"L’Égypte est située à l’extrémité nord-est du continent africain. Elle se divise en quatre régions: la vallée et le delta du Nil, le désert libyque ou désert occidental, le désert arabique ou oriental, et la péninsule du Sinaï, à l’est. Quatre-vingt-dix pour cent de la population vit dans le delta du Nil. Le fleuve traverse le pays du nord au sud, formant ainsi un mince ruban de terres fertiles. La plus grande partie du territoire égyptien est désertique et de faible altitude, excepté sur la péninsule du Sinaï, dont les côtes sont hérissées de montagnes au contour déchiqueté. Le Sinaï est une région riche en minerais; des gisements de pétrole ont aussi été découverts au large de ses côtes.
À Alexandrie, sur la côte méditerranéenne, le climat est tempéré,alors qu’à Assouan, dans le sud du pays, il fait très chaud, surtout l’été. Au Caire, dans le delta du Nil, les températures peuvent monter jusqu’à 35 ºC l’été, et descendre à 5 ºC l’hiver. Comme pour tous les climats désertiques, les températures sont très élevées le jour, mais beaucoup plus fraîches la nuit.
Les terres cultivées fournissent trois récoltes par année, la plupart des productions arrivant à maturité en quatre mois. Les principales récoltes d’été sont le coton, le riz, le maïs et le sorgho. Le blé, le tréfle égyptien, ou bersim, les haricots et les autres légumes se récoltent l’hiver. Les six grandes oasis du désert occidental produisent des dattes pour l’exportation. Avec la construction de nouvelles habitations pour une population sans cesse croissante, les terres arables disparaissent, et l’Égypte doit de plus en plus dépendre de l’importation de denrées alimentaires.
Les crues du Nil, particulièrement problématiques dans le Delta, ont été contrôlées par la construction du barrage d’Assouan. Mais en dépit des ambitieux projets de reconquête des terres par le gouvernement, le Sahara continue à gagner du terrain: l’Afrique du Nord devient de plus en plus désertique chaque année."
L'Égypte (Projet des Profils culturels, Centre Anti-Racism, Multiculturalism and Native Issues (AMNI), Faculté de travail social, Université de Toronto, avec l'aide de Citoyenneté et Immigration Canada) (reproduction autorisée)
Vie économique
"De 1991 à 1998, L'Égypte a mené, conjointement avec la Banque mondiale, un programme de réforme macroéconomique conçu pour stabiliser l'économie. De plus, un cadre de travail a été élaboré pour les politiques visant la réforme du secteur public, la privatisation et la libéralisation des échanges et de l'investissement. Standard and Poors a donné pour la première fois une cote d'évaluation d'investissements à l'Égypte en 1997 (BBB-). Bien qu'elle ait été maintenue en 2000, les efforts de l'Égypte en faveur de la réforme économique se sont heurtés à de graves difficultés, notamment à une crise aiguë de liquidité et à un manque prolongé de dollars. Certaines entreprises d'investissement, citant comme motifs la lenteur de la réforme structurelle, une politique monétaire inflexible et une augmentation des déficits, se sont désintéressées des perspectives économiques de l'Égypte. Un boom de la construction s'est effondré en 2000. Cette phase descendante semble être due en partie à une augmentation de 62 % des dépenses en capital sur divers mégaprojets, notamment le projet de Toshka, à l'Ouest d'Assouan, aux exportations stagnantes et à une surévaluation de la livre égyptienne. La situation a été encore amplifiée par un scandale au sujet d'un prêt, des banques ayant consenti pour 30 milliards $ de prêts non garantis, par l'augmentation des importations et par des déficits commerciaux massifs avec chaque bloc commercial, notamment avec l'Afrique subsaharienne. En 1998-1999, la croissance économique est tombée à 2,9 %, alors que les prévisions étaient de 6 %. Pour redresser la situation, le gouvernement a été obligé d'effectuer de lourdes ponctions sur ses réserves en devises étrangères qui s'élevaient alors à 25 milliards $US. La situation semblait s'améliorer progressivement et les réserves se sont stabilisés autour de 14 milliards $US. Mais les événements du 11 septembre ont dévasté le tourisme. Joint à la chute des prix pétroliers l'effet sur l'économie a été grave. Le taux de change officiel approche trois livre égyptiens pour un dollar canadien. Le gouvernement a placé des limites très strictes sur la disponibilité de la monnaie étrangère et a lancé un appel pour un programme de substitution de produits importés.
Une privatisation étendue et des réformes structurelles concertées sont indispensables afin d'attirer l'investissement direct nécessaire pour commencer à augmenter les faibles exportations non pétrolières de l'Égypte et pour créer la croissance voulue - il faut une croissance d'au moins 6,5 % pour créer des emplois pour les 800 000 nouveaux travailleurs entrant sur le marché du travail chaque année. Dans le cadre de ses efforts pour moderniser le pays, l'Égypte a entrepris divers projets d'infrastructure importants visant à gérer la population en pleine expansion et à rendre l'économie plus efficace. On a construit des ponts, des autoroutes et des hôtels et aménagé un important prolongement du métro au Caire, tandis que plusieurs villes industrielles sont en construction dans le désert, à l'extérieur du Caire et près d'Alexandrie. On restaure les aéroports du pays, plusieurs projets sont en cours pour la production d'énergie électrique, et des plans ont été établis pour élargir les réseaux ferroviaire et routier.
Malgré ces développements positifs, l'Égypte doit encore faire face à de grands défis, comme la privatisation des activités économiques du secteur public, la réduction de l'effectif de 5,4 millions de fonctionnaires et le franchissement des limites de la Vallée du Nil. Bien que le PIB moyen par habitant ait atteint 1 121 $US, la pauvreté est toujours générale, notamment en Haute-Égypte et dans les quartiers «populaires» du Caire où un analphabétisme généralisé persiste. La qualité de l'air et de l'eau est l'un des principaux défis du gouvernement - la pollution de l'air est particulièrement dense au Caire, où les niveaux de fumée et de plomb dépassent souvent ceux que recommandent les directives de l'OMS. Pour y remédier, l'Égypte retire progressivement du marché l'essence au plomb, introduit des véhicules au gaz naturel et réduit la pollution industrielle et le déversement des eaux usées dans le Nil.
La disponibilité de l'eau constitue un autre défi croissant. Confrontée à un approvisionnement restreint et à une population susceptible d'atteindre 100 millions de personnes d'ici 2025, l'Égypte devra trouver de nouveaux moyens de conserver l'eau et réduire son recours aux récoltes telles que la canne à sucre et le riz, qui exigent d'importantes quantités d'eau. Entre-temps, l'agriculture, qui emploie un tiers de la population, ne contribue qu'à 11,4 % des exportations - ce qui représente une baisse par rapport aux 33 % de 1975."
L'Égypte: aperçu du pays (Le Moyen Orient et l'Afrique du Nord, février 2002)
© Ministère des Affaires étrangères et du Commerce international, 2002. Tous droits réservés (reproduction pour utilisation non commerciale autorisée)
Le monde du travail
"L’Égypte possède environ 3,5 millions d’hectares de terres cultivables. La construction du barrage d’Assouan a permis d'augmenter l’étendue des terres cultivées et d’accroître par la même occasion la production d’électricité. Un tiers de la population active travaille la terre; les autres travaillent dans le secteur public, les industries, les champs de pétrole et le tourisme.
Les modes de vie urbain et rural sont très différents. Dans les campagnes, les communautés sont petites et très unies. Les agriculteurs, ou fellahin (en arabe, fellah signifie "travailler la terre"), y mènent une vie tranquille, s’occupant essentiellement des récoltes et du bétail. Ils vivent dans de simples maisons de briques et élèvent des chèvres, des poules, des moutons et des buffles.
Les conditions de vie se sont cependant nettement améliorées. Les villageois ont maintenant accès aux services de santé et peuvent envoyer leurs enfants à l’école. Toutes les communautés ont de l’eau potable, et il n’est pas rare d’y trouver radios et télévisions. De nouvelles techniques agricoles, plus productives, ont été adoptées un peu partout. La modernisation a même atteint les régions du désert les plus isolées, et les jeunes Bédouins partent à la ville à la recherche de travail.
Les Égyptiens sont des gens pleins d’initiatives, et dans les villes, la plupart ont deux ou trois emplois. Les personnes hautement qualifiées occupent des postes dans les industries pétrolière, pharmaceutique, textile et touristique. Dans le secteur public, un grand nombre de postes à responsabilités sont occupés par des femmes. Les mosquées et les églises ont mis sur pied un bon réseau de services sociaux destiné à compléter les services offerts par le gouvernement.
Le travail des enfants reste toutefois un problème en Égypte. La pauvreté oblige en effet souvent les enfants à travailler pour augmenter le revenu familial."
Langues parlées
"L’arabe est la langue officielle de l’Égypte. C’est une langue riche en expressions colorées. Les Égyptiens parlent aussi des dialectes régionaux, qui différent de par leur lexique et leurs sons. Ainsi, les dialectes bédouins sont différents de ceux des habitants de la vallée du Nil: certains parlent même le berbère plutôt que l’arabe. Parmi les Égyptiens qui ont reçu une instruction, nombreux sont ceux pour qui l’anglais ou le français est la langue seconde."
Religions et croyances
"L’histoire religieuse de l’Égypte se divise en trois périodes : la période pharaonique des anciens dieux (Rê, Horus...), l’ère chrétienne et la période islamique. Aujourd’hui, la vaste majorité de la population égyptienne est musulmane sunnite; les Chrétiens coptes forment une minorité importante.
Les villages égyptiens se caractérisent par un sens très aigu de la communauté. Les gens se rassemblent pour les grands repas de fêtes, pour les festivals, les mariages et les naissances. L’islam est une grande force unificatrice.
Les Chrétiens coptes ont leur propre pape, indépendant du pape de Rome. L’Église orthodoxe copte, fondée par saint Marc, est une des plus anciennes églises chrétiennes du monde. Même si le vendredi est le jour de repos officiel en Égypte, on accorde un peu de temps aux Coptes le dimanche pour aller à l’église. Les cantiques sont chantés en arabe et dans l’ancienne langue copte."
Les fêtes religieuses
"Les Égyptiens célèbrent deux grandes fêtes: la première est Eid-al-Fitr, qui marque la fin du Ramadan. De grands repas de fête sont alors organisés et c’est l’occasion pour les Musulmans de faire l’aumône aux pauvres.
La seconde est Eid-al-Adha, qui célèbre la disposition du prophète Abraham à offrir son fils en sacrifice; des moutons ou des chèvres sont alors sacrifiés et offerts aux personnes dans le besoin.
Muharram est le Nouvel An musulman. Sa date varie, le calendrier lunaire islamique durant 354 jours.
Les Chrétiens coptes clébrènt Noël le 7 janvier, conformément au calendrier julien. Les Coptes accordent une grande importance aux saints, et le jour de la fête d’un saint particulier, les Coptes n’hésiteront pas à parcourir de longues distances pour aller le vénérer dans un monastère ou une église."
L'éducation
"En Égypte, l’école publique est gratuite. Les six premières années de primaire, obligatoires, sont suivies de trois autres années d’école intermédiaire. Au secondaire, les élèves peuvent choisir de suivre des cours d’enseignement général ou technique. Les écoles privées, qui offrent un meilleur niveau dÕinstruction, sont de plus en plus populaires. Les élèves peuvent y apprendre l’arabe, le français, l’anglais et l’allemand.
Malgré les efforts du gouvernement visant à maintenir la qualité de l’éducation, la croissance démographique a eu pour effet de faire passer le nombre d’élèves par classe de 60 à 80 dans le système public.
L’Égypte est dotée de 14 universités publiques. L’accès au système universitaire est très compétitif, les étudiants devant passer un examen d’entrée national. Il existe aussi des instituts et des collèges spécialisés offrant des cours pour la formation d’acteurs, de danseurs et de producteurs de films.
Le système d’éducation égyptien connaît des problèmes à tous les niveaux, du primaire à l’université. Ces problèmes sont dus principalement au manque de fonds et aux classes surchargées. Les écoles manquent par ailleurs de locaux, surtout dans les zones rurales.
Le taux d’analphabétisme est très élevé, surtout dans les zones rurales: 45 % de la population égyptienne ne sait ni lire ni écrire. Aussi le gouvernement oeuvre-t-il constamment pour améliorer la qualité et l’accessibilité de l’éducation."
La santé
"L’Égypte a un système de santé public à plusieurs niveaux. Les soins de base sont gratuits et l’on peut obtenir des médicaments partout, même dans les villages les plus isolés. Maisons de retraite privées et traitements spécialisés sont réservés aux classes aisées. Malheureusement, face aux besoins d’une population sans cesse grandissante, ce système est en train de s’effriter.
L’Égypte a été récompensée au niveau international par le Rotary et l’OMS (Office mondial pour la Santé) pour ses programmes de vaccination d’enfants. Le gouvernement égyptien travaille par ailleurs à la prévention des maladies infantiles telles que la polio, la diphtérie et la rubéole. Le nombre de cas a baissé et le taux de mortalité des nouveau-nés baisse lui aussi.
Le gouvernement a mis sur pied les premiers programmes de planning familial, établi des cliniques mobiles pour les régions isolées, et encouragé le secteur privé à participer au système d’assurance maladie. Les hôpitaux égyptiens sont dotés d’équipements modernes et ont un personnel très qualifié.
Chaque année, de plus en plus de femmes deviennent médecins. La profession médicale est toujours une occupation prestigieuse et l’entrée en faculté de médecine est très compétitive. Certains chirurgiens et généralistes sont allés s’établir dans d’autres pays."
Arts et littérature
"L’Égypte a une longue tradition artistique, qu’il s’agisse de musique, de sculpture ou d’arts décoratifs. Les anciens Égyptiens aimaient jouer de la musique et chanter. Les chanteurs étaient accompagnés de joueurs de harpe, de luth et d’autres instruments à cordes. Une grande partie de la poésie de l’ancienne Égypte était d’inspiration religieuse; certains des poèmes ne sont d’ailleurs pas sans rappeler les psaumes de la Bible. Les anciens écrivains ont aussi créé de nombreuses histoires fictives dans le but évident de divertir.
Bien que les Égyptiens lisent aujourd’hui plus de magazines que de livres, la poésie est toujours très populaire: les Égyptiens aiment réciter des poèmes folkloriques qu’ils ont mémorisés. Les nouvelles sont également très appréciées.
La musique et la danse jouent un rôle très important dans la vie des Égyptiens. Ces derniers affectionnent plus particulièrement les musiques classique et folklorique. Aux mariages et aux fêtes, ils dansent avec enthousiasme, et entonnent des chansons populaires parlant des saisons et du cycle agricole ; habituellement, hommes et femmes dansent séparément.
Tout au long de ce siècle, les artistes égyptiens ont su intégrer l’influence occidentale à leur propre culture: les films, les romans et la peinture modernes en sont des exemples. Aujourd’hui, l’Égypte est le centre de l’édition et du cinéma arabes.
L’auteur égyptien Naguib Mahfouz fut le lauréat du prix Nobel de littérature en 1988. Parmi ses oeuvres les plus célèbres, on citera Passage des miracles, Les Fils de la médina, Récits de notre quartier et Le Voleur et les Chiens.
La création de la Compagnie des Ballets du Caire est le résultat de l’influence russe dans la culture égyptienne."
L'Égypte (Projet des Profils culturels, Centre Anti-Racism, Multiculturalism and Native Issues (AMNI), Faculté de travail social, Université de Toronto, avec l'aide de Citoyenneté et Immigration Canada) (reproduction autorisée)