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    Impression du texte

    Belgique

    Description

    Pays d’Europe du Nord-Ouest, limité au nord par les Pays-Bas et par la mer du Nord, à l’est par l’Allemagne et le Grand-Duché du Luxembourg, au sud et à l’ouest par la France.

    En 1998, quand nous avons lancé cette encyclopédie sur Internet, les dossiers sur les pays, les villes et municipalités étaient très peu nombreux. Ils se sont multipliés depuis. Dans le but de faire œuvre utile et originale, nous nous limiterons désormais à publier dans lesdits dossiers des textes et des images ayant rapport à la vie culturelle et à l'histoire du  lieu.


     Voici un extrait d'un livre de Louis Valcke intitulé Vous avez dit «La Belgique»? Ce Québécois d'origine belge était bien entendu l'homme le plus apte à expliquer la Belgique aux Québécois, mais peut-être aussi aux Belges eux-mêmes et à tous les esprits curieux de la planète.

    Montréal, Triptyque, 2011.

    Docteur en droit et en philosophie de l'Université catholique de Louvain (Leuven), Louis Valcke a été professeur de philosophie à l'Université de Sherbrooke de 1962 à 1995. Il a obtenu le titre de professeur emérite en 2003. On lui doit des ouvrages sur Pic de la Mirandole et sur les pèlerins de Saint-Jacques de Compostelle.

    «Qu'il s'agisse du patriotisme ou du nationalisme, tout sentiment d'appartenance est vécu subjectivement et se déclenche à partir d'une expérience collective.

    Nous allons donc tenter de décrire l'ensemble des événements, des personnalités, des injustices manifestes ou parfois en partie imaginaires, qui allaient conduire à un profond ressentiment collectif au sein d'une part croissante de la population flamande.
    En ce sens, on a pu dire que la conscience flamande s'est formée au feu des tranchées de l'Yser.
    En 1913, une proposition avait été faite à la Cham­bre des députés pour dédoubler l'Armée belge en deux sections linguistiques. La proposition fut rejetée. Le temps était mal choisi car, un an plus tard, la Belgique se faisait envahir par les armées allemandes. Eût-elle été acceptée, peut-être la situation politique aurait-elle évolué bien différemment.
    Il est reconnu que l'Armée belge, ou du moins le corps de ses officiers, était totalement francophone, pur produit de cette classe qui, par atavisme pourrait-on dire, s'était toujours montrée la plus anti-flamande, alors que les simples soldats étaient majoritairement flamands. De plus, une sélection inversée se produisait car toute promotion, même au niveau de caporal, supposait la réussite d'un examen de français relativement difficile, et presque toujours hors de la portée du pauvre plouc flamand, alors qu'aucun examen de «flamand» n'était demandé, même pour les échelons les plus élevés de la hiérarchie militaire, et même pour être nommé à la tête d'un régiment constitué majoritairement de Flamands. Autre élément qui a pu jouer, le fait que jusqu'en 1913 les conscriptions annuelles se faisaient par tirage au sort. Un jeune de famille suffisamment riche pouvait, moyennant finance, se faire remplacer par un garçon moins nanti. La pratique étant admise et légale, elle avait donné à Henri Conscience le thème d'un de ses livres qui eut un grand succès, sous le titre De Looteling (Le conscrit). Cette pratique avait pour conséquence d'augmenter le nombre de Fla­mands qui, surtout en temps de chômage, choisissaient de se faire soldat, même sans possibilité d'avancement. On a vu que Léopold II était profondément opposé à cette pratique, dont il avait compris les implications.
    Il a été dit et répété qu'au front, près de 80% des soldats étaient flamands, ce qui aurait donné un déséquilibre de 30%. Ces chiffres, quoique réaffirmés récemment, sont certainement contestables, car il existe peu de statistiques fiables, et une étude récente, mais guère plus précise, situe ce déséquilibre autour de 10%. Laissons planer le doute, mais il est un fait que le nombre de Flamands au front de l'Yser était nettement supérieur au nombre de Wallons et de Flamands francophones, pour la simple raison, dans le premier cas, qu'il y avait en Belgique un déséquilibre démographique entre les populations wallonne et flamande, et, dans le second cas, que ces francophones trouvaient facilement leur place parmi les gradés.
    Une première loi fut adoptée en vue d'améliorer la situation linguistique à l'armée. En principe, face à un contingent de soldats bilingues, tout ordre (donné évidemment en français) devait être suivi de sa traduction néerlandaise. On raconte que certains officiers préten­daient respecter la loi en ajoutant à leurs ordres les quelques mots «Voor de Vlamingen hetzelfde», ce qui se traduit par «Pour les Flamands la même chose!» Cela relève sans doute de la légende, car il est difficile de croire que même le sous-off le plus borné se serait aventuré à lancer une insulte aussi chargée de mépris. Mais le sim­ple fait que cette légende, jamais confirmée ni démentie, se soit transmise jusqu'à aujourd'hui montre bien qu'elle correspond au souvenir collectif né de cette époque. Et on peut ajouter qu'il s'est tenu à Gand en 1994, une exposition au musée Vander Haegen, portant sur ce thème, et ayant précisément pour titre Pour les Flamands la même chose!
    On dit également que des soldats flamands auraient été fusillés parce qu'ils n'auraient pas exécuté correcte­ment des ordres donnés en français. Cela est certaine­ment possible, mais il n'existe aucun élément de preuve à cet effet, malgré l'abondante littérature très critique qui apparaîtra après la fin de la guerre. Par contre, ce qui est vrai, c'est que la plupart des soldats flamands tués au front étaient enterrés sous une pierre tombale portant en fran­çais l'inscription «mort pour la Patrie». Ce qui confirme que «la Patrie» était pour tous une patrie exclusivement francophone...
    Et ce sera justement ce que l'expérience de la pre­mière guerre mondiale fera changer. Peu à peu, un glis­sement va se produire dans la charge affective du mot «Patrie». Avant la guerre, en Flandre comme partout ailleurs en Belgique, ce mot désignait la «Belgique»; après la guerre, ce sera de plus en plus la Flandre que les Flamands considèreront comme étant leur «Patrie», du moins cette partie de la population qui était consciente de son appartenance et y attachait de l'importance.
    En réaction contre les brimades continues que les soldats flamands subissaient de la part de leurs officiers francophones, une nouvelle conscience allait peu à peu se faire jour qui, plutôt qu'une conscience de classe, serait la conscience d'une discrimination linguistique, d'une frontière sociolinguistique. C'est de cette conscience que naquit la Frontbeweging, le Mouvement du Front. Les Frontistes n'ont sans doute jamais été très nombreux, mais leur action était efficace et elle le devint encore plus dans la mesure même où leurs porte-parole furent soumis à de nouvelles vexations.
    Par ailleurs, en territoire occupé et suite à leur Flamen-politik, les occupants allemands avaient divisé la Belgique en deux régions administratives, la région flamande ayant pour capitale Bruxelles, la région wallonne ayant pour capitale Namur. De plus, comme nous l'avons dit, sous la bénédiction des autorités allemandes, les activistes flamands créèrent en 1916 à Gand l'université dite Université von Bissing, du nom du gouverneur général allemand responsable de l'application de la Flamenpolitik. C'était, enfin! la réalisation de cette université flamande que les intellectuels flamands appelaient de leurs vœux depuis si longtemps. La plupart de ceux-ci, cependant, se méfièrent de cette université obtenue en des circonstan­ces si douteuses.
     Il va de soi que la partition administrative de la Belgique sera annulée dès la fin de la guerre. Quant à l'Université flamande de Gand, elle fut immédiatement supprimée, les francophones ayant beau jeu de la dénoncer com­me étant le fruit de la collaboration des Flamands «pro­boches».
    La question de l'université gantoise fut renvoyée aux calendes grecques et il faudra l'intervention personnelle du roi Albert pour que, de francophone, elle devienne néerlandophone. Pour cela, cependant, il faudra attendre l'année 1930, soit un siècle après la naissance de la Belgique.»


    Carte des provinces de la Belgique
    © Commission européenne, 2003
    Reproduction autorisée, moyennant mention de la source
    Source : site Europa


    Crédit : CIA - The World Factbook

    Doocumentation

    Documentation

    Pirenne, Henri. Histoire de Belgique. Bruxelles, H. Lamertin, 1920-1932. 7 vol.
    I. Des Origines au commencement du XIVe siècle. - 1900 ; II. Du Commencement du XIVe siècle à la mort de Charles le Téméraire. - 1903 ; III. De la Mort de Charles le Téméraire à l'arrivée du Duc d'Albe dans les Pays-Bas (1567). - 1907 ; IV. La Révolution politique et religieuse. - Le Règne d'Albert et d'Isabelle. - Le Régime espagnol jusqu'à la paix de Munster (1648). - 1911 ; V. La Fin du régime espagnol. - Le Régime autrichien. - La Révolution brabançonne et la révolution liégeoise. - 1921 ; VI. La Conquête française. - Le Consulat et l'Empire. - Le Royaume des Pays-Bas. - La Révolution belge. - 1926 ; VII. De la Révolution de 1830 à la guerre de 1914. - 1932

    Pirenne, Henri. Histoire de Belgique des origines à nos jours. Iconographie de l'ouvrage rassemblée et commentée par Franz Schauwers et Jacques Paquet. Bruxelles, La Renaissance du livre, 1952. 3 vol. in-[...]ol., fig., pl. en coul., portr. en noir et en coul., cartes plans, fac-sim., musique.
    1. - Des origines à l'État bourguignon. - (s. d.) ; 2. - De la mort de Charles le Téméraire à la paix de Munster. - (s. d.) ; 4. - De la Révolution de 1830 à la fin de la première guerre mondiale. Compléments à l'histoire de Belgique de 1914 à 1940. - 1952

    Date de création : 2012-04-01 | Date de modification : 2012-04-01
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