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    Cuba

    Description

    "Cuba, c’est la plus grande île de la mer des Caraïbes et de l’hémisphère occidental. Elle est située juste en dessous du tropique du Cancer. Vue du ciel, l’île ressemble à un crocodile endormi, se dorant au soleil des Caraïbes. L’archipel cubain comprend aussi plus de 1 600 îles et îlot de moindre importance.

    Le pays est baigné au nord par le golfe du Mexique, à l’est par l’océan Atlantique, et au sud et à l’ouest par la mer des Caraïbes. Key West, en Floride, la pointe la plus méridionale des États-Unis, se trouve à 180 km au nord. Haïti est au sud-est de Cuba, au-delà de la passe des Vents, la Jamaïque est juste au sud, et le Mexique à l’ouest.

    Le territoire est très montagneux. La Sierra de los Organos, à l’ouest, la Sierra de l’Escambray, dans la région centrale, et la Sierra Maestra, au sud-est, sont les trois chaînes de montagnes les plus importantes du pays. Le pic Turquino, dans la Sierra Maestra, s’élève à près de 2 000 m au-dessus du niveau de la mer. C’est le point culminant de l’île. Par temps clair, on peut apercevoir de son sommet les Montagnes Bleues de la Jamaïque, situées à quelque 140 km de là.

    Le reste du territoire se compose de grandes plaines fertiles où l’on cultive la canne à sucre et le tabac. Au centre et à l’ouest, la savane herbeuse domine; on y cultive surtout du tabac et on y élève du bétail. Une partie de la province de Guantánamo, au sud-est, est désertique. Quelque 300 plages bordent les côtes de l’île.

    Les fleuves et les rivières ne sont pas très longs et le courant y est fort. Ils sillonnent les régions montagneuses, formant ici et là de magnifiques cascades, comme le Salto del Caburni et les chutes Agabama. Le fleuve Cauto, à l’est, est le plus long de l’île; il fait environ 240 km.

    On trouve à Cuba plus de 300 espèces d’oiseaux, parmi lesquelles le pic à bec ivoire et le colibri d’Hélène. Ce dernier, un oiseau minuscule, est particulièrement attiré par les massifs de mariposas (sorte de jasmin blanc), la fleur nationale de Cuba. Il existe quelque 8 000 variétés de plantes et de nombreuses espèces de reptiles, dont les alligators, les iguanes et de petits serpents non venimeux.

    Les mois les plus chauds sont juillet et août. En janvier, le mois le plus frais, la température moyenne est de 21 °C. La saison des pluies s’étale de mai à octobre, avec souvent de violents ouragans à l’automne. Ceux-ci se forment au sud et à l’est de l’île, qu’ils traversent en direction du nord ; ils s’accompagnent de pluies torrentielles qui provoquent la crue des rivières et des inondations."

    Un survol de l'économie

    "L’économie cubaine est largement basée sur l’agriculture. Les principales exportations sont le sucre, le tabac, le café et les fruits tropicaux. Depuis le milieu du XIXe siècle, le sucre a toujours été la culture la plus lucrative du pays et un facteur déterminant dans la prospérité de l’économie tout entière. L’industrie sucrière, qui a connu une mécanisation massive dans les années 1970, continue d’assurer l’essentiel des recettes en devises étrangères. À ce jour, Cuba demeure le plus grand exportateur de sucre au monde. Le tabac est le deuxième produit d’exportation – la réputation des cigares cubains n’est d’ailleurs plus à faire. Presque toute la production de tabac vient de petites fermes ne dépassant pas 10 acres. 

    Le tourisme est le secteur de l’économie qui connaît la croissance la plus rapide; il a même surpassé le sucre en tant que source de revenus. Les touristes canadiens sont les plus nombreux; viennent ensuite les Italiens, les Allemands, les Espagnols et les Mexicains. Beaucoup de Cubains veulent travailler dans le tourisme, car les pourboires procurent des dollars américains.

    Cuba a fait de grands progrès dans l’industrie pharmaceutique et la biotechnologie au cours des vingt dernières années. L’industrie pharmaceutique occupe d’ailleurs le sixième rang dans les exportations cubaines. Cuba exporte principalement dans les pays du tiers monde, notamment des médicaments anticholestérol, de l’insuline et des vaccins contre l’hépatite B et la méningite. Près de 150 millions de dollars américains ont été investis pour construire le Centre d’ingénierie génétique et de biotechnologie de La Havane, qui a ouvert ses portes en 1986.

    Le nickel, le fer, le cuivre, le chrome et le manganèse sont les principales ressources minérales de Cuba. Le poisson et ses sous-produits représentent aussi une source d’exportation non négligeable.

    Cuba est confronté à de nombreuses difficultés financières: les États-Unis refusent de lever l’embargo économique imposé en 1961, ce qui signifie qu’il n’y a aucune transaction commerciale entre les deux pays; de nombreux produits sont rationnés ou quasi inexistants; la pauvreté a augmenté; le fossé s’élargit entre les employés de l’État, sous-payés, et les gens qui gèrent leurs propres affaires, travaillent dans le tourisme ou reçoivent de l’argent de parents vivant à l’étranger.

    En 1993, l’usage du dollar américain a été légalisé à Cuba, ce qui a eu pour effet de stimuler la croissance de l’économie parallèle. De nombreux démarcheurs font du porte-à-porte, vendant de tout, aussi bien des gâteaux maison que de rares produits étrangers. Dans bien des cas, les marchandises vendues dans la rue sont de meilleure qualité et moins chères que celles vendues dans les magasins d’État.

    Les femmes représentent 40 % de la population active cubaine. Si leur participation aux échelons supérieurs et moyens de la politique n’atteint pas celle des hommes, les femmes se sont taillé une place dans des champs à prédominance masculine tels que la médecine. En fait, 48 % des médecins cubains sont des femmes.

    Approvisonnement alimentaire

    En 1962, le rationnement fut introduit pour assurer à tous les Cubains une juste répartition des denrées alimentaires. Le carnet de ravitaillement égalitaire (libreta) devait garantir à tous une distribution régulière de denrées telles que sucre, riz, haricots et huile de cuisson. Néanmoins, les pénuries persistèrent pour de nombreux aliments.

    L’effondrement de l’Union soviétique en 1991 ayant mis fin à l’importation de grains pour nourrir le bétail et la volaille, bœuf, poulet, lait et œufs sont depuis plutôt rares. Le manque de carburant pour l’équipement agricole entrave par ailleurs le bon déroulement des récoltes. Si la situation s’est quelque peu améliorée dans les dernières années, les pénuries sont toujours monnaie courante. Pour améliorer leurs rations, les Cubains achètent certains produits au marché noir, élèvent eux-mêmes des poulets et cultivent des légumes."

    Famille et société

    "La famille cubaine a toujours été très unie. Cependant, le régime communiste exige des jeunes qu’ils participent à des activités sociales en dehors du foyer, ce qui a quelque peu ébranlé l’autorité parentale.

    Grâce aux services de garderie et aux avantages de maternité qui leur ont été concédés, de nombreuses femmes sont entrées sur le marché du travail. Adopté en 1974, le Code de la famille, qui stipule les responsabilités des personnes mariées, confère aux hommes et aux femmes des droits et des devoirs égaux en ce qui concerne les travaux domestiques et l’éducation des enfants. Des stéréotypes sexistes subsistent toutefois au sein des familles, au travail et dans le milieu politique. Certains hommes ont du mal à accepter que les femmes veuillent travailler et ressentent même cela comme un abandon du foyer.

    Le taux de divorce est élevé à Cuba. La pénurie de logements y est sans doute pour quelque chose, l’encombrement dans les logis ne favorisant guère l’harmonie. En effet, de nombreux couples sont obligés d’emménager chez les parents de la mariée après leur mariage. L’influence décroissante de l’Église catholique et le rôle changeant de la femme sont également des facteurs de bouleversement dans les familles.

    On a peu construit depuis les années 1960 et il n’est pas rare de voir trois générations partager un appartement. À la campagne, il y a encore des gens qui vivent dans des bohíos, huttes traditionnelles en bois de palmier et au toit en feuilles de palmier, matériaux qu’utilisaient déjà les premiers habitants de Cuba.

    Le transport constitue un problème pour de nombreux Cubains. Peu de véhicules neufs ont été importés depuis les années 1960 et l’essence est rationnée. Les vieux autobus (guaguas) comme les plus récents (camellos, ou chameaux) sont souvent bondés. Certains Cubains se construisent des voitures avec des pièces de véhicules divers. En fait, les Cubains sont passés maîtres dans l’art du rafistolage: on se sert encore de locomotives à vapeur datant d’il y a plus de 100 ans pour transporter la canne à sucre jusqu’à la ville. La bicyclette est très utilisée et il existe même un taxi-bicyclette comportant une remorque pour les passagers. Cheval, mule, âne et bœuf sont des moyens de transport courants. Même dans les villes, il y a des voitures tirées par des chevaux.

    Une communauté chinoise assez importante vit à Cuba. Au cours de la deuxième moitié du XIXe siècle, quelque 150 000 Chinois vinrent à Cuba travailler dans les plantations. Plus tard, certains d’entre eux établirent des commerces sur l’île. Beaucoup épousèrent des Cubaines d’autres origines ethniques. Encore aujourd’hui à La Havane, il y a un quartier appelé Barrio China."

    Langues

    "Tous les Cubains parlent l’espagnol, qui est la langue officielle du pays. Bon nombre d’entre eux connaissent aussi l’anglais, en particulier ceux qui travaillent dans les hôtels et les lieux touristiques. 

    Les Cubains ont un débit rapide et ne prononcent pas toujours la consonne finale des mots. Cette habitude rend parfois la compréhension difficile pour les gens qui apprennent la langue. Il y a en fait deux registres bien différents dans l’espagnol de Cuba: le premier, très décontracté, pour parler avec la famille et les amis; le second, plus soutenu, utilisé quand on rencontre quelqu’un pour la première fois ou qu’on s’adresse à des personnes âgées. Ce registre soutenu est aussi une façon de montrer le respect."

    Religions et croyances

    "Le régime communiste n’a pas toujours été très tolérant vis-à-vis de la religion. Pendant de nombreuses années, les gens étaient persécutés pour leurs convictions religieuses et les pratiquants se voyaient refuser l’accès à des emplois et à l’éducation. Vers le début des années 1970, les relations entre le gouvernement et les institutions religieuses commencèrent à s’améliorer. En 1976, l’État accorda aux citoyens cubains la liberté de religion, mais avec certaines restrictions. En 1992, un amendement constitutionnel généralisa la liberté de culte. Les Cubains ont maintenant le droit de pratiquer ou de prêcher n’importe quelle religion. On a d’ailleurs constaté un regain d’intérêt pour la vie spirituelle, et de plus en plus de jeunes se tournent vers la religion. Aujourd’hui, environ un quart de la population est catholique.

    Le santería (la Voie des saints) est un mélange de rites catholiques et africain (yoroubas) qui se pratique depuis toujours à Cuba. La religion yorouba vient plus précisément du Nigeria et du Bénin. Lorsque les Africains arrivèrent à Cuba, l’Église catholique s’empressa de leur inculquer les rudiments de la religion et de les baptiser. Les Africains firent des rapprochements entre les deux religions : le Dieu créateur catholique, entouré de saints qui intercèdent auprès de lui en faveur des hommes, n’était pas sans rappeler le Créateur Oludamare et ses orishas (divinités moins importantes), qui aident les fidèles à trouver et à accomplir leur destinée. Les saints catholiques furent donc considérés comme des manifestations des orishas.

    Les babalaos (prêtres) aident les Santeros (croyants du santería) à résoudre leurs problèmes de santé, d’argent, d’amour ainsi que les ennuis qu’ils pourraient avoir avec la loi. Pour se protéger des maladies et des maléfices, les Santeros portent aussi des amulettes et n’hésiteront pas à sacrifier un pigeon ou un poulet. Les fêtes religieuses sont célébrées avec des danses, des tambours et des chants, et comprennent aussi des offrandes qui sont propres à chaque cérémonie. Pendant que les Santeros dansent, l’un des fidèles entre en transe et devient le porte-parole du orisha pour le groupe ; c’est lui qui transmet messages et conseils aux autres participants.

    Il existe une communauté juive à Cuba depuis le XVIe siècle. Les premiers arrivés furent des Juifs séfarades fuyant l’Inquisition espagnole. Au début du XXe siècle, des Juifs ashkénazes d’Europe de l’Est vinrent se joindre à eux. Aujourd’hui, la communauté juive est réduite, mais comme le catholicisme, le judaïsme connaît un renouveau à Cuba."

    Les fêtes

    "Cuba a plusieurs fêtes pour commémorer les grands événements de l’histoire du pays, comme la Révolution et les Guerres d’indépendance. Tous les bureaux, les usines et les magasins restent fermés ces jours-là. Autrefois, ces célébrations donnaient lieu à de grands rassemblements et à des défilés auxquels participaient des milliers de gens. Aujourd’hui, les célébrations ont pris une tournure plus modeste.

    Les fêtes religieuses étaient autrefois interdites par le gouvernement; un grand nombre de Cubains, néanmoins, les célébraient dans l’intimité de leur foyer. La visite à Cuba du pape Jean-Paul II, en janvier 1998, a donné lieu à un volte-face sans précédent de la part de Fidel Castro. C’est ainsi qu’il a annoncé que la fête de Noël, interdite depuis les années 1960, serait dorénavant une fête officielle.

    La Noche Buena (soir de Noël) est en fait la plus grande fête chrétienne à Cuba. C’est l’occasion pour les gens de danser, de boire et de s’amuser. On célèbre habituellement la Semana Santa (Semaine sainte) en mars ou en avril. L’Épiphanie, qui commémore la visite des Trois Rois mages à Jésus, donne elle aussi lieu à des célébrations en janvier, surtout dans la communauté noire de Cuba, car l’un des Rois mages était, dit-on, africain.

    Plusieurs villes célèbrent le carnaval. À l’origine, il se tenait au début du printemps durant les jours précédant le Carême. Le Carême étant une période de jeûne et de pénitence, le carnaval permettait de se défouler et d’apprécier les joies de la vie avant d’entamer cette période d’austérité. Le Carnaval de La Havane se tient toujours en février, mais celui de Santiago de Cuba a lieu en juillet pour commémorer la Révolution. Des groupes de danseurs et de musiciens de quartier appelés comparsas animent les rues, et il y a un défilé de chars de carnaval. Les gens revêtent des costumes extravagants et dansent dans les rues en portant d’énormes têtes de papier mâché."

    L'éducation

    "Si Cuba est doté d’un excellent système d’éducation, c’est l’œuvre de Fidel Castro, qui a fait en sorte que l’instruction, autrefois réservée aux riches, fût accessible à tous. Le gouvernement considère en fait l’éducation gratuite comme un droit fondamental. Presque tous les enfants vont à l’école primaire et le taux d’alphabétisation est très élevé. Mais la crise économique et la chute de l’Union soviétique ont gravement touché l’éducation. Les enseignants sont mal payés et les ressources pédagogiques font souvent défaut.

    Après une année d’école maternelle, les élèves font six ans d’école primaire et six ans d’école secondaire. Pendant les trois premières années du secondaire, les élèves suivent un programme général ou une combinaison de cours généraux et de cours professionnels ou techniques; dans les écoles rurales, l’apprentissage en classe peut s’accompagner de travail agricole non rémunéré. Les trois dernières années du secondaire sont soit préuniversitaires, soit professionnelles ou techniques.

    Environ 95 % des enfants sont inscrits à l’école primaire, 89 % des jeunes vont à l’école secondaire et 17,2 % font des études postsecondaires. Cependant, vu le manque de transports en commun, se rendre en classe est parfois un vrai casse-tête. Les jeunes des régions rurales qui veulent faire des études peuvent fréquenter des becas, institutions qui offrent la pension gratuite.

    Le nombre d’universités est passé de trois, en 1959, à quarante aujourd’hui. La plus grande est l’Université de La Havane, fondée en 1728. L’Université de Santa Clara, l’Université de Santiago de Cuba et l’Université de Camagüey sont également importantes. Les personnes qui n’acceptent pas l’idéologie révolutionnaire peuvent se voir refuser l’accès à l’université.

    Des instituts spécialisés forment des professionnels dans les domaines de l’agriculture, de l’enseignement et des métiers techniques. Les travailleurs peuvent par ailleurs suivre des cours de formation continue sur leur lieu de travail, notamment dans l’industrie et dans l’agriculture. Les écoles d’instruction révolutionnaire du Parti communiste offrent également divers cours."

    La santé publique

    "Après la prise du pouvoir par Fidel Castro, des cliniques furent construites dans tout le pays et le nombre de médecins s’accrut considérablement. Grâce à l’amélioration des soins de santé, le taux de mortalité infantile est passé de 60 sur 1 000 en 1958 à 7,1 sur 1 000 en 1997. L’espérance de vie moyenne est aujourd’hui de 76 ans. La vaccination a aussi permis d’éradiquer le tétanos, la poliomyélite et la malaria.

    Le système de santé a cependant beaucoup souffert de la conjoncture politique et économique actuelle. De nombreux médecins et autres professionnels de la santé ont quitté le pays. Seuls les Cubains aisés ont les moyens d’acheter des médicaments importés, dans des pharmacies qui n’acceptent que les dollars américains.

    En raison de l’embargo américain, les médicaments produits par des compagnies pharmaceutiques sous contrôle américain – soit plus de 50 % des nouveaux médicaments – ne sont généralement pas disponibles à Cuba. Les pharmacies locales, pour leur part, sont souvent réduites à vendre des herbes médicinales. Le gouvernement poursuit toutefois ses efforts afin de rendre les soins de santé accessibles à tous. 

    Il y a deux paliers de services dans les hôpitaux : l’un pour la population locale, l’autre pour les étrangers. Ce dernier n’est pas affecté par l’embargo : en fait, Cuba reçoit par année plus de 5 000 étrangers qui viennent subir des procédures médicales spécialisées, telles que les traitements au laser et les greffes d’organes, pour des maladies aussi diverses que le cancer et les troubles neurologiques chroniques. Les étrangers viennent aussi prendre les eaux dans les sources thermales (aguas termales) des établissements de cure comme ceux de Topes de Collantes et de San Vincente."

    Arts et littérature

    "Le poète José María Heredia (1803-1839) fut le premier à exprimer publiquement le désir de liberté des Cubains. Il est aussi l’auteur d’une ode à la beauté des chutes du Niagara, d’où le buste en bronze qui y a été érigé. José Martí (1853-1895) est considéré comme le plus grand écrivain cubain. Ses convictions égalitaristes sur les questions d’économie, de race ou des sexes ont influencé des générations de Cubains. La chanson «Guantanamera» est basée sur l’un de ses poèmes; elle est devenue célèbre dans le monde entier et est considérée comme l’hymne national non officiel de Cuba. Une grande partie de la littérature moderne traite de politique. Cependant, la censure tend à museler l’expression artistique, aussi bien littéraire que cinématographique.

    De nombreux artistes et auteurs parviennent cependant à exprimer leur opposition au régime à travers leur art. Des troupes de théâtre jouent des pièces qui critiquent subtilement les politiques gouvernementales actuelles en illustrant les difficultés rencontrées par les Cubains dans leur vie quotidienne. Malheureusement, à cause des fréquentes pannes d’électricité, la plupart des représentations doivent se donner la fin de semaine, pendant la journée, souvent en plein air. Ces coupures de courant, ou apagones, privent régulièrement toute la population d’électricité.

    Chaque année en décembre, La Havane accueille le Nouveau Festival du film latino-américain. C’est un événement important dans le monde hispanophone. L’un des grands classiques du cinéma cubain est Memorias del Subdesarrollo (Mémoires du sous-développement) (1968), du réalisateur Tomás Gutiérrez Alea; ce film raconte l’histoire d’un homme de la classe moyenne qui essaie de s’adapter aux changements post-révolutionnaires. Fresa y Chocolate (Fraises et chocolat) (1993) a remporté un grand succès à différents festivals de films internationaux. L’histoire débute dans le salon de dégustation de crèmes glacées « Coppelia » à La Havane et raconte l’amitié qui naît entre un jeune communiste et un homosexuel rejeté par la société. The Buena Vista Social Club (1999) relate la rencontre de musiciens cubains célèbres réunis pour faire un disque et qui en profitent pour parler de leur vie."

    Sports et loisirs

    "Le baseball (pelota) est le sport favori des Cubains. Ce sont des marins américains qui l’ont introduit à Cuba au XIXe siècle : ils y jouaient avec les débardeurs cubains. Les Espagnols interdirent le jeu en 1895, car les profits servaient à soutenir le mouvement indépendantiste de José Martí. Plus tard, le jeu gagnant en popularité, l’interdiction fut levée.

    Certains des meilleurs joueurs de baseball au monde sont cubains. Cependant, de nombreux athlètes cubains ont fait défection aux États-Unis et dans d’autres pays : c’est le cas de Livan Hernández qui a fui aux États-Unis en 1995 et a signé un contrat avec les «Florida Marlins». 

    Chaque année, Cuba organise une grande compétition sportive entre étudiants, appelée les Jeux sportifs scolaires. Les meilleurs athlètes âgés de 11 à 16 ans y sont évalués pour les écoles d’initiation aux sports (EIDE). En plus des cours réguliers, les étudiants des EIDE reçoivent un entraînement poussé et participent à des compétitions de niveau supérieur. Les meilleurs diplômés de ces écoles sont alors admis dans des écoles de performance athlétique supérieure (ESPA).

    Cuba a produit beaucoup de champions, et les Cubains ont remporté de nombreuses médailles aux Jeux olympiques et à d’autres compétitions internationales. Aux Jeux pan américains de 1991, à La Havane, Cuba a remporté 265 médailles, nombre dépassé seulement par les États-Unis ; c’est aussi le pays qui a remporté le plus grand nombre de médailles d’or. Le boxeur Teófilo Stevenson a remporté la médaille d’or dans la catégorie poids lourd aux Jeux olympiques de Munich en 1972, à ceux de Montréal en 1976 et à ceux de Moscou en 1980. Alberto Juantorena a gagné la médaille d’or du 400 et du 800 mètres aux Jeux olympiques de 1976 ; ce fut le premier coureur à remporter les deux épreuves au cours d’un même événement sportif. Javier Sotomayor est le détenteur du record mondial de saut en hauteur : il est considéré par certains comme le plus grand sauteur de tous les temps.

    A Cuba, les meilleures plages et les meilleurs hôtels et restaurants sont réservés exclusivement aux touristes. Quand ils sortent, les Cubains aiment aller dans des cabarets ou à des soirées. Pour se détendre, ils regardent la télévision, écoutent la radio, font de la musique ou jouent aux dominos. Les Cubains aiment aussi les matchs de baseball ou de boxe. Bien qu’illégaux, les combats de coqs sont très appréciés."

    Cuba (Projet des Profils culturels, Centre Anti-Racism, Multiculturalism and Native Issues (AMNI), Faculté de travail social, Université de Toronto, avec l'aide de Citoyenneté et Immigration Canada) (reproduction autorisée)

    Histoire

    Histoire

    Brève histoire du pays

    "Avant l’arrivée des Européens, l’île était habitée par des peuplades ciboneys, taïnos et arawaks. Les Ciboneys habitaient dans des cavernes et vivaient de la pêche; les Taïnos et les Arawaks étaient des agriculteurs qui vivaient dans des communautés organisées.

    En 1511, Diego Velázquez revendiqua l’île au nom de l’Espagne. Les Espagnols forcèrent les indigènes à travailler pour eux dans les plantations et les mines d’or. Au XVIe siècle, les Espagnols firent venir des esclaves africains pour travailler dans les cannaies. Ce n’est qu’en 1886 que l’Espagne finit par abolir l’esclavage à Cuba.

    Au XIXe siècle, les Cubains revendiquèrent leur indépendance de l’Espagne. La guerre de Dix Ans (1868-1878) fut la première révolte majeure contre l’occupant. Des expatriés cubains vivant aux États-Unis vinrent en aide aux rebelles durant ces premiers affrontements. Entre 1895 et 1898, les Cubains se soulevèrent une nouvelle fois contre les Espagnols. En 1898, après des provocations répétées de l’Espagne, les États-Unis intervinrent dans le conflit. L’Espagne sortit perdante de cette guerre, mais cela ne signifia pas pour autant l’indépendance pour Cuba, car les États-Unis occupèrent le pays de 1898 à 1902. Ce n’est qu’en 1902 que Cuba obtint officiellement son indépendance, mais le pays dut accepter l’amendement Platt, qui donnait aux États-Unis le droit d’établir des bases navales (comme celle de Guantánamo qui existe toujours) et d’intervenir dans les affaires intérieures cubaines.

    Les régimes qui suivirent furent souvent corrompus et violents. En 1953, un étudiant révolutionnaire appelé Fidel Castro Ruz tenta de renverser le président Fulgencio Batista. Le 26 juillet 1953, Fidel Castro et quelque 200 militants lancèrent une attaque contre une base militaire dans l’est de Cuba, mais cette tentative échoua. Castro fut capturé et emprisonné. Lorsqu’il fut libéré en 1955, il se rendit au Mexique dans le but de former une armée. Il revint en 1956. Son armée de guérilleros grandit rapidement et réussit à s’emparer de Santiago en 1959, forçant l’armée de Batista à se rendre.

    Une fois au pouvoir, Castro nationalisa les biens privés et fit de Cuba un pays communiste avec l’aide de l’Union soviétique. Tous les secteurs de l’économie passèrent sous le contrôle du gouvernement et de nombreux Cubains quittèrent le pays pour s’installer aux États-Unis. En 1961, les États-Unis tentèrent de renverser Castro par une invasion de Cuba, menée en grande partie par des exilés cubains. Cette invasion ratée, connue sous le nom de « crise de la baie des Cochons » , ne fit que renforcer le régime castriste.

    L’effondrement de l’Union soviétique en 1991 allait entraîner de grandes difficultés pour Cuba, qui perdait ainsi son soutien économique, et les Cubains furent nombreux à tenter d’émigrer aux Etats-Unis durant les années 90. En 1993, le gouvernement castriste introduisit des réformes dans le but d’attirer des devises et des investissements étrangers."

    Cuba (Projet des Profils culturels, Centre Anti-Racism, Multiculturalism and Native Issues (AMNI), Faculté de travail social, Université de Toronto, avec l'aide de Citoyenneté et Immigration Canada) (reproduction autorisée)


    Rapports avec l'ex-Union soviétique

    "Cuba était à l'origine une colonie espagnole et, bien qu'elle ait accédé à l'indépendance au tournant du siècle, soit au lendemain de la guerre hispano-américaine, elle est demeurée un proche satellite des États-Unis pendant des décennies par la suite. Pendant la majeure partie de la période allant de 1933 à 1959, Cuba était dirigée par Fulgencio Batista avec l'appui du gouvernement des États-Unis. Cependant, en 1959, Fidel Castro et ses partisans ont renversé la dictature du général Batista. Ce faisant, les révolutionnaires ont exproprié et nationalisé les avoirs étrangers à Cuba, dont plus de un milliard de dollars de biens américains. Outre ces politiques, Fidel Castro a mis en œuvre un accord commercial avec l'Union soviétique en février 1960. Les liens diplomatiques entre Cuba et les États-Unis ont été rompus en 1961, et en janvier 1962, les États-Unis appliquaient un embargo commercial. (…)

    Pendant les années 60, la relation entre Cuba et l'Union soviétique a pris de l'ampleur. Cuba est devenue de plus en plus tributaire des politiques idéologiques soviétiques ainsi que des politiques commerciales favorables, essentielles au maintien de son niveau de vie. En 1972, Cuba a officialisé son appartenance au bloc de l'Est en adhérant à l'union économique de ce dernier, le Conseil d'assistance économique mutuelle (COMECON). À son paroxysme, le commerce de troc avec l'URSS et d'autres États du COMECON représentait 86 % environ de l'ensemble des échanges de Cuba; selon les estimations, l'aide soviétique était à elle seule de l'ordre de 3 à 4 milliards $ par année.

    Cette relation économique et politique très étroite a pris fin avec l'éclatement de l'Union soviétique en 1991. De plus, peu après le retrait soviétique, les États-Unis ont commencé à resserrer leur embargo économique. Du fait de cette relation rompue, le PIB de Cuba a chuté de 35 % entre 1989 et 1993. En 1992, le président Castro a révélé que le pouvoir d'achat de Cuba avait régressé de 8,1 milliards $ en 1989, pour s'établir à 2,2 milliards $. En juillet 1993, Cuba était aux prises avec une grave crise économique, s'efforçant de maintenir la qualité élevée de ses programmes de santé et d'éducation malgré la débâcle économique."

    Cuba: profil du pays (L'Amérique latine et les Antilles, Ministère des Affaires étrangères et du Commerce international du Canada, mai 2001; reproduction pour utilisation non commerciale autorisée)
    Date de création : 2012-04-01 | Date de modification : 2012-04-01
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    Informations
    Raccourcis
    Site du gouvernement cubain (esp.); on peut accéder à une version anglaise du site
    Ministère de la culture (esp.)
    Centre pour la promotion des exportations de Cuba (esp. et angl.)
    Agence d'information nationale (site gouvern., esp. et angl.)
    Ambassade de Cuba au Canada
    Autres sites gouvernementaux
    Cubaweb (portail officiel)
    Cuba.cu (autre portail officiel)
    Granma International (information gouvernementale; multilingue)
    Les droits de l'homme à Cuba (site d'Amnistie Internationale, angl.)
    Conseils aux voyageurs se rendant à Cuba (Min. des Aff. étrang. et du Commerce intern., Can.)

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