économique de l'Indonésie depuis la fin des années soixante, illustrant une conception dirigiste qui ne s'est guère atténuée au fil du temps. Avec méthode et constance, elle a défini des plans de développement à long terme, couvrant une période de vingt-cinq ans, eux-mêmes décomposés en cinq plans quinquennaux, assortis d'objectifs en termes d'investissements et de croissance.

    Le premier plan à long terme a couvert la période 1969-1994. Un deuxième plan a été défini pour la période 1994-2019 et il a été amorcé par le 6e plan quinquennal 1994-1999.

    Au travers de ces plans, trois orientations ont successivement été mises en oeuvre, avec des concours financiers extérieurs : la mise en valeur des ressources naturelles du pays, le développement d'une industrie nationale et enfin, l'ouverture à l'extérieur et l'insertion dans l'économie internationale.

    L'aide extérieure a essentiellement transité par le groupe intergouvernemental sur l'Indonésie, devenu groupe consultatif sur l'Indonésie. Le Japon, les Etats-Unis et la Banque mondiale en sont les principaux bailleurs de fonds. Cette aide s'est maintenue à un haut niveau et représentait encore ces dernières années plus de cinq milliards de dollars par an.

    L'ouverture aux investissements étrangers a été engagée par une loi de 1967. Il s'agissait essentiellement à l'époque de faire appel aux capitaux étrangers pour l'exploitation des ressources énergétiques et minières.

    A partir de 1973, l'Etat a favorisé la création de joint-ventures entre partenaires étrangers et locaux afin de développer une industrie nationale, tournée vers la satisfaction des besoins du marché intérieur.

    Enfin, les années 1980 voient se réduire les ressources tirées du pétrole, en raison de la chute des cours, imposant la nécessité d'une diversification de l'économie et le développement, toujours grâce à des capitaux étrangers, d'industries exportatrices, en particulier dans le textile, la transformation du bois, les produits alimentaires et la chimie.

    Ainsi, à partir des années 1980, le développement économique, jusqu'alors marqué par l'emprise de l'Etat et un certain protectionnisme, s'oriente davantage vers la libéralisation de l'économie et l'ouverture aux marchés internationaux.

    D'importantes réformes structurelles ont été engagées pour réviser le système fiscal, déréglementer le secteur financier, ce qui s'est traduit par un développement très rapide du réseau bancaire, lever un grand nombre de restrictions aux investissements étrangers, et réduire progressivement les protections tarifaires et non tarifaires, en particulier pour les produits en provenance de l'ASEAN. C'est ainsi qu'ont été abaissés, en mai 1995, les droits de douane sur 6 000 produits, ce qui a permis une réduction immédiate du taux tarifaire moyen, ramené de 19,5 % à 15 %. En ce qui concerne le régime préférentiel commun de l'ASEAN, l'objectif est de ramener le taux tarifaire moyen à 7 % en 2003.

    Bien que se déroulant à un rythme plutôt lent, ce processus de déréglementation a été continu depuis quelques années, en grande partie à la suite d'orientations définies dans le cadre de l'ASEAN.

    L'Indonésie est jusqu'à présent restée prudente en matière de privatisations, se limitant à ouvrir le capital de quelques entreprises publiques à des intérêts privés.



    Santé publique

    En Indonésie, le système de soins de santé regroupe les hôpitaux publics, les centres médicaux gouvernementaux, ou Puskesmas, les cliniques gérées par des groupes religieux et les cliniques privées. Les villes sont généralement dotées de cliniques et d’hôpitaux publics, et des Puskesmas mobiles ont été créés pour desservir les zones les plus reculées. Leur personnel se consacre surtout à la prévention des maladies, à la santé des mères et des enfants et aux soins aux nouveau-nés. La demande croissante de soins à travers le pays a conduit à la création de nouveaux  hôpitaux privés. Beaucoup de gens aisés préfèrent aller se faire soigner dans des pays étrangers comme Singapour pour les maladies nécessitant une hospitalisation.

    Si le système de santé indonésien a lui aussi subi le contre-coup des récents problèmes économiques, le gouvernement a toutefois augmenté les subventions au secteur de la santé afin de garantir de meilleurs soins aux plus démunis. Ceux-ci peuvent bénéficier de l’accès gratuit aux services de santé des centres gouvernementaux et des hôpitaux.

    La population de l'Indonésie est jeune, avec moins de 5 % de personnes de 65 ans et plus. L’espérance de vie est de 63 ans et le taux de mortalité infantile de 57 %. On a pu réduire ce taux grâce aux milliers de sages-femmes qui ont été formées pour garantir des soins de qualité aux mères et à leurs bébés.

    Les centres médicaux indonésiens reçoivent du matériel médical, des médicaments et des vaccins des organismes d’aide internationale. Des mesures sont actuellement mises en place pour installer l’eau courante et les systèmes d’évacuation dans les communautés les plus pauvres. L’Organisation mondiale de la santé et le gouvernement indonésien collaborent à un projet de vaccination de la population contre la tuberculose, qui est encore une importante cause de mortalité au pays: environ 175 000 personnes en meurent chaque année.

    La médecine traditionnelle est très courante en Indonésie. On pense que la plupart des maladies comme le rhume sont dues au masuk angin, littéralement: la porte du vent. Une des méthodes traditionnelles consiste à enduire d’huile le cou et le dos d’une personne et à frotter  avec une lourde pièce de monnaie appelée kerokan. 

    Les plantes médicinales, ou jamu, sont apparues dans les cours royales de Java il y a des siècles. Les femmes de la noblesse ont alors découvert les vertus de racines, fleurs, écorces, noix, herbes et épices, et en ont raffiné l’usage pour préserver leur santé et leur beauté. Leurs recettes sont utilisées aujourd’hui encore dans la préparation des jamu. De jeunes femmes vendent ces produits naturels dans les rues, un plateau à la main.

    Éducation

    En Indonésie, l’école primaire, ou sekolah dasar, commence à 6 ans. Les écoles publiques n’ont pas de jardins d’enfants, mais les parents peuvent envoyer leurs enfants dans des jardins d’enfants privés et payants.

    Le primaire dure 6 ans. Dans la plupart des établissements, les cours ont lieu le matin, du lundi au samedi. Les enfants passent moins de temps à l'école que leurs homologues nord-américains, mais ils doivent travailler à la maison trois à cinq heures tous les soirs. Les élèves doivent aussi suivre un cours dans lequel ils étudient le pancasila, c’est-à-dire les principes qui régissent la société indonésienne. Ils doivent réussir ce cours pour passer au niveau suivant. Toutes les écoles publiques suivent le même curriculum.

    Le taux d’inscription dans les écoles primaires atteignait 90 % avant la crise monétaire asiatique de 1997, mais il a depuis beaucoup chuté. Aujourd'hui, beaucoup de parents n’ont plus les moyens de payer les uniformes et les livres. Certains enfants doivent parfois abandonner l'école pour travailler ou aider leurs parents dans les rizières.

    Après le primaire, les étudiants entrent au Sekolah Menengah Pertama, le secondaire de premier cycle, qui dure trois ans. Ils doivent ensuite passer un examen pour entrer au Sekolah Menengah Umum, qui dure lui aussi trois ans. Certains établissements de ce niveau offrent des cours de préparation à l’université, d’autres proposent une formation professionnelle aux élèves attirés par un emploi technique; d'autres encore forment les futurs enseignants de l’école primaire.

    Les élèves qui suivent un cours préparatoire d'entrée à l'université doivent passer un examen d’admission qui sanctionne l’ensemble des connaissances acquises depuis le tout premier jour d’école. Chaque année, seuls quelques étudiants le réussissent car il est très difficile. Ceux qui échouent peuvent le repasser l’année suivante. Les universités sont de deux types : publiques ou privées ; dans ces dernières, les frais de scolarité sont très élevés.

    L’Universitas Indonesia, à Jakarta, est le plus grand établissement universitaire du pays. Pour les études en technologie, c’est l'Institut Teknologi Bandung, situé dans la ville de Bandung, qui est le plus important. En général, les garçons s’orientent vers l’ingénierie, la médecine et les affaires, alors que les filles, qui représentent environ la moitié de la population universitaire, préfèrent les arts, la littérature et les langues.


    Fêtes

    Lebaran, appelée aussi Eid al-Fitr, est la fête musulmane la plus importante. Elle marque la fin du Ramadan, mois durant lequel les Musulmans jeûnent du lever au coucher du soleil. Ce jour-là, les gens revêtent des habits neufs, allument des pétards, vont rendre visite aux membres de la famille et préparent des plats spéciaux pour l’occasion. Les jeunes demandent à leurs aînés de leur pardonner les péchés qu’ils ont commis tout au long de l’année.

    Garebeg commémore la naissance du prophète Mohammed. Ce jour-là, à Java, sont organisées des processions religieuses par lesquelles on porte de grandes quantités de nourriture à la mosquée. La nourriture est alors consacrée et distribuée aux membres de l’assistance pour leur assurer santé, chance et bonnes récoltes.

    Isra Mi’raj Nabi Muhammed célèbre l’ascension du prophète Mohammed et Eid-al-Adha (littéralement « le festival du sacrifice ») commémore la disposition d’Abraham à offrir son fils en sacrifice à Dieu. Pour l’occasion, des vaches et des chèvres sont sacrifiées et les gens se rendent sur les tombes de leurs ancêtres. Muharam, ou Hegira, est le Nouvel An musulman. Cette fête commémore le jour où, en 622, Mohammed et ses adeptes partirent de La Mecque pour établir une nouvelle communauté à Médine.

    Sur l’île de Bali, on fête surtout les fêtes hindoues, comme Nyepi (le Nouvel An). La veille de Nyepi, on place des offrandes de nourriture à la croisée des chemins pour apaiser les démons qui y vivraient. Après la tombée de la nuit, tout le monde sort dans les rues, tape sur des gongs et agite des torches pour faire fuir les démons. Le lendemain est réservé aux prières et à la méditation : les rues sont si calmes et si vides que l’île semble avoir été abandonnée. On dit que les démons qui y subsisteraient ne pourraient qu’être découragés par le silence, et partiraient.

    Pour les bouddhistes, la fête la plus importante est celle de Waisak, qui commémore la naissance, l’éveil et la mort du Bouddha. Des milliers de bouddhistes se rassemblent au temple de Borobudur, au centre de l’île de Java. Des moines font une procession solennelle, avec fleurs et prières. À la pleine lune, les gens allument des chandelles, méditent et récitent des versets.

    Sur l’île de Flores, à Pâques, les Chrétiens se rassemblent à minuit pour marcher en procession, pieds nus, derrière une statue de la vierge qui aurait été rejetée par la mer.
     
    La fête de l’Indépendance est le 17 août: c’est en effet le 17 août 1945 que Sukarno a proclamé l’indépendance du pays à Jakarta.

    Arts et littérature

    La musique gamelan des îles de Java et de Bali accompagne les productions chorégraphiques et théâtrales ainsi que les célébrations religieuses. Les orchestres peuvent regrouper jusqu'à 40 musiciens : les instruments comprennent gongs, tambours, flûtes, divers instruments à cordes et des instruments ressemblant aux xylophones. La musique gamelan javanaise est douce et solennelle, alors que la balinaise est forte et rapide.

    Les danseurs des célèbres ballets classiques de Java et de Bali commencent leur formation dès l'âge de 6 ans. Chacun des mouvements, précis et gracieux, a une signification particulière. Les ballets classiques balinais comportent des mouvements plus saccadés. Les danseuses ont des coiffures très complexes et des ongles trés longs qui accentuent les mouvements de leurs mains.

    Les spectacles de marionnettes indonésiennes, ou Wayang, s’inspirent des épopées hindoues Ramayana et Mahabharata. Le Wayang kulit est un théâtre d’ombres dont les marionnettes sont faites en peau de buffle et ont des mouvements très complexes. Le Wayang golek, pour sa part, utilise des marionnettes en bois tridimensionnelles.

    Les Indonésiens fabriquent de beaux tissus aux motifs complexes, à l’aide de teintures naturelles à base de plantes. L’ikat est un tissu dont le motif est créé en nouant les fils ensemble avant de les teindre. Les Javanais fabriquent quelques-uns des plus beaux batiks au monde: on dessine de fins motifs sur le tissu à l’aide de cire et l’on teint les parties qui ne sont pas recouvertes de cire ; on répète le procédé jusqu’à l’obtention de tous les détails désirés. Le songket est une soie tissée de fil d’or ou d’argent.

    Pramoedya Ananta Toer est l’auteur indonésien le plus célèbre. Il a passé près de 14 ans en prison pour avoir critiqué le gouvernement dans ses livres. Mochtar Lubis est un autre écrivain très connu; dans son roman le plus célèbre, Twilight in Jakarta, il s’en prend à la corruption et décrit la pauvreté en Indonésie. 

    Garin Nugroho est le plus grand réalisateur d’Indonésie. Il a remporté plusieurs prix internationaux pour ses films et documentaires. Avec And The Moon Dances (1995), Bulan Tertusuk Llalang a remporté des prix aux festivals de Nantes et de Singapour, ainsi qu’au Japon en 1996.

    Sports et loisirs

    Les sports traditionnels sont très populaires en Indonésie: la plupart des îles ont leurs courses de bateaux et leurs concours de cerfs-volants; à Bali, les hommes apprécient les combats de coq; à Madura, des courses de taureaux suivent chaque année la saison des récoltes. À Nias, on pratique le saut de pierre, sport qui consiste à bondir au-dessus d’un mur d’un mètre cinquante de haut et d’un demi-mètre de large, ce que les jeunes hommes font parfois un sabre à la main. C’est ainsi qu’autrefois les guerriers s’entraînaient à escalader les murs ennemis.

    Le sepak takraw, qui s’apparente au volley-ball, est pratiqué dans tout l’archipel : deux équipes s’affrontent en tentant de maintenir une balle de rotin dans les airs uniquement avec les pieds. Les jeunes pratiquent aussi le pencak silat, art martial similaire au karaté. À l’occasion des réunions de famille, les Indonésiens jouent souvent au congklak, jeu de société daus lequel les joueurs doivent placer coquillages ou galets dans des cases creusées sur une planche de bois.

    Le badminton et le tennis sont des sports très populaires dans tout le pays. En badminton, les Indonésiens ont gagné la coupe Thomas à plusieurs reprises, chez les hommes comme chez les femmes, et Rudy Hartono est entré dans la légende après avoir remporté sept années de suite le championnat mondial non officiel « All-England ». En boxe, Ellyas Pical est aussi un athlète de renommée internationale. Quant à l’équipe indonésienne de tennis, elle jouit d’un beau palmarès après avoir remporté plusieurs trophées en Asie. 

    Le soccer est lui aussi très apprécié. Bien que les équipes professionnelles soient commanditées par des entreprises, les joueurs ne sont pas rémunérés en tant qu'athlètes à temps plein, mais doivent travailler pour l'entreprise en plus de pratiquer leur sport. La course à pied gagne depuis peu en popularité. La course du Paradis, à Bali, est une épreuve qui attire des athlètes du monde entier.

    La politique du gouvernement indonésien en matière de sport promeut le «sport pour tous». Le 9 septembre est la journée nationale du Sport, durant laquelle les adeptes se regroupent dans tout le pays. On célébrait déjà cette fête avant qu'elle ne devienne le symbole d’unité de l'Indonésie et avant même que le pays ne soit indépendant. Le gouvernement subventionne aussi le Karang Taruna, un organisme consacré aux jeunes de 10 à 25 ans et dont les dirigeants locaux organisent des activités sociales et sportives.

    source: Indonésie (Projet des Profils culturels, Centre Anti-Racism, Multiculturalism and Native Issues (AMNI), Faculté de travail social, Université de Toronto, avec l'aide de Citoyenneté et Immigration Canada) (reproduction autorisée)

    L'archipel indonésien
    Source : CIA - The World Factbook

    Plusieurs cartes des îles de l'archipel

    Histoire

    Histoire
    Les îles indonésiennes sont peuplées depuis des milliers d’années. On y a d’ailleurs découvert des fossiles de l’homo erectus datant d’environ 500 000 ans. La plupart des Indonésiens d’aujourd’hui descendent toutefois de populations venues soit du sud-est de l'Asie, depuis environ 3000 av. J.-C., soit d’Inde, depuis le IIe siècle.

    Au VIIIe siècle, le royaume bouddhiste de Shrivijaya, sur l’île de Sumatra, contrôlait les principales voies maritimes et faisait du commerce avec la Chine et l’Inde. Les royaumes hindo-bouddhistes de Mataram et Sailendra, pour leur part, avaient le monopole de presque la totalité de la production interne de riz.

    Le XIIIe siècle marqua l'avènement du puissant royaume hindou Majapahit qui fut à l’origine de l'Indonésie telle qu’on la connaît aujourd'hui. Mais au XIVe siècle, des commerçants arabes introduisirent la culture islamique, et le royaume de Majapahit, amorça son déclin. Au XVe siècle, l'islam devint la religion officielle de la plupart des îles du pays, et les Hindous de Majapahit se retirèrent sur l’île de Bali.

    Les marchands portugais prirent le contrôle du commerce des épices en 1511, mais furent chassés par les Hollandais en 1596; ces derniers fondèrent la Compagnie des Indes orientales, basée à Batavia (aujourd'hui Jakarta). La Compagnie fit faillite en 1799 ; les actions indonésiennes de la compagnie passèrent alors aux mains du gouvernement hollandais, et l'Indonésie devint une colonie de la Hollande. L’Indonésie fut brièvement gouvernée par les  Britanniques de 1811 à 1816 avant d’être rendue aux Hollandais.

    Les Indonésiens s’opposèrent à la domination hollandaise. En 1929 fut fondé le Parti démocratique indonésien prônant l'indépendance du pays, avec à sa tête Sukarno. En 1942, lors de la Deuxième Guerre mondiale, les Japonais envahirent l'Indonésie, en expulsèrent les Hollandais, et utilisèrent les ressources indonésiennes pour soutenir leur effort de guerre. À l'issue du conflit, qui vit la défaite du Japon, l'Indonésie se proclama république indépendante (le 17 août 1945), et Sukarno devint le premier président du pays.

    Dans les années 1950, certains groupes tentèrent de renverser la république : Sukarno instaura alors la loi martiale, en 1959. En 1965, une tentative de coup d'État menée par le Parti communiste indonésien fut mise en échec par la contre-attaque du Général Suharto. Des centaines de milliers de personnes furent emprisonnées ou tuées durant la guerre civile qui suivit. En 1966, Sukarno céda la présidence au Général Suharto qui appliqua immédiatement la loi martiale et bannit le parti communiste. Ce fut la fin de la guerre civile et le début d’un retour à la stabilité.

    Suite à la crise de la devise asiatique d’août 1997 qui a ravagé l’économie du pays, un climat d’agitation s’est instauré et les émeutes se sont multipliées. Suharto dut démissionner en mai 1998. Les Indonésiens ont alors exigé la tenue d’élections: c’est ainsi qu’en juin 1999 se sont tenues les premières élections libres en quarante ans: un nouveau gouvernement a été mis en place avec, à la présidence, Abdurrahman Wahid.

    source: Indonésie (Projet des Profils culturels, Centre Anti-Racism, Multiculturalism and Native Issues (AMNI), Faculté de travail social, Université de Toronto, avec l'aide de Citoyenneté et Immigration Canada) (reproduction autorisée)

    Hyperliens sur l'histoire de l'Indonésie (WWW Virtual Library - History: Indonesia)



    Arrivés au début du XVIe siècle, les Portugais, qui avaient établi plusieurs comptoirs dans l'archipel, ont été supplantés à partir du XVIIe siècle par les Hollandais, désireux de s'adjuger le monopole du commerce des épices au travers de la compagnie unie des Indes orientales.

    Etablis en 1619 à Jakarta, qu'ils baptisèrent Batavia, les Hollandais vont durant tout le XVIIIe et le XIXe siècle, étendre progressivement leur souveraineté à l'ensemble de l'île de Java tout d'abord, puis à Sumatra, à une large partie de Bornéo, aux Célèbes, aux Moluques, aux îles de la Sonde et à la Nouvelle-Guinée occidentale, non sans que cette expansion ne se heurte à la résistance des populations et des souverains locaux. C'est donc la colonisation hollandaise qui a donné ses contours actuels à l'Etat indonésien, à l'exception toutefois de l'est de Timor, resté sous souveraineté portugaise jusqu'en 1976.

    Après trois années d'occupation japonaise, de 1942 à la fin de la guerre, l'indépendance de l'Indonésie est proclamée le 17 août 1945 par le leader nationaliste Soekarno. Mais le retour des Hollandais et leur refus de reconnaître l'indépendance allaient entraîner quatre années de tensions et de conflits qui feront près de 100 000 morts. Après avoir tenté de susciter, dans plusieurs provinces, la création d'Etats indépendants, confédérés au sein des Etats Unis d'Indonésie, les Pays-Bas, sous la pression internationale et notamment celle des Etats-Unis, reconnaissaient l'indépendance de l'Indonésie le 27 décembre 1949.

    Le nouvel Etat allait revendiquer la province d'Irian Jaya (Nouvelle-Guinée occidentale), restée provisoirement sous administration hollandaise. Après le lancement d'une opération militaire indonésienne, elle passa sous le contrôle de l'ONU en 1962 puis revint définitivement en 1963 à l'Indonésie, qui vit ainsi son territoire doté d'une 26e province.

    Enfin, lorsque éclate la révolution portugaise en 1974 et que se produit un coup d'Etat indépendantiste au Timor oriental, l'Indonésie, qui convoitait ce territoire, l'envahit en décembre 1975. Le Timor oriental est officiellement déclaré 27e province de l'Indonésie en juillet 1976 mais ce "rattachement" n'a jamais été reconnu par la communauté internationale.
    * * *

    L'ordre nouveau, régime politique de l'Indonésie depuis 1966

    La démocratie parlementaire à l'occidentale n'entre guère dans la tradition politique de l'Indonésie.

    La Constitution de 1945, qui dotait l'Indonésie d'une République unitaire a été suspendue en 1950 puis, après une brève expérience de régime parlementaire classique, a été rétablie et demeure toujours en vigueur aujourd'hui. Le Président Soekarno réoriente les institutions en 1957 en définissant la notion de "démocratie dirigée", assise sur le consensus et s'appuyant sur des "groupes fonctionnels", jugés plus représentatifs que les partis politiques traditionnels, mais se traduisant dans les faits, par un renforcement de l'exécutif. De cette époque date également la reconnaissance du rôle "socio-politique" de l'armée.

    La période qui s'ensuit est marquée par une succession de troubles, en particulier à Sumatra et aux Célèbes et une tension de plus en plus vive entre l'armée et le parti communiste indonésien.

    Le 30 septembre 1965, une tentative de coup d'Etat qui se traduit par l'assassinat du plusieurs chefs militaires, imputée au parti communiste, entraîne une vive réaction de l'armée, sous l'impulsion du général Soeharto, et une importante répression, qui a fait plusieurs centaines de milliers de victimes.

    Soupçonné de complaisance envers les communistes, le Président Soekarno est contraint en 1966 de transférer l'essentiel des pouvoirs exécutifs au général Soeharto, qui interdit le parti communiste. Soekarno sera déposé par l'Assemblée du peuple en 1967, le général Soeharto devenant Président de la République en mars 1968.

    Le nouveau régime, qui se reconnaît dans la notion d' "ordre nouveau" infléchit la politique indonésienne dans le sens d'un ralliement au bloc occidental et d'une libéralisation de l'économie, désormais ouverte aux investisseurs étrangers.

    Tout en maintenant les institutions parlementaires, le nouveau régime regroupe autoritairement les partis politiques en trois formations et organise une vie politique étroitement encadrée, dans laquelle l'armée se voit reconnaître un rôle essentiel.

    Le Président Soeharto a été réélu par l'Assemblée du peuple en 1973, 1978, 1983, 1988, 1993 et 1998, avant de démissionner, sous la pression d'une contestation de plus en plus vive, le 21 mai dernier et d'être remplacé, comme le prévoit la Constitution, par le Vice-Président, M. Habibie.

    * * *

    UN QUART DE SIÈCLE DE DÉVELOPPEMENT ÉCONOMIQUE DANS LA STABILITÉ POLITIQUE

    Le régime de l'Ordre nouveau, établi par le général Soeharto, a concentré le pouvoir entre les mains d'un exécutif fort et posé des limites étroites à l'action des forces politiques, en étouffant toute velléité d'opposition. L'Indonésie a ainsi connu une longue période de stabilité politique au cours de laquelle elle a mis en oeuvre avec constance un programme de développement économique qui a permis une croissance forte et régulière et un recul de la pauvreté.

    A. UNE PRATIQUE AUTORITAIRE DU POUVOIR

    Le Président Soekarno, avec son concept de "démocratie dirigée", avait dès la fin des années cinquante rompu avec le modèle parlementaire à l'occidentale pour mettre en place un système politique à ses yeux plus conforme à la culture et aux traditions indonésiennes, qui privilégieraient la négociation à l'affrontement, la recherche du consensus à l'application de la règle majoritaire, la représentation des intérêts économiques et sociaux au jeu des partis politiques.

    A ces caractéristiques, l'Ordre nouveau en ajoutera deux autres, liées aux circonstances de son arrivée au pouvoir : un exécutif fort et une vie politique étroitement encadrée d'une part, un rôle accru dévolu aux forces armées d'autre part.

    1. Un exécutif fort et une vie politique étroitement encadrée

    Le cadre institutionnel indonésien repose toujours sur la Constitution du 18 août 1945 qui avait instauré la République et défini une idéologie nationale, le Pancasila, s'appuyant sur cinq principes constitutionnels :

    . la croyance en un seul Dieu, qui implique la reconnaissance officielle de cinq religions monothéistes (islam, catholicisme, protestantisme, bouddhisme et hindouisme) sans privilégier l'islam, et garantit donc le respect des religions minoritaires,

    . l'humanitarisme reposant sur la justice et la civilisation,

    . l'unité de l'Indonésie,

    . la démocratie guidée par l'esprit de sagesse et de consensus,

    . la justice sociale pour l'ensemble du peuple indonésien.

    Ces principes constituent une idéologie officielle à laquelle toutes les organisations et les formations politiques sont tenues de se conformer.

    La référence à la démocratie et à la souveraineté populaire se manifeste par les élections législatives, organisées tous les cinq ans pour le renouvellement de la Chambre des Représentants.

    Si l'Indonésie n'avait pas connu de consultation électorale nationale depuis 1955, l'organisation des élections dans le régime de l'Ordre nouveau obéit pour sa part à des règles strictes, qui limitent sévèrement l'expression démocratique.

    En premier lieu, seules participent aux élections les formations reconnues par la loi. Depuis la fusion forcée, dans un but de "simplification", de nombreux mouvements, les partis politiques autorisés sont au nombre de trois :

    . le GOLKAR, parti de gouvernement, s'apparente davantage à une organisation officielle qu'à un parti politique. Il fédère plusieurs dizaines de "groupes fonctionnels" représentant les organisations de défense et de sécurité, les professions, le syndicat des travailleurs indonésiens ou encore les coopératives. Les fonctionnaires sont également, ès qualités, membres du GOLKAR,

    . le Parti de Unité pour le développement (PPP) a regroupé les quatre partis musulmans,

    . le Parti Démocratique d'Indonésie (PDI) constitue le regroupement hétérogène des formations restantes. Autour du Parti national indonésien, formation historique de la lutte pour l'indépendance, il associe notamment les anciens partis catholique et protestant.

    Le Parti communiste indonésien est quant à lui interdit depuis 1966.

    Limités dans leur nombre, les partis indonésiens le sont également dans leur marge de manoeuvre. Seul le GOLKAR peut véritablement agir sur l'ensemble du territoire, les deux autres partis (le PPP et le PDI) devant restreindre leur présence au seul niveau du district et se voyant interdire toute activité militante dans les villages. D'autre part, le gouvernement a instauré un mécanisme de contrôle de la moralité politique des candidats aux élections qui permet, au sein de ces partis, de filtrer les candidatures.

    Le régime sait par ailleurs user de la répression lorsqu'il se sent trop fortement mis en cause par certains mouvements ou dirigeants politiques. Cet arsenal législatif et judiciaire, et le souvenir de la répression qui a suivi l'arrivée du général Soeharto au pouvoir, contribuent à maintenir un climat de crainte qui neutralise de fait les velléités de contestation trop directe ou trop ouverte.

    Dans ces conditions, le PPP et le PDI constituent une opposition "officielle", très surveillée et encadrée par le pouvoir. Ce dernier a par exemple fait pression pour l'éviction de la présidence du PDI de Mme Megawati Soekarnoputri, fille de l'ancien président Soekarno, jugée trop combative, lors d'un congrès extraordinaire organisé en juin 1996, et a obtenu son remplacement par une personnalité plus complaisante. Mme Megawati a été radiée de la liste des candidats autorisés à se présenter aux élections législatives de mai 1997.

    Sur la base de ces règles, et compte tenu du contrôle de l'information, le Golkar a jusqu'à présent largement remporté les élections législatives auxquelles il a obtenu 62,8 % des voix en 1971, 62,1 % en 1977, 64 % en 1982, 73 % en 1987, 69 % en 1992 et 74 % en 1997.

    Le parti musulman, le PPP, s'affirme comme la seconde force électorale du pays, avec un score qui est passé de 29 % en 1977 à 15 % en 1987, avant de remonter à 23 % en 1997.

    Quant au PDI, après avoir stagné autour de 10 % des voix, il avait réalisé 15 % aux élections de 1992. L'éviction de sa présidence de Mme Megawati, fille du président Soekarno, en 1996, explique largement son très faible score (3 %) en 1997.

    Le Golkar, formation vouée au soutien de l'action gouvernementale, domine donc très nettement les consultations électorales organisées depuis vingt-cinq ans.

    Encore faut-il ajouter que sur 500 membres de la chambre des représentants, 425 seulement sont élus au suffrage universel (par scrutin proportionnel au niveau national), 75 étant choisis par le Président au sein des forces armées. Cette particularité a été justifiée par la nécessité d'associer les militaires, privés du droit de vote, à la vie politique du pays. Les forces armées constituent donc, aux côtés des trois organisations autorisées, le quatrième groupe parlementaire de la Chambre des Représentants.

    Les décisions de la Chambre des Représentants sont prises à l'unanimité, après recherche du consensus. Cette pratique reflète la conception indonésienne de la démocratie, prônée par Soekarno et reprise par Soeharto, dans laquelle la notion d'opposition n'a guère sa place.

    La plus haute autorité de l'Etat est l'Assemblée consultative du peuple. Elle est composée des membres de la Chambre des Représentants et de 500 délégués désignés par le chef de l'Etat pour représenter les intérêts des collectivités territoriales et des associations ou organisations sociales. Ce collège de 1 000 membres, dont 575 sont donc directement désignés par le chef de l'Etat, se réunit une fois tous les 5 ans et assure une double fonction :

    - il élit le Président et le Vice-Président appelé éventuellement à le remplacer en cours de mandat,

    - il se prononce sur les modifications de la Constitution et approuve les grandes lignes de la politique gouvernementale pour les cinq années à venir.

    Le personnage dominant des institutions indonésiennes est bien entendu le Président de la République.

    Chef du pouvoir exécutif, le Président de la République nomme et révoque les ministres, qui ne sont responsables que devant lui. L'Indonésie ne connaît pas la pratique du Conseil des Ministres, les ministres recevant directement leurs instructions du Président.

    Le Président détient également des pouvoirs législatifs étendus qu'il exerce au travers de décrets ou de décisions présidentiels. Titulaire du pouvoir exécutif depuis 1966, le général Soeharto a été élu Président de la République en mars 1968 par l'Assemblée du peuple, qui avait une année auparavant déposé le Président Soekarno. Il a par la suite été réélu à six reprises, et en dernier lieu le 10 mars 1998, étant précisé qu'il était dans tous les cas le seul candidat en lice.

    Élu par l'Assemblée consultative du peuple en même temps que le Président, le Vice-Président a pour principale vocation de remplacer le Président pour le restant du mandat en cas de décès ou de cessation de fonctions. Ici encore, la compétition entre plusieurs candidats n'est pas d'usage, le choix réel relevant du Président. M. Habibie, ancien ministre d'Etat pour la recherche et la technologie, a été élu vice-président le 11 mars dernier. Il est devenu chef de l'Etat le 21 mai 1998 à la suite de la démission du général Soeharto.

    En résumé, le système politique indonésien se caractérise par une concentration des pouvoirs aux mains du Président qui dispose d'autre part des moyens constitutionnels de poser des limites très étroites à l'action des forces politiques.

    Ce contrôle de l'exécutif s'exerce tout autant dans le domaine social, où les organisations syndicales ont également été encadrées, que dans celui de l'information : une organisation unique est seule habilitée à délivrer l'autorisation d'exercer la profession de journaliste.

    Ainsi, tout en maintenant des institutions parlementaires et des élections et en reconnaissant un certain pluralisme, le régime de l'Ordre nouveau n'a-t-il laissé que de très faibles marges de manoeuvre à l'expression d'une quelconque opposition politique.

    2. L'armée indonésienne au coeur du système politique

    Depuis l'indépendance, l'armée n'a cessé de jouer un rôle clé dans le système politique indonésien, se portant garante de l'unité du pays et s'opposant aux tentatives d'instauration d'un Etat islamique.

    Après l'échec de l'expérience libérale des années 1950-1957, les forces armées de la République d'Indonésie (ABRI), sous l'impulsion de leur chef d'état-major, le général Nasution, réclamèrent ouvertement la reconnaissance d'un rôle plus important dans l'appareil d'Etat, une "double fonction" sociale et politique autant que militaire. La période de la "démocratie guidée" qui s'ouvre en 1957, et qui est également marquée par une succession de troubles sociaux ou séparatistes entraînant l'application de la loi martiale, verra la satisfaction d'une partie des revendications des forces armées.

    C'est à cette époque que l'armée se voit reconnaître, au même titre que les organisations économiques ou religieuses, la qualité de "groupe fonctionnel", avec les prérogatives politiques et institutionnelles qui s'y rattachent.

    Dans un autre domaine, la nationalisation d'entreprises détenues par les Hollandais et transférées à l'armée, à partir de 1957, va s'accompagner de l'entrée de nombreux cadres militaires dans le secteur économique. L'armée se voit reconnaître, hors de la sphère militaire, un rôle dans le développement économique et social.

    La prise de pouvoir par l'armée, en 1965, en réaction au coup d'Etat communiste permettra de consacrer la théorie de la "double fonction" des forces armées:
    - fonction de sécurité et de défense, autant sinon plus orientée vers la menace interne que vers un agresseur extérieur,
    - fonction socio-politique, qui justifie son implication dans des pans entiers de la vie civile et dans la direction politique de l'Etat.

    L'armée indonésienne, placée sous l'autorité du chef de l'Etat, son commandant suprême, compte aujourd'hui environ 460 000 hommes. Le gouvernement indonésien donne la priorité au maintien de la cohésion nationale et de l'ordre public, qui entre dans les missions de l'armée, par rapport à une menace extérieure jugée secondaire. Aussi les crédits d'équipement sont-ils faibles, souvent mis en place au coup par coup pour satisfaire des besoins ponctuels, l'essentiel du budget étant consacré au fonctionnement.

    Par ailleurs, les effectifs sont concentrés dans l'armée de terre et la police.

    Avec 216 000 hommes, l'armée de terre s'appuie sur un maillage très serré du territoire, s'étendant jusqu'à l'échelle des villages. Elle comporte des unités d'élite bien entraînées, les forces spéciales d'intervention (KOPASSUS).

    La police, avec 180 000 hommes, fait partie intégrante de l'armée et dispose en particulier de compétences et de matériels anti-émeutes étendus.

    Comme on l'a signalé plus haut, l'armée dispose en tant que telle de 75 sièges sur les 500 que compte la Chambre des Représentants. Nombreux sont les membres des forces armées qui occupent des positions non militaires dans les ministères, dans l'administration territoriale ou dans les entreprises.

    Par l'intermédiaire de ses coopératives, l'armée est impliquée dans la gestion de plusieurs secteurs de l'économie comme le transport maritime, les plantations, les mines, l'exploitation forestière ou le secteur bancaire.

    De l'avis des observateurs, l'évolution récente du régime s'était cependant traduite par un relatif recul de l'influence des militaires dans la marche de la nation. Il s'agirait à la fois d'une conséquence du développement du pays, qui favorise l'émergence d'une nouvelle élite, et d'une volonté politique du chef de l'Etat, dont les liens avec l'armée se seraient distendus. Dans l'administration et les entreprises, des cadres civils ont pris désormais le pas sur des militaires. Au plan économique, les intérêts de l'armée ne pouvaient rivaliser avec les grands groupes privés qui se sont développés durant la période de croissance économique. La nomination, en mars dernier, d'un civil, M. Habibie, au poste de Vice-Président, jusqu'alors le plus souvent dévolu à un militaire, aurait constitué la dernière manifestation de ce phénomène qui a atténué, sans le remettre fondamentalement en cause, le poids considérable de l'armée dans la société indonésienne.

    Doocumentation

    Documentation
    Aspinall, Edward Thomas. Political Opposition and the Transition from Authoritarian Rule: The Case of Indonesia. Thèse. Australian National University. Department of Political and Social Change, 2000: "This thesis presents a study of political opposition in the decade leading to the end of President Suharto's New Order regime in Indonesia. In particular it focuses on the contribution of opposition forces to the process of political democratisation and the interplay in that process between societal/opposition initiative and disunity within the governing elite." (Australian Digital Theses Program - texte intégral en format PDF)
    Date de création : 2012-04-01 | Date de modification : 2012-04-01
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