• Encyclopédies

      • Encyclopédie de l'Agora

        Notre devise: Vers le réel par le virtuel!


      • Encyclopédie sur la mort

        L’encyclopédie sur la mort veut s'intéresser à ce phénomène sous ses multiples aspects et ses diverses modalités.


      • Encyclopédie Homovivens

        Encyclopédie sur les transformations que l'homme opère en lui-même au fur et à mesure qu'il progresse dans la conviction que toute vie se réduit à la mécanique.


      • Encyclopédie sur l'inaptitude

        Tout le monde en conviendra : c'est au sort qu'elle réserve aux plus vulnérables de ses membres que l'on peut juger de la qualité d'une société. Aussi avons-nous voulu profiter ...


      • Encyclopédie sur la Francophonie

        L'Encyclopédie de la Francophonie est l'une des encyclopédies spécialisées qui se développent parallèlement à l'Encyclopédie de l'Agora.

  • Dictionnaires
  • Débats
      • Le Citoyen Québécois

         Après la Commission Gomery, la Commission Charbonneau! À quelles conditions pourrions-nous en sortir plus honnêtes… et plus prospères

      • L'hypothèse Dieu

         Un nouveau site consacré au dialogue entre croyants et non-croyants a été créé. Son titre « L’hypothèse Dieu » annonce-t-il un vira...

  • Sentiers
      • Les sentiers de l'appartenance

        L'appartenance c'est le lien vivant, la rencontre de deux Vies : la nôtre et celle de telle personne, tel  paysage...Quand la vie se retire, le sentiment d'appropriation se substitue au ...

      • Le sentier des fleurs sauvages

        Nous sommes des botanistes amateurs. Notre but est de partager un plaisir orienté vers une science complète où le regard du poète a sa place à côté de celui du botaniste, du généticien, du gastrono...

      • L’îlot Louis Valcke

        Sur les traces de Louis Valcke (1930-2012), professeur, philosophe, essayiste, cycliste, navigateur et pèlerin. Spécialiste mondial de l’œuvre de Pic de la Mirandole.

  • La lettre
    • Édition


    La lettre de L'Agora
    Abonnez-vous gratuitement au bulletin électronique. de L'Agora.
    Si l’Encyclopédie de l’Agora demeure progressiste, c’est dans un nouveau sens du mot progrès, fondé sur la science réparatrice et sur le principe de précaution.
    Média social:
    Facebook:


    Fluxs RSS:

    Impression du texte

    Villa-Lobos Heitor

    Compositeur brésilien (1890-1959). Villa-Lobos, né en 1890, est l'auteur d'un nombre incalculable d’œuvres de toutes sortes. Sa fécondité est proprement étonnante: plus d'une douzaine d'opéras, des symphonies, des suites d'orchestre, des concertos, des quatuors à cordes, des mélodies, des chœurs, des messes, des pièces pour piano, etc. Mais de tout ce bagage impressionnant, on ne connaît assurément que le meilleur, le pire ayant été détruit ou semé aux quatre vents. Violoncelliste, flûtiste, guitariste, violoniste, hautboïste, «etcaeteratiste» , aucune technique instrumentale ne le gêne et même son écriture pour le piano — il n'était pas pianiste virtuose — est bonne, quoique souvent d'une grande difficulté. Musique riche et primitive, sans aucun raffinement et qui n'obéit pas à la recherche savante de rafraîchissement qui sévit en Europe. Point chez lui de «sophisme absolu, inutile et transcendantal», ainsi qu'il le dit lui-même. Il n'est occupé que de créer avec sa sensibilité. Villa-Lobos aura dans l'histoire l'honneur d'avoir été la première, la plus vivante et la plus puissante expression de la musique brésilienne au commencement du XXe siècle.

    Biographie

    Les Américains, ceux des États-Unis, savent à merveille captiver notre attention d'une façon presque exclusive. Habitants du Québec, nous nous intéressons dans une mesure suffisante à ce qui se passe en Europe, c'est-à-dire en France et en Angleterre, mais surtout à ce que font nos voisins d'à côté. New-York nous éblouit copieusement, tandis que le reste du monde nous paraît trop lointain. Pourtant, il y a aussi l'Amérique du sud, où de nombreuses républiques se développent et commencent à faire entendre leurs voix jusqu'en Europe. Mais pour faire la connaissance, par exemple, du Brésil musical, le plus court chemin paraît encore être celui de Paris, où s'essayent sans relâche les gloires de demain.

    En effet, c'est par Paris que la musique brésilienne a pénétré en Europe. Elle a longtemps attendu pour faire le voyage, parce qu'elle avait décidé de ne se présenter dans le monde musical européen que munie d'une langue et d'une démarche propres.

    Mais voici une petite histoire:

    Le célèbre pianiste Arthur Rubinstein faisait, il y a une dizaine d'années, un séjour à Rio de Janeiro, où il entendit parler d'un jeune musicien très pauvre, qui jouait admirablement de plusieurs instruments et qui avait la réputation d'un fou. Un soir, il s'ennuyait tranquillement au cinéma, au bruit monotone du «répertoire international» (c'est un peu comme la cuisine des palaces) quand, tout à coup, un des musiciens de l'orchestre l'ayant reconnu, on se mit à jouer une musique d'une expression et d'un rythme tout à fait nouveaux pour lui. Cherchant l'auteur de cette musique dans les coulisses du cinéma après le spectacle, il eut, pour toute réponse du jeune musicien, après l'avoir félicité: «Ces choses ne peuvent pas vous intéresser»... Le jeune compositeur se ravisa pourtant et, quelques jours plus tard, un matin, de très bonne heure, Rubinstein fut réveillé par des bruits insolites dans son antichambre. Une délégation de musiciens d'orchestre, dirigée par le jeune et intrépide musicien brésilien, s'y installait, décidée à faire entendre au pianiste européen des choses qu'il ne connaissait sûrement pas. Rubinstein fut tout de suite ébloui par cette musique libre et vivante, d'une sonorité et d'une forme inconnues des Européens, ainsi qu'il le disait lui-même. Il s'intéressa à l'auteur, acheta de ses oeuvres et les fit entendre partout où il passa.

    Entre temps, le musicien français Darius Milhaud avait aussi rencontré et encouragé le musicien brésilien qui, peu à peu, commençait à être reconnu au Brésil. Les artistes les plus célèbres ne tardèrent pas à le traiter en confrère et il ne lui manquait plus, vraiment, que l'expérience européenne.

    Il y a deux ans, un soir que Rubinstein, de nouveau à Rio, dînait chez un grand financier brésilien, il fit devant tous l'éloge du jeune héros brésilien, qu'il considérait «comme un des plus grands artistes de son temps, et qui pourrait être accueilli en Europe avec enthousiasme». Le financier demanda alors combien il fallait d'argent pour un tel lancement, ce à quoi Rubinstein, pris au dépourvu quant à la somme, répondit par un chiffre énorme. Quelques minutes plus tard, il avait en mains le chèque mirifique qui devait conduire le jeune fauve de la musique brésilienne à la célébrité européenne.

    Villa-Lobos, né en 1890, est l'auteur d'un nombre incalculable d’œuvres de toutes sortes. Sa fécondité est proprement étonnante: plus d'une douzaine d'opéras, des symphonies, des suites d'orchestre, des concertos, des quatuors à cordes, des mélodies, des chœurs, des messes, des pièces pour piano, etc. Mais de tout ce bagage impressionnant, on ne connaît assurément que le meilleur, le pire ayant été détruit ou semé aux quatre vents. Violoncelliste, flûtiste, guitariste, violoniste, hautboïste, «etcaeteratiste» , aucune technique instrumentale ne le gêne et même son écriture pour le piano — il n'était pas pianiste virtuose — est bonne, quoique souvent d'une grande difficulté.

    Il avait horreur de l'opéra, qu'il considérait comme un «genre inférieur» de musique, mais il en écrivit cependant un grand nombre pour montrer à ses détracteurs qu'il était capable d'en fabriquer. Son opéra biblique Jésus, bâti sur des thèmes juifs, est si audacieux par le sujet, qu'il n'a jamais pu être représenté. De même Zoé, qui est l'histoire «d'une femme fatale et du rôle de la danse dans la vie moderne». Un autre encore Malazarte, inspiré du folklore, consacre un héros symbolique croisé d'indien, de nègre, d'espagnol et de portugais.

    Cette musique vibrante, beaucoup plus extérieure qu'intérieure, aux muscles solides, très rarement jolie, mais souvent violente, sauvage et éclatante recourt manifestement aux sources indigènes, et sa plus grande particularité est le rythme. Un rythme spécial, qui prend sa métrique dans le folklore national ou indigène, soit de source portugaise, indienne, espagnole ou négro-africaine. La musique de Villa-Lobos cherche, en effet, à fixer «par toutes les ressources qu'offrent le rythme et la mélodie, le sens général et profond de la race brésilienne». Elle cherche à fondre les «apports autochtones, africains et latins dont les réunions fétichistes, la chanson, la danse, le carnaval, sont les éléments les plus caractéristiques» . Ces divers éléments, l'auteur les a amalgamés avec joie et avec conviction, et il en a déjà jailli des oeuvres qui ont la force des peuples primitifs, non brutale ou pernicieuse, mais créatrice».

    Tels sont les 14 «Choros», les oeuvres les plus typiques, les plus fortes et les plus personnelles du musicien brésilien. Telles sont aussi des oeuvres plus récentes comme les deux ballets Entonnoir et Véhicule, et la Suite Suggestive, qui représente «la sensation sonore de la cinématographie».

    Musique riche et primitive, sans aucun raffinement et qui n'obéit pas à la recherche savante de rafraîchissement qui sévit en Europe. Le Brésil, pays en pleine croissance, ne connaît pas encore la fatigue qui force les Européens à tels retours en arrière, à tels croisements de races. Le sauvage Villa-Lobos n'a que faire des fictions et des abstractions chères aux Européens. Point chez lui de «sophisme absolu, inutile et transcendantal», ainsi qu'il le dit lui-même. Il n'est occupé que de créer avec sa sensibilité. Ainsi donc, du sol même de ce pays riche et fécond, jaillit un art de bonne santé et de bonne humeur, et Villa-Lobos aura dans l'histoire l'honneur d'avoir été la première, la plus vivante et la plus puissante expression de la musique brésilienne au commencement du XXe siècle.

    Oeuvres

    Date de création : 2012-04-01 | Date de modification : 2012-04-01
    Loading

    54%
    Dons reçus (2016-2017): 10 862$
    Objectif (2016-2017): 20 000$


    Nous avons reçu 18 600$ lors de la campagne 2015-2016. Nous vous remercions de votre générosité. Pour la campagne 2016-2017, notre objectif s'élève à 20 000$.

    Contribuez au rayonnement des oeuvres de l'Agora/Homo vivens en devenant membre ou en faisant un don.