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    Impression du texte

    Guyane française

    Description

    «1. La singularité et la diversité guyanaises au coeur de l'Amérique du Sud

    a) Des caractéristiques géographiques sans équivalent dans la République

    A la différence des autres départements d'outre-mer, la Guyane française n'est pas une île mais se situe au sein du continent sud-américain, entre le Surinam à l'ouest et le Brésil à l'est et au sud.

    Il s'agit, et de loin, du plus vaste département français, avec un
    territoire immense de 90.000 km2 environ (soit une superficie équivalente à celle du Portugal) presqu'entièrement couvert par la forêt équatoriale.

    Cette étendue n'est cependant que
    faiblement peuplée. La population, qui s'élève à quelque 160.000 habitants, est essentiellement concentrée sur "l'île" de Cayenne (100.000 habitants environ) et sur la bande côtière (50.000 habitants environ), l'intérieur du pays, quasiment inhabité, ne rassemblant que quelques milliers de personnes.

    La démographie est cependant particulièrement dynamique, ainsi que souligné précédemment. L'
    accroissement démographique constaté en Guyane est le plus rapide parmi les départements d'outre-mer ; le rythme actuel correspond à un doublement de la population en 15 ans.

    Au sein de cet immense territoire, les voies de communication intérieures sont peu nombreuses, à tel point que l'on peut parler d'" 
    absence de continuité territoriale ", comme l'a souligné M. Jean-Claude Lafontaine, maire de Cayenne.

    Il n'existe actuellement qu'une
    seule route : la route littorale reliant Cayenne à Saint-Laurent-du-Maroni (à la frontière avec le Surinam). L'autre portion de cette route littorale, de Cayenne à Saint-Georges-de-l'Oyapock (à la frontière brésilienne), est toutefois aujourd'hui en voie d'achèvement.

    En l'absence de routes ou de voies ferrées, les
    fleuves (c'est-à-dire pour l'essentiel le Maroni à l'ouest et l'Oyapock à l'est) constituent la seule voie de pénétration dans l'intérieur. Les communes de l'intérieur se trouvent de ce fait particulièrement isolées. Hormis l'avion, la pirogue y est le plus souvent le seul moyen de transport disponible, à la fois lent et coûteux ; elle doit notamment être utilisée pour assurer les transports scolaires (16).

    Le territoire guyanais, où les Français s'installèrent dès le XVIIème siècle, abrite des
    populations d'origines diverses ; selon l'expression de M. André Lecante, président du conseil général, la Guyane représente une "mosaïque éclatée de populations dans l'espace". Plusieurs peuples cohabitent en effet sur ce territoire : les guyanais créoles, les noirs-marrons (descendants des anciens esclaves rebelles), en particulier les Bonis, ainsi que différentes ethnies amérindiennes... (17) La présence d'une communauté asiatique, formée de réfugiés arrivés en Guyane en 1977 (les Hmongs (18), doit également être mentionnée. Ces populations ne sont pas toujours francophones et parlent différentes langues (notamment le taki-taki).

    Il est à noter que plusieurs milliers d'habitants de la Guyane vivant le long des fleuves se trouvent aujourd'hui dépourvus d'
    état civil, ce qui pose de nombreux problèmes tant en termes de contrôle des flux migratoires que pour les intéressés eux-mêmes lorsqu'ils souhaitent circuler en Guyane ou, par exemple, poursuivre des études au lycée ou à l'université.

    Pour remédier à cette situation, l'ordonnance n° 98-580 du 8 juillet 1998 a allongé à trente jours le délai de déclaration des nouveaux-nés à l'état civil dans les communes de l'intérieur de la Guyane.

    D'autre part, un recensement administratif des populations dépourvues d'état civil le long du Maroni a été mis en oeuvre afin d'engager des procédures judiciaires de demande de jugement déclaratif d'état civil devant le tribunal de grande instance de Cayenne. Selon les déclarations de Mme Kayanakis, procureur de la République de Cayenne, lors du passage de la mission sénatoriale, plus de 2.000 demandes ont été enregistrées, donnant lieu à un millier d'avis favorables après enquête administrative ; 600 jugements déclaratifs avaient d'ores et déjà été rendus en septembre 1999.

    En outre, un projet de création d'un titre de circulation transfrontalière permettant de circuler de part et d'autre du Maroni, sans avoir nécessairement la qualité de Français, est à l'étude.

    Une autre particularité guyanaise mérite par ailleurs d'être soulignée; il s'agit du
    statut foncier. En effet, 90 % des terres appartiennent aujourd'hui à l'Etat et font partie de son domaine privé. L'ordonnance n° 98-777 du 2 septembre 1998 a récemment étendu les modalités de cession à titre gratuit de parcelles de ce domaine privé; par ailleurs, un établissement public foncier est en cours de mise en place (établissement public d'aménagement de la Guyane, EPAG).

    Le président de l'Association des maires de Guyane, M. Jean-Pierre Roumillac, maire de Matoury, a fait part (...) du souhait des communes de se voir attribuer les terres correspondant à leurs limites territoriales afin de constituer des réserves foncières. Toutefois, M. Léon Bertrand, député-maire de Saint-Laurent-du-Maroni, s'est pour sa part déclaré opposé à cette proposition.


    b) Une économie marquée par la prédominance de l'activité spatiale

    L'économie guyanaise repose aujourd'hui largement sur l'activité du Centre spatial guyanais (CSG) de Kourou, que la mission a tenu à visiter au cours de son déplacement en Guyane. Avec 2,5 milliards de francs de valeur ajoutée annuelle, l'industrie spatiale représente en effet 30 % du PIB de la Guyane et génère un tiers des emplois (emplois directs, emplois indirects et emplois induits) (19).

    Décidée en 1964, l'implantation d'une base spatiale à Kourou a profité d'un site qui en raison d'une position géographique favorable, proche de l'Equateur, est plus performant que les principaux sites concurrents (les performances techniques des sites de Cap Kennedy et de Baïkonour sont inférieures de respectivement 18 % et 35 % à celles de Kourou). Son développement a permis à la France et à l'Europe de parvenir à l'autonomie en matière spatiale.

    La société Arianespace, qui assure l'exploitation commerciale du lanceur européen Ariane, détient aujourd'hui 60 % du marché mondial de lancement de satellites sur lequel elle se trouve en position de leader, avec 13 lancements par an. Au total, elle a procédé au lancement de 103 satellites de télécommunications sur 197 satellites lancés depuis l'origine. L'évolution technique du lanceur a permis de relever les défis technologiques imposés par les exigences du marché, en emmenant des satellites de plus en plus lourds (de 1,8 tonne pour Ariane 1, à 5 tonnes pour Ariane 4, puis 8 tonnes pour Ariane 5 désormais opérationnel ; d'ici 2005, le lancement d'un satellite de 12 tonnes pourrait être envisagé. Le carnet de commandes correspond aujourd'hui à trois années d'activité.

    Grâce au développement de l'activité spatiale, la population de la commune de Kourou est passée de 450 habitants il y a 20 ans à 20.000 aujourd'hui.

    Cependant, cette belle réussite industrielle ne doit pas cacher la
    nécessité d'une diversification de l'économie guyanaise. Les autres activités industrielles sont en effet peu développées.

    L'
    agriculture est aujourd'hui loin de permettre l'autosuffisance alimentaire. Les exploitations, situées quasi-exclusivement sur la bande côtière, sont consacrées essentiellement à la production de fruits et légumes, à l'élevage bovin (zébus) et à la culture du riz (autour de Mana). Un projet sucrier agro-industriel soutenu par la Chambre d'agriculture est actuellement à l'étude ; demandant un investissement initial de 700 millions de francs, il consisterait à produire du sucre de canne sur 12.000 ha de savanes côtières entre Sinnamary et Iracoubo et permettrait de créer 1.500 emplois.

    La pêche représente par ailleurs une activité assez importante (crevette, vivaneau).

    L'activité touristique reste faible
    (environ 67.000 touristes en 1998, le parc hôtelier s'élevant à 1.400 chambres), en dépit de potentialités qui ont semblé réelles à la mission.

    Les ressources de l'intérieur sont très peu exploitées, qu'il s'agisse des ressources forestières exploitées seulement sur la bande littorale ou des ressources minières (exploitation d'or, essentiellement artisanale). La création d'un vaste parc de la forêt tropicale est envisagée sur 2 millions d'hectares dans le sud de la Guyane.

    De fait, il existe un très fort contraste entre les zones urbanisées de Cayenne ou de Kourou et les
    communes de l'intérieur (...).»

    Notes
    (16) Ce qui coûte 5 millions de francs par an.
    (17) Au cours de son déplacement en Guyane, la mission a rencontré des représentants de la communauté amérindienne et visité un village amérindien près d'Iracoubo.
    (18) Qui se consacrent au maraîchage.
    (19) Au total, 12.500 emplois, parmi lesquels 1.500 emplois directs, dont la moitié recrutés sur place.


    Sénat français - Commission des Lois constitutionnelles, de législation, du suffrage universel, du Règlement et d'administration générale. Guadeloupe, Guyane, Martinique, La Réunion : la départementalisation a la recherche d’un second souffle. Rapport (no 366) à la suite des missions effectuées en Guyane, Martinique et Guadeloupe du 12 au 23 septembre 1999 et à la Réunion du 12 au 15 janvier 2000. Session ordinaire de 1999-2000. Annexe au procès verbal de la séance du 30 mai 2000. Rapporteurs : Jacques Larché, José Balarello, Robert Bret, Luc Dejoie, Dinah Derycke, Jean-Jacques Hyest, Pierre Jarlier, Lucien Lanier, Georges Othily et Simon Sutour (site du Sénat français)

    Source : United States Southern Command (site du gouvernement fédéral américain)

    Doocumentation

    Documentation
    Publications du sénateur Georges Othily (site du Sénat français)
    Date de création : 2012-04-01 | Date de modification : 2012-04-01
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