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    Dossier: Irak

    Le décompte des 100 000 victimes civiles tuées en Irak (2003-2008)

    Pierre Biron

    Le Canada, après les États-Unis, la Grande-Bretagne et la France vient d’entrer en guerre contre l’État islamique dont l’action se situe principalement en Irak et en Syrie. Les alliés s’entendent pour dire que cette guerre sera longue. Ils se gardent bien toutefois de préciser que de nombreux civils en seront victimes, comme ce fut le cas pendant la guerre d’Irak de 2003-2008. Voici à ce propos des chiffres précis établis selon les méthodes les plus sûres.


    En 2013 cela faisait 10 ans que la guerre d’Irak a été déclenchée par les Etats-Unis.

    La section Médecine de la Librairie publique des sciences des États-Unis a publié en ligne le 15 février 2011 les plus valides statistiques à cette époque sur les civils irakiens tués directement par des actes de guerre dans les 5 premières années (2003-2008) de l’invasion de l’Irak par le gouvernement Bush.[1]

    La prochaine fois que vous discuterez du bien-fondé ou de l’absence de justification de cette guerre qui suivit l’attentat aérien sur les Tours jumelles de New York, vous aurez les bons chiffres en main. Vous pourrez comparer le nombre des victimes civiles de New York avec celui des victimes civiles irakiennes, lesquelles n’avaient rien à voir avec l’attentant du 11 septembre

    Le Décompte des corps


    Le « Décompte des corps en Irak » est un projet non gouvernemental britannique dont les auteurs ont colligé les rapports médiatiques et officiels, ainsi que les témoignages d’informateurs identifiant les victimes civiles tuées entre mars 2003 et mars 2008 : hôpitaux, morgues, policiers, témoins; parents, ONG.

    Parmi les médias on eut recours à Reuters, Associated Press, Agence France Presse, Voices of Iraq, Al Jazeera English. On vérifia la date et le lieu de chaque mort violente pour éviter les doublons ainsi qu’un total de 18 variables par individu tué, telles que le sexe, l’âge, l’armement utilisé, le nom, l’occupation, les témoins, les blessures, l’auteur, une cible identifiable, etc.

    Définitions


    Civil : Une femme, un enfant (moins de 18 ans) ou un homme non-combattant, victime directe de la guerre.

    Auteur inconnu : sans uniforme et visant une cible civile. Il peut s’agir de combattants dans le conflit confessionnel (sectarian) entre chiites et sunnites, ou de criminels profitant du désordre. Ils sont présumés Irakiens

    Milice Anti-Coalition : miliciens sans uniforme mais ciblant la Coalition, surnommés insurgents par les autorités Américaines. Les cibles peuvent être des bases Américaines ou Alliées, des points de contrôle de la police iraquienne, des soldats Iraquiens ou d’autres cibles gouvernementales.

    Troupes de la Coalition : majoritairement Américaines, identifiées par leur uniforme. Avec l’aide quasi symbolique de 48 pays (d’où le terme Coalition) dont l’Angleterre. Le Canada brillait par son absence grâce au gouvernement de Jean Chrétien.

    Exécution : mise à mort extrajudiciaire de toute personne capturée ou enlevée, incluant les combattants capturés

    Événement de courte durée : opération de guerre de moins de 2 jours où au moins un civil a perdu la vie

    Événement de longue durée : opération de guerre de plus de 2 jours où au moins un civil a perdu la vie

    Auteurs


    92 614 victimes purent être suffisamment documentées quant aux Auteurs, sur quelque 108 107 victimes irakiennes. De 2003 à 2008 le taux moyen fut de 1 518 victimes par mois.

    68 396 (74%) sont des Auteurs non identifiés qui visent des civils.

    11 516 tués (12%) furent victimes des troupes de la Coalition. On peut conclure que les envahisseurs sont directement responsables d’une mort civile sur huit. Noter cependant qu’au cours de la première année de l’invasion, la Coalition fut responsable de 52% des morts parmi les civils, soit 7 252

    9 954 (11%) périrent victimes des miliciens Anti-Coalition (Irakiens).

    2 227 (2,4%) parmi les victimes civiles, se trouvaient au mauvais endroit au mauvais moment, et s’étaient retrouvées prises entre deux feux.

    521 (0,6%) furent victimes de policiers ou soldats Irakiens

    Victimes


    Dans un sous-groupe de 60 481 victimes on put associer la démographie aux auteurs et aux méthodes de 14 196 incidents de guerre de courte durée (< 2 jours).

    On a pu identifier l’âge et le sexe de ce sous-groupe chez 22 066 victimes.
    17 939 sont des hommes constituent (29,7% des 60 481 identifiés)
    1 981 sont des femmes (3,3%) dont 299 (12%) sont des filles de moins de 18 ans
    2 146 sont des enfants de moins de 18 ans, soit 3,5%, dont 559 garçons (26%) et 299 filles (13,9%)
    Sur 1 515 cadavres on ne put déterminer le sexe, soit 2,5%
    Sur 36 900 cadavres on ne put déterminer l’âge, soit 61%

    Chez les femmes et les enfants, les victimes des troupes de la Coalition (Américains) furent de 764 par mois et les tués par des auteurs Anti-Coalition (Irakiens) furent de 528, pour un total de 1 292 par mois.

    En 2006 le risque annuel pour un irakien de mourir par les armes était de 91 par 100 000, soit 1 sur 110 habitants par année. La quatrième année après l’invasion, 2006-7, fut globalement la pire : 30 571 victimes civiles.

    32 133 (34,7% de 92 614) périrent lors d’événements de guerre de longue durée (> 2 jours) impliquant au moins une mort de civil, regroupées collectivement dans les rapports des hôpitaux et des morgues.

    Méthodes meurtrières quand l’assaillant est inconnu


    19 321 civils Irakiens périrent d’exécution paramilitaire par des inconnus (unknown perpretators) présumés Irakiens, dont 5 697 avec torture
    1 763 furent victimes du feu de mortiers
    1 561 moururent d’une mine cachée sous la route (roadside bombs)
    8 086 périrent par coups de feu (small arms gunfire)
    5 363 furent tués par l’explosion de bombes suicidaires portées par des iraquiens Anti-Coalition
    soit dans leur voiture (3 029 explosions, 7 tués par explosion)
    soit sous leurs vêtements (2 320 explosions, 11 tués par explosion).
    2 384 périrent de projectiles tombés des airs, surtout dans la première année de l’invasion. Ils furent victimes de la Coalition

    Les incidents de guerre les plus meurtriers par incident furent l’attentat suicidaire à cible civile (19 tués par incident) et les attaques aériennes (17 morts par attaque).

    Exécutions


    La plupart des morts par exécution furent extrajudiciaires. Le motif peut être l’enlèvement pour rançon, l’échange de prisonniers, un motif politique ou confessionnel (sectarian) entre chiites et sunnites. L’objectif peut être de déstabiliser les autorités, intimider l’ennemi, punir les collaborateurs avec l’envahisseur. Les auteurs inconnus sont Irakiens et comprennent des policiers, des soldats, des groupes Anti-Coalition ou confessionnels, voire des criminels qui profitent du désordre.

    Torture


    5 697 portaient des marques de torture parmi les d’exécutions extrajudiciaires de prisonniers. La torture avant exécution présente certaines caractéristiques de survenue. Sa fréquence varie selon le gouvernorat. Parmi les 27 050 morts directes à Bagdad, 43% furent victimes d’Auteurs inconnus (Irakiens), et 3 863 (14%) portaient des marques de torture. Par contre à Wassit où l’on compte seulement 1 503 victimes directes, 57% furent exécutées, dont 21% après torture. Elle varie aussi selon l’intensité du niveau général de la violence : plus il y a de tués dans une période et une région donnée, plus il y a de cas de torture. Noter qu’on laisse souvent les corps à découvert, pour envoyer un message, pour terroriser.

    Auteurs et victimes


    Chez les hommes, 66,9% des tués furent victimes d’Auteurs inconnus (Irakiens), dont 32% par exécution. 25,8% furent victimes d’auteurs Anti-Coalition (Irakiens), dont 7,9% par attentat suicidaire. Seulement 4,1% tombèrent aux mains de la Coalition (Américains), dont 2,2% par des coups de feu.

    Chez les femmes, 68,8% furent victimes d’Auteurs inconnus dont 21% par coup de feu. 8,7% furent tuées par des auteurs Anti-Coalition dont 4,0% par attentat suicidaire. 15% furent tuées par la Coalition (Américains) dont 9,7% lors d’attaques aériennes non discriminatoires.

    Chez les enfants, 52,2% furent victimes d’Auteurs inconnus (Irakiens), dont 9,8% par des coups de feu. 16,5% furent victimes d’auteurs Anti-Coalition (Irakiens) dont 7% par attentat suicidaire. 21,8% furent tuées par la Coalition dont 13% lors d’attaques aériennes non discriminatoires.

    Retenir que si un homme irakien non combattant est tué par un acte de guerre il a 4,1% d’être victime des Américains. Pour une irakienne la probabilité est de 15%. Pour un enfant elle est de 21,8%. La Coalition s’avère nettement moins discriminatoire dans ses méthodes, et son indice de guerre sale est élevé.

    Indice de guerre sale


    L’Indice de guerre sale est le pourcentage de femmes et enfants par rapport au nombre total de civils tués. Cet indice fut de 18,7% durant la période 2003-2008. Ce chiffre est près des 19,7% rapportés par le gouvernement irakien pour 2009.

    Le choix des armes est un déterminant. Les plus sales armes sont le mortier, dont l’indice est de 79% (auteur inconnu visant une cible civile), le véhicule piégés abandonné en zone civile, indice de 54%, et l’attaque aérienne (bombe, missile), indice de 69%.

    Il y eut 8 086 tués par un coup de feu (gunfire) par des Auteurs inconnus, dont 629 femmes ou enfants. Quand l’auteur était connu, les tirs de la Coalition (Américaine) tuèrent 178 femmes ou enfants, 31%, tandis que les Anti-Coalition (Irakiens) tuèrent 25 femmes ou enfants, soit 2%.

    Les trois quarts des victimes civiles étaient visées par les combattants. On pourrait s’attendre à moins de saleté (en ne visant que des hommes) quand une arme à main est utilisée, car la cible est en vue (fusils, mitrailleuses). C’est vrai pour les auteurs Irakiens mais moins vrai pour les auteurs Américains où les bavures ne sont pas occasionnelles : manque d’entraînement; manque de surveillance « éthique »; force excessive lors des raids à domicile dans les quartiers urbains, lors des contrôles routiers et aux points de contrôle (checkpoints). Wikileaks a révélé plusieurs bavures.

    Parmi les 22 066 dont le sexe et l’âge purent être confirmés, cet indice de saleté fut de 79% pour les tirs de mortier par l’un ou l’autre des camps, de 54% pour les bombes explosées dans un véhicule abandonné et de 69% pour les attaques aériennes. Cet indice fut plus élevé parmi les victimes de la Coalition que parmi celles des forces Anti-Coalition, tant pour les tirs aériens que les coups de feu au sol.

    Il est clair que l’attaque aérienne tue majoritairement des civils. Cette stratégie manque nettement de discrimination et doit être remise en question.

    L’indice de saleté chez les victimes de la Coalition (Américains) fut de 51% mais 5 fois plus élevé que les 10% chez les victimes des forces Anti-Coalition (Irakiens). Autrement dit, quand un civil est tué par les Américains, une victime sur deux est une femme ou un enfant. Quand un civil est tué par les Irakiens, une victime sur dix est une femme ou un enfant.

    Commentaires


    Sont reconnus des crimes de guerre, par ordre descendant de gravité, d’utiliser la torture des prisonniers, de tuer intentionnellement des enfants et des femmes ainsi que des hommes non combattants. On entre dans une zone grise lorsque par imprudence ou indifférence on ne fait pas la discrimination entre combattants et civils dans un même lieu attaqué.

    Les Américains devraient éviter de bombarder les zones habitées par des civils – depuis les airs ou par des mortiers - et leurs soldats ne devraient pas tirer sur des civils. La Coalition, quelle que soit l’année de l’invasion ou l’armement utilisé, a plus souvent mené une guerre sale en tuant proportionnellement plus de femmes et d’enfants que les Irakiens ne l’ont fait.

    On pourrait bien affirmer pour s’en laver les mains que les tueries entre Irakiens relèvent d’une guerre civile puisque 88% des morts violentes sont directement attribuées aux Iraquiens - mais cette guerre a été déclenchée par l’invasion américaine.

    Autres conséquences sur la population

    On estime à quelque 250 000 les blessés civils dont plusieurs sont devenus des invalides. Et à quelque 4,7 millions les réfugiés à l’intérieur du pays (2,5 M) ou à l’extérieur (2,2 M). Tous victimes civiles de cette guerre déclenchée par l’administration Bush et l’aide quasi symbolique (au plus 10% des effectifs) de quelque 48 pays.

    Ces chiffres n’incluent pas les morts violentes de combattants Irakiens. Ni les morts civiles non violentes résultant des effets à court et à long terme de la destruction des infrastructures sanitaires, de la contamination de l’environnement par des matériaux explosifs (dont résultent des malformations congénitales parfois horribles), des conditions sanitaires des réfugiés, etc. Ces chiffres ne concernent que les premiers cinq ans de cette guerre sale et injustifiée.

    Malformations censurées


    Mondialisation.ca nous apprend en 2015 que « En violation de son propre mandat, l’OMS continue de censurer les preuves découvertes en Irak montrant que l’usage par les militaires américains d’uranium appauvri et d’autres armements n’a pas seulement tué de nombreux civils, mais que cela a causé une épidémie de malformations de nouveau-nés et d’autres graves problèmes de santé publique. En refusant de diffuser ce rapport, l’OMS protège de manière efficace l’armée et le gouvernement américains de toute poursuite, alors que ces derniers sont responsables de cette catastrophe sanitaire. Un rapport de l’OMS et du Ministère irakien de la Santé sur les cancers et les malformations à la naissance devait être rendu public en novembre 2012, mais les officiels ont repoussé indéfiniment sa sortie. À ce jour, écrit Denis Halliday, le rapport de l’OMS est toujours ‘classifié’ » [2]

    Référence [1]

    Hicks MH-R, Dardagan H, Guerrero Serdán G, Bagnall PM, Sloboda JA, et al. (2011) Violent Deaths of Iraqi Civilians, 2003–2008: Analysis by Perpetrator, Weapon, Time, and Location. Public Library of Science Medicine 8(2): e1000415. doi:10.1371/journal.pmed.1000415

    Référence [2]

    Denis Halliday, “WHO Refuses to Publish Report on Cancers and Birth Defects in Iraq Caused by Depleted Uranium Ammunition,” Global Research, September 13, 2013, http://www.globalresearch.ca/who-refuses-to-publish-report-on-cancers-and-birth-defects-in-iraq-caused-by-depleted-uranium-ammunition/5349556

     

     

     

     

     

    Date de création : 2014-10-18 | Date de modification : 2015-02-27
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