• Encyclopédies

      • Encyclopédie de l'Agora

        Notre devise: Vers le réel par le virtuel!


      • Encyclopédie sur la mort

        L’encyclopédie sur la mort veut s'intéresser à ce phénomène sous ses multiples aspects et ses diverses modalités.


      • Encyclopédie Homovivens

        Encyclopédie sur les transformations que l'homme opère en lui-même au fur et à mesure qu'il progresse dans la conviction que toute vie se réduit à la mécanique.


      • Encyclopédie sur l'inaptitude

        Tout le monde en conviendra : c'est au sort qu'elle réserve aux plus vulnérables de ses membres que l'on peut juger de la qualité d'une société. Aussi avons-nous voulu profiter ...


      • Encyclopédie sur la Francophonie

        L'Encyclopédie de la Francophonie est l'une des encyclopédies spécialisées qui se développent parallèlement à l'Encyclopédie de l'Agora.

  • Dictionnaires
  • Débats
      • Le Citoyen Québécois

         Après la Commission Gomery, la Commission Charbonneau! À quelles conditions pourrions-nous en sortir plus honnêtes… et plus prospères

      • L'homme, la nature, la techique

        Réflexions inspirées de Bernard Charbonneau et Jacques Ellul, avec la collaboration de l'Association Aquitaine B.Charbonneau J.Ellul, sous la présidence de Sébastien Mor...

  • Sentiers
      • Les sentiers de l'appartenance

        L'appartenance c'est le lien vivant, la rencontre de deux Vies : la nôtre et celle de telle personne, tel  paysage...Quand la vie se retire, le sentiment d'appropriation se substitue au ...

      • Le sentier des fleurs sauvages

        Nous sommes des botanistes amateurs. Notre but est de partager un plaisir orienté vers une science complète où le regard du poète a sa place à côté de celui du botaniste, du généticien, du gastrono...

  • La lettre
    • Édition

    Dictionnaire des mots transfuges ou exilés

    Définition

    Les mots transfuges qui nous intéressent ici sont ceux qui passent du camp de la vie au camp de la machine et inversement. Le verbe fonctionnerne s'appliquait jadis qu'aux machines; désormais les êtres humains fonctionnent plus ou moins bien; inversement les nouveaux compteurs d'électricité sont qualifiés d'intelligents preuve que pour être digne de ce qualificatif il suffit pour un quelconque appareil d'être équipé de quelques puces.

    Même s'ils vont en sens contraire l'un de l'autre, les mots transfuges concourent au même effet : rapprocher le mécanique du vivant, tantôt en accroissant la part du mécanique dans le vivant, c'est la fonction que remplit le verbe fonctionner appliqué aux humains, tantôt en prêtant à la machine, l'ordinateur, par exemple des qualités de l'humain et donc du vivant, comme l'intelligence

    Aux mots transfuges, il faut ajouter les mots fugitifs ceux  qui fuient le camp de la vie, sans pour autant rejoindre le camp de la machine. C'est le cas du mot admiration. On ne le trouve pas dans Le dictionnaire actuel de l'éducation de Larousse et nous l'avons cherché en vain dans l'ensemble des documents publiés sur le site du ministère québécois de l'éducation du Québec


    Dans La ferme africaine, Karen Blixen raconte la fascination qu'exerçait le coucou de son horloge sur les jeunes pasteurs kikuyus du voisinage. Ignorant la machine, habitués à mesurer le temps en regardant le soleil, ils considéraient l'oiseau des heures comme un être vivant. «Lorsque le coucou sortait de sa retraite, un frémissement de joie parcourait les jeunes pâtres, écrit Karen Blixen, et des rires fusaient, vite étouffés. Il arrivait aussi qu'un tout petit berger, moins soucieux que les grands de ses chèvres, revînt seul de grand matin. Il se tenait devant l'horloge éperdu d'admiration; pour peu qu'elle ne répondit pas à sa muette supplication, il s'adressait à elle en kikuyu et l'implorait amoureusement. Puis gravement il repartait comme il était venu. Mes domestiques riaient de la naïveté de petits pâtres: ''Ils croient, m'expliquaient-ils, que l'oiseau est vivant''».

    À l'inverse du jeune pâtre kikuyu, nous avons tendance à projeter notre conception mécaniste du monde sur tous les phénomènes vitaux que nous observons. C'est ce que nous faisons quand nous disons qu'un être humain fonctionne plus ou mois bien quelque part. Ce qui ne nous empêche pas d'imiter l'enfant africain, naïveté et innocence en moins, ce que nous faisons quand, chose de plus en plus fréquente, nous prêtons une âme à des robots qui ne sont que des machines un peu plus complexes que les autres.

    C'est ainsi que nous sommes entrés dans l'ère de la grande rencontre, celle de la trajectoire de l'humain qui s'emmachine et de la trajectoire de la machine qui prétend s'élever jusqu'à l'humain. Cette rencontre s'opère dans la lovotique.

    Cette grande rencontre produit une grande confusion qu'il faut dissiper sous peine de ne plus ni vouloir ni pouvoir bientôt distinguer l'humain du mécanique.

    Les mots transfuges sont nombreux et virulents en informatique et dans les neuro-sciences. Tout ce qui est  smart  en anglais est devenu intelligent en français, mais ils existent dans toutes les disciplines et dans tous les moments de la vie.

    La réduction du vivant au mécanique a souvent sa raison d'être en psychologie et en sociologie en particulier. Les mots transfuges MH (de la machine vers l'homme) peuvent alors servir la noble fin de la connaissance de soi. Il est rare par contre que les mots transfuges de sens contraire HM servent une telle fin. Le plus souvent ils servent à glorifier frauduleusement une machine restée inintelligente bien que devenue complexe.

    Dans le dictionnaire des mots transfuges, il faut donc se garder de tout manichéisme, mais sans jamais oublier le fait que le langage courant est le professeur de philosophie le plus influent et que chaque migration frauduleuse d'un mot est une erreur dont les conséquences peuvent être graves.

    Date de création : 2012-04-01 | Date de modification : 2012-04-01
    Loading

    Référence


    Contribuez au rayonnement des oeuvres de l'Agora/Homo vivens en devenant membre ou en faisant un don.