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    Néo-impressionnisme


    La toile manifeste du mouvement néo-impressionniste, Un dimanche à la Grande Jatte, exposée par Seurat en 1886 au Salon des indépendants. Source: Visipix.com

    Définition

    Mouvement esthétique formé par un regroupement d'artistes qui prétendaient asseoir sur des bases scientifiques les découvertes et les intuitions de Delacroix et des peintres impressionnistes. Les néo-impressionnistes, selon l'expression forgée par le critique Félix Fénéon pour établir la distinction entre les Impressionnistes «romantiques» et les peintres groupés autour de Georges Seurat dès 1884, sont fascinés par les mêmes difficultés que Monet et Renoir: le rendu de la lumière et de la couleur, problèmes qu'ils abordent cependant armés des découvertes récentes des physiciens Chevreul, Rood, Sutter, Henry sur la composition des couleurs et de la lumière. Le nouveau mouvement prétend avant tout devenir «l'expansion logique de l'impressionnisme», d'après la formule de Signac.

    Delacroix avait pressenti dès le milieu du siècle la plupart des conclusions auxquelles aboutiront les néo-impressionnistes dont Signac théorise l'approche dans l'étude "D'Eugène Delacroix au néo-impressionnisme" parue en 1899 dans la Revue blanche. La couleur n'est jamais aussi brillante, vibrante et lumineuse que lorsqu'elle est composée de touches justaxposées de couleurs vives, complémentaires. Dès 1704, Newton avait réussi à décomposer la lumière blance à l'aide d'un prisme, prouvant par là que la lumière était un phénomène résultant de l'addition et non pas de l'absence de couleur. Il avait établi un cercle chromatique composé de 7 couleurs, dont le noir et le blanc était absents. Le physicien et peintre américain N. O. Rood, reprenant les théories de James Maxwell, démontre dans Modern Chromatics, publié en 1879, que les couleurs pures, auxquelles on juxtaposait leur complémentaire (couleur opposée sur le spectre chromatique), se mélangeaient dans le regard en de nouvelles couleurs. Le peintre moderne était invité à substituer au mélange pigmentaire le mélange optique des couleurs devant retenir le maximum de clarté et de luminosité. Il ne s'agit plus simplement pour le peintre d'"évoquer seulement la lumière, mais faire du tableau un foyer lumineux" (S. Teskrat). Il s'agit selon Pissarro de "substituer le mélange optique au mélange des pigments. Autrement dit la décomposition des tons en leurs éléments constructifs. Parce que le mélange optique suscite des luminosités beaucoup plus intenses que le mélange des pigments."

    Maîtriser la couleur en fonction des nouvelles connaissances scientifiques ne suffit cependant pas à Seurat et Signac: il faut également aller au-delà de la spontanéité et de la méthode intuitive propres aux Impressionnistes. Devant sa toile, la première préoccupation du peintre doit être de «décider quelles courbes et quelles arabesques vont en découper la surface, quelles teintes et quels tons la couvrir. [..] Guidé par la tradition et par la science, il harmonisera la composition à sa conception, c'est-à-dire qu'il adaptera les lignes (directions et angles), le clair-obscur (tons), les couleurs (teintes) au caractère qu'il voudra faire prévaloir. La dominante des lignes sera horizontale pour le calme, ascendante pour la joie, et descendante pour la tristesse, avec toutes les lignes intermédiaires pour figurer toutes les autres sensations en leur variété infinie. Un jeu polychrome, non moins expressif et divers, se conjugue à ce jeu linéaire: aux lignes ascendantes, correspondront des teintes chaudes et des tons clairs; avec les lignes descendantes, prédomineront des teintes froides et des tons foncés; un équilibre plus ou moins parfait des teintes chaudes et froides, des tons pâles et intenses, ajoutera au calme des lignes horizontales. Soumettant ainsi la couleur et la ligne à l'émotion qu'il a ressentie et qu'il veut traduire, le peintre fera œuvre de poète, de créateur.» (P. Signac)

    Documentation

    Extraits "D'Eugène Delacroix au néo-impressionisme", Paul Signac

    Le néo-impressionniste ne pointille pas, mais divise
    «Croire que les néo-impressionnistes sont des peintres qui couvrent leurs toiles de petits points multicolores est une erreur assez répandue. Nous démontrerons ultérieurement, mais affirmions-le dès maintenant, que ce médiocre procédé du point n'a rien de commun avec l'esthétique des peintres que nous défendons ici, ni avec la technique de la division qu'ils emploient.

    Le néo-impressionniste ne pointille pas, mais divise.

    Or, diviser c'est:

    S'assurer tous les bénéfices de la luminosité, de la coloration et de l'harmonie, par:
    1° Le mélange optique de pigments uniquement purs (toutes les teintes du prisme et tous leurs tons).
    2° La séparation des divers éléments (couleur locale, couleur d'éclairage, leurs réactions, etc...).
    3° L'équilibre de ces éléments et leur proportion (selon les lois du contraste, de la dégradation et de l'irradiation).
    4° Le choix d'une touche proportionnée à la dimension du tableau.

    La méthode formulée en ces quatre paragraphes régira donc la couleur pour les néo-impressionnistes, dont la plupart appliqueront en outre les lois plus mystérieuses qui disciplinent les lignes et les directions, et en assurent l'harmonie et la belle ordonnance.

    Ainsi renseigné sur la ligne et sur la couleur, le peintre déterminera à coup sûr la disposition linéaire et chromatique de son tableau, dont les dominantes de direction, de ton et de teinte seront appropriées au sujet qu'il veut traiter.»


    Sur le mélange optique
    «Un mélange pigmentaire est un mélange de couleurs-matières, un mélange de pâtes colorées. Un mélange optique est un mélange de couleurs-lumières, et, par exemple, le mélange, au même endroit d'un écran, de faisceaux lumineux diversement colorés. — Sans doute, le peintre ne peint pas avec des rayons de lumière. Mais, de même que le physicien peut restituer le phénomène du mélange optique par l'artifice d'un disque aux segments de diverses couleurs qui tourne rapidement, un peintre peut le restituer par la juxtaposition de menues touches multicolores. Sur le disque en rotation ou, au recul, sur la toile du peintre, l'œil n'isolera ni les segments colorés ni les touches: il ne percevra que la résultante de leurs lumières, — en d'autres termes, le mélange optique des couleurs des segments, le mélange optique des couleurs des touches.» (Chap. III)


    La technique des néo-impressionnistes
    «2. Les néo-impressionnistes, comme les impressionnistes, n'ont sur leur palette que des couleurs pures. Mais ils répudient absolument tout mélange sur la palette, sauf, bien entendu, le mélange de couleurs contiguës sur le cercle chromatique. Celles-ci, dégradées entre elles et éclaircies avec du blanc, tendront à restituer la variété des teintes du spectre solaire et tous leurs tons. Un orangé se mélangeant avec un jaune et un rouge, un violet se dégradant vers le rouge et vers le bleu, un vert passant du bleu au jaune, sont, avec le blanc, les seuls éléments dont ils disposent. Mais, par le mélange optique de ces quelques couleurs pures, en variant leur proportion, ils obtiennent une quantité infinie de teintes, depuis les plus intenses jusqu'aux plus grises.

    Non seulement ils bannissent de leurs palettes tout mélange de teintes rabattues, mais ils évitent encore de souiller la pureté de leurs couleurs par des rencontres d'éléments contraires sur leur subjectile. Chaque touche, prise pure sur la palette, reste pure sur la toile.

    Ainsi, et, comme s'ils usaient de couleurs préparées avec des poudres plus brillantes et des matières plus somptueuses, peuvent-ils prétendre à dépasser en luminosité et en coloration les impressionnistes, qui ternissent et grisent les couleurs pures de la palette simplifiée.» (Chap. IV)

    «Le néo-impressionniste, suivant en cela les conseils de Delacroix, ne commencera pas une toile sans en avoir arrêté l'arrangement. Guidé par la tradition et par la science, il harmonisera la composition à sa conception, c'est-à-dire qu'il adaptera les lignes (directions et angles), le clair-obscur (tons), les couleurs (teintes) au caractère qu'il voudra faire prévaloir. La dominante des lignes sera horizontale pour le calme, ascendante pour la joie, et descendante pour la tristesse, avec toutes les lignes intermédiaires pour figurer toutes les autres sensations en leur variété infinie. Un jeu polychrome, non moins expressif et divers, se conjugue à ce jeu linéaire: aux lignes ascendantes, correspondront des teintes chaudes et des tons clairs; avec les lignes descendantes, prédomineront des teintes froides et des tons foncés; un équilibre plus ou moins parfait des teintes chaudes et froides, des tons pâles et intenses, ajoutera au calme des lignes horizontales. Soumettant ainsi la couleur et la ligne à l'émotion qu'il a ressentie et qu'il veut traduire, le peintre fera œuvre de poète, de créateur.» (Chap. IV)


    Extraits de PAUL SIGNAC, «D'Eugène Delacroix au néo-impressionnisme», in La Revue Blanche, 1899
    Date de création : 2012-04-01 | Date de modification : 2012-04-01
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    Informations
    Documents Associés
    Paul Signac
    Néo-impressionnisme, insuffisance de la méthode impressionnisme, approche méthodique et scientifique des néo-impressionnistes, apport des principales figures du mouvement, Georges Seurat, Paul Signac, Camille Pissaro
    Paul Signac
    Peinture, théorie, impressionnisme, couleur, Eugène Delacroix, critiques
    Paul Signac
    Eugène Delacroix, son apport déterminant dans l'éclaircissement de la peinture au XIXe siècle, sa découverte des peintres anglais, Constable, Turner, séjour au Maroc, rencontre ratée avec Chevreul, couleur, mélange optique, dimension morale de la
    Raccourcis
    Expériences et théories de Seurat:
    L'impressionnisme à la recherche d'une architecture par la couleur (S. Teskrat / Diagnopsy.com)
    "Challenging the Impressionnists". Exposé sur les fondements scientifiques des théories de Seurat. Article "Seurat" de la version anglaise de Wikipedia.
    Van Gogh et les néo-impressionnistes

    Art et science
    Les systèmes de couleurs dans l'art et les sciences. Un exposé complet des principales approches scientifiques de la couleur et de la lumière, de Pythagore à nos jours.

    Exposition
    Le Néo-impressionnisme de Seurat à Paul Klee. Musée d'Orsay, 2005. Site Culture.fr

    Référence


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