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    Dossier: Napoléon III

    Le prince Louis-Napoléon

    Alexandre Debidour
    NAPOLÉON III (Charles-Louis-Napoléon Bonaparte), empereur des Français, né au palais des Tuileries, à Paris, le 20 avr. 1808, mort à Chiselhurst (Angleterre) le 9 janv. 1873. Ce prince était le troisième fils issu du mariage de Louis-Bonaparte (roi de Hollande de 1806 à 1810) avec Hortense de Beauharnais. De ses deux frères, l'un, Charles-Louis, né en 1802, était mort dès 1807; l'autre, Napoléon-Louis, né en 1805, a vécu jusqu'en 1831, mais n'a pas laissé de postérité. Pour lui, sa légitimité fut mise en doute dès l'époque de sa naissance. La légèreté bien connue de sa mère donna quelque crédit au bruit que l'amiral hollandais Verhuell, qui était alors fort avant dans les bonnes grâces de la reine Hortense, pouvait bien être son véritable père. Le roi Louis ne tarda pas, du reste, à se séparer avec éclat d'une femme qu'il n'avait épousée qu'à contrecœur et dont il suspectait depuis longtemps la fidélité. Il ne devait jamais témoigner au dernier enfant qu'elle lui avait donné que froideur et même aversion.

    Les soupçons qui avaient accompagné la naissance de Louis-Napoléon n'empêchèrent pas qu'il ne fût inscrit sur le registre officiel de la famille impériale et reconnu apte à succéder à l'Empire en vertu des constitutions de l'an XII. Baptisé à Fontainebleau le 10 nov. 1810, il eut pour parrain Napoléon 1er et pour marraine Marie-Louise. Après l'abdication et l'exil volontaire du roi Louis, la reine Hortense demeura en France avec ses deux fils. Si, quelques années plus tard (1815), elle dut, à la suite d'un procès scandaleux, rendre l'aîné à son mari, qui, après la chute de l'Empire, alla se fixer à Florence, elle garda du moins le plus jeune, dont l'éducation fut tort entière dirigée par elle. Elle se retira, sous le nom de duchesse de Saint-Leu, à Genève, puis à Aix en Savoie, à Carlsruhe, à Augsbourg. C'est surtout dans cette dernière ville que Louis-Napoléon fit ses premières études sérieuses. Il y suivit pendant plusieurs années les cours du gymnase, où il s'appliqua particulièrement aux sciences et à l'histoire. Il ne négligeait pas non plus les exercices du corps, où il excellait. A partir de 1824, il alla demeurer avec sa mère au château d'Arenenberg, dans le canton de Thurgovie, sur les bords du lac de Constance. C'est surtout en Suisse qu'il fit son éducation politique sous Philippe Lebas et Vieillard, qui lui inculquèrent les principes de la Révolution, et son éducation militaire, sous le colonel Armandi et le colonel (plus tard général) Dufour, qui lui enseigna les manœuvres de l'artillerie et du génie.

    A vingt ans, Louis-Napoléon, élevé dans le culte de l'Empire, qu'il regardait comme la réalisation parfaite des principes de 1789, avait déjà l'idée fixe d'en préparer le rétablissement. Le principe des nationalités, le suffrage universel, le césarisme et une tendance marquée au socialisme, tel était déjà le fond de sa politique. Il était, comme il fut toujours, dans ses relations personnelles, tenace dans ses idées («un doux entêté», disait sa mère), vacillant et indécis dans sa conduite, rêveur, romanesque, ambitieux, taciturne et dissimulé. La reine Hortense, dont la morale avait toujours été très facile, lui représentait qu'avec un nom comme le sien il serait toujours quelque chose; qu'un prince devait savoir se taire ou parler pour ne rien dire, savoir aussi amuser la badauderie royaliste ou républicaine, et ne jamais se livrer à personne sans réserve; enfin que tous les moyens de régner étaient bons, légitimes, suffisants, pourvu qu'on maintint l'ordre matériellement. Ces précieuses leçons ne devaient jamais être oubliées de Napoléon III.

    Le prince avait fait dès sa jeunesse de fréquents séjours en Italie. Très désireux de jouer au plus tôt un rôle politique, il y avait fait, avec son frère Napoléon-Louis, l'apprentissage du métier de conspirateur en s'affiliant au carbonarisme (V. ce mot), qui voulait affranchir la péninsule de la domination autrichienne.

    A la nouvelle de la révolution de Juillet, sa première pensée fut de courir en France, comme si la loi de 1816, qui en bannissait sa famille, eût cessé d'être en vigueur. Le nouveau gouvernement ne lui ayant pas permis d'y rentrer, il se rendit à Rome, d'où ses menées le firent bientôt expulser, et se jeta peu après à corps perdu dans l'insurrection des Romagnes (fév. 1831), en même temps que son frère qui y trouva la mort. Hautement désavoué par l'ex-roi Louis, il fut, après la défaite de son parti, sauvé de la police autrichienne et de la police pontificale par sa mère, qui parvint à le faire sortir d'Italie et le conduisit secrètement à Paris, où, sous prétexte qu'il était malade, elle sollicita l'autorisation de séjourner quelque temps avec lui. Louis-Philippe, qui la reçut et fut touché de ses larmes, ne lui refusa pas tout d'abord cette grâce. Mais, comme la prétendue maladie du prince ne l'empêchait pas d'intriguer et de provoquer des manifestations bonapartistes, Casimir Perier exigea bientôt du roi que la mère et le fils fussent éloignés (mai 1831). Ils partirent pour Londres, d'où ils regagnèrent Arenenberg. Là, Louis-Napoléon se mit en rapport avec les chefs de l'insurrection polonaise, qui lui firent espérer la couronne de Pologne. Il était déjà parti pour aller se mettre à leur tête, quand la nouvelle de la prise de Varsovie par les Russes (sept.) l'obligea de rebrousser chemin. Ne pouvant rester en repos, il demanda peu après au gouvernement de Juillet la permission de rentrer en France comme simple citoyen, ce à quoi il ne fut répondu que par la loi du 10 avr. 1832, qui confirmait le bannissement des Bonaparte. Mais cette nouvelle déception ne le découragea pas; et son cousin, le duc de Reichstadt, étant mort quelques mois plus tard (juil. 1832), il se considéra comme le représentant attitré de la dynastie impériale vis-à-vis de la France et résolut d'en jouer le rôle, sans tenir compte des titres de son oncle Joseph et de son père Louis, qui, en vertu de la constitution de l'an XII, étaient les héritiers de Napoléon 1er, mais ne se montraient guère disposés à revendiquer l'héritage.

    En attendant que les circonstances devinssent favorables à son ambition, qui avait la manie d'écrire, ne se laissa pas oublier. Il publia presque coup sur coup (1832-33) plusieurs opuscules où s'amalgamaient étrangement les théories républicaines et les doctrines césariennes et où il n'invoquait en somme le suffrage universel que pour l'inviter à se donner un maître (Rêveries politiques, suivies d'un projet de constitution; — Considérations politiques et militaires sur la Suisse, etc.). En 1834, il se faisait donner, outre le titre de citoyen de Thurgovie, le grade de capitaine d'artillerie dans l’armée helvétique, et, deux ans plus tard (1836), faisait imprimer un Manuel d'artillerie sur lequel il comptait pour se rendre populaire dans l'armée française. A ce moment, du reste, il croyait le bonapartisme, que Louis-Philippe encourageait sans le vouloir par l'éclatante faveur qu'il accordait aux maréchaux du premier Empire, suffisamment reconstitué, suffisamment fort dans notre pays pour qu'un pronunciamiento militaire pût être tenté avec succès. Ses illusions étaient entretenues par quelques aventuriers qui avaient capté sa confiance, et notamment par un sous-officier réformé nommé Fialin, qui se faisait appeler de Persigny et qui était devenu depuis peu son secrétaire, son factotum. Cet agent, aidé de la cantatrice Eléonore Gordon, qui était alors la maîtresse du prince, et de quelques autres auxiliaires, lui ayant recruté des complices dans les garnisons de l'Est, et particulièrement dans celle de Strasbourg, Louis-Napoléon, assuré de la connivence du colonel Vaudrey, qui commandait dans cette place le 4e régiment d'artillerie, n'hésita pas à venir, le 30 oct. 1836, provoquer dans le chef-lieu du Bas-Rhin un soulèvement militaire qui échoua piteusement et n'amena que son arrestation et celle d'un certain nombre de ses amis.

    La reine Hortense courut aussitôt à Paris demander sa grâce. Louis-Philippe eut d'autant moins de peine à céder ses prières qu'il craignait de rendre le prétendant populaire en le faisant juger. Il crut plus sage de le dédaigner, ou d'en faire semblant. Louis-Napoléon fut conduit à Lorient et embarqué pour l'Amérique (21 nov.) pendant que ses complices étaient traduits devant la cour d'assises du Bas-Rhin, qui, en bonne justice, ne pouvait les condamner, et les acquitta tous (févr. 1837). Enhardi par ce verdict, le prince, à peine arrivé à New York (avr.), remit à la voile pour l'Europe et reparut à Arenenberg, où sa mère ne tarda pas à mourir (3 oct. 1837). Bientôt le gouvernement de Juillet put constater que la propagande bonapartiste, à peine sensible avant 1836, prenait une intensité inquiétante. Le parti du prince avait maintenant des journaux (le Capitole, le Journal du Commerce, etc. ). Des généraux mécontents, comme Montholon et Piat, des aventuriers de haut parage, comme Crouy-Chanel; de simples bohèmes, comme Saint-Edme, s'efforçaient en son nom d'agiter le public. Le club des Culottes de peau agissait en sa faveur sur l'armée. Un de ses complices du 30 oct., le lieutenant Laity, publiait avec éclat une brochure intitulée le Prince Napoléon à Strasbourg, qui lui valut d'être condamné à cinq ans de prison par la Cour des pairs (1838). Le gouvernement français, de concert avec le gouvernement autrichien, somma la Suisse d'expulser le prétendant et, comme elle faisait mine de résister, la menaça de la guerre. Les autorités fédérales firent comprendre à Louis-Napoléon qu'elles ne pouvaient plus le défendre. Feignant de s'exécuter volontairement, il partit en oct. 1838 pour l'Angleterre, où il devait être plus en sûreté.

    C'est là qu'il publia l'année suivante ses Idées napoléoniennes, opuscule où, travestissant l'histoire, il représentait Napoléon comme le représentant ou le serviteur le plus fidèle des principes de la Révolution et l'Empire comme la sauvegarde des droits du peuple en même temps que comme la garantie du progrès démocratique et social. Du reste, sa déconvenue de 1836 ne l'avait point guéri du goût des aventures. Le fétichisme bonapartiste faisait en France de visibles progrès. Louis-Philippe en 1840 envoyait chercher à Sainte-Hélène les restes de Napoléon 1er. Par contre, il laissait humilier la France, à la face de l'Europe, par le traité du 15 juil. Une violente explosion de patriotisme militaire se produisait dans notre pays. C'est pour en tirer parti que le prince exilé vint le 6 août 1840 débarquer avec une soixantaine d'hommes, qu'il avait fait revêtir d'uniformes français, près de Boulogne, où il se proposait de soulever le 42e régiment de ligne, déjà travaillé par ses complices, pour marcher sur Lille où le général Magnan lui avait fait espérer son concours, et de là sur Paris. Lui-même se présentait coiffé du petit chapeau légendaire de Napoléon 1er, tenant à la main une épée qu'on disait être celle d'Austerlitz, et avec un aigle apprivoisé qui tournoyait au-dessus de sa tête. Cet appareil carnavalesque ne lui réussit nullement. Vainement tira-t-il à bout portant un coup de pistolet sur un officier qui lui résistait. Il fut arrêté comme un malfaiteur, ainsi que la plupart de ses complices (Montholon, Persigny, Conneau, etc.).

    Cette fois, le gouvernement de Juillet voulut que la justice suivît son cours. Le prince, traduit devant la Cour des pairs, où il fut défendu par Berryer et Marie, se réclama hautement de la souveraineté du peuple, à laquelle il avait voulu faire appel, déclarant illégitime tout ce qui avait été fait sans elle. La Cour le condamna à un emprisonnement perpétuel (6 oct.), et peu après Louis-Napoléon fut enfermé pour subir sa peine, ainsi que le général de Montholon et le Dr Conneau, dans la citadelle de Ham. Mais cette nouvelle disgrâce ne le découragea nullement. L'incorrigible prétendant consacra les loisirs de sa prison, non seulement à augmenter le bagage de ses connaissances, mais aussi et surtout à se créer de nouveaux partisans par une incessante correspondance, ainsi que par des publications de nature à lui concilier la faveur du parti avancé. C'est ainsi qu'il écrivit, à partir de 1840, dans le Progrès du Pas-de-Calais et dans le Précurseur de l'Ouest, un grand nombre d'articles où, non content de critiquer amèrement, au nom des principes démocratiques ou de l'honneur national, la politique intérieure et extérieure de Louis-Philippe (V. notamment: Fragments historiques (10 mai 1841); Nos colonies dans l'océan Pacifique (14 juin 1841); Opinion de l'empereur sur les rapports de la France avec les puissances de l'Europe (22 mars 1843); la Paix ou la Guerre (26 juin 1843); Des gouvernements et de leurs soutiens (4 oct. 1843); le Clergé et l'Etat (13 déc. 1843); la Paix (5 mars 1844); les Nobles (23 déc. 1844), etc.), il s'élevait contre les privilèges et l'égoïsme de la bourgeoisie (Analyse de la question des sucres (août 1842); la Traite des nègres (4 févr. 1843), etc.) et dissimulait de moins en moins ses tendances socialistes, qui devinrent manifestes par son célèbre travail sur l'Extinction du paupérisme (1844). La solution de ce dernier problème serait obtenue, suivant lui, par l'établissement aux frais de l'État de grandes communautés agricoles au profit des familles pauvres et des ouvriers sans travail. Grâce à toutes ces élucubrations activement répandues et commentées par ses amis, Louis-Napoléon commençait à devenir populaire. Louis Blanc, George Sand, Proudhon correspondaient avec lui, le traitaient en ami, le représentaient comme un martyr de la démocratie.

    Entre temps, le prisonnier de Ham faisait solliciter sa mise en liberté par des agents de la république de Guatemala, puis de la république, de Nicaragua, qui lui offraient la direction d'une grande entreprise ayant pour but l'établissement d'un canal à travers l'Amérique centrale. N'ayant pas réussi par ce moyen, il prétexta, à partir de la fin de 1845, l'état de santé de son père, l'ex-roi Louis, qui voulait, disait-il, le revoir avant de mourir, Mais les garanties qu'il offrait au gouvernement de Juillet n'ayant pas paru suffisantes, le ministère ne crut pas devoir accéder à sa requête. Ce que voyant, le prisonnier résolut de s'évader et, grâce à la connivence du fidèle Conneau, ainsi que de quelques autres amis, réussit le 25 mai 1846 à sortir de la forteresse de Ham sous les vêtements d'un ouvrier (V. BADINGUET). Peu de jours après, il était réinstallé à Londres, d'où il ne partit point pour Florence, laissant mourir loin de lui dans cette dernière ville le roi Louis, qui n'avait, du reste, nullement témoigné le désir de lui faire ses adieux (27 juil.). Il y fit de vains efforts pour lancer l'affaire du canal de Nicaragua, acheva d'y manger en intrigues et en plaisirs vulgaires la fortune de sa mère, puis vécut d'expédients, médiocrement estimé de l'aristocratie anglaise, et fut dès lors pécuniairement l'obligé de cette miss Howard, qu'il devait faire plus tard comtesse de Beauregard après lui avoir remboursé plusieurs millions.
    Date de création : 2012-04-01 | Date de modification : 2012-04-01
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    Alexandre Debidour
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