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    Muir John

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    C'est à John Muir que les Américains doivent leurs parcs nationaux, mais c'est pour une autre raison que tant d'êtres humains se reconnaissent en ce marcheur solitaire: il a posé en termes clairs la question du sens de la vie dans la nouvelle société industrielle et industrieuse et il a répondu, par sa vie, en termes tout aussi clairs. Son père, l'immigrant typique, a mis toute sa famille au travail forcé pour défricher la terre qui lui avait été concédée. En dépit de l'état de fatigue permanent dans lequel le régime familial le maintenait, John levait parfois la tête pour regarder le paysage... et l'admirer, ce qui soulevait en lui la grande question: pourquoi travaillons-nous comme des damnés si nous reportons toujours à plus tard ce qui donne son sens à ce travail: la joie de se rapprocher de Dieu en le contemplant à l'oeuvre dans la nature. Muir a vite pris son parti, dont il n'a pas dévié: se tourner immédiatement et résolument vers la fin. Suite dans Une lecture de John Muir, par Daniel Cérézuelle.

     

     

    «John Muir (21 avril 1838 - 24 décembre 1914) fut un des fondateurs du mouvement environnementaliste aux États-Unis. C’est grâce à lui que la vallée du Yosémite en Californie fut classée en 1890 comme parc naturel et en 1892 il fonda le Sierra Club qui continue à jouer un rôle très important pour la sauvegarde des sites naturels des Etats-Unis. » Daniel Cérézuelle, source et suite...

    «John Muir (1838-1914), alors qu’il reste quasiment inconnu en France, est une des figures mythiques des États-Unis où il est considéré comme le père des Parcs Nationaux et l’un des premiers hommes à avoir perçu les dangers de l’exploitation de la nature – par essence sauvage. Ses Souvenirs d’enfance et de jeunesse sont à la fois passionnants et exaltants. John, dès son enfance, est confronté aux difficultés de la pauvreté et du travail tout en étant émerveillé par les beautés de la nature. À leur valeur unique de témoignage s’ajoute une vision du monde qui n’enlève rien à la fraîcheur de ses Souvenirs.
    Ses capacités intellectuelles et techniques d’inventeur lui ouvrent toutes les portes mais son choix est fait : « J’aurais pu devenir millionnaire et j’ai choisi d’être un vagabond ». Il travaille et rêve désormais à un jour où la prise de conscience collective obligera les gouvernements à protéger la nature – héritage commun de tous les êtres vivants – en nous mettant en garde dès le XIXe siècle. Cette démarche à contre courant pouvait paraître à l’époque celle d’un illuminé ; elle se révèle de plus en plus prophétique.
    Autant – si ce n’est plus – que Thoreau, John Muir restera, grâce à son action et à ses écrits, un «compagnon » des générations futures.»

    John Muir, Souvenirs d'enfance et de jeunesse
    traduit de l'anglais par André Fayot, postface Bertrand Fillaudeau
    Domaine Romantique, éditions Corti, septembre 2004.

     

    Biographie

    Chronologie

    1838 Naissance de John Muir à Dunbar en Écosse.
    1850-1859 Il travaille dans la ferme de son père
    1864 Au Canada, voyage à pied et herborise autour des Grands Lacs.
    1866 Muir rentre aux États-Unis et visite plusieurs États.
    1867 Voyage en Amérique du Sud
    1868-1869 En Californie, il devient berger, grâce à quoi il explore la vallée de Yosemite, qui est pour lui une véritable révélation.
    1871 Visite d’Emerson à Yosemite.
    1872-1873 Intense activité d’écriture. Publication de nombreux articles sur la géologie, la botanique et la géographie de la région.
    1877-1879 Voyages en Utah, au Nevada et en Alaska.
    1880 Le 14 avril, il épouse Louie Strentzel, puis repart en juillet pour l’Alaska.
    1881 25 mars : naissance de sa fille Wanda. Après un autre voyage en Alaska, John Muir s’installe dans la ferme de Martinez, qu’il dirige tout en s’accordant de petits voyages.
    1886 23 janvier : naissance de sa fille Helen.
    1888 Muir reprend la plume et accepte de collaborer à une série d’études sur la Californie.
    1890 Ses articles accélèrent un débat au Congrès, qui crée un parc national à compter du 1er octobre.
    1892 Création, avec un groupe de passionnés, du Sierra Club, dont Muir est élu président.
    1893 Il passe l’été à visiter l’Écosse (Dunbar où il est né), la Norvège, l’Angleterre, la Suisse et l’Italie.
    1894 The Mountains of California.
    1901 Publication de Our National Parks, version remaniée des dix articles parus dans The Atlantic Monthly.
    1903 Muir guide dans une excursion autour de la vallée de Yosemite le président Theodore Roosevelt
    1905 Grâce aux efforts de Muir et de Harriman, une loi est votée qui fait entrer la vallée de Yosemite dans les parcs nationaux. Le 6 août, décès de Louie Muir.
    1909 Publication de Stickeen, attachante histoire d’un courageux petit chien en Alaska.
    1911 Muir révise son journal de 1869, qui paraît sous le titre de My First Year in the Sierra. Du mois d’août jusqu’en mars de l’année suivante, il réalise son vieux rêve de 1867 : il remonte l’Amazone à la voile et explore la forêt tropicale, longe ensuite la côte jusqu’à Buenos Aires, puis gagne Santiago du Chili en train. Revenu à Montevideo, il prend un bateau pour le Cap, traverse l’Afrique du sud au nord et rentre par la Méditerranée.
    1913 Publication de The Story of my boyhood and youth.1914 Il meurt à Los Angeles le 24 décembre.

    Biographie

    Voici la version française de la biographie de John Muir publiée sur le site du Sierra Club dont Muir fut le fondateur.

    Agriculteur, inventeur, berger, naturaliste, explorateur et écologiste, John Muir naquit le 21 avril 1838 à Dunbar, en Ecosse. Jusqu'à l’âge de 11 ans, il fréquenta les écoles locales de cette petite ville côtière. En 1849, la famille Muir émigra aux Etats-Unis où elle s’installa d’abord à Fountain Lake, puis à Hickey Hill Farm près de Portage dans le Wisconsin.

    Le père de Muir était strict en matière de discipline et faisait travailler sa famille de l’aube au crépuscule. Dès qu’ils étaient autorisés à prendre un peu de temps libre, Muir et son jeune frère délaissaient la charrue et la houe pour parcourir les champs et les bois de la campagne fertile du Wisconsin. C’est alors que John devint, de plus en plus, cet observateur amoureux de la nature. Il inventa aussi des machines, curieuses mais pratiques, qu’il taillait dans le bois. Il fabriqua des horloges qui donnaient l’heure exacte et conçut un merveilleux instrument qui le faisait basculer de son lit avant l’aube.

    En 1860, Muir amena ses inventions à la foire de Madison où il suscita de l’admiration et remporta des prix.. Cette même année, il entra à l’université du Wisconsin. Il obtint de bons résultats, mais après trois ans, il quitta Madison pour voyager dans le nord des Etats-Unis et au Canada, parcourant les terres encore vierges et gagnant sa vie en tant qu’homme à tout faire.

    En 1867, travaillant alors dans un magasin de pièces détachées d’attelages à Indianapolis, Muir eut à souffrir d’une blessure qui allait changer sa vie en le privant de la vue. Lorsqu’il la recouvrit un mois plus tard, Muir se résolut à tourner son regard vers les champs et les bois. C’est alors que débutèrent ses années de bougeotte. Il couvrit à pied la distance de mille six cent kilomètres qui sépare Indianapolis du Golf du Mexique. Il s’embarqua pour Cuba, puis plus tard Panama où il traversa l’isthme pour ensuite longer la côte ouest des Etats-Unis et débarquer à San Francisco en mars 1868. A partir de ce moment là, bien qu’il voyagea partout dans le monde, la Californie devint sa terre d’attache.

    Ce furent les montagnes californiennes de la Sierra Nevada et du Yosemite qui le captivèrent vraiment. En 1868, il parcourut à pied la vallée de San Joaquin, traversant des champs de fleurs sauvages qui lui arrivaient à la ceinture pour atteindre la haute montagne pour la première fois. Plus tard il écrira : « Il me semblait alors que la Sierra ne devrait pas porter le nom de Nevada ou Crête enneigée, mais Crête de lumière...La plus divinement belle d’entre toutes les chaînes de montagne qu’il m’ait été donné de voir.» Il garda les moutons durant tout ce premier été et s’installa dans le Yosemite.

    En 1871, Muir avait découvert des glaciers dans la Sierra et avait conçu sa théorie controversée de la glaciation de la vallée du Yosemite. Il commençait à être connu partout dans le pays. Des hommes célèbres de cette époque tels que Joseph Le Conte, Asa Gray et Ralph Waldo Emerson vinrent frapper à la porte de son chalet rustique.

    C’est au début de l’année 1874 que Muir débuta une carrière d’écrivain couronnée de succès avec la parution d’une série d’articles intitulée « Etudes dans la Sierra ». Il quitta les montagnes et vécut, pour quelque temps, à Oakland, en Californie. Il fit alors plusieurs voyages dont sa première incursion en Alaska en 1879 où il découvrit Glacier Bay. En 1880, il épousa Louie Wanda Strentzel. Ils s’installèrent à Martinez, en Californie où ils se consacrèrent à l’éducation de leurs deux filles, Wanda et Helen. S’adaptant quelque peu à la vie domestique, Muir s’associa à son beau-père pour gérer efficacement l’exploitation fruitière familiale.

    Dix années d’exploitation active n’étouffèrent cependant pas son désir de voir le monde. Ses voyages le conduisirent en Alaska plusieurs fois encore, puis en Australie, Amérique du Sud, Afrique, Europe, Chine, et Japon, et bien sûr encore et toujours vers sa Sierra Nevada bien aimée.

    Dans les années qui suivirent, il s’adonna plus sérieusement à l’écriture. Il publia 300 articles et 10 ouvrages majeurs racontant ses voyages, exposant sa philosophie naturaliste, et encourageant chacun à « escalader les montagnes pour entendre leurs bonnes nouvelles. » L’amour de Muir pour la haute montagne donna à ses écrits une qualité spirituelle. Ses lecteurs, qu’ils fussent présidents, hommes politiques, ou bien simples citoyens, s’en trouvèrent inspirés et souvent se lancèrent dans l’action grâce à l’enthousiasme et à l’amour sans limite de Muir pour la nature.

    A travers une série d’articles parus dans le magazine Century, Muir attira l’attention sur la dévastation des prairies de montagne et des forêts causée par les moutons et le bétail. Avec l’aide de l’éditeur adjoint de Century, Robert Underwood Johnson, Muir oeuvra afin de remédier à cette destruction. En 1890, un acte du Congrès américain dû en majeure partie aux efforts de Muir et Johnson, créait le parc national du Yosemite. Muir fut également impliqué dans la création des parcs nationnaux de Séquoia, Mount Rainier, Petrified Forest et Grand Canyon. Muir est, à juste titre, souvent appellé le « Père du système des parcs nationaux ».

    Johnson et quelques autres suggérèrent à Muir de créer une association pour protéger le nouveau parc national du Yosemite contre les assauts des éleveurs et de ceux qui voulaient réduire ses frontières. En 1892, Muir et un certain nombre de ses partisans fondèrent le Sierra Club afin de, selon les termes de Muir, « faire quelque chose pour la nature sauvage et rendre les montagnes heureuses ». Muir fut président du club jusqu'à sa mort en 1914.

    En 1901, Muir publiait Nos parcs nationaux, ouvrage qui attira l’attention du président Theodore Roosevelt qui, en 1903, rendit visite à Muir au Yosemite. C’est là, sous les arbres, qu’ensemble ils jetèrent les bases des programmes remarquablement innovants de Roosevelt en matière de protection de la nature.

    Muir et le Sierra Club menèrent plusieurs batailles afin de protéger le Yosemite et la Sierra Nevada. La plus dramatique d’entre elles fut la campagne engagée afin d’empêcher la construction de barrages dans la vallée de Hetch Hetchy à l’intérieur du parc national du Yosemite. En 1913, après des années d’effort, la bataille était perdue et la vallée que Muir préférait au Yosemite même fut condamnée à devenir un réservoir qui allait répondre aux besoins en eau de la ville de San Francisco alors en pleine croissance. L’année suivante, après une courte maladie, Muir mourut chez sa fille à Los Angeles.

    John Muir fut peut-être le plus célèbre et le plus influent naturaliste et protecteur de la nature aux Etats-Unis. Il a enseigné aux gens de son époque et de la nôtre l’importance de la connaissance et de la protection de l’héritage naturel de ce pays. Ses écrits ont élevé notre perception de la nature. Son engagement personnel et déterminé dans les grandes questions de protection de la nature fut et demeure une inspiration pour les environnementalistes militants du monde entier.

    Last updated 7 March 1999.
    French translation by: Bertrand Agostini

    © 2011 Sierra Club. All Rights Reserved.

    Commentaires

    «Pauvre John Muir, qui sans un sou, a réussi à faire plus pour sauver la nature et défendre les vastes étendues sauvages de l’Amérique que ne feront jamais nos pieds-nickelés verts ! Avec ses seuls carnets, ses crayons, ses jambes et son courage, il s’est dressé contre tous et a gagné. Son influence restera à jamais gravée dans le cœur des Américains !»

    Blogue d'André Girod

    Date de création : 2012-04-01 | Date de modification : 2012-04-01
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    Documents Associés
    Daniel Cérézuelle
    Surtravail, Nature, Dieu, Anthropocentrisme, Thoreau, Simplicité volontaire, Temps, Solution, Dissolution
    Raccourcis

    Sierra Club, pages sur John Muir

    Sur les traces de John Muir, John Muir Trail

    John Muir Association

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