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    Impression du texte

    Saint-Jacques-de-Montcalm

    Description

    Située dans la MRC de Montcalm, dans Lanaudière (région 14).

    Histoire

    Histoire
    Un petit drame: l'oubli de l'origine acadienne de la paroisse Saint-Jacques
    par Claude Gagnon

    Plusieurs drames ébranlèrent la conquête du Nouveau Monde. En 1760, l'armée anglaise triomphe en occupant toutes les anciennes colonies françaises. Deux ans auparavant, en 1758, le pilier de la présence française au Canada, Louisbourg, s'effondre. Les militaires anglais prennent la décision de saisir toutes les récoltes des colons... et de déporter ceux-ci dans diverses colonies du sud. C'est ce que 1'on nomme encore aujourd'hui la Grande déportation des Acadiens. Certains décident de s'enfuir et prennent la mer ou le bois; les membres d'une même famille seront séparés, plusieurs disparaîtront à jamais sur le chemin de la déportation ou celui de la fuite. On retrouve encore aujourd'hui des Acadiens disséminés sur toute la côte est américaine, jusqu'en Caroline. Un petit nombre d'entre eux termina son odyssée au Québec, dans le comté de Montcalm; les arrivants fondèrent en 1772 une paroisse qu'ils dénommèrent Saint-Jacques-de-la-Nouvelle-Acadie. (1)

    Cette longue marche ayant prévalu à l'origine de la paroisse, les immigrants consacrèrent l'église à Saint-Jacques en mémoire d'un valeureux curé de la région, Jacques Degeay et, afin de se souvenir perpétuellement du voyage, ajoutèrent: «de la Nouvelle-Acadie». Est-ce consciemment ou inconsciemment, nul ne saurait le dire, mais cette longue marche fut crystal1isée dans une référence au pèlerinage à Saint- Jacques. Comme le curé Lanoue en rapporte en épigraphe de son étude historique: «De Compostelle les pèlerins disaient: "Au coeur avions grand désir d'aller à Saint-Jacques! Nous, de la Nouvelle- Acadie, au Seigneur disons Merci d'être arrivés à Saint-Jacques"» (2). La façade de l'église s'orne d'une magnifique statue de bronze de Saint-Jacques portant bourdon de même qu'il y a derrière l'autel un tableau du Saint.

    Voilà donc une bien curieuse façon de concevoir un pèlerinage (obligé) se terminant au lieu même du sanctuaire. Ce type de pèlerinage peut prendre alors une extension dramatique inusitée. Le curé Lanoue rapporte que «un nommé Doucet retrouva sa femme à Saint-Jacques après 40 ans de séparation. On a vu des Acadiens chercher toute leur vie leur famille sans pouvoir la retracer» (3). Ainsi, l'évocation du Saint a dû servir d'horizon explicatif à ces déportés dont l'esprit et le coeur de plusieurs d'entre eux n'arrêtèrent jamais d'errer d'un visage à l'autre.

    Puis, Saint-Jacques-de-la-Nouvelle-Acadie est devenu Saint-Jacques-de-l'Achigan, à cause de l'unique route qui reliait L'Assomption à Saint-Jacques et qui portait le nom de «rang de l'Achigan» (4). Une route de liaison vitale dans une région en plein défrichement efface le nom de l'ancienne patrie; une route nouvelle réoriente l'imaginaire des «nouveaux jacobins» (5). Une bataille va s'engager sur la dénomination évoquant une rivière et des poissons n'ayant jamais parcouru le territoire de la paroisse. Le porte-parole des contestataires, Monseigneur Marcel Dugas, gagne son plaidoyer, et en 1917 le Conseil municipal décrète que «de tous les Saint-Jacques du Canada, le seul à être désigné uniquement par ce vocable, sera le nôtre» (6).

    Après la référence à l'ancienne patrie, la référence à la route vitale disparaît elle aussi. La paroisse est désormais dénommée «Saint-Jacques» tout court. Seuls peut-être le curé Lanoue et ceux qui conservent précieusement des reliques de l'ancienne patrie (petite croix, pot de crème, peigne, verres chantants, etc.) se souviennent de ces neuvaines à la croix du chemin (7) que l'on faisait pour supplier la Providence. Cette Providence qui non seulement guide les pas du voyageur mais qui voit aussi à ce que le groupe de voyageurs, une fois arrivé, n'oublie jamais que la route est sans fin. Et qu'on risque de trahir l'histoire en délaissant négligemment les emblèmes du passé.

    Notes
    (1) L'actuel curé de Saint-Jacques-de-l'Achigan d'alors, François Lanoue, m'a transmis avec bienveillance l'information sur cette paroisse qu'il a publiée sous forme de monographie en 1972.
    (2) Idem, page 2.
    (3) Idem, page 96. Ces populations fondatrices de paroisses perpétuent bien d'autres comportements issus de la société médiévale; par exemple, Camille Gagnon qui se comporta en véritable Nicolas Flamel du Nouveau Monde en laissant un Testament impliquant le don de tous ses biens à sa paroisse, l'achat d'une statue de Saint-Jacques et d'une plaque commémorative du donateur; comme celui de Flamel, le Testament de Gagnon causa de vifs émois et de graves embarras à la famille et à la fabrique.
    (4) Idem, p. 94.
    (5) Idem.
    (6) Idem.
    (7) Idem, p. 93

    Doocumentation

    Documentation
    François Lanoue, Qui réalisera la prophétie? Saint-Jaques et ses prêtres (1990).
    Guy Courteaul, François Lanoue, Une Nouvelle Acadie: Saint-Jacques de l'Achigan, 1772-1947, [Québec (Province)] : [s.n.], [1949] 398 p. : ill., cartes, portr. ; 23 cm.
    Date de création : 2012-04-01 | Date de modification : 2012-04-01
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