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    Espagne

    Description

    "Le territoire espagnol occupe la majeure partie de la péninsule ibérique, et comprend en outre l'archipel des Baléares et les îles Canaries (environ 12 500 km2), et les villes enclavées de Ceuta et Melilla, situés sur les côtes d'Afrique (32 km2). La situation de la Péninsule ibérique à l'extrême sud-ouest de l'Europe, et à seulement 14 kilomètres de distance du continent africain, dote le pays d'une grande valeur stratégique: tournée vers la Méditerranée, l'Espagne est aussi un carrefour entre l'Europe, l'Afrique et l'Amérique.

    La condition péninsulaire d'une grande partie du territoire espagnol explique également l'étendue de ses côtes, baignées par l'Atlantique et la Méditerranée.

    L'Espagne étant située entre le 36e et le 43e degré latitude nord, elle offre une grand diversité climatique: climat océanique et tempéré au nord, méditerranéen et continental au centre, méditerranéen à l'est et au sud. Il y a ainsi plusieurs Espagnes: l'Espagne humide, celle du nord et des régions montagneuses, l'Espagne verte, avec des forêts touffues, et l'Espagne sèche, celle de la Méditerranée.

    Système politique

    La constitution espagnole constitue la règle fondamentale d'organisation politique de la nation espagnole. Approuvée par les Espagnols le 6 décembre 1978, à l'occasion d'un référendum, elle est entrée en vigueur le 29 décembre de cette même année.

    L'Espagne se constitue en un État social et démocratique de droit, qui proclame comme valeurs suprêmes de son ordre juridique, la liberté, la justice, l'égalité et le pluralisme politique. La Constitution elle-même est née du consensus entre toutes les forces politiques ayant participé à son élaboration.

    La Constitution espagnole reconnaît et garantit les droits fondamentaux et les libertés publiques de tous les citoyens, lesquels bénéficient de la tutelle effective des tribunaux ordinaires ou peuvent exercer le "recours d'amparo"1 en saisissant le Tribunal constitutionnel.


    La souveraineté nationale réside dans le peuple espagnol, dont émanent les pouvoirs de l'État. La forme politique de l'Espagne est la monarchie parlementaire.

    Le chef de l'État est
    le roi Don Juan Carlos Ier de Bourbon, symbole de l'unité et de la permanence de la nation. Le roi a un rôle d'arbitre et de modérateur, veillant au bon fonctionnement des institutions. Il assume la plus haute représentation de l'État espagnol dans les relations internationales et il exerce les fonctions qui lui sont attribuées par la Constitution et par les lois.

    La Constitution consacre le principe de la séparation des pouvoirs de l'Etat en trois: pouvoir législatif, pouvoir exécutif et pouvoir judiciaire.


    Le Tribunal constitutionnel est l'interprète suprême de la Constitution. Il s'agit d'un organe indépendant de tous les autres, et il est séparé du pouvoir judiciaire: il est soumis à la Constitution et à la loi organique le régissant.

    Le Tribunal constitutionnel protège les droits fondamentaux des citoyens, lesquels peuvent le saisir et exercer "le recours d'amparo"2, quand tous les recours judiciaires ordinaires ont été épuisés. Le Tribunal constitutionnel veille également à la constitutionnalité des lois. Enfin, il résout les conflits de compétence qui peuvent surgir entre l'État et les Communautés autonomes, ou entre différentes Communautés autonomes.

    Les membres du Tribunal constitutionnel sont au nombre de douze et sont nommés par le roi: huit sur proposition des Cortès générales, deux sur proposition du Gouvernement et deux sur proposition du Conseil général du pouvoir judiciaire. Les membres du Tribunal constitutionnel sont désignés pour neuf ans et sont renouvelables par tiers tous les trois ans. Ils ne peuvent être réélus.


    Le pouvoir législatif

    L'exercice du pouvoir législatif incombe aux Cortès générales, qui représentent le peuple espagnol et contrôlent l'action du Gouvernement. Elles sont composées de deux chambres: le Congrès des députés et le Sénat. Il s'agit d'un sytème parlementaire de type "bicaméral imparfait", les compétences de chacune des deux Chambres n'étant pas identiques. Les députés et les sénateurs sont élus pour quatre ans. La dissolution anticipée des Cortès à l'initiative du Président du gouvernement est une possibilité envisagée.

    Institutions parlementaires de contrôle du gouvernement

    La Constitution attribue à deux institutions dépendant directement des Cortès générales des compétences spécifiques en ce qui concerne le contrôle du Gouvernement:

    La Cour des Comptes: organe suprême chargé de contrôler les comptes et la gestion économique de l'État, ainsi que du secteur public. La Cour des Comptes exerce ses fonctions d'examen et de vérification des Comptes généraux de l'État par délégation des Cortès générales.

    Le Défenseur du peuple: haut mandataire des Cortès, il est désigné par ces dernières pour garantir la défense et la protection des droits fondamentaux. Le Bureau du Défenseur du peuple pourra superviser les activités des ministres, des autorités administratives, des fonctionnaires et de toute autre personne agissant au service des Administrations publiques, faisant rapport aux Cortès générales.
    Pouvoir exécutif: le gouvernement

    Le Gouvernement exerce la fonction exécutive et le pouvoir de réglementation. Le Gouvernement dirige la politique intérieure et extérieure, l'administration civile et militaire, et la défense de l'État. À sa tête, se trouve le Président, nommé par le roi, après avoir obtenu la confiance de la majorité des parlementaires composant le Congrès des députés.

    Le Gouvernement est responsable solidairement de ses actions politiques devant le Congrès des députés, devant lequel il comparaît toutes les semaines pour rendre compte de sa gestion. Le principal instrument dont disposent les forces parlementaires pour exercer un contrôle sur le Gouvernement est la "motion de censure", laquelle obéit à des règles définies dans la Constitution.

    Le Président dirige les actions du Gouvernement, en coordonnant les fonctions des membres le composant. Les ministres et, le cas échéant, les vice-présidents sont nommés et destitués par le roi, sur proposition du Président. L'organe collégial du Gouvernement est le Conseil des ministres, qui se réunit toutes les semaines. À l'heure actuelle, le Gouvernement est composé du Président, de deux vice-présidents, lesquels sont par ailleurs en charge du ministère de la Présidence et du ministère de l'Économie et des Finances, et de douze ministres.


    Pouvoir judiciaire

    La justice émane du peuple et est administrée au nom du roi par les juges et les magistrats du pouvoir judiciaire. Ces juges et magistrats sont indépendants, inamovibles, et soumis exclusivement à l'empire de la loi.

    • La Cour suprême de justice est la plus haute instance juridictionnelle de l'État (sauf dans le domaine des garanties constitutionnelles, lesquelles sont du ressort du Tribunal constitutionnel). Le Président de la Cour suprême est nommé par le roi sur proposition du Conseil général du pouvoir judiciaire.

    • Le Conseil général du pouvoir judiciaire est l'organe chargé de régir les actions des juges et des magistrats. Une loi organique définit le fonctionnement et l'administration des cours et des tribunaux, le statut des membres du Conseil général ainsi que leurs fonctions. Cet organe est composé du Président de la Cour suprême, qui le préside, et de vingt membres désignés par le roi sur proposition des Cortès générales pour une durée de cinq ans.

    • Le Procureur général de l'État est nommé par le roi sur proposition du Gouvernement, après consultation du Conseil général du pouvoir judiciaire. Le ministère public a pour mission de promouvoir l'action de justice en défense des droits des citoyens et des intérêts publics protégés par la loi, d'office ou à la demande des intéressés. Il lui incombe également de veiller à l'indépendance des tribunaux et d'obtenir devant eux la satisfaction de l'intérêt social.

    • La Loi organique du pouvoir judiciaire attribue l'exercice du pouvoir juridictionnel non seulement aux cours et aux tribunaux définis dans les lois mais aussi aux cours et aux tribunaux institués dans les traités internationaux. En 1979, l'Espagne a adhéré à la Convention de Rome pour la Protection des droits de l'homme et des libertés fondamentales. Par conséquent, les citoyens espagnols, après avoir épuisé les recours devant les instances judiciaires nationales, ont la possibilité de saisir le Tribunal européen des droits de l'homme.

    À l'heure actuelle, l'instauration des jurys populaires est en cours. L'objectif de cette initiative, légalement approuvée, est de faire participer les citoyens à l'administration de la justice.

    Structure politico-administrative de l'État

    La Constitution de 1978 a marqué la fin d'un modèle d'organisation territoriale centralisé et a supposé, en 20 ans seulement, un transfert continu et important de compétences de l'Administration Générale de l'État au profit des Communautés Autonomes, faisant de l'Espagne l'un des pays les plus décentralisés d'Europe.

    Par cette nouvelle configuration de l'État, nous, espagnols, avons trouvé une formule propre et singulière capable de garantir l'unité de notre Nation en créant en même temps une voie pour que toutes les diversités politiques, sociales et culturelles qui constituent la richesse de notre réalité historique puissent se développer harmonieusement.

    Les principes essentiels sur lesquels se fonde cette organisation territoriale sont : le principe d'égalité de tous les citoyens, quel que soit leur territoire de résidence ; celui d'unité de la nation espagnole, celui de solidarité entre les Communautés Autonomes et celui d'autonomie comme capacité des nationalités et des régions à exercer leurs propres compétences. Tous ces principes s'incorporent à un principe plus général qui est celui de loyauté constitutionnelle.

    Les compétences sur les différentes matières sont réparties entre l'État et les 17 Communautés Autonomes et se regroupent autour de trois catégories : compétences exclusives, dans lesquelles l'État ou la Communauté Autonome jouissent de la capacité législative et d'exécution sur une matière déterminée; compétences partagées, dans lesquelles interviennent l'État et la Communauté Autonome avec des attributions législatives ou exécutives partagées ; et compétences concourantes pour des matières où l'État comme les Communautés Autonomes peuvent intervenir indistinctement.

    Les divergences en matière de compétences entre l'État et les Communautés Autonomes relèvent du Tribunal Constitutionnel. Il existe néanmoins d'autres voies de coopération et de collaboration entre Administrations Publiques qui évitent l'apparition de ces conflits, telles que les Conférences Sectorielles qui réunissent tous les responsables aussi bien étatiques qu'autonomes sur une matière donnée.

    D'autre part, en plus de l'État et des Communautés Autonomes, la troisième Administration Publique jouissant de l'autonomie pour la gestion de ses propres intérêts et figurant dans la Constitution, est l'Administration locale. Actuellement, il existe en Espagne 50 provinces et 8107 municipalités, dont seules 118 ont une population supérieure à 50000 habitants.

    D'un point de vue organisationnel, les institutions de gouvernement et d'administration des Municipalités sont les Mairies et celles des Provinces les Conseils Généraux de Province. Le Maire est élu à la majorité absolue des Conseillers Municipaux, et lors des élections municipales, les électeurs espagnols mais également les citoyens de l'Union Européenne qui résident en Espagne, jouissent du droit de suffrage actif et passif.

    Les municipalités sont compétentes pour l'exécution d'un grand nombre de services publics tels que les transports, les services sociaux, l'assainissement ou la circulation, puisqu'elles sont les Administrations Publiques les plus proches des citoyens. Cette tâche d'exécution doit être menée à bien dans le cadre de la puissance législative de l'État comme de la Communauté Autonome, selon la matière.

    Les Conseils Généraux de Province sont élus par les Conseillers Municipaux des Mairies et leur principale tâche est l'assistance et la coopération avec les Municipalités, plus particulièrement avec celles de moindre capacité économique et de gestion.

    Les communautés autonomes

    La création des Communautés Autonomes a sans doute constitué l'une des nouveautés les plus importantes introduites par la Constitution de 1978. Cette dernière n'a pas établi de carte géographique des Communautés Autonomes, mais a laissé à chaque nationalité ou région la capacité de décider librement si elle souhaitait ou non se convertir en Communauté Autonome. C'est ce que l'on appelle le principe dispositif.

    Il existe actuellement 17 Communautés Autonomes : Andalousie, Aragon, Asturies, Baléares, Canaries, Cantabrique, Castille-León, Castille La Manche, Catalogne, Extremadura, Galice, Madrid, Murcie, Navarre, Pays-basque, La Rioja et Valence. Ceuta et Melilla constituent en outre deux villes avec Statut d'Autonomie.



    Le processus de transferts mené à bien au cours de ces 20 dernières années a été si important qu'aujourd'hui les Communautés Autonomes exercent des compétences pleines dans des matières aussi importantes pour une société moderne que l'éducation à tous les niveaux, la culture, la santé, l'agriculture, l'industrie, les politiques d'emploi ou les infrastructures au sein de leur territoire. Le processus de décentralisation mené à bien ces 20 dernières années a été si intense qu'aujourd'hui, 42% des tous les fonctionnaires et 35% des dépenses publiques totales de toutes les Administrations Publiques relèvent déjà des Communautés Autonomes.

    Les Communautés Autonomes disposent, comme pièce essentielle de leur organisation, d'un Parlement et d'un Gouvernement Autonome. Le Parlement est élu à travers des élections au suffrage universel, direct et secret par les citoyens de cette Communauté Autonome. Le Parlement a pour fonctions d'élire le Président de la Communauté Autonome, approuver les lois sur les matières relevant de sa compétence, approuver les Budgets autonomes, et enfin, contrôler l'action du Gouvernement Autonome.

    Ce Gouvernement Autonome est formé par le Président et par un Conseil de Gouvernement, auxquels revient l'exercice de la capacité exécutive et administrative de toutes les compétences assumées par la Communauté.

    De même, et comme conséquence de la faculté d'auto-organisation que la Constitution reconnaît aux Communautés Autonomes, celles-ci sont compétentes pour configurer leur Administration Publique de la façon qu'elles estiment opportune, dans le cadre des normes de base approuvées par le Parlement. National.

    D'un point de vue économique et financier, les Communautés Autonomes jouissent d'une totale autonomie pour mener à bien leurs politiques de dépenses, et elles ont également la capacité de créer leurs propres ressources fiscales, taxes et surtaxes dans le cadre de l'ordonnancement général de l'économie qui relève du Gouvernement de la Nation.

    Les relations entre l'Administration Générale de l'État et les Communautés Autonomes sont régies par le principe essentiel de coopération entre Administrations Publiques qui se traduit par une série d'instruments tels que les Conventions administratives, les Conférences sectorielles et les Commissions Bilatérales de coopération, tous des organes dans lesquels sont débattues et décidées des questions importantes qui concernent toutes les Administrations Publiques.


    Économie

    Avec près de 40 millions d'habitants et un revenu par habitant avoisinant les 14 500 dollars par an, aujourd'hui l'Espagne, en termes absolus, se situe parmi les dix plus grandes économies occidentales. Au sein de l'Europe, l'économie espagnole occupe une position intermédiaire: elle est, à la fois, une petite économie parmi les plus grandes, et une grande économie parmi les petites.

       Cette position relativement remarquable est due au processus rapide de transformation et aux changements structurels qui se sont produits au cours des trente dernières années. Notre économie a ainsi surmonté son retard relatif pour intégrer pleinement le groupe des économies occidentales les plus avancées.


    Le développement d'une économie liée à l'Europe

    L'évolution de deux indicateurs simples reflète fidèlement cette transformation profonde: le degré d'ouverture de notre économie -le commerce avec l'UE représente 71% des échanges commerciaux, alors que la moyenne européenne est de 61%-, et la réduction de la part de l'agriculture dans la production totale. Au cours des dernières années, l'Espagne a cessé d'être un pays nettement agricole; le secteur industriel s'est consolidé et, surtout, celui des services s'est considérablement développé. Ce changement a permis de rapprocher de façon accélérée le sytème productif espagnol de celui d'autres pays européens. À l'heure actuelle, l'agriculture représente 4,4% de la production espagnole, l'industrie 30,2%, le bâtiment 7,5% et les services 57,9%.

    Deux éléments caractérisent donc l'évolution de l'économie espagnole au cours des dernières décennies: son ouverture progressive vers l'extérieur et sa pleine intégration dans l'économie internationale. Ce processus, commencé timidement à la fin des années 50, avec le "Plan de libéralisation", se poursuit des années plus tard dans le cadre de l'Accord préférentiel avec la CEE en 1970, pour atteindre un apogée formel en 1986, date à laquelle l'Espagne entre dans la Communauté européenne. Au cours des années suivant l'intégration dans la CEE, l'économie espagnole connaît une période d'expansion rapide et de création d'emplois. Parallèlement, le tissu productif espagnol se modernise rapidement pour répondre aux défis de la concurrence étrangère. Les entreprises les plus dynamiques et les consommateurs bénéficient de la formation du grand marché commun européen. En juin 1989, la peseta entre dans le système monétaire européen, et en février 1992, l'Espagne procède à la libéralisation complète des mouvements de capitaux avec l'étranger.

    Cependant, au début des années 90, commencent à apparaître les premiers symptômes de surchauffe économique, avec une poussée inflationniste et une dégradation de la balance des paiements. L'économie espagnole en subit les conséquences et entre dans une période de récession (en 1993, le PIB enregistre un solde négatif de -1,2%), marquée par la destruction de l'emploi et les dévaluations successives de la peseta.

    En 1994, l'économie espagnole entre de nouveau dans une phase timide de redressement, même si elle doit encore supporter les désajustements provoqués par la période de récession précédente, qui fut de courte durée mais brutale. La tendance à l'expansion se redresse complètement en 1996, grâce essentiellement aux réformes libéralisatrices mises en oeuvre par le nouveau gouvernement sorti des urnes en avril 1996.


    Population

    La population espagnole avoisine les 40 millions d'habitants, et sa densité moyenne, de 78 habitants au km2, est l'une des plus faibles de l'Union européenne. Cette densité est cependant variable selon les régions: les populations ont tendance à se concentrer dans les zones urbaines et les régions périphériques, tandis que les zones rurales et l'intérieur du pays (à l'exception de Madrid) ont tendance à se dépeupler. La population urbaine représente 76% de la population totale.

    On peut souligner l'existence de grandes agglomérations urbaines, comme Madrid, Barcelone, Valence, Séville, Saragosse, Bilbao, etc. La plus grande densité de population par Communautés autonomes est enregistrée dans la Communauté de Madrid, suivie du Pays Basque, des Canaries, de la Catalogne et des Baléares.

    En ce qui concerne la proportion d'hommes et de femmes au sein de sa population, l'Espagne suit la tendance caractéristique de la majorité des nations développées. Environ 105 petites filles naissent pour 100 petits garçons, mais étant donné que la mortalité masculine est plus élevée, à tous les âges, que la mortalité féminine, la proportion entre les deux sexes s'équilibre et devient égale à 40 ans. Ensuite, le nombre de femmes dépasse légèrement celui des hommes, et parmi les personnes de plus de 85 ans, il y a seulement 45 hommes pour 100 femmes.

    Le taux annuel de croissance de l'Espagne est l'un des plus faibles au monde, en raison de la diminution progressive du taux de natalité. Par ailleurs, l'espérance de vie est l'une des plus élevées au monde (77 ans), ce qui explique que 15% de la population soient âgés de moins de 15 ans, tandis que 18% ont plus de 64 ans. Cependant, la population espagnole est encore relativement jeune en comparaison avec d'autres pays européens.

    L'Espagne est un pays non confessionnel et sa Constitution reconnaît la liberté de culte. Cependant la majorité des Espagnols pratiquent la religion catholique, laquelle bénéficie d'une forte implantation sociale.

    Le castillan ou espagnol est la langue officielle de la nation. Le catalan, le galicien, le basque (euskera) et le valencien sont également langues officielles dans leurs Communautés autonomes respectives."


    source: Espagne 2002 - site officiel de la Présidence espagnole de l'Union européenne (lien inactif)

    Histoire

    Histoire
    "Les premiers habitants de la péninsule furent les Celtes et les Ibères. C'est à cette époque que remontent les premiers témoignages écrits sur la Péninsule. Il semblerait que Hispania (nom sous lequel les Romains connaissaient la Péninsule) soit un terme d'origine sémite provenant de Hispalis (Séville).

    À partir de 1100 av.J.C. et jusqu'à la moitié du IIIe siècle av.J.C., les Grecs et les Phéniciens furent à l'origine des premiers contacts commerciaux et culturels avec les hautes civilisations méditerranéennes. Plus tard, ces deux civilisations furent respectivement remplacées par les Carthaginois et par les Romains.

    La présence romaine en Hispania dura sept siècles, au cours desquels furent esquissées les frontières séparant la Péninsule des autres populations européennes. Rome légua à l'Espagne l'administration territoriale, et des institutions telles que la famille, la religion, le droit, la langue latine...

    Au début du V siècle, de nouvelles populations originaires du nord s'installèrent dans la Péninsule: les Wisigoths, à l'intérieur, et les Suèves, à l'ouest. Ces peuples germaniques se considéraient comme des continuateurs du pouvoir impérial déchu. Le processus d'intégration de ces populations fut rapide, sauf au nord-ouest de la Péninsule, où les Basques, les peuples cantabriques et les Asturiens résistèrent à l'infiltration wisigothique comme ils avaient résisté à celle des Romains, et comme ils résisteraient plus tard à celle des musulmans.

    La décomposition de l'appareil étatique wisigoth provoqua, au début du VIIIe siècle l'infiltration successive des troupes arabes et berbères venues de l'autre côté du détroit de Gibraltar. Au milieu du VIIIe siècle, l'occupation musulmane était achevée et la ville de Cordoue constituait le coeur du florissant Al-andalus. La présence arabe en Espagne dura près de sept siècles, laissant une empreinte indélébile dans l'héritage culturel espagnol.

    Après une longue période de cohabitation pacifique, commença l'époque de la Reconquête, lancée par les petits noyaux de résistance chrétiens du nord de la Péninsule. Elle s'acheva par la prise de Grenade, en 1492, sous le règne des Rois catholiques, traditionnellements considérés comme les instigateurs de l'unité de la Péninsule et de l'entreprise impériale de la Renaissance espagnole. C'est également sous le règne des Rois catholiques, et bénéficiant de leur protection, que Colomb découvrit le Nouveau Continent (l'Amérique), nouvelle frontière de ce qui serait le plus grand empire de l'Occident.

    Au XVIe siècle, et pendant la première moitié du XVIIe siècle, l'hégémonie de l'Espagne connut son apogée. Le règne des Rois catholiques, et surtout celui de Philippe II, verraient la naisssance et la consolidation de ce qui fut, au XVIe siècle, le prototype de l'État absolutiste moderne. Philippe V inaugura la dynastie des Bourbons d'Espagne, après la mort sans descendance de Charles II, le dernier représentant de la Maison d'Autriche. L'Espagne des Lumières fut une époque d'équilibre extérieur, de réformes et de développement intérieur.

    La crise de l'Ancien Régime ouvrit les portes à l'invasion napoléonienne. La Guerre d'Indépendance fut une guerre contre l'envahisseur français, mais aussi une guerre révolutionnaire. En effet, la participation du peuple fut décisive et cette lutte donna clairement naissance à une conscience nationale qui, plus tard, prendrait forme dans la Constitution de 1812, promulguée par les Cortès de Cadix, l'une des premières Constitutions au monde ratifiant comme principe fondamental la souveraineté de la Nation.

    Le conflit entre les libéraux et les absolutistes, ou, ce qui revient au même, entre deux façons de comprendre la configuration de l'État, fut une constante du XIXe siècle espagnol. Le règne éclair d'Amédée de Savoie, une première expérience républicaine, puis la Restauration monarchique qui s'ensuivra, avec l'installation sur le trône d'Alphonse XII, conduisirent aux portes du XXe siècle une Espagne en proie à de graves problèmes non résolus et qui seraient accentués par la perte définitive des dernières possessions de l'empire colonial: Cuba et les Philippines.

    Malgré la parenthèse de la Première guerre mondiale, au cours de laquelle l'Espagne resta neutre, et après la dictature de Primo de Rivera, une nouvelle crise monarchique se produisit, et le roi Alphonse XIII fut contraint à l'exil. La première expérience démocratique espagnole du XXe siècle, la IIe République, naquit des urnes. Ses dirigeants entreprirent de mettre en oeuvre les grandes réformes dont le pays avait besoin, mais le soulèvement militaire du général Franco et l'éclatement de la Guerre civile en 1936 coupèrent court très rapidement à cette éphémère tentative.

    La victoire militaire du général Franco marqua le début d'une longue période dictatoriale qui s'achèverait en 1975. Un contrôle politique très strict à l'intérieur des frontières et une politique étrangère isolationniste n'empêchèrent cependant pas l'Espagne d'entrer dans une période de développement économique au cours des années 60.

    Après la mort du général Franco, les Espagnols mettent en oeuvre la transition pacifique de la dictature à la démocratie, un processus désormais connu comme "le modèle espagnol". Don Juan Carlos I, en tant que roi de tous les Espagnols, devient le premier représentant d'un État social et démocratique de droit, défini par la Constitution de 1978."

    source : Histoire (Espagne 2002 - site officiel de la Présidence espagnole de l'Union européenne)
    Date de création : 2012-04-01 | Date de modification : 2012-04-01
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