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    Dossier: Vin

    Éloge de mon nez

    Raoul Ponchon
    À tous les buveurs de vin qui ont du nez.
    MON nez, on te prendrait pour un soleil couchant.
    Et souvent, crois-le bien, j'ai peur en te mouchant
    De changer quelque chose à la belle harmonie
    Que te donna le Vin, ce merveilleux Génie.
    Oui, tu montres, mon nez, aux rimeurs ébaubis
    L'incomparable éclat des plus brûlants rubis.
    Ah! ce n'est certes pas en suçant de la glace
    Que j'aurais fait de toi l'ornement de ma face,
    Le délicat joyau dont je m'enorgueillis,
    0 rival des brugnons tout fraîchement cueillis!
    C'est en te barbouillant d'automnale tisane,
    De vin robuste et frais comme une paysanne,
    De vin pourpre et doré, d'inéluctable vin,
    Auprès de quoi, de qui, tout n'est qu'un songe vain
    Et qui fait en coulant le guilleret ramage
    D'un vol de loriots échappés de la cage.

    C'est à force de traire et de traire les pots
    Qui feraient, ô combien, d'innombrables troupeaux
    De Ce jour, mon nez, je fis ta connaissance,
    Que je t'aurai donné cette belle prestance
    Et ce vif incarnat et cet air de bonheur,
    Toi mon seul patrimoine, ô toi, ma croix d’honneur!


    Pour toi, s'il te venait cette humble fantaisie,
    J'étancherais l’Europe et l’Afrique et l'Asie.
    Mieux que ça: pour te rendre au rouge Mars pareil
    Je biberonnerais à même le soleil.

    L'amour, ô mon cher nez, est tel que je te porte
    Que mes yeux pour te voir louchent d'étrange sorte.
    Ma bouche, ta voisine, est de belle couleur,
    Je n'en disconviens pas, mais, ô vivante fleur,
    Elle est ton humble esclave, et tu ne saurais croire
    Pour te complaire comme elle eut souci de boire.

    Comme elle fut toujours dévouée à son roi,
    Elle s'est transformée en un autel pour toi.
    Ses dents blanches y font office de guirlandes,
    Ses lèvres de carmin reçoivent les offrandes,

    Bonne chère, vieux vin par les ans velouté,
    Rouge comme l’Enfer ou blond comme Astarté,
    Que mes pieuses mains, Danaïdes sacrées,
    Vont te versant sans cesse et sans cesse leurrées.

    Et tu restes ainsi qu’un soleil radieux,
    Immobile, éclairant tes deux lunes, mes yeux.
    A peine si l'on voit palpiter tes narines
    - Tels des flots caressés par les brises marines -
    Aux parfums pénétrants de ces libations,
    Dieu, dégagé de nos terrestres passions.
    Et quand, pour te flatter, en flocons diaphanes
    Je fais monter vers toi l'encens bleu des havanes,
    Tu brilles au travers en pourpoint précieux:
    Tel doit être, vêtu de pourpre dans les cieux,
    Jupiter porte-foudre et dompteur d es orages
    Resplendissant parmi des vagues de nuages.

    Ta destinée est belle et ce n'est rien encor.
    Lorsque le Temps rapide, aux ailes de condor,
    Viendra, vieillard blasé sur le nez et les roses,
    Te rapprocher, hélas! de mes lèvres moroses,
    Sera-ce donc la fin de tes félicités?
    Non, plus tard, au pays des éternels étés
    Tu reprendras, mon nez, ta splendeur coutumière,
    Tu deviendras toi-même un foyer de lumière.

    Dans le fourmillement des constellations,
    Fleur céleste de flamme aux pistils de rayons
    Et les hommes longtemps rediront ta mémoire,
    Cependant qu'insensible à cette vaine gloire,
    Tu t'épanouiras au sein du firmament
    Hypersuperlificoquentieusement.
    Date de création : 2012-04-01 | Date de modification : 2012-04-01
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    L'auteur

    Raoul Ponchon
    Mots-clés
    Raoul Ponchon
    Extrait
    «Et tu restes ainsi qu’un soleil radieux, Immobile, éclairant tes deux lunes, mes yeux. A peine si l'on voit palpiter tes narines...»
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