L'Encyclopédie de L'AGORA

1995-96
Rapport sur les aspects historiques
Synthèse des aspects historiques
Rapport sur les aspects philosophiques
Synthèse des aspects philosophiques
1996-97
Rapport sur les aspects politiques
Synthèse des aspects politiques
Rapport sur les aspects sociaux
Synthèse des aspects sociaux
1997-98
Rapport sur les aspects culturels
Synthèse des aspects culturels
Rapport-synthèse sur les aspects culturels
Rapport sur les aspects éthiques
Synthèse des aspects éthiques
Synthèse sur les aspects éthiques II
Rapport sur les aspects éthiques II

Rapport sur les aspects philosophiques des inforoutes

par Jacques Dufresne et Josette Lanteigne

Séminaires

Philosophie et sciences humaines

27 avril 1996
Jean Proulx, Secrétaire général du Conseil supérieur de l'éducation du Québec
Réflexions sur le savoir dans la société de l'information
Partant du mythe de la caverne narré par Platon dans la République, monsieur Proulx montre que l'accès au savoir exige une montée ou ascension: des ombres à la lumière, de l'image à l'idée, de la sensibilité à la raison, de l'information au savoir, de la méthode à la métaphysique, des signes aux significations, du formel au contenu, de la messagerie au message. Il faut briser l'enchantement et l'envoûtement qui s'imposent au départ, afin d'accéder ultimement à la gratitude et à la vénération dans le savoir. (Voir "Faust ou Platon", Agora, vol 3, no 9 (96), p. 18.)

François Latraverse, Professeur de philosophie à l'Université du Québec à Montréal
Offrir les choses au regard: Leibniz et le projet d'une langue universelle
Le projet leibnizien en est un de transcription directe de la réalité dans une langue universelle, pensée comme characteristica universalis et calculus ratiocinator. Les visées du projet sont examinées ainsi que les obstacles, nombreux, qu'il a rencontrés. Il s'agissait en fait d'un rêve, celui de fixer directement les lois de l'esprit, en coupant tout lien à une langue articulière. Leibniz était à la recherche d'une espèce de langage idéal avant la lettre, qui aurait fait du langage humain quelque chose d'analogue au langage divin. Ce projet d'universalisation ayant échoué, la philosophie universaliste qui soutend le réseau des réseaux ne perd-elle pas une partie de sa crédibilité? François Latraverse estime que l'attention des chercheurs doit se porter davantage sur l'usage qui est fait des nouvelles technologies que sur leur signification universelle.

28 avril 96
Hubert Jean Valcke, Informaticien-conseil, doctorant en sociologie à l'Université du Québec à Montréal
Impacts possibles de la virtualité des inforoutes sur les utilisateurs
L'utilisation fréquente, voir compulsive, des réseaux électroniques de l'information induit petit à petit des comportements nouveaux chez les usagers. Les rencontres virtuelles, le questionnement des banques d'information, l'accès en mode hypertexte, etc., redimensionnent l'environnement de la communication des surfistes du net et recodifient l'éthique et les normes de civilité. Un nouveau rituel est né, lequel anthropomorphise le technique et repense le communautaire.
(Voir "Emploi ou empoigne", Agora, vol 3, no 9 (96), pp. 32-33)

Yves Leclerc, journaliste et auteur
Information contre communication
Il s'agit de tenter de lever la confusion entre ces deux concepts analogues mais distincts. Gérer les communications (échanges) constitue certes une activité complexe. Pourtant, celle-ci est mieux maîtrisée aujourd'hui que ne l'est l'information, qui renvoie aux mémoires et aux réseaux de significations qui donnent sens et structuralité aux contenus. (Voir "Un code dicté à l'état ou dicté par l'État?", Agora, vol 3, no 9 (1996), pp. 25-26)

4 mai 96
Laurent Giroux, Professeur de Philosophie à l'Université de Sherbrooke
L'autoroute électronique sous le regard du philosophe
À partir de l'idée grecque -aristotélicienne en particulier- de l'être humain comme animal civique (zôon politikon) et doué de parole (zôon logon ekhon) tout à la fois, le conférencier présente d'abord les implications éthiques des technologies de l'artificiel pour, ensuite, se pencher sur les réquisits d'une communication non détériorée, en s'inspirant en priorité des réflexions de Jürgen Habermas sur l'agir communicationnel. Sa conclusion est que si l'on veut se payer une assurance contre les risques d'une progression géométrique des réseaux de communication, cette garantie ne passe ni par une sur-complexification des réseaux eux-mêmes, ni par une surenchère de restrictions légales, mais par la prise de conscience, à l'échelle planétaire, du fait que les peuples sont de plus en plus étroitement solidaires et co-responsables de la sauvegarde ou de la destruction de la nature humaine.

Jacques Dufresne, philosophe, président de Agora, Recherches et Communications Inc.
L'affectif et l'imaginaire face au formalisme techniciste
L'affectivité humaine ne peut demeurer authentique qu'à l'intérieur de certaines limites. Quand elle est l'objet d'un surcroît de sollicitations, ses réactions s'appauvrissent, perdent leur authenticité, glissent sur le plan du mécanique et de l'artificiel. De son côté, l'imaginaire s'appauvrit dans un environnement formaliste semblable à celui-là même où prolifèrent les excitations visant l'affectivité. L'érosion simultanée de l'affectivité et de l'imaginaire est la maladie et le malheur qui guettent ceux qui sont privés, dans le temps et dans l'espace, de zones bien circonscrites qui les protégeraient des sollicitations du milieu ambiant. (Voir La famille virtuelle, Horizons Philosophiques, vol 6, no 2 (96), pp. 79-90)

5 mai 96
Jerzy A. Wojciechowski, Professeur de Philosophie à l'Université d'Ottawa
Vers le supra-organisme de l'humanité - Le rôle de l'inforoute
Au sujet du développement du savoir et de son rôle dans le passage de l'humanité à un niveau d'humanité supérieure, en passant par un niveau d'organisation supranational, l'auteur pose les questions les plus actuelles qui soient. Faut-il être optimiste ou pessimiste concernant le futur de l'humanité? Sera-t-il possible d'inverser l'hystérie du savoir en savoir de nos limites, en compassion pour les plus démunis de la terre? Ou s'il faudra se résigner -c'est déjà fait pour une bonne part- à l'extinction de l'espèce humaine, virtualisée avant d'être éradiquée par elle-même et d'elle-même, comme si elle n'avait été qu'une étape sur le chemin de l'évolution... de la nature. (Voir "La modernité et le progrès du savoir", dans Agora, vol 3, no 1 (95), pp. 19-22)

Claude Gagnon, professeur de Philosophie au Collège édouard-Montpetit
directeur de l'édition de Horizons Philosophiques

Le terminal et le bâton
Dans l'histoire récente de la télématique française, l'utilisation du terminal en pédagogie montre les vertus multiples du médium dans les questions d'enseignement. à l'évidence, la réduction des budgets d'état consacrés à l'éducation ne saurait être compatible avec l'implantation de l'école virtuelle. Or les possibilités de l'enseignement virtuel sont multiples: mise à niveau, lecture lente, tutorat, etc. Par ailleurs, l'opposition entre l'activité télématique interactive et la vie réelle de tous les jours ne saurait être faite sans preuve. Dans notre expérience humaine générale, rien n'a jamais permis d'opposer la nature et le livre; la tradition monastique à elle seule contredit le préjugé. Il en va de même de l'activité interactive à l'écran: rien ne permet encore de penser que l'écran nous séparera davantage de la nature que le livre ne l'a fait. (Voir Le même et l'autre sur Internet, Horizons philosophiques, vol 6, no 2 (96), pp. 19-30.


Résumé

Primat de l'information mais primauté du savoir

Il convient de commencer par une distinction entre le primat, ce qui est premier, et la primauté, ce qui est le plus important. Ainsi, on peut parler d'un primat de l'information--en effet, il est surtout question d'elle--mais d'une primauté du savoir, car c'est lui et non l'information qui est branché sur l'action. De plus, seul le savoir peut fournir des idées: il y a une multitude de concepts, mais il existe seulement quelques idées qui donnent sens à toute l'information. Pour que le monde soit une musique et non un bruit, comme dit si bien Hubert Reeves, il faut que les informations soient signifiantes.

Or le cheminement qui mène au savoir passe par l'intériorité: pour produire des informations signifiantes, il faut agir selon une nécessité intérieure. Il faut briser l'enchantement du savoir formalisé, qui est artificiel et extérieur à nous. Car le savoir n'est pas une donnée il est, dit Platon et Michel Serres après lui, une montée. Entreprendre la montée du savoir, c'est dépasser les formes du concept, pour éviter que l'intelligence ne devienne synonyme de traitement de l'information.

Concernant les recherches qui ont cours actuellement pour tenter de comprendre les phénomènes de masse qui sont associés à l'inforoute, on remarque un primat de la méthode chez ceux qui vivent sous le coup de l'enchantement par rapport à la démarche: il est si agréable d'acquérir de nouvelles connaissances, qu'on oublie parfois qu'il est nécessaire de s'arrêter pour réfléchir, si on ne veut pas que la suite du chemin se trouve dans l'inconnu. Même si elle se trouve être inconnue, une réflexion, un arrêt, le temps du jugement, permettent d'échapper à l'enchantement pour revenir à notre tâche quotidienne, qui est, comme chacun le sait (ou devrait le savoir) la saisie de l'être.

Il faudrait redonner sa primauté à l'objet extérieur à l'intelligence, laisser agir en soi la chose, disait Aristote. La raison est le logiciel de l'univers, ou plutôt elle participe de cette intelligence de l'univers. L'être et le réel que nous pouvons connaître sont seuls à pouvoir donner un sens à toute méthode. Mais tout le monde sait qu'il y a un envoûtement des signes dans la société de l'information, et ceux qui connaissent l'histoire de la philosophie et d'ailleurs vous diront que ça dure depuis un certain temps déjà. Le signe est un agent double qui révèle tout en cachant. Appliquée au virtuel, cette dimension du signe implique qu'on a affaire à un véritable fantôme du réel, qui ne se laisse naturellement pas ordinairement reconnaître comme tel, à cause de l'attrait qu'exerce le formalisme. Mais attention! Nous pourrions aboutir à une inversion du primat et de la primauté, nous pourrions nous retrouver avec des structures sans contenu pouvant mener à toutes sortes d'aberrations.

Prenons un exemple concret. Il y a actuellement un primat de la messagerie sur le message. On entend plus souvent parler de la quantité de messages qu'un internaute reçoit que de la qualité des échanges. Naturellement, il faut compter avec l'attrait de la nouveauté (qui était habitué, avant Internet, de recevoir si aisément 100 messages et plus par jour? qui avait très vite, s'il veut survivre, à s'imposer des limites sur la quantité d'informations qu'il compte traiter par jour?), mais il n'en reste pas moins que la multiplication des échangeurs a fait de nous des messagers en réseaux.

Il résulte de ce qui précède que nous sommes bien davantage dans la société de l'information que dans celle du savoir, où le messager s'efface devant le message pour connaître l'autre monde qui est dans celui-ci, le monde réel, la vraie réalité, là où il y a primauté de l'esprit sur ses figures.

Quel savoir?

Le savoir devrait nous aider à résoudre la plupart des problèmes que nous rencontrons et nous faciliter la vie. Or c'est le contraire qui se produit. Bien que nous possédions de plus en plus de savoirs, les problèmes auxquels les êtres humains doivent faire face demeurent et s'amplifient. On pense que le savoir est le produit de l'homme et une perfection (plus il y a de savoir et mieux ça vaut!), mais le savoir n'est pas uniquement un rejeton humain: il a une existence objective et impersonnelle. De plus, les conséquences du savoir sont loin d'être univoques: à l'heure actuelle, il n'est pas exagéré de dire que le savoir est la plus grande source de problèmes pour l'humanité: la pollution, la surpopulation, le choc du futur, les différences grandissantes entre les sociétés et même entre les individus, le pouvoir atomique, etc. Toutes ces calamités résultent du progrès du savoir. Ces problèmes n'existeraient pas si nous n'avions pas développé le savoir que nous avons développé. Le savoir étant essentiellement pouvoir, volonté de puissance, la connaissance produit toujours des effets positifs et négatifs à la fois. Il n'y a pas de connaissance qui donnerait des effets exclusivement positifs ou exclusivement négatifs.

Il faut donc s'inscrire en faux contre la distinction classique entre théorie et pratique. Certes, on peut dire qu'elle est valable au niveau des intentions (on peut s'intéresser au savoir pour des raisons théoriques ou pratiques) mais au niveau des faits, tout savoir a des conséquences pratiques, quelles que soient les intentions. Ce qui a changé à l'époque moderne, ce ne sont pas nos intentions mais nos moyens de communication. On ne saurait prescrire, circonscrire ou décrire à l'avance les conséquences d'un acte de connaissance. Les conséquences sont toujours imprévisibles, car il ne saurait y avoir de science du savoir. Nous sommes donc toujours plus ou moins dans la situation de l'apprenti-sorcier.

Nous avons posé au début de cette synthèse que le chemin vers le savoir passe par une intériorité, mais l'être imparfait que nous sommes doit compter avec la limitation, l'altérité et l'extériorité. Nous avons donc besoin de la communication et il est juste de dire que la communication résulte de la finitude de l'être. Dans l'optique de la plénitude de l'être, la possession totale et simultanée de l'être est ce qui est visé. C'est un acte pur qui ne comporte ni temps ni espace, ni distance ni extériorité. Aussi bien dire que dans l'être pur, il n'y a pas de communication. N'étant pas le tout, nous devons donc communiquer. Et la meilleure approximation de l'état idéal de plénitude de l'être est une actualisation de tous les êtres existants... telle qu'elle existe sur l'inforoute. Certes, l'être humain est loin d'être le seul à se servir de l'information. Tout être vivant reçoit de l'information, dépend de l'information et produit de l'information. Pas de vie sans information. Les êtres finis ont besoin de communications parfaites: instantanées, totales, non déformées, synergétiques et actualisantes. La communication actualise le potentiel de l'être en donnant à un être ce qu'il n'a pas; ce faisant, elle engendre l'évolution. Pas d'évolution sans communication. A fortiori, pour qu'il y ait progrès des connaissances, il faut qu'il y ait progrès dans les communications.

L'inforoute se compare au système nerveux. Dans la première étape de l'évolution, celui-ci s'est développé comme système nerveux autonome (même les vers sont pourvus d'un tel système autorégulateur. L'automatisme du système nerveux est très important chez les êtres évolués, car en assurant le bon fonctionnement de l'organisme, il libère le cerveau pour la pensée. La deuxième étape de l'évolution, la plus avancée, voit ainsi se former un système nerveux central qui est commandé par le cerveau. Or le fait que l'inforoute présente actuellement des ressemblances avec le système nerveux autonome indique que nous allons bientôt passer à une inforoute comparable au système nerveux central, c'est-à-dire commandée par un cerveau. Or il y a là un danger.

Primat des échanges mais primauté de l'éthique

Le danger n'est pas uniquement du côté du pouvoir mais également de celui des gens. La connaissance augmente le pouvoir d'agir et la liberté de l'individu et par là, l'imprévisibilité des conséquences. L'inforoute relie les gens, elle les met en contact. Ce faisant, elle transforme l'humanité en un organisme supra-personnel. C'est le facteur d'évolution le plus puissant qu'ait inventé l'humanité. Paradoxalement, ce facteur de globalisation et de mondialisation se fait en donnant le pouvoir aux individus. L'inforoute donne aux individus le moyen d'agir sur les autres; cette possibilité, qui existait déjà, augmente de façon exponentielle: à partir d'un ordinateur connecté à l'inforoute, un individu peut communiquer avec tout le monde, sans considérations d'espace ou de temps. L'inforoute stimule donc l'individu et le rend plus productif: assis devant son écran, il est porté à écrire car son message est envoyé et reçu presque tout de suite, où que soit l'interlocuteur.

L'inforoute multiplie les moyens d'action mais elle est un danger pour les pouvoirs en place. Hors de l'inforoute, l'individu ne peut exprimer ses idées à un très grand nombre de personnes sans passer par une forme ou une autre de censure. Un magazine peut vous refuser un article mais sur Internet, vous pouvez écrire ce que vous voulez. Or ce pouvoir est trop grand. C'est trop beau pour être vrai et on peut prévoir que les pouvoirs en place (politique, intellectuel, culturel et économique) vont trouver le moyen de limiter ce pouvoir.

Plutôt qu'une éthique sur Internet (à laquelle il faut échapper, car elle consiste à appliquer des règles de l'extérieur, ce qui est l'étape précédant la censure), il faut favoriser une éthique de l'Internet, en s'efforçant de repérer l'éthique telle qu'elle a commencé à se développer à l'intérieur des réseaux. Or les modes de communication qui conviennent à notre époque mettent l'accent sur l'entente réciproque. Les règles de ce qu'on appelle la netiquette (qu'on retrouve dans tout bon manuel d'introduction à Internet) n'ont pas été fixées par la tradition, des lois ou des considérations utilitaristes. Dans ce contexte, Habermas apparaît comme le philosophe de cette société qui met l'accent sur les rapports égalitaires et où les normes sont définies par les parties elles-mêmes, à la suite d'une négociation sans contraintes. Encore une fois, c'est trop beau pour être vrai et il n'est pas rare de voir des internautes s'enflammer en oubliant toutes les règles de courtoisie élémentaires. Jusqu'où va la discussion dans un domaine particulier et jusqu'où peut-on pousser la critique des opinions qu'on reçoit des autres? On n'a pas encore tracé la limite de l'horizon permettant de regrouper 50, 100, 200 personnes ou plus.

Le mode de pensée dominant des intellectuels pourrait bien être en partie responsable de cette situation. Le mode de pensée qui est celui du logos traditionnel implique l'idée qu'il y en a un qui détient la vérité. Si je détiens la vérité l'autre n'a aucune légitimité, à moins de penser comme moi. Ce je est un je à somme nulle. Au contraire, l'éthique de la parole est une éthique entre des personnes individuées dans leur spécificité. On doit donc renforcer l'approche habermassienne pour essayer de créer de l'éthique puisqu'on ne saurait, pour des raisons d'extra-territorialité, parvenir à ce résultat par des impositions de droit positif.


Recommandations

L'Encyclopédie québécoise

L’idée principale qui ressort de nos travaux sur les aspects philosophiques de la question peut se résumer dans une formule: primat de l’information, mais primauté du savoir. La primauté du savoir suppose celle du jugement, qui permet d’introduire de l’ordre dans la masse d’informations. Le contenu d’Internet constitue en lui-même une encyclopédie universelle, mais cette encyclopédie est informe et si elle obéit à des règles et à des principes, ceux-ci échappent à l’attention de la plupart des utilisateurs. Quels sont par exemple les utilisateurs qui savent que des outils de recherche comme Lycos et Yahoo peuvent les orienter, à leur insu, dans telle ou telle direction?

Cette encyclopédie Internet est mondiale par définition. Cela veut dire que les cultures dominantes à l’échelle mondiale y auront une influence qui pourrait vite devenir démesurée. Ne serait-ce que par souci de maintenir la diversité culturelle sur la planète, il importe de délimiter à l’intérieur de la galaxie Internet des constellations correspondant à des sous-ensembles tels que les nations, la francophonie, la latinité, etc. Le Québec a d’autre part atteint une étape de son développement où il importe qu'il se donne une vision du monde tout en se présentant au monde.

Voici un projet mobilisateur, enthousiasmant, offrant des débouchés intéressants aux jeunes, en même temps qu'une occasion pour les retraités de participer activement au développement du Québec. La seconde révolution tranquille. Un nouveau dynamisme. Jamais le commerce international des nations n'aura été aussi lié à leur rayonnement culturel. Notre hypothèse quant à la meilleure façon pour un pays de faire connaître sa culture et ses produits dans un autre pays: rendre hommage à cet autre pays en lui présentant une image originale de lui-même.Le monde vu du Québec... le Québec qui se présente au monde.

Il s'agit d'un vaste chantier auquel chacun (individu, institution, entreprise) pourra apporter sa contribution en enrichissant la base de données et en proposant des parcours intelligents. Il ne devrait pas s’agir d'une construction systématique, comme l'étaient jadis les grandes encyclopédies. Il faudra coordonner plutôt qu'ordonner, non pas créer de toutes pièces les contenus mais introduire de la cohérence dans les productions spontanées et dans les données déjà disponibles. Des efforts spéciaux de recherche et de présentation devraient être réservés:

aux domaines où le Québec excelle Exemple: l'électricité, et plus précisément les hautes énergies et leur transport sur de longues distances. Offrir de telles sections, qui peuvent devenir la référence mondiale, en 15 langues, plutôt que de faire en une seule langue des choses médiocres sur tous les sujets.
à une manière originale de présenter les pays étrangers, en commençant par ceux avec lesquels le Québec a des liens commerciaux ou souhaite en avoir.
à la présentation du Québec sous ses divers aspects.

L'encyclopédie québécoise sera dotée d'un outil de recherche qui deviendra pour les étrangers un outil incontournable pour obtenir rapidement la meilleure information sur le Québec.

Un Institut de la francophonie à Montréal
Une bibliothèque virtuelle de la francophonie rattachée à cet institut.

Le projet d’une encyclopédie québécoise... et francophone nous amène à faire nôtre celui d’un Institut de la francophonie à Montréal, défendu par le CRIM. Au projet de cet Institut, nous rattachons celui d’une bibliothèque virtuelle francophone.

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