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    Impression du texte

    Brunelleschi Filippo

    Sculpteur et architecte italien (1377-1446)


    «Brunelleschi, qui fut pour Ghiberti le concurrent le plus redoutable lors du concours de 1403 pour la porte du Baptistère de Florence, eût été un des plus grands maîtres de la sculpture florentine, s'il eût voulu s'adonner à cet art, au lieu de se consacrer tout entier à l'architecture. Le Sacrifice d'Abraham, si intéressant par ses audaces, par l'observation hardie de la nature, par la nouveauté de l'invention et surtout par l'énergie de la pensée, prouve qu'il eût pu occuper dans la statuaire la place qu'il laissa prendre à Donatello.
    Le Sacrifice d'Abraham de Brunelleschi et celui de Ghiberti mettent en présence, dès le début du XVe siècle, les deux grandes doctrines qui, pendant tout un siècle, vont se partager l'art italien avec Ghiberti, la beauté sereine des formes ; avec Brunelleschi et Donatello, les drames de la pensée.»

    MARCEL REYMOND, «La sculpture florentine au XVe siècle: Brunelleschi», Gazette des beaux-arts, Paris, 1er janvier 1897, 3e période, tome 17



    *******


    «L’équilibre des éléments de l’art ne tarda pas à pencher du côté de l’antique; l'impulsion de la Renaissance était trop forte et répondait trop bien aux instincts traditionnels de l’Italie, pour ne pas entraîner les artistes avec les philosophes et les savants. Le système ogival avait été promptement modifié par l’esprit de l’Italie et par les convenances du climat; et la main qui avait créé la grande peinture, la main de Giotto, avait laissé aussi sur l’architecture sa noble et gracieuse empreinte. Un autre Florentin de génie, Filippo Brunelleschi, au lieu d’une simple modification, fit une révolution tout entière. "Frappé de stupeur, raconte Vasari, à l’aspect des merveilleux monuments de Rome", ce sanctuaire de l’antiquité, dont l’art du Nord n’avait osé franchir les portes 1, Brunelleschi étudia profondément le système des constructions romaines, pour en reproduire la puissance et en dépasser la hardiesse; il appliqua les mathématiques à l’architecture avec une rigueur, une certitude inconnues avant lui, et jamais égalées depuis; dépassant tout à la fois en science les anciens et le moyen âge, il supprima la forêt de supports extérieurs qui appuyaient la cathédrale ogivale, voulut faire de la coupole, employée avec timidité par le moyen âge italien, le principe essentiel d’une nouvelle architecture religieuse, et jeta dans les airs, soutenu par les seules lois de l’équilibre, le dôme gigantesque de Sainte-Marie-des-Fleurs 2. Dans son grandiose éclectisme, Brunelleschi avait associé aux règles et aux quatre ordres antiques restaurés l’ogive, dont il reconnaissait la supériorité sur le cintre. Après lui 3, l’antique ne tarda pas à tout envahir dans l’architecture italienne, les lignes comme les proportions et les ornements 4. L’avenir devait décider si la grandeur de Brunelleschi n’avait pas été une grandeur toute personnelle, et si l’art, spécialement l’art religieux, avait gagné à ce radical changement; si, enfin, l'architecture d’origine française était surpassée, était même véritablement remplacée.»

    Notes
    1. L’église des Dominicains, dite de la Minerve, est le seul édifice de Rome où se soit glissée l’ogive.
    2. 131 pieds de diamètre : les coupoles byzantines avaient 30, 40, 50 pieds au plus. La Panthéon et les Invalides en ont 62 e t 75.
    3. Mort en 1446.
    4. Leone Batista Alberti anathémisa l’arc en tiers-point, et ce qu’il appelle le goût tudesque, c’est-à-dire introduit par des Allemands à Florence, et toute la Renaissance fait chorus.


    HENRI MARTIN, Histoire de France depuis les temps les plus reculés jusqu'en 1789. Tome VII. [France de la Renaissance (suite)]. Paris, Furne, 1856, p. 234-235.

    Biographie

    Marcel Reymond: Brunelleschi architecte
    «Brunelleschi, comme plus tard Michel-Ange en sculpture et Raphaël en peinture, est placé aux confins de deux âges. Il marque la transition entre l'ère ancienne et l'ère nouvelle, et dans son œuvre on trouve le legs du passé à côté des idées de l'avenir. Brunelleschi, comme Michel-Ange et Raphaël, avant d'être un novateur, a été le disciple d'une ancienne école.

    Dans ces études, où nous nous attachons à montrer combien fut peu importante l'action de l'art antique sur l'art italien au cours du XIVe siècle et au début du XVe, on comprend combien il est intéressant de montrer que la coupole du dôme de Florence n'appartient en rien à l'influence de l'antiquité, mais dérive tout entière de l'art du moyen âge. En effet, dans cette œuvre surprenante, qu'on ne saurait trop admirer, le rôle de Brunelleschi fut limité surtout à l'exécution matérielle et aux formes de détail de la coupole. La conception première ne lui appartient pas. Elle est l'œuvre du XIVe siècle. Lorsque Brunelleschi apparaît, les plans de la cathédrale sont faits depuis plus d'un siècle, les nefs sont couvertes, les grands piliers destinés à recevoir la coupole ont leur forme et leur épaisseur et les pendentifs sont déjà couronnés par le tambour octogonal. Pour Brunelleschi, il ne s'agit plus que de dresser la coupole. Certes, la tâche était de nature à faire la gloire d'un architecte ; nais enfin, il faut noter qu'il n'y avait là qu'un rôle de constructeur à remplir. Remarquons en outre que, dans la forme donnée à la coupole, Brunelleschi ne songe pas à s'inspirer des formes de l'architecture romaine, mais que, tout au contraire, dans la part d'invention qui lui revient, il se montre un fidèle disciple du moyen âge. S'il put élever la coupole sans échafaudage, ce qui parait avoir été un de ses principaux mérites, c'est pour avoir donné à cette coupole les formes de l'arc brisé. De toute façon, il paraît difficile de faire une part quelconque à l'influence de l'art romain, soit dans la conception, soit dans la construction de cette coupole.

    Donc, si l'on peut dire avec juste raison que l'architecture de la Renaissance date de Brunelleschi, il ne faut pas classer la coupole de Sainte-Marie-des-Fleurs parmi les couvres de la Renaissance. La Renaissance ne date que des œuvres de Brunelleschi postérieures à la coupole : l'église de Saint-Laurent et la chapelle des Pazzi, commencées vers 1430.

    M. Paolo Fontana, dans un remarquable article, Il Brunelleschi e l'architectura classica, publié en 1893 dans l'Archivio storico dell' Arte a fait remarquer que la réforme de Brunelleschi consiste moins à reproduire les monuments de l'antiquité païenne que les monuments chrétiens du moyen âge. Les œuvres de Brunelleschi dérivent directement de San Miniato, des Saints-Apôtres et du Baptistère de Florence. Brunelleschi exerça sur l'art italien une influence bienfaisante, parce qu'il renonça à l'architecture gothique que le génie italien ne parvenait pas à s'assimiler et parce qu'il remit l'architecture italienne dans sa vraie voie, dans cette voie qu'elle avait abandonnée au XIIIe siècle, pour suivre, sans grand profit, les nouveautés des peuples du Nord.»

    MARCEL REYMOND, «La sculpture florentine au XVe siècle: Brunelleschi», Gazette des beaux-arts, Paris, 1er janvier 1897, 3e période, tome 17


    *******


    Michel-Ange inspiré par Brunelleschi
    «Dans une lettre écrite à son neveu, Léonardo, en juillet 1547, la première année de sa nomination, il lui demande de faire prendre à «Messer Giovan Francesco la hauteur de la coupole de Sainte-Marie-des-Fleurs depuis le commencement de la lanterne jusqu'au sol, et aussi la hauteur de toute la lanterne». Lorsqu'on lui avait conseillé de faire sa lanterne de la chapelle des Médicis, à San-Lorenzo de Florence, très différente de celle de Brunelleschi, il avait dit: «On peut s'en écarter, mais non faire mieux.» Il est curieux de le voir, dès qu'il est chargé de Saint-Pierre, avoir de suite la pensée de la coupole et en même temps se préoccuper de celle de Brunelleschi. On dit trop souvent qu'il a pris pour modèle la coupole du Panthéon d'Agrippa. Il a bien plus imité celle de Florence. D'un côté, celle-ci est la première qui ait eu deux calottes concentriques, et Michel-Ange a répété cette disposition. De l'autre, les dimensions sont très peu différentes: à partir du sol la coupole de Rome n'est que très peu plus haute, mais le diamètre n'est pas aussi grand, celle de Florence ayant quatre brasses de plus. Des analogies aussi grandes accusent suffisamment, croyons-nous, que c'est Brunelleschi qui a été là le maître et le modèle de Michel-Ange.»

    ANATOLE DE MONTAIGLON, «Vie de Michel-Ange», Gazette des beaux-arts, Paris, 1876, série 2, tome 13
    Date de création : 2012-04-01 | Date de modification : 2012-04-01
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    Informations
    Données biographiques
    Nationalité
    Italie
    Naissance
    1377, Florence, Italie
    Déces
    1446
    Raccourcis

    Référence


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