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    Asie centrale

    Description

    "L’Asie centrale est aujourd’hui composée de cinq Républiques : Kazakhstan, Ouzbékistan, Kirghizistan, Tadjikistan, Turkménistan.

    Dans les années 1960, on avait qualifié cet espace de «Milieu des Empires» car on ne peut séparer cette région des grands pays voisins: Russie, Chine, Asie de l’Est, Moyen-Orient.

    Dans cette immensité géographique, le peuplement apparaît discontinu, les paysages comportent des steppes, des déserts, des oasis, des vallées et des hautes montagnes. Malgré les deux fleuves, Syr Daria et Amou Daria, l’eau est une richesse essentielle ; elle est depuis longtemps détournée, notamment pour les grandes cultures de coton. La mer d’Aral constitue un spectacle affligeant. Elle recevait, dans les années 1950, 60 milliards de mètres cubes d’eau, aujourd’hui elle en a moins de 7 milliards par an.

    Nous sommes sur des territoires de grandes civilisations, d’invasions successives par les Perses, les Grecs, les Turcs et les Arabes Musulmans. Certains conquérants sont restés célèbres : Gengis Khan et Tamerlan. Sur ces terres se sont rencontrés la civilisation persane et le monde turc des steppes.

    Au 16e siècle l’empire s’est divisé en trois Émirats : Khiva, Kokand et Boukhara, principautés pré-modernes fondées sur la loyauté dynastique et l’Islam.

    Ce n’est qu’à partir de 1853 que la conquête russe a commencé sous l’autorité des tsars. Plus tard entre 1924 et 1936 ont été créées les cinq Républiques sous l’emprise des Soviétiques soucieux de diviser les communautés musulmanes et d’éviter toute possibilité de pan islamisme et de pan turquisme. Le but était donc de scinder pour diviser; on peut donc résumer l’histoire de cette vaste zone par le passage du despotisme au colonialisme tsariste puis soviétique. L’indépendance survenue brusquement en 1991, a été la conséquence de l’effondrement de l’ensemble soviétique à partir de son centre et non pas le résultat de contestations dans les Républiques périphériques.

    Les pays d’Asie centrale ont donc accédé à l’indépendance sans l’avoir sollicitée et presque avec surprise."

    source: Xavier de Villepin, L'Asie centrale: dix ans après les indépendances, juin 2001 (Sénat de la République française) - reproduction autorisée par le site du Sénat

    Histoire

    Histoire
    "L'histoire tourmentée de l'Asie centrale n'a. pas empêché la région de développer une forte identité.

    1. Des origines à l'indépendance de l'Asie centrale

    Plusieurs caractéristiques marquent l'histoire de l'Asie centrale.

    Elle a accueilli des peuples, des religions et des empires qui ont rayonné sur toute l'Asie. Son histoire a été peu étudiée, car les recherches ont été concentrées sur les périodes au cours desquelles le coeur de l'Asie battait aux rythmes transasiatiques: diffusion du bouddhisme, Empire Mongol, naissance de l'URSS... En outre, aucun de ces moments forts de l'histoire n'appartient en propre à l'Asie centrale, leur évocation renvoie à d'autres horizons: l'islam au Proche-Orient, la Révolution d'octobre à la Russie ou les populations d'expression turque à la Turquie. Enfin, le carrefour géopolitique qu'est l'Asie Centrale au cours de l'histoire a entretenu des relations privilégiées avec ses grands voisins : le monde grec, l'Inde, la Chine, la Russie et la Perse.

    Ces caractéristiques se retrouvent tout au long des quatre grandes périodes qui ont marqué l'histoire de la région.

    a) L'Asie centrale pré-islamique

    L'historien Vincent Fourniau fait remonter les fondements de la dualité nomades-sédentaires à la période s'étendant du VIe siècle avant Jésus-Christ à la conquête islamique, qui date du VIIIe siècle après J.-C. (1)

    Ainsi le sud de l'Asie centrale a fait face durant plus d'un millénaire à la steppe du Kazakhstan, les populations sédentaires étant en contact avec les nomades de la grande steppe eurasiatique, " le plus important domaine de nomadisme pastoral de la terre ".

    Les achéménides (535-327 avant J.-C.), l'empire d'Alexandre le Grand, la dynastie grecque des Séleucides (312 environ à 250 avant J.-C.), le royaume des Parthes - (247 avant J.-C. - IIIe siècle après J.-C.) - et les rois sassanides (227-651 après J.-C.) ont tous mené des campagnes contre les confédérations de nomades des steppes qui ont menacé leurs possessions.

    Parmi ces puissantes confédérations nomades, il faut retenir les Sakas, les Scythes, la dynastie kouchan (IIe siècle avant J.-C. - IVe siècle après J.-C.) et les Kidarites. Les autres dynasties de nomades qui leur ont succédé à la tête des régions d'oasis, où elles ont connu une sédentarisation et une assimilation partielle, avaient une origine altaïque.

    L'Asie centrale est donc, depuis l'aube de l'histoire, le lieu d'une intense circulation d'hommes et d'idées. L'ouverture d'une voie continentale entre la Chine et l'Occident au IIe siècle avant notre ère l'a placée au centre d'un équilibre entre grands empires.

    b) La naissance de la civilisation islamique en Asie centrale

    La conquête arabo-musulmane due à la dynastie des Omayyades de Damas au début du VIIIe siècle, a fait passer la Transoxiane -région au-delà de l'Oxus- dans l'orbite du monde musulman. La conquête de cette région a assigné pendant plusieurs siècles au fleuve Syr Daria, le rôle de frontière au-delà de laquelle l'islam n'a pénétré que bien plus tard et par paliers successifs.

    L'époque qui a suivi l'établissement du pouvoir islamique en Transoxiane représente une étape majeure dans le renouvellement des zones d'influence politico-culturelle en Asie centrale. Elle a vu, en effet, la création d'un domaine politique musulman englobant les foyers les plus anciens des civilisations urbaines du Moyen-Orient. La civilisation islamique, qui est née dans le nouvel espace omayyade et s'est épanouie sous les premiers Abassides (750-1258).

    Une symbiose entre le pouvoir turc préexistant et la religion islamique s'est ainsi opérée peu à peu, notamment lors de la dynastie des Seljoukides (1038-1194) sur la base d'une interaction entre nomades et sédentaires.

    c) Le tournant du monde moderne

    L'expansion des Mongols de Gengis Khan dans les régions soumises depuis des siècles à l'influence turque a jeté les bases d'une culture musulmane "turco-mongole" dans le développement de laquelle l'Asie centrale a joué un rôle essentiel.

    La période allant du XIVe au XVIIIe siècle a vu la stabilisation et l'homogénéisation de l'Asie centrale.

    L'empire de Timour Leng (Tamerlan), de 1370 à 1405, a été le seul de l'ère turco-mongole musulmane ayant eu la Transoxiane pour centre. A la mort du fondateur, les Timourides sont restés des acteurs du jeu politique dans l'ensemble de ces régions jusqu'à la fin du XVè siècle, date à laquelle les Timourides ont été vaincus par les Ouzbèks, venus des steppes d'au-delà du Syr Dana.

    L'effondrement de cette dynastie a entraîné le remodelage des frontières politiques et ethniques d'une large part de l'Asie centrale, donnant place aux nouvelles aires des Kazakhs et des Ouzbèks. Ces aires correspondent approximativement l'une au Kazakhstan, l'autre à l'Ouzbékistan. Une large part du Tadjikistan et l'Ouest du Turkménistan ont connu conjointement deux types d'évolution entre les XVIe et XIXe siècle : l'éclatement politique, avec la formation de plusieurs entités, et une lente unification ethnique dans chacune d'elles. Les maisons régnantes ont été toutes musulmanes, gengiskhanides et ethniquement kazakhes au Nord, ouzbèkes au Sud du Syr Daria.

    Cette phase de stabilisation a permis l'affirmation d'identités ethno-politiques régionales fortes - kazakhe, ouzbèke - que d'aucuns estiment être les fondements des nationalités d'aujourd'hui. Cette période a été marquée parallèlement par la perte d'influence de cette zone, due en partie à l'ouverture des voies maritimes à partir du XVIe siècle.

    d) "L'ère européenne" de l'Asie centrale

    "L'ère européenne" de l'Asie centrale correspond à l'expansion militaire russe dans cette région, qui s'achève en 1895 dans le Pamir. Cette lente avancée terrestre vers le sud, à partir de la longue frontière de Sibérie, s'est effectuée tout d'abord à travers les territoires kazakhs, puis dans les khanats ouzbèks, enfin dans le désert turkmène. La conquête tsariste a opposé la Russie à la Grande-Bretagne qui progressait, dans le même temps en direction du bassin de l'Indus et de l'Afghanistan.

    L'avancée de la Russie en Asie centrale jusqu'en 1916 n'est, comme l'indique Olivier Roy (2), que l'aboutissement d'un processus multiséculaire d'expansion de l'Empire russe au détriment des populations musulmanes. La présence russe se concentre, sur le plan institutionnel et économique, sur quelques points vitaux, mais va provoquer les transformations profondes dans les steppes, au Turkestan et, dans une moindre mesure, dans les protectorats de Boukhara, Khiva et Kokand. Ainsi, l'appropriation par l'Etat russe des terres des nomades kazakhs, l'abolition du servage et l'expansion démographique russe vont engendrer un peuplement européen de grande ampleur dans les steppes, évolution renforcée par les " lois sur la terre dans les steppes " de 1889 et 1891.

    La révolution d'Octobre a parachevé cette entreprise coloniale en Asie centrale en initiant la collectivisation de l'économie et la réforme culturelle -avec notamment l'élimination du persan-. L'Union Soviétique a définitivement fixé les frontières des républiques musulmanes en 1936.

    L'installation d'une république islamique en Iran et le début de la crise afghane en 1979 ont créé une situation totalement nouvelle aux conséquences imprévisibles : pour la première fois depuis plus d'un siècle, un Islam revitalisé et expansionniste s'installe aux frontières des Etats musulmans soviétiques.

    C'est dans ce contexte territorial et politique que les Etats d'Asie centrale accèdent à l'indépendance et entrent dans une période de reconfiguration politique.

    2. Une identité régionale forte

    L'histoire agitée de l'Asie centrale n'a pas empêché la région de développer une forte identité. A toutes les époques, s'y sont produits des contacts entre peuples, langues, religions et systèmes politiques et sociaux. Ils ont fait naître de nouvelles formes d'organisation sociale, d'expression intellectuelle ou artistique, dont l'une des constantes est l'interaction entre nomades et sédentaires.

    L'identité de la région s'est façonnée avant le XVe siècle à l'intérieur de petites principautés ou de grands empires asiatiques. Les XVe et XVIe siècles ont été marqués par la création de vastes aires ethnopolitiques, correspondant approximativement aux cinq Etats actuels de la région, possédant une vie politique différente des autres sous-unités de Haute-Asie. Ces aires ethnopolitiques ont poursuivi leur existence, du XVIe au XIXe siècle, sans être conquises par leurs puissants voisins (Chine, Inde, Russie, Iran), mais sans qu'elles-mêmes étendent leur pouvoir sur les territoires de ceux-ci.

    Les zones d'influence de ces empires dans la région entre le XVe et la fin du XVIIIe siècle ont modelé des identités ethnopolitiques dont les Républiques d'Asie centrale se réclament aujourd'hui. Elles revendiquent des filiations enracinées au fil des siècles, issues du morcellement récent d'une unité ethnique antérieure. Or, cette idée doit être considérée avec beaucoup de précaution.

    En effet, aucun mouvement nationaliste n'est apparu en Asie centrale et n'y a préparé les indépendances comme en Arménie, en Géorgie ou dans les pays baltes. Les Républiques musulmanes de l'ex-URSS sont nées d'un décret de 1924. Des aires ethnopolitiques étaient en place dès la fin du XVe siècle. Mais c'est l'Union soviétique qui a, au cours du XXe siècle, joué le rôle de "machine à fabriquer des nations", comme l'indique très justement Olivier Roy.

    Notes

    1. Vincent Fourniau, Histoire de l'Asie centrale, Paris, PUF, «collection "Que Sais-je?"», 1992
    2. Olivier Roy, La nouvelle Asie centrale ou la fabrication des nations, Paris, Seuil, 1997"

    source: Mission effectuée au Kazakhstan, en Ouzbékistan et au Turkménistan. Rapport d'information 412 (97-98), Commission des Affaires économiques, Sénat de la République française (reproduction autorisée par le site du Sénat)

    History of Civilizations of Central Asia (UNESCO)

    William B. Brinton, An Abridged History of Central Asia

    Doocumentation

    Documentation

    Jean-Paul Roux, L’Asie centrale - Histoire et civilisations, Paris, Fayard, 1997, 528 p. Compte rendu: Vincent Vier, Histoire des confins.

    L'Asie centrale, dix ans après les indépendances : quels nouveaux enjeux ? Les exemples du Kazakhstan et de l'Ouzbékistan. Rapport d'information 320, Commission des Affaires étrangères du Sénat, France (2000-2001)

    Bernard Chambaz, Abécédaire de l'Asie centrale, Le Monde diplomatique, janvier 2001

    L'Asie centrale en marche. Conférence CEI. Publication du HCR pour la conférence sur les minorités dans les pays de la CEE, mai 1996. La question des réfugiés en Asie centrale

    Proceedings of the International Symposium on Revitalization of Traditional Ceramic Techniques in Central Asia: Blue of Samarkand, Ouzbékistan, 6-9 juin 2000
    Date de création : 2012-04-01 | Date de modification : 2012-04-01
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