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    Bolivie

    Description

    "La Bolivie, pays du centre-ouest de l’Amérique du Sud, est délimitée au nord et à l’est par le Brésil, au sud par le Paraguay et l’Argentine, et à l’ouest par le Chili et le Pérou. Le pays est divisé en neuf départements.

    La Bolivie peut se découper en cinq régions géographiques: l’Altiplano, les hautes vallées, les Yungas, les forêts tropicales des basses terres et le Chaco. L’Altiplano, dont le nom signifie «haut plateau», s’étend à l’ouest, bordé par deux chaînes de montagnes andines: la Cordillère occidentale fait office de frontière naturelle entre la Bolivie et le Chili; la Cordillère orientale, elle, sépare l’Altiplano des basses terres et des hautes vallées. Le lac Titicaca, le deuxième d’Amérique du Sud pour sa grandeur, se trouve sur l’Altiplano; il se déverse dans le rio Desaguadero, qui lui-même se jette dans le Poopó, un lac salé et peu profond.

    L’Altiplano est la partie du pays la plus peuplée. C’est là que vivent la plupart des Quechuas et des Aymaras, les deux principaux peuples autochtones du pays ; les Métis y sont aussi nombreux. Les trois villes principales sont La Paz, la plus grande ville du pays, située au nord de l’Altiplano, Potosí, connue pour ses mines d’argent, et Oruro. Le climat de ce haut plateau est sec et frais : si les températures peuvent atteindre 18C le jour, elles descendent facilement au dessous de zèro la nuit.

    Les hautes vallées, au sud-est de l’Altiplano, jouissent d’un climat tempéré : le printemps semble y régner à l’année. Elles abritent les villes de Sucre, Cochabamba et Tarija. Les Yungas (« terres chaudes »), qui se trouvent au nord-est de La Paz, constituent la démarcation entre l’Altiplano et les basses terres; on cultive dans cette région tropicale le café, la canne à sucre, la coca et des agrumes.

    Les basses terres du bassin amazonien, au nord, et de l’Oriente, à l’est, sont principalement couvertes de forêts tropicales qui abritent une faune variée, notamment des cabiais – le plus gros rongeur du monde –, des paresseux, des lézards, des loutres géantes et des dauphins d’eau douce. Le climat est très chaud et très humide et les précipitations sont abondantes. Plusieurs peuples autochtones habitent les basses terres, notamment les Guaranis. Santa Cruz est la plus grande ville de l’Oriente.

    Le Chaco est une région isolée du sud-est du pays; c’est une plaine aride et venteuse, qui s’étend en Argentine et au Paraguay. On y rencontre des flamands roses, des tamanoirs géants et des tapirs."

    Survol de l'économie

    "La plupart des Boliviens des régions rurales vivent de l’agriculture. Pomme de terre, maïs, quinoa, banane, café, blé, coca, riz, canne à sucre, haricot, manioc, carotte, orange et noix du Brésil constituent les principales cultures. La production vise essentiellement à satisfaire aux besoins de la famille et de la communauté, l’excédent étant vendu au marché local. Dans les petites villes, le jour du marché est une importante activité sociale. 

    Presque tout le pays étant montagneux, les Boliviens ont aménagé des petits champs en terrasses à flanc de montagne. Sur l’Altiplano, on entoure souvent ces champs d’une rigole remplie d’eau pour empêchera la récolte de geler par les nuits froides. Dans le département de Beni, situé dans la partie septentrionale du pays, on pratique l’élevage de bovins ; dans le Tarija, au sud, on cultive la vigne pour la production du vin.

    Plus de 30 % des travailleurs œuvrent dans les services, 10 % travaillent dans le secteur manufacturier (textile et vêtement, notamment) ou la métallurgie et 5 % dans l’industrie minière. Le sol bolivien est riche en étain, en argent, en or, en minerai de fer, en zinc, en plomb, en antimoine, en tungstène et en cuivre. Les conditions de travail dans les mines restent dangereuses, mais des efforts sont déployés pour les améliorer. Bon nombre de travailleurs sont syndiqués. Les deux plus grands syndicats du pays sont la Fédération bolivienne du travail et le Syndicat des enseignants.

    Bien que le coût de la vie soit très bas en Bolivie, de nombreuses familles ont peine à se procurer l’essentiel, même lorsque les deux parents travaillent. Plus de la moitié de la population vit dans la pauvreté. Certains survivent en troquant toutes sortes de produits et services ou en travaillant dans des usines ou des ateliers clandestins. Les enfants de familles pauvres travaillent souvent dans les villes comme cireurs de chaussures, vendeurs ambulants ou domestiques. Bien que l’économie souterraine procure du travail et produise des biens à faible coût, les conditions de travail peuvent y être dangereuses.

    Les femmes jouent un rôle clé dans l’économie bolivienne. Si, dans les régions rurales, elles contribuent largement au fonctionnement des fermes, dans les villes elles sont de plus en plus nombreuses à travailler comme professionnelles ou à occuper des postes dans les affaires."

    Langues parlées

    "La langue officielle de la Bolivie est l’espagnol ; c’est la langue des affaires et de l’enseignement. La plupart des hispanophones connaissent aussi une langue autochtone et plus de 55 % de la population parle soit quechua, soit aymara.

    La langue espagnole partage avec le français certaines marques de politesse : on utilise ainsi usted pour s’adresser à une personne plus âgée que soi ou qu’on ne connaît pas et tu pour les intimes. Sur l’Altiplano et dans les hautes vallées, on s’exprime avec lenteur et précision ; dans les basses terres, les gens parlent plus vite et ont tendance à avaler la dernière syllabe des mots.

    Avant la conquête inca, qui fit se répandre le quechua, l’aymara était la langue dominante du pays. À l’origine, ni le quechua ni l’aymara ne s’écrivaient ; aujourd’hui, l’une comme l’autre sont utilisées à l’écrit et il existe des journaux dans ces deux langues.
    L’aymara et le quechua se sont enrichis de mots espagnols, et inversement, l’espagnol bolivien a emprunté nombre de termes et d’expressions aux deux langues autochtones : le mot inti, par exemple, qui signifie « soleil » en aymara et en quechua, ou le mot tata, qui veut dire « père » ou « vieillard », sont tous deux passés dans l’espagnol. Dans une ville comme Cochabamba, le quechua et l’espagnol sont très mélangés.

    On parle plusieurs langues dans la partie amazonienne du pays, notamment le chiquitano, le guaraní, le chiriguano, le guayrayu et le tsimané. Certaines comptent moins d’une centaine de locuteurs et risquent donc de disparaître. Avec chaque langue qui s’éteint, c’est une culture, une histoire et une vision du monde qui disparaissent."

    Religions et croyances

    "Environ 95 % des Boliviens sont catholiques. Mais pour beaucoup, notamment dans les régions rurales, l’appartenance à l’Église catholique n’est pas exclusive : il n’est pas rare en effet que des Catholiques rendent aussi un culte aux dieux et déesses autochtones.

    Le baptême et la première communion sont l’occasion de grandes fêtes de famille. La première communion a lieu vers l’âge de 7 ans ; pour la circonstance, les premiers communiants portent des vêtements neufs ; les filles sont toujours habillées de blanc, et même celles de familles pauvres portent de belles robes ornées de passementerie de dentelle ou de satin. Après la communion, les jeunes peuvent participer pleinement aux services religieux.

    En février, on honore la Vierge de Candelaria à Copacabana, aux abords du lac Titicaca. La Vierge de Candelaria est une statue représentant la Vierge Marie avec la peau foncée. On adresse ses prières à la Vierge et on lui confie ses difficultés ; de nombreux miracles sont attribués à son intervention. La Vierge d’Urkupiña, dont le nom signifie vierge de la montagne, fait elle aussi l’objet d’un culte. Certains Catholiques font un pèlerinage à Quillacollo pour célébrer sa fête. La légende veut qu’au xixe siècle, la Vierge Marie y soit apparue à une jeune fille ; depuis, le lieu est considéré comme sacré.

    Les Incas – puis après eux les Quechuas – rendaient un culte à Inti, dieu du soleil ; à Pachamama, déesse de la terre ; à Mama Cocha, déesse de la mer ; et à Illampu, dieu de la tempête. L’agriculture était sacrée pour les Incas et de nombreuses fêtes soulignaient le temps des semailles et des récoltes. Les principaux dieux aymaras sont Viracocha, dieu de la création, Pachamama, déesse de la terre, et Supay, esprit malin de la terre. L’esprit des ancêtres occupe également une grande place dans les croyances aymaras. Ekeko, dieu du foyer incarnant l’abondance, le mariage et le succès, est honoré durant la fête des Alasitas à La Paz.

    Nombreux sont les Boliviens qui font des offrandes aux dieux et aux esprits. Les esprits malins, en particulier, sont facilement contrariés et il convient de les apaiser si on veut conserver santé et prospérité. Pour s’en protéger, on porte aussi des amulettes et des talismans ; les images de Pachamama, la déesse de la Terre, sont réputées très bénéfiques. Et comme Pachamama engendre les récoltes, on lui fait offrande de boissons alcoolisées, de coca ou de nourriture, principalement avant les semailles.

    La Constitution bolivienne garantit la liberté de culte. Le pays compte de petites communautés bahaïs et juives, de même que de nombreuses sectes protestantes : Mennonites, Mormons, Témoins de Jéhovah, Adventistes du septième jour, parmi
    d’autres."

    Fêtes

    "De nombreuses fêtes incas sont encore célébrées en Bolivie, certaines conjointement avec des fêtes catholiques. Les villes et les départements ont leurs propres fêtes, où parades et danses sont à l’honneur. Chaque communauté a son patron, qui fait tous les ans l’objet d’une célébration, ou preste ; quelques membres de la communauté sont choisis pour accueillir la fête, qui peut se révéler très coûteuse. 

    En janvier, à La Paz, se déroule la fête des Alasitas, en l’honneur du dieu de l’abondance Ekeko : les gens achètent alors des répliques miniatures des choses qu’ils aimeraient obtenir, une voiture ou un appareil ménager, par exemple. La Paz est le théâtre en mai ou en juin d’une autre fête d’envergure, la Festividad de Nuestro Señor Jesús del Gran Poder (fête de notre Seigneur Jésus-Christ le Tout-Puissant).

    Le Carnaval a lieu juste avant le carême, période d’abstinence qui précède Pâques ; on y festoie, chante et danse dans les rues. Les gens portent des costumes colorés et des masques de plâtre, et se rendent à l’église, où ils reçoivent la bénédiction du prêtre, en dansant la diablada, ou danse du diable. Le jour suivant, ils se rendent à la messe avant de se remettre à danser. C’est à Oruro que l’on trouve le Carnaval le plus important.

    Chaque année, le 21 mars, est organisée à Tarabuco une fête, nommée Phujllay (mot quechua qui signifie « jeu »), pour commémorer la défaite espagnole. Le 27 mai, les Boliviens rendent hommage aux Heroínas de la Coronilla (Héroïnes de Coronilla), ces femmes qui firent preuve d’une bravoure exemplaire en protégeant Cochabamba contre l’envahisseur espagnol durant la guerre révolutionnaire : les hommes étant partis au combat lorsque les Espagnols attaquèrent, ce sont les femmes qui défendirent la ville. Le jour des Heroínas coïncide aujourd’hui avec la fête des Mères. 

    Le jour des Morts, qui coïncide avec la Toussaint (le 1er novembre), on dépose boissons et nourriture - poupées de pain, gâteries, et même de petits bateaux - sur les tombes des membres de sa famille. 

    Noël se fête davantage dans les villes que dans les villages éloignés. À La Paz, les magasins présentent diverses expositions. On chante beaucoup à Noël, et les enfants vont de porte en porte chantant et jouant de l’harmonica ou d’autres instruments artisanaux."

    Bolivie (Projet des Profils culturels)
    © Centre Anti-Racism, Multiculturalism and Native Issues (AMNI), Faculté de travail social, Université de Toronto
    Reproduction autorisée par le site d'origine

    Source: CIA - The World Factbook

    Histoire

    Histoire
    "Les premiers habitants de la Bolivie appartenaient à la culture Tiahuanaco, apparue il y a plus de 2 000 ans et dont on trouve des vestiges près du lac Titicaca. La civilisation Tiahuanaco commença à s’affaiblir vers le XIIIe siècle. Au XVe siècle, les Incas, un peuple quechua qui venait du nord (du Pérou d’aujourd’hui), s’emparèrent de l’Altiplano, donnant naissance à une multitude de petites collectivités nommées ayllus, dont certaines existent encore de nos jours.

    En 1538, les Espagnols conquirent l’Empire inca. Ils forcèrent les peuples autochtones à travailler dans les mines d’argent du pays et firent également venir des Africains comme esclaves. Les Autochtones, menés par Tupac Amarú, se révoltèrent en 1780 contre les colons espagnols, mais le soulèvement fut maté.

    En 1809, les Boliviens, sous la direction de Pedro Domingo Murillo, formèrent un gouvernement et déclarèrent la guerre aux occupants espagnols. Malgré l’exécution de Murillo, ils poursuivirent leur lutte. En 1824 et 1825, Simón Bolívar et Antonio José de Sucre remportèrent des batailles décisives au Pérou et en Bolivie, et la Bolivie devint une république indépendante, avec Antonio José de Sucre comme premier président. De nombreuses dictatures militaires se succédèrent, jusqu’à ce qu’en 1883 un parti civil prît le pouvoir et inaugurât un demi-siècle de gouvernement non militaire.

    À cette époque, la Bolivie et le Chili se disputaient des terres de la côte pacifique riches en nitrates. En 1879, le conflit dégénéra en ce qui fut nommé la guerre du Pacifique : la Bolivie y perdit son unique accès à l’océan. La guerre du Chaco (1932-1935), qui mit aux prises la Bolivie et le Paraguay, eut elle aussi pour enjeu la possession de ressources naturelles. Au sortir de cette guerre, la Bolivie avait perdu une autre partie de son territoire et les militaires boliviens renversèrent le gouvernement civil et reprirent le pouvoir. 

    Dans les années 1940, un nouveau parti vit le jour : le M.N.R. (Mouvement nationaliste révolutionnaire) qui se donnait comme première mission de nationaliser les mines d’argent du pays. En 1952, le M.N.R. prit le contrôle de l’État, nationalisa les mines et appliqua toute une série d’autres mesures économiques et sociales, dont une réforme du système d’éducation et l’instauration du suffrage universel. En vertu de la loi sur la réforme agraire, promulguée en 1953, de nombreuses terres furent confisquées à leurs propriétaires et redistribuées aux Autochtones. Ces mesures ont transformé la vie de très nombreux Boliviens.

    Le M.N.R. perdit le pouvoir en 1964. Les années 60 et 70 furent marquées par de nombreux coups d’État qui forcèrent à l’exil des milliers de citoyens. Ce n’est qu’au milieu des années 80 que la démocratie revint et d’importantes réformes économiques furent entreprises. Si la situation économique s’est grandement améliorée au cours des années 90, la Bolivie demeure l’un des pays les plus pauvres d’Amérique du Sud. Sous le président actuel, Hugo Banzer Súarez, le gouvernement a comme objectif de privatiser les sociétés publiques, d’attirer les investisseurs étrangers et d’améliorer le système d’éducation."

    Bolivie (Projet des Profils culturels)
    © Centre Anti-Racism, Multiculturalism and Native Issues (AMNI), Faculté de travail social, Université de Toronto
    Reproduction autorisée par le site d'origine

    Voir aussi ce bref historique (angl.)
    Date de création : 2012-04-01 | Date de modification : 2012-04-01
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