• Encyclopédies

      • Encyclopédie de l'Agora

        Notre devise: Vers le réel par le virtuel!


      • Encyclopédie sur la mort

        L’encyclopédie sur la mort veut s'intéresser à ce phénomène sous ses multiples aspects et ses diverses modalités.


      • Encyclopédie Homovivens

        Encyclopédie sur les transformations que l'homme opère en lui-même au fur et à mesure qu'il progresse dans la conviction que toute vie se réduit à la mécanique.


      • Encyclopédie sur l'inaptitude

        Tout le monde en conviendra : c'est au sort qu'elle réserve aux plus vulnérables de ses membres que l'on peut juger de la qualité d'une société. Aussi avons-nous voulu profiter ...


      • Encyclopédie sur la Francophonie

        L'Encyclopédie de la Francophonie est l'une des encyclopédies spécialisées qui se développent parallèlement à l'Encyclopédie de l'Agora.

  • Dictionnaires
  • Débats
      • Le Citoyen Québécois

         Après la Commission Gomery, la Commission Charbonneau! À quelles conditions pourrions-nous en sortir plus honnêtes… et plus prospères

      • L'homme, la nature, la techique

        Réflexions inspirées de Bernard Charbonneau et Jacques Ellul, avec la collaboration de l'Association Aquitaine B.Charbonneau J.Ellul, sous la présidence de Sébastien Mor...

  • Sentiers
      • Les sentiers de l'appartenance

        L'appartenance c'est le lien vivant, la rencontre de deux Vies : la nôtre et celle de telle personne, tel  paysage...Quand la vie se retire, le sentiment d'appropriation se substitue au ...

      • Le sentier des fleurs sauvages

        Nous sommes des botanistes amateurs. Notre but est de partager un plaisir orienté vers une science complète où le regard du poète a sa place à côté de celui du botaniste, du généticien, du gastrono...

  • La lettre
    • Édition


    Impression du texte

    Parmentier Antoine-Augustin

    Pharmacien français. Il est surtout connu pour avoir donné ses lettres de noblesse à la pomme de terre. En 1772, l'académie de Besançon fonde un prix dans le dessein de découvrir des végétaux de remplacement pour l'alimentation humaine. Parmentier concourt et propose plusieurs plantes amylacées, dont la pomme de terre. Il en a déjà cultivé plusieurs variétés et en a fait l'examen chimique. C'est la pomme de terre qui est choisie par l'académie en 1773. En plus d'avoir popularisé ce légume, Parmentier a réformé la meunerie et la boulangerie C'est lui qui fit adopter la vaccination antivariolique dans l'armée de Bonaparte. Il s'est intéressé également à la pharmacie, qui était son premier métier, à l'hygiène, à l'alimentation et même aux arts.

    Biographie

    "Dès l’année 1545, l’amiral anglais Walter Raleigh rapportait la pomme de terre de l’Amérique septentrionale, et en 1771 on en contestait encore l’utilité; c’est à peine si on la considérait comme une dernière ressource dans des temps de disette, et on la donnait particulièrement aux cochons. Le discrédit du tubercule augmenta encore lorsque, dans une feuille publique (Annonces, affiches et avis de la Haute et Basse-Normandie, vendredi 1er février 1771, p. 19), on essaya de la représenter comme impropre à la nourriture de l’homme, et dangereuse à cause de ses propriétés affaiblissantes. L’abbé Terray, alors contrôleur général des finances, s’émut de cet entrefilet publié dans une feuille à peine connue à Paris, mais très répandue en Normandie, où, à cause du voisinage de l’Angleterre, l’usage des pommes de terre s’était répandu mieux que partout ailleurs, et, le 26 février 1771, il écrivit à la Faculté de médecine de Paris pour lui demander son avis sur ce qu’il y avait de vrai ou d’erroné dans les accusations portées par le journal normand. La réponse de la Faculté vengea les pommes de terre des assertions de l’anonyme normand et, dans un mémoire qui a été imprimé sans doute pour être envoyé de tous côtés, de Gévigland, Bercher, Roux, Darcet, s’exprimèrent ainsi :

    « Les pommes de terre, inconnues en Europe avant la découverte du Nouveau Monde où elles viennent naturellement, y ont été transplantées il y a environ deux siècles. Cultivées depuis ce temps-là pour la nourriture des hommes et des bestiaux, elles sont devenues si communes, qu’il n’y a presque plus de province où l’on n’en trouve, et où ces racines tubéreuses ne soient regardées comme une ressource utile en tout temps, et nécessaire dans le cas de disette. Excités par l’amour du bien public, tous les auteurs qui ont parlé de cet aliment ont cherché, par les éloges qu’ils en ont faits, à intéresser les cultivateurs et même à attirer l’attention du gouvernement sur un objet qu’ils regardent comme singulièrement important. » (Reg. Comm. de la Faculté de médecine de Paris)

    Eh bien, malgré cet avis favorable des médecins de Paris, l’usage de la pomme de terre reste, en France, à peu près réservé aux pourceaux; les mauvais plaisants s’en moquent, les grands croiraient dégénérer, s’ils la présentaient sur leurs tables somptueuses. Il y eut alors (1773) un homme, un modeste savant, qui défendit la cause du tubercule honni, méprisé, ridiculisé de tous côtés; la pomme de terre à la main, il se présente chez les grands, chez les ministres; il la déclare la subsistance d’un grand peuple, l’aliment du pauvre, le soutien dans la misère; il dit bien haut que cette pomme de terre, qu’il a étudiée, analysée avec le plus grand soin, recèle une fécule pure, d’une blancheur éblouissante, d’une saveur agréable; qu’on peut en former des mets délicieux de toute espèce; qu’elle se multiplie avec une étonnante fécondité, dans un sol ingrat, presque sans culture. L’année 1785 arrive, le blé manque, les calamités s’étendent de toutes parts. Le même savant parvient alors à se faire écouter. Il obtient de Louis XVI le prêt de cinquante arpents d’une terre mauvaise, inculte, située aux portes de Paris (Sablons, près de Neuilly); il y plante la pomme de terre, dont les premières fleurs vont orner, dans un jour de cérémonie publique, la boutonnière du roi; le tubercule arrive à la maturité; il est distribué à profusion; il pénètre chez les grands, dans le peuple…; on finit par en raffoler, et dès lors la pomme de terre a suivi le chemin que l’on sait.

    Honneur à l’homme qui a accompli cette sorte de miracle! Honneur à Parmentier, qui a doté l’humanité d’une admirable ressource alimentaire!

    Il naquit le 17 août 1737, à Montdidier, dans le département de la Somme, d’une famille bourgeoise peu fortunée. Après avoir reçu les leçons d’un ecclésiastique, il commence très jeune son apprentissage chez un pharmacien de sa ville natale. Bientôt après, en 1755, il vint à Paris se placer comme élève en pharmacie, chez son parent Simmonet. La guerre de Hanovre ayant éclaté, le jeune homme fut employé dans l’armée française en qualité de pharmacien (1757). La paix ramena Parmentier à Paris en 1763; il était déjà riche d’observations et plein du sentiment de ses forces. Il employa les premiers temps du retour et les fruits de son économie à son instruction; il suivit les cours de physique de l’abbé Nollet, ceux de chimie des frères Rouelle et, avec Jean-Jacques Rousseau, les herborisations de Bernard de Jussieu. Puis, en 1765, une place de pharmacien gagnant maîtrise étant devenue vacante aux Invalides, il se présente au concours et est nommé. Le brevet d’apothicaire major lui échut en 1778. C’est vers cette époque que commence la carrière brillante de Parmentier, celle qui l’illustra, et le rangea parmi les plus grands philanthropes de la France. Peu soucieux de faire parade de science, il n’a qu’un but : ne prendre que l’essentiel du vrai savoir, l’approprier aux objets du plus haut intérêt, avoir pour objectif principal le bien-être des peuples. Le point de départ de tous ses travaux fut le prix qu’il remporta en 1771, sur cette question proposée par l’Académie de Besançon : La recherche des plantes alimentaires, car à dater de cette époque on le voit publier d’année en année une foule de recherches, d’observations, d’analyses sur les grains, les farines, les maladies du froment, s’adresser aux bonnes ménagères, perfectionner la meunerie, la boulangerie, établir la mouture économique, travailler à la conservation des grains, au chaulage du blé, à sa carie, à sa moucheture, à la châtaigne, aux champignons, aux eaux communes, aux eaux minérales, à la panification, au maïs, à la patate, au topinambour, aux oiseaux de basse-cour, à l’économie rurale et domestique, à l’établissement des soupes économiques de Rumford, à la vigne et au vin, etc. En un mot, il ne resta étranger presque à aucun problème qui intéresse directement la vie de l’homme. A.-A. Parmentier, qui était resté célibataire, vivant avec sa sœur, femme de beaucoup de sens et d’esprit, est mort à l’âge de 76 ans et cinq mois, le 17 décembre 1813, d’une affection chronique des poumons. Ses restes mortels furent portés au Père-Lachaise, et sur la pierre tumulaire on grava ces simples mots : CI-GIT PARMENTIER; IL AIMA, IL ÉCLAIRA LES HOMMES; MORTELS, BÉNISSEZ SA MÉMOIRE."

    A. Chéreau, article « Antoine-Augustin Parmentier », dans : Amédée Dechambre (dir.); Louis Hahn (secrétaire de la rédaction, Dictionnaire encyclopédique des sciences médicales. Deuxième série. Tome vingt et unième (Par-Pea), Paris, G. Masson , P. Asselin, 1885, p. 350-353.

    Oeuvres

    Traité de la châtaigne, Paris, 1770, in-12; Paris et Bastia, 1780, in-8o
    Mémoire sur les plantes alimentaires, Paris, 1772, in-12
    Examen chimique des pommes de terre, dans lequel on traite des parties constituantes du froment et du riz, Paris, 1773, in-12
    Méthode facile pour conserver à peu de frais les grains et les farines, Paris, 1774, in-12
    Analyse de la carie du froment, Paris, 1776, in-4o
    Expériences et réflexions relatives à l’analyse des blés et des farines, Paris, 1776, in-4o
    Manière de faire le pain de pommes de terre, sans mélange de farine, Paris, 1779, in-4o
    Mémoire sur les difficultés à vaincre dans l’analyse des eaux minérales, Paris, 1780, in-8o
    Discours d’ouverture de l’École de boulangerie, Paris, 1780, in-8o
    Recherches sur les végétaux nourrissants, qui, dans les temps de disette, peuvent remplacer les aliments ordinaires; avec de nouvelles observations sur la culture des pommes de terre, Paris, 1781, in-12
    Expériences et réflexions relatives à l’analyse du blé et des farines, Paris, 1781, in-8o
    Remarques sur l’usage et les effets des champignons, Paris, 1782, in-8o
    Mémoire sur les blés du Poitou, Paris, 1783 (avec Cadet-de-Vaux)
    Quel serait le meilleur procédé pour conserver le plus longtemps possible, ou en grain, ou en farine, le maïs… Mémoire couronné par l’Académie de Bordeaux, in-4o
    Instruction sur les moyens de suppléer à la disette des fourrages, et d’augmenter la subsistance des bestiaux, Paris, 1785
    Dissertation sur la nature des eaux de la Seine… Paris, 1787, in-8o
    Vues générales sur les principes des eaux minérales de France
    Observations sur les fosses d’aisance… Paris, 1787 (avec Cadet-de-Vaux)
    Mémoire sur la culture des pommes de terre aux plaines des Sablons et de Grenelle, Paris, 1787, in-8o
    Mémoire sur le chaulage, considéré comme préservatif de plusieurs maladies du froment, Paris, in-8o
    Mémoire sur les moyens d’augmenter la valeur réelle des blés mouchetés, Paris, in-8o
    Mémoire sur la manière de cultiver et d’employer le maïs comme fourrage, Paris
    Traité sur la culture et les usages des pommes de terre, de la patate et du topinambour. Paris, 1789, in-8o
    Instruction sur la conservation et les usages des pommes de terre, Paris
    Déterminer par l’examen comparé des propriétés physiques et chimiques, la nature des laits de femme, de vache, de chèvre, d’ânesse, de brebis et de jument, Paris, 1790, in-8o (avec Deyeux)
    Mémoire sur le sang, Paris, 1791, in-4o (avec Deyeux)
    Mémoire sur la nature et la manière d’agir des engrais, Paris, 1791, in-8o
    Analyse de la patate, 1792
    Mémoire sur les salaisons, Paris, 1793, in-8o
    Rapport sur le pain des troupes, Paris, 1800, in-8o
    Rapports : 1) sur l’innoculation gratuite de la vaccine aux indigents; 2) sur les soupes de légumes, dites à la Rumfort; 3) sur la substitution de l’orge mondé au riz. Paris, 1804, in-4o
    Instruction sur les moyens d’entretenir la salubrité et de purifier l’air dans les salles des hôpitaux militaires, Paris, in-8o
    Vues générales sur la méthode de gouverner les vins en tonneaux et en bouteilles, Paris, in-8o
    Code pharmaceutique à l’usage des hospices civils, des secours à domicile, Paris, 1807, in-8o
    Vues générales sur l’eau considérée comme boisson des troupes, Paris, in-8o
    Instructions sur les sirops et conserves des raisins destinés à remplacer le sucre, Paris, 1808 et 1809, in-8o
    Formulaire pharmaceutique militaire, Paris, in-8o
    Traité sur l’art de fabriquer les sirops et les conserves de raisins destinés à suppléer le sucre des colonies, Paris, 1811, in-8o
    Aperçu des résultats obtenus de la fabrication des sirops et des conserves de raisins dans le cours des années 1810 et 1811, Paris, 1812, in-8o
    Nouvel aperçu des résultats obtenus de la fabrication des sirops et conserves de raisins dans le cours de 1812, Paris, 1813
    Date de création : 2012-04-01 | Date de modification : 2012-04-01
    Loading
    Informations
    Données biographiques
    Nationalité
    France
    Naissance
    1737, Montdidier, France
    Déces
    1813

    Référence


    Contribuez au rayonnement des oeuvres de l'Agora/Homo vivens en devenant membre ou en faisant un don.