• Encyclopédies

      • Encyclopédie de l'Agora

        Notre devise: Vers le réel par le virtuel!


      • Encyclopédie sur la mort

        L’encyclopédie sur la mort veut s'intéresser à ce phénomène sous ses multiples aspects et ses diverses modalités.


      • Encyclopédie Homovivens

        Encyclopédie sur les transformations que l'homme opère en lui-même au fur et à mesure qu'il progresse dans la conviction que toute vie se réduit à la mécanique.


      • Encyclopédie sur l'inaptitude

        Tout le monde en conviendra : c'est au sort qu'elle réserve aux plus vulnérables de ses membres que l'on peut juger de la qualité d'une société. Aussi avons-nous voulu profiter ...


      • Encyclopédie sur la Francophonie

        L'Encyclopédie de la Francophonie est l'une des encyclopédies spécialisées qui se développent parallèlement à l'Encyclopédie de l'Agora.

  • Dictionnaires
  • Débats
      • Le Citoyen Québécois

         Après la Commission Gomery, la Commission Charbonneau! À quelles conditions pourrions-nous en sortir plus honnêtes… et plus prospères

      • L'homme, la nature, la techique

        Réflexions inspirées de Bernard Charbonneau et Jacques Ellul, avec la collaboration de l'Association Aquitaine B.Charbonneau J.Ellul, sous la présidence de Sébastien Mor...

  • Sentiers
      • Les sentiers de l'appartenance

        L'appartenance c'est le lien vivant, la rencontre de deux Vies : la nôtre et celle de telle personne, tel  paysage...Quand la vie se retire, le sentiment d'appropriation se substitue au ...

      • Le sentier des fleurs sauvages

        Nous sommes des botanistes amateurs. Notre but est de partager un plaisir orienté vers une science complète où le regard du poète a sa place à côté de celui du botaniste, du généticien, du gastrono...

  • La lettre
    • Édition

    Dossier: Vin

    Mettre du vin dans son eau

    Léon Daudet
    Voici le témoin d'une époque où l'eau paraissait plus dangereuse que le vin pour la santé... et le vin préférable à la drogue qui le remplace trop souvent quand on l'interdit, comme ce fut le cas aux États-Unis au début du siècle.
    « L'usage excessif de l'alcool peut amener à la longue, dans un organisme prédisposé, des troubles graves, mais nullement comparables à ceux que causent, dans des organismes sains, l'absinthe ou la coco, par exemple. Chez la plupart des gens normaux, l'usage modéré de l'eau-de-vie - d'une bonne eau-de-vie - ne déchaîne ni la cirrhose, ni le delirium tremens, ni l'épilepsie. Nos pères et aïeux vivaient fort vieux, sans se priver de leur double petit verre pour la journée. Quant au vin, franc de bonne qualité, je le considère comme l'ami de l'homme et comme indispensable au tempérament français. Il ne paraît pas douteux que l'abus des eaux minérales prédispose à la gravelle et aux diverses formes de rhumatisme, bien plus fréquemment que l'usage du vin, même pur, ou additionné d'une faible quantité d'eau. C'est ainsi que je connais un cas de gravelle des glandes salivaires - laquelle est rare - chez une personne qui n'a jamais bu, de sa vie, une goutte de vin! Personnellement, j'ai atteint, sans rhumatisme, ni aucune manifestation d'ordre arthritique, l'âge de cinquante-six ans, en buvant, depuis l'âge de dix-huit ans, et en moyenne, une bouteille de vin au déjeuner et une bouteille et demie au dîner. Cela, sans nulle addition d'eau. C'est dire sans froisser nos amis américains, que je ne suis pas près de m'embarquer pour New-York. Il est à noter que l'usage de la morphine et de la cocaïne - je veux dire a coïncidé avec les campagnes des vinophobes et des hydromanes. Les dociles clients des morticoles insensés qui proscrivaient le vin de France et, bien entendu, le petit verre, ont fait rapidement du remplacement avec l'opium et la coco, poussés par ce besoin d'euphorie que nous examinerons plus loin. C'était proprement tomber de Charybde - et d'un Charybde, quant au vin, inoffensif - en Scylla. Mieux vaut encore, à tout prendre, et bien que l'habitude en soit répugnante, se pocharder de temps en temps, et selon le rite traditionnel, se pocharder ne veut pas tant dire s'alcooliser que d'avoir recours à la terrible seringue Pravaz. Sans doute la sobriété est l'idéal, et elle est la règle de ces derniers mainteneurs de toute civilisation que sont les ordres religieux. Mais ceux qui, restant dans le monde, admettent la nécessité d'un stimulant, d'un auxilium contre les misères et les obstacles d'ici-bas, en dehors de la contemplation et de la prière, ceux-là seront sages de s'en tenir au vin, ami fidèle et sans caprices, pondérateur de l'organisme et régulateur de l'appétit. »
    Date de création : 2012-04-01 | Date de modification : 2012-04-01
    Loading
    Informations
    L'auteur

    Léon Daudet
    Écrivain, journaliste et homme politique français. Léon Daudet avait des études de médecines et dans le salon de son père, Alphonse Daudet, il avait eu l'occasion de se lier d'amitié avec les plus grands médecins de l'époque. Léon Daudet se plaisait à dire que la ville de Lyon est arrosée par trois fleuves, le Rhône, la Saône et le Beaujolais.
    Mots-clés
    Santé, stimulants
    Extrait
    « Il ne paraît pas douteux que l'abus des eaux minérales prédispose à la gravelle et aux diverses formes de rhumatisme, bien plus fréquemment que l'usage du vin, même pur, ou additionné d'une faible quantité d'eau. »
    Documents associés
    Raoul Ponchon
    Raoul Ponchon
    Raoul Ponchon
    Flâner
    Charles-Pierre Baudelaire
    Joie

    Contribuez au rayonnement des oeuvres de l'Agora/Homo vivens en devenant membre ou en faisant un don.