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    • Édition


    Impression du texte

    Quel 2045?

    Définition

    Crise économique, réchauffement climatique, événements extrêmes, pic pétrolier, pic de la plupart des métaux. Suivrons-nous le conseil de Sénèque Agunt volentem fata, nolentem trahunt (« le Destin conduit celui qui acquiesce mais entraîne celui qui refuse »)  ou tenterons-nous de perséver dans la voie prométhéenne. Le destin aujourd'hui ce sont les limites, nous avons le choix entre composer avec elles de façon créatrice
    ou tenter coûte de les repousser même si nous connaissons déjà le prix de nos excès dans la domination de la nature.

    En 2005 a incité un jeune anglais, Rob Hopkins, spécialiste de la permaculture a choisi la prmière voie en lançant le mouvement Transition, lequel compte déjà 1045 groupes de citoyens bâtissant leur avenir dans autant de villes et de régions du monde : 383 au Royaume Uni, dont Londres, 319 aux États-Unis, 84 en Australie, 71 au Canada dont Toronto et au Québec : Boucherville, Villeray, l'Île d'Orléans, Tres Saint Rédempteur, Québec centre-ville, 23 en France, 20 en Belgique, 23 en Allemagne, 7 en Suède.

    La question du pic pétrolier est au centre des préoccupations des membres du mouvement, mais, comme on peut le présumer, il est de plus en plus difficile de la dissocier de l'épuisement général des ressources, du changement climatique et de la croissance de la population. La pensée complexe, la résilience, les solutions en réseau vont de soi dans un tel mouvement, mais ce qui le caractérise d'abord c'est son caractère démocratique : l'initiative appartient à des groupes de citoyens. Le risque d'une dérive vers le totalitarisme, toujours à craindre dans les situations de crise, est pratiquement exclu dans ce cas. La seconde caractéristique c'est l'équilibre entre l'idéal et le réel. L'idéal : les membres sont invités à tracer le portrait de leur quartier, de leur ville, de leur région tels qu'ils les voient et les veulent dans trente ans. Le réel : que faut-il faire ou éviter de faire dès aujourd'hui pour que tel ou tel idéal devienne réalité dans trente ans?

    Aucun sujet n'est exclu. Du transport scolaire aux emplois occupés par les robots, du commerce de voisinage au sport professionnel avec ses 9500 matches annuels, de la pauvreté au gaspillage, tout peut être mis sur la table à la condition que, dans la recherche des solutions, on s'efforce de rattacher ces questions les unes aux autres.

    Mais c'est en 2005 également qu'un jeune milliardaire russe, Dmitry Itskov, oeuvrant communications eut l'idée du mouvement Russie 2045, lequel organisa à Moscou en février 2012 le congrès mondial Global Forum 2045, avec comme figure de proue Ray Kurzweil, patron des transhumanistes et comme message principal : l'immortalité cybernétique et la néohumanité en 2045. La prochaine rencontre aura lieu à New York en juin 2013. La Russie et les États-Unis qui avaient été rivaux au Xxème siècle dans le cas des grands programmes nucléaire et spatiaux unissent aujourd'hui leurs forces pour mener à bien les grands programmes de l'heure : l'avatar, le transfert de personnalité, l'immortalité cybernétique, la voiture volante.

    La limite dans cette perspective c'est le mal. Toute la rhétorique entourant le Global Forum 2045 est dirigée contre ce mal plus précisément contre l'immersion «dans les eaux convergentes de la nature et de la mort physique.» Quand donc l'aurez vous compris : aimer et respecter la nature c'est courtiser la mort. «Nous devons re-situer (reset) nos limites, aller au-delà de nous-mêmes, au-delà de la terre et au-delà du système solaire.[...] nous irons vers l'avant, vers le royaume de la liberté et de la créativité, vers les profondeurs des océans et vers les étoiles, vers l'univers infini de notre monde intérieur.»
    Prométhée est à jamais associé au Caucase. C'est un rocher du Caucase qu'il a été attaché pour expier sa démure. Itskov est né dans la région du Caucase. Cela toutefois ne semble guère l'inquiéter. Il semble tout entier pénétré de sa mission d'offrir l'immortalité aux pauvres mortels appelés hommes.

    Il y a des moments dans l'histoire où il faut choisir, où l'indécision sous prétexte de pacifisme ou par crainte du manichéisme est une lâcheté. Le monde a été dans une telle situation en 1939. Il l'est de nouveau aujourd'hui, dans un contexte où les conséquences du choix sont plus lourdes encore qu'en 1939 bien que moins manifestes dans l'immédiat.

    Où vont déjà les fonds de recherche privés et publics sinon vers les technologies célébrées par le Global Forum 2045. Et personne ne s'en inquiète, sauf Alex Jones un journaliste américain ayant acquis une certaine notoriété en faisant la critique des grands medias, en compagnie de Noam Chomski à l'occasion. Sur la question qui nous intéresse, Jones adopte spontanément le point de vue de l'homme ordinaire, lequel a vite compris que les transferts de personnalité et les voitures volantes, à supposer que ces objets de paradis lui fassent envie, ne seront pas plus à sa portée demain que ne le sont aujourd'hui les jets privés; à charge pour Alex Jones de lu i expliquer pourquoi que les progrès accomplis dans la transmission des données serviront au contrôle des masses par le 1% plutôt qu'à l'accès de tout un chacun au royaume de la liberté et de la créativité. Si Jones vocifère parfois, souvent même, ce n'est pas comme c'est le cas pour tant de ses homologues gourous des ondes, pour cacher son ignorance. Pour ce qui est de la critique de la technique, il est plutôt un Jacques Ellul en colère. «Nous sommes vivants, nous sommes sensibles, nous sommes humains.!» s'exclame-t-il et nous n'avons pas besoin d'autres titres pour nous indigner à la pensée qu'une poignée de technocrates nous offre une nouveau statut évolutionaire, la néo humanité, que nous n'avons jamais demandé à personne. Poignée de technocrates? C'est le côté sombre de notre indigné, qui succombe parfois à la manie du complot. Il n'est cependant pas le seul à craindre une dictature de la techno-science dans l'avenir. Qui donc instaurera le nouvel ordre social qui est au programme du Gobal Forum 2045? Des techniciens manipulateurs de cerveaux et d'interfaces cerveau/ordinateur. Puisque l'être humain n'est plus qu'une machine, il ne saurait en effet s'améliorer qu'à la manière passive des machines.

    Quelques blogueurs isolés élèvent aussi la voix.

    Date de création : 2012-10-23 | Date de modification : 2012-10-23

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