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    Dossier: Voyage

    Chacun de nos hôtels est une petite Amérique

    Daniel Boorstin
    Le rêve des Hilton: une réalité factice dénoncée par le sociologue.
    Depuis la Seconde Guerre mondiale, le voyage aérien a provoqué un prodigieux développement des chaînes d'hôtels internationales. En 1941, Conrad Hilton ouvrait son premier hôtel hors des États-Unis, le Chihuahua-Hilton, juste au-delà de la frontière au nord du Mexique. «Je sentais, reconnut-il plus tard, qu'en organisant des excursions de week-end en autobus avec des guides, une large hospitalité à l'hôtel, des vacances tous frais payés, nous pourrions réaliser une très bonne affaire; c'est ce qui s'est produit. » À la fin de la guerre, la société Hilton Hôtels International fut fondée. «Ce qui requérait habituellement un long mois de vacances, expliquait Hilton, est presque devenu l'affaire d'un week-end... La vogue de l'avion est destinée à durer. Les Américains, non seulement peuvent, mais veulent voyager plus loin, voir davantage, en faire plus en moins de temps... Le Père Junipero Serra installa ses missions californiennes à une journée de voyage les unes des autres. Actuellement, on peut les survoler toutes en quelques heures. Si nous établissions nos hôtels à un jour de voyage les uns des autres, nous ferions le tour du monde en un rien de temps. Une affaire si merveilleusement agencée est dans la ligne de l'idéalisme national. » Hilton transforma sa devise, et de «À travers le monde», il fit: «Autour du monde». Le Caraïbe Hilton à San Juan, Porto-Rico, fut ouvert en 1947, le Castellana Hilton de Madrid, en 1953, l'Istanbul Hilton en 1955; et ce n'était qu'un début. En 1967, on retrouvait les hôtels Hilton à Mexico et Acapulco, à Panama, à Montréal, au Caire, à Berlin-Ouest, à Saint-Thomas (des Îles Vierges), à Santiago et à Honolulu. Des hôtels associés fonctionnaient à Sidney, Melbourne et Queensland. D'autres étaient en construction à Port-of-Spain (Trinité), Athènes, Amsterdam et Rotterdam, Londres, Téhéran et Rome; ou en projetait à Paris, Mayaguez (Porto-Rico), Tokyo, Addis-Abéba, Bogota, Dorval (Québec) et Tunis.

    L'esprit qui anime ces nouveaux hôtels se dégage du récit, fait par Conrad Hilton lui-même, de l'inauguration de Istanbul Hilton. À cette occasion, on avait amené d'Amérique toute une fournée de célébrités et d'échotiers. «Lorsque nous volâmes vers Istanbul, avec nos hôtes d'Amérique, Carol Channing, Irène Dunne et son mari, le Docteur Francis Griffin, Mona Freeman, Sonja Henia, Diana Lynn, Merle Oberon, Ann Miller, les représentants de la presse américaine, John Cameron Swazey, Bob Considine, Horace Sutton, Louella Pasrsons, Hedda Hopper et Cobina Wright, sans parler de mon très vieil ami Léo Carillo qui posséda jadis un daim nommé Sequoia, il est certain que nous ressentîmes tous l'ancienneté, le romantisme et le mystère de l'antique cité... Je comprenais que cette Cité de la Corne d'Or était un endroit merveilleux pour y implanter un petit coin d'Amérique.» «Chacun de nos hôtels, proclama Hilton un moment de l'inauguration, est une petite Amérique.»

    Je suis descendu au Caraïbe Hilton et à l'Istanbul Hilton, et je puis certifier qu'ils sont tous deux des exemples du modernisme et de l'antisepsie américains. Ils sont aussi identiques dans leur conception et leur aménagement interne que deux avions de l'American Airlines. Mis à part le spectacle qui s'offre à vous par les fenêtres, vous ne savez pas où vous êtes. Vous éprouvez le sentiment confortable de n'être pas réellement là. Même l'atmosphère locale filtrée et dosée avec soin vous prouve que vous êtes encore aux U.S.A.
    Date de création : 2012-04-01 | Date de modification : 2012-04-01
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