• Encyclopédies

      • Encyclopédie de l'Agora

        Notre devise: Vers le réel par le virtuel!


      • Encyclopédie sur la mort

        L’encyclopédie sur la mort veut s'intéresser à ce phénomène sous ses multiples aspects et ses diverses modalités.


      • Encyclopédie Homovivens

        Encyclopédie sur les transformations que l'homme opère en lui-même au fur et à mesure qu'il progresse dans la conviction que toute vie se réduit à la mécanique.


      • Encyclopédie sur l'inaptitude

        Tout le monde en conviendra : c'est au sort qu'elle réserve aux plus vulnérables de ses membres que l'on peut juger de la qualité d'une société. Aussi avons-nous voulu profiter ...


      • Encyclopédie sur la Francophonie

        L'Encyclopédie de la Francophonie est l'une des encyclopédies spécialisées qui se développent parallèlement à l'Encyclopédie de l'Agora.

  • Dictionnaires
  • Débats
      • Le Citoyen Québécois

         Après la Commission Gomery, la Commission Charbonneau! À quelles conditions pourrions-nous en sortir plus honnêtes… et plus prospères

      • L'homme, la nature, la techique

        Réflexions inspirées de Bernard Charbonneau et Jacques Ellul, avec la collaboration de l'Association Aquitaine B.Charbonneau J.Ellul, sous la présidence de Sébastien Mor...

  • Sentiers
      • Les sentiers de l'appartenance

        L'appartenance c'est le lien vivant, la rencontre de deux Vies : la nôtre et celle de telle personne, tel  paysage...Quand la vie se retire, le sentiment d'appropriation se substitue au ...

      • Le sentier des fleurs sauvages

        Nous sommes des botanistes amateurs. Notre but est de partager un plaisir orienté vers une science complète où le regard du poète a sa place à côté de celui du botaniste, du généticien, du gastrono...

  • La lettre
    • Édition

    Dossier: Vache

    Quels animaux sont les plus avisés?

    Serge Bouchard
    Portait de la vache éternelle.
    «Quels animaux sont les plus avisés?» demande Plutarque. Les vaches qui paissent en Hollande savent-elles qu'elles broutent l'herbe des Pays-Bas? Se soucient-elles de frontières, de passés militaires, de l'histoire des reines ou de celle des rois? Ou bien vaquent-elles à leurs affaires, indifférentes quant au site du pré, étrangères aux endroits, pourvu qu'il y ait du foin, quelque chose à manger? Que pensent-elles des clôtures, ces bêtes de l'enclos qui, de la prairie sauvage, ont oublié jusqu'à l'idée? Il y a, dans l'oeil de la vache, comme un voile d'ennui, un je ne sais quoi de résigné qui n'est pas pour l'avantager sous le rapport de la personnalité. Elle obéit au chien qu'elle pourrait encorner. Elle regarde passer les trains sans bouger, ne meuglant ni son espoir, ni sa contrariété. Cette obsédée de la lenteur est un trésor de vie réglée. Elle se couche avant la pluie et se contente, pour l'hiver, d'une étable surpeuplée. La promiscuité réchauffe, comme on dit; cela fait tourner le sang que de se jalouser et que de s'entasser dans un recoin malpropre qui sent ce que la bande a digéré. Peu importe la condition, pourvu qu'il y ait du foin à la portée. De bouses en bérets, elles ne nous donnent que du lait. Des vaches, on dit qu'elles aiment la musique et les voix étudiées. Méditatives et renfrognées, elles se laissent volontiers berner. Prisonnières de notre industrie, elles tirent de la vie ce qu'en retirent les prisonniers, si ce n'est que, dans leur cas, il est permis de se demander si elles tiennent tant à s'évader. Dépendantes et muettes, elles ont quand même des exigences. On ne peut jamais les laisser seules: allez les vaches, il faut rentrer! D'ailleurs, si nous leur en laissions le choix, prendraient-elles le bord du bois, iraient-elles se refaire une image dans quelque région éloignée? Ou bien rentreraient-elles en ville, sur le coin de nos rues se coucher, s'évacher, dans l'espoir secret qu'un jour ou l'autre, nous les déclarerions religieuses et sacrées? En fait, nous savons bien peu de chose sur ce qui trotte dans la tête d'une vache. Nous connaissons mieux la psychologie de la sardine que celle de la première vache venue. Cousteau, sur le sujet, est muet comme une carpe. Pourtant, quand l'orage se déchaîne, la vache est forcément mouillée et quand elle pisse, c'est quand même un spectacle que de la voir pisser. Je verrais bien, un beau dimanche, à la télé, une émission d'une heure, en dramatique et en couleur, où le mystère de la vache nous serait, par un homme-grenouille, au compte-gouttes dévoilé. En troupeau, elles sont pourtant si belles à regarder, réparties ça et là à l'intérieur des lots électrifiés, dispersées sur les coteaux parmi les verts de l'été. Les vaches qui, depuis maintenant des millénaires, observent les éleveurs et les regardent faire, ont sûrement sur le sujet une petite idée. Si elles ont l'air nerveuses et bêtes, c'est peut-être qu'elles redoutent le jour où elles auront à l'exprimer. Il y a, dans l'oeil de la vache, un soupçon d'ironie, et bien qu'elle soit manifestement nulle en mathématique, en histoire et en géographie, il apparaît, pour qui sait y voir, qu'elle est passée maîtresse en matière de culture et de philosophie.
    Date de création : 2012-04-01 | Date de modification : 2012-04-01
    Loading
    Informations
    L'auteur

    Serge Bouchard
    Mots-clés
    pensée, résignation, vache
    Extrait
    «En fait, nous savons bien peu de chose sur ce qui trotte dans la tête d'une vache. Nous connaissons mieux la psychologie de la sardine que celle de la première vache venue.»
    Documents associés
    maladie de la vache folle, recherche médicale
    Jacques Dufresne
    Décentralisation, industrie pharmaceutique

    Contribuez au rayonnement des oeuvres de l'Agora/Homo vivens en devenant membre ou en faisant un don.